Les Femmes et Hommes
du
Président

 

 

 

La Politique,

DROITE ou GAUCHE

+

 

à jour : 29 novembre 2004 Jean-Pierre RAFFARIN Premier ministre 57, rue de Varenne 75007 - Paris 01.42.75.80.00 www.premier-ministre.gouv.fr Tout sur le Premier ministre Le cabinet

Henri CUQ Ministre délégué aux Relations avec le Parlement, auprès du Premier ministre 69, rue de Varenne 75700 Paris 01.42.75.80.00 La page du ministère délégué aux Relations avec le Parlement Tout sur le ministre ---------------------------------------François FILLON Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 110, rue de Grenelle 75357 - PARIS 07 SP 01.55.55.10.10 www.education.gouv.fr Tout sur le ministre ------------François d’AUBERT Ministre délégué à la Recherche, auprès du ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 21, rue Descartes 75005 Paris 01.55.55.10.10 www.education.gouv.fr Tout sur le ministre ------------Dominique de VILLEPIN Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales Place Beauvau 75800 Paris 01.49.27.49.27 www.interieur.gouv.fr Tout sur le ministre ------------Marie-Josée ROIG Ministre déléguée à l’Intérieur, auprès du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales 1 bis, Place des Saussaies 75800 Paris 01.49.27.49.27 www.interieur.gouv.fr Tout sur la ministre ------------- Jean-Louis BORLOO Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 127, rue de Grenelle 75700 Paris 01.44.38.38.38 www.emploi-solidarite.gouv.fr Gérard LARCHER Ministre délégué aux Relations du travail, auprès du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 55, rue Saint Dominique 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.travail.gouv.fr Tout sur le Nelly OLIN ministre déléguée à l’Intégration, à l’Egalité des Chances et à la Lutte contre l’Exclusion, auprès du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 7, rue Saint Georges 75009 Paris 01.40.56.60.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr Tout Marc-Philippe DAUBRESSE ministre délégué au Logement et à la Ville, auprès du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 127 rue de Grenelle 75700 Paris 07 SP 01.42.19.20.21 www.logement.gouv.fr Tout sur le ministre ------ Laurent HÉNART Secrétaire d’Etat à l’Insertion professionnelle des jeunes, auprès du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 55, rue Saint Dominique 75007 Paris 01.40.56.61.72 www.emploi-solidarite.gouv.fr Tout sur le Philippe DOUSTE-BLAZY Ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille 8, avenue de Ségur 75700 Paris 01.40.56.60.00 www.sante.gouv.fr Tout sur le ministre Marie-Anne MONTCHAMP Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, auprès du ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille 8, avenue de Ségur 6ème étage 75700 Paris 01.40.56.60.00 www.handicap.gouv.fr/ Tout sur la ministre -----Catherine VAUTRIN secrétaire d’Etat aux Personnes âgées, auprès du ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille 35 rue Saint-Dominique 75700 Paris www.personnes-agees.gouv.fr Tout sur la ministre ----Xavier BERTRAND Secrétaire d’Etat à l’Assurance maladie, auprès du ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille 8, avenue de Ségur 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.assurancemaladie.sante.gouv.fr/ Michèle ALLIOT-MARIE Ministre de la Défense 14, rue Saint-Dominique 00450 ARMÉES 01.42.19.30.11 www.defense.gouv.fr/ Tout sur la ministre -------------Hamlaoui MEKACHERA Ministre délégué aux Anciens combattants, auprès de la ministre de la Défense 37, rue de Bellechasse 75700 - Paris 01.44.42.10.00 www.defense.gouv.fr/ Tout sur le Dominique PERBEN Garde des Sceaux, ministre de la Justice 13, Place Vendôme 75042 Paris Cedex 01 01.44.77.60.60 www.justice.gouv.fr/ Tout sur le Nicole GUEDJ Secrétaire d’Etat aux Droits des victimes, auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice 8, Place de Vendôme 75001 Paris 01.44.77.60.60 www.justice.gouv.fr/ Tout sur la ministre --------------------------------------------------Michel BARNIER Ministre des Affaires étrangères 37, Quai d’Orsay 75351 Paris Cedex 07 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr/ Tout sur le ministre ----------Claudie HAIGNERÉ Ministre déléguée aux Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères 37, Quai d’Orsay 75351 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr/ Tout sur la ministre -------------------------------------------------- Xavier DARCOS Ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, auprès du ministre des Affaires étrangères 20, rue Monsieur 75700 Paris 01.53.69.30.00 www.diplomatie.gouv.fr/ Tout sur le ministre ---Renaud MUSELIER Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, auprès du ministre des Affaires étrangères 37, Quai d’Orsay 75007 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr/ Tout sur le ministre ----------------------------------------------------Thierry BRETON Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie 139, rue de Bercy 75572 - Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.minefi.gouv.fr Patrick DEVEDJIAN Ministre délégué à l’Industrie, auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.industrie.gouv.fr/index.htm Tout sur le ministre Jean-François COPÉ Ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire, Porte-Parole du Gouvernement, auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris Cedex 12 01.40.04.04.04 www.minefi.gouv.fr Tout sur le ministre ---------------------------------------François LOOS Ministre délégué au Commerce extérieur, auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris Cedex 12 01.40.04.04.04 www.commerce-exterieur.gouv.fr Tout sur le ministre Gilles de ROBIEN Ministre de l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 246, boulevard Saint-Germain 75700 Paris 01.40.81.21.22 www.equipement.gouv.fr/ Tout sur le ministre -----------------------------------------------------Léon BERTRAND Ministre délégué au Tourisme, auprès du ministre de l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 3, Place de Fontenoy 75700 Paris 01.40.81.21.22 www.tourisme.gouv.fr/ Tout sur le ministre ------------------------------------------------- François GOULARD Secrétaire d’Etat aux Transports et à la Mer, auprès du ministre de l’Equipement, des Transports,de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 40, rue du Bac 75007 Paris 01.40.81.21.22 www.transports.equipement.gouv.fr/frontoffice/ Tout sur le ministre ---------------------------------------------Frédéric de SAINT-SERNIN Secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, auprès du ministre de l’Equipement, des Transports, de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 3, square de Saix 75015 Paris 01.40.81.21.22 www.equipement.gouv.fr/ Tout sur le ministre ---------Renaud DUTREIL Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat 72, rue de Varenne 75700 Paris 01.42.75.80.00 www.fonction-publique.gouv.fr/ Tout sur le Eric WOERTH Secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat, auprès du ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat 72, rue de Varenne 75007 Paris 01.42.75.80.00 www.fonction-publique.gouv.fr/ Tout sur le ministre --Dominique BUSSEREAU Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et de la Ruralité 78, rue de Varenne 75700 Paris 01.49.55.49.55 www.agriculture.gouv.fr/ Tout sur lNicolas FORISSIER Secrétaire d’Etat à l’Agriculture, à l’Alimentation, à la Pêche et aux Affaires rurales, auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et de la Ruralité 78, rue de Varenne 75007 Paris 01.49.55.49.55 www.agriculture.gouv.fr/ Tout Serge LEPELTIER Ministre de l’Ecologie et du Développement durable 20, avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP 01.42.19.20.21 www.ecologie.gouv.fr/sommaire.php3 Tout sur le ministre ------Renaud DONNEDIEU de VABRES Ministre de la Culture et de la Communication 3, rue de Valois 75100 Paris 01.40.15.80.00 www.culture.gouv.fr/ Tout sur le Christian JACOB Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, des Professions libérales et de la Consommation 80, rue de Lille 75700 Paris 01.43.19.24.24 www.pme.gouv.fr/ Tout sur le Brigitte GIRARDIN Ministre de l’Outre-Mer 27, rue Oudinot 75358 Paris 07 SP 01.53.69.20.00 www.outre-mer.gouv.fr/ Tout sur la ministre ---------------------- Jean-François LAMOUR Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative 95, avenue de France 75650 Paris Cedex 13 01.40.45.90.00 www.jeunesse-sports.gouv.fr Tout sur le ministre ------------------------Nicole AMELINE Ministre de la Parité et de l’Egalité professionnelle 101, rue de Grenelle 75700 Paris 01.40.56.60.00 www.social.gouv.fr/femmes/ Tout sur la ministre ----------------------

 


ECONOMIE
INTERIEUR
SANTE

 

EDUCATION
AFFAIRES ETRANGERES
EMPLOI

 

GOUVERNEMENT

NOUVELLE REDISTRIBUTION 01/12/2004

 

 

Départements Français

 

Essonne 10 Circonscriptions

 

1°circons
E.Vals


PS

2° circons
F Marlin
apparenté

UMP

3°circons
G. Collot


UMP

4° circons
Nathalie
Kosciusko-Morizet

UMP

5° circons
Pierre
Lasbordes


UMP

6°circons
François
Lamy


PS

7°circons
Jean
Marsaudon

UMP

8°circons
Nicolas
Dupont
Aignan
UMP

9°circons
Georges
Tron

UMP

 

10°circonscr

Julien
DRAY


PS

 

 

 


Avec un ministre de l'Intérieur fidèle à ses engagements!

Ou à lui même! qui sait changer de camp suivant son profil de carrière et sans scrupule!
au revoir Edouard
et rezbonjour Jacques!

 

 


Pas des amis de trente ans!
mais un militant fidèle
au Gaullisme
depuis trente ans
en ce qui me concerne

Vous avez marqué votre carrière par votre passage aux affaires!
Pour ne pas dire certaines affaires!

Mais laissez moi vous parler de ce qui me concerne!

Vous avez été secrétaire général du RPR

Et à ce titre, vous m'avez exclu de ce mouvement répondant sans doute à certaines sollicitations de vos amis Balladuriens, élus dans le département de l'Essonne, ou en ce qui me concerne j'étais un des animateurs de la campagne présidentielle de jacques CHIRAC., donc élimination!
Recevant votre courrier d'exclusion, je vous réponds en vous demandant les justifications de cette affabulation! (hypothétique soutien à JM LE PEN)
Je n'ai jamais eu de réponse en retour!

Un Chiraquien d'éliminé à la satisfaction de votre démarche de l'époque et de celle de vos comparses Balladurien!

Le monde politique est faux et sournois et malgré vos coups d'éclats sous forme de grandes phrases et grands mots, vous n'êtes pas différent de votre type de congénère!

Vous ne servez pas la France!

Mais votre carrière et accessoirement celle de vos amis! ceux du moment bien entendu!

 

 

ILS GERENT !

 

LA SANTE

 

Comparez les tarifs des principaux assureurs santé ! Génériques et TFR : ce que vous devez savoir… Soixante-dix groupes de médicaments sont remboursés depuis hier à hauteur du prix de leur générique, selon un « tarif forfaitaire de responsabilité (TFR). La mise en place de cette mesure se déroulera toutefois progressivement, dans des conditions bien précises. Les médicaments concernés disposeront d’une nouvelle vignette. Sur celle-ci, le code-barre intègrera le TFR en lieu et place du prix public. Dès le 26 septembre, votre pharmacien ne pourra plus réceptionner, venant des répartiteurs, un médicament soumis au TFR mais qui disposerait d’une ancienne vignette. Et à compter du 12 octobre 2003, il ne pourra plus vendre ces médicaments. Car leurs vignettes seront considérées non-conformes. Ceux qui seraient délivrés au-delà de cette date ne seront donc pas remboursés par l’Assurance Maladie. Pour consulter la liste des médicaments concernés et leur nom.

;

Des tarifs forfaitaires de responsabilité sont institués dans les groupes génériques mentionnés en annexe au présent arrêté. Les montants des tarifs applicables à ces groupes génériques sont ceux figurant à la même annexe. Article 2 Les dispositions de l'article 2 de l'arrêté du 11 février 2003 susvisé ne s'appliquent pas aux spécialités pharmaceutiques remboursables figurant dans un groupe générique soumis au tarif forfaitaire de responsabilité. A compter du 8 septembre 2003, tout conditionnement d'une spécialité pharmaceutique remboursable figurant dans un groupe générique soumis au tarif forfaitaire de responsabilité sera livré par les fabricants avec une vignette conforme à l'arrêté du 11 février 2003 susvisé. A compter du 26 septembre 2003, les pharmaciens d'officine ne pourront réceptionner aucun conditionnement d'une spécialité pharmaceutique remboursable figurant dans un groupe générique soumis au tarif forfaitaire de responsabilité et comportant une vignette non conforme à l'arrêté du 11 février 2003 susvisé. A compter du 12 octobre 2003, les pharmaciens d'officine ne pourront plus commercialiser les conditionnements de spécialités pharmaceutiques remboursables figurant dans un groupe générique soumis au tarif forfaitaire de responsabilité et comportant une vignette non conforme à l'arrêté du 11 février 2003 susvisé. Les unités de spécialités pharmaceutiques remboursables figurant dans un groupe générique soumis au tarif forfaitaire de responsabilité et comportant des vignettes non conformes à l'arrêté du 11 février 2003 susvisé ne font l'objet d'une prise en charge ou d'un remboursement que si elles sont délivrées aux patients par les pharmaciens d'officine avant le 12 octobre 2003. Article 3 Les dispositions de l'article 1er entrent en vigueur à compter du 8 septembre 2003. Article 4 Le directeur général de la santé et le directeur de la sécurité sociale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié ainsi que son annexe au Journal officiel de la République française. Fait à Paris, le 29 juillet 2003. Jean-François Mattei A N N E X E Vous pouvez consulter le tableau dans le JO n° 197 du 27/08/2003 page 14588 à 14590

sans jugement de ma part!
méditons simplement !
pourquoi mourir?

 

L'étrange «suicide» de Chantal Guéroult L'IGS se demande comment la compagne de l'adjoint au maire de Poissy (Yvelines) a pu ingérer un médicament à l'insu des enquêteurs. Conformément aux récentes instructions du ministre de l'Intérieur, il n'y aurait pas eu de fouille «complète». C'est un paradoxe tragique. Chantal Guéroult, 56 ans, est peut-être morte parce que les policiers de la Brigade Financière de la Paris ne lui ont pas imposé une fouille suffisamment sévère au début de sa garde à vue, dans la soirée du 7 septembre. Les enquêteurs de l'IGS (Inspection Générale des Services) en charge des investigations sur les conditions du décés de la compagne de l'élu UMP Gilles Forray, premier adjoint au maire de Poissy (Yvelines) mis en cause dans une affaire de corruption, s'intéressent tout particulièrement à la manière dont cette retraitée de l'Education Nationale a été traitée au début de son interrogatoire. Une orientation liée aux premières constatations du professeur Pépin, en charge des analyses toxicologiques du corps de la défunte. Dans le sang de Chantal Guéroult, le médecin a fait une découverte surprenante : de la Nivaquine «en quantité importante», qui ne correspondrait pas, d'après une source judiciaire, «au dosage résultant d'un traitement régulier». Médicament destiné à la prévention du paludisme, la Nivaquine peut être mortelle si la dose ingérée est supérieure à cinq grammes. Dans ce cas, le decès survient rapidement, par un arrêt circulatoire brutal. C'est précisément de cette manière que Chantal Guéroult a perdu conscience, à l'issue de deux jours de garde à vue, le dimanche 9 septembre vers 20 heures. La justice se vet plus prudente que Gilles Forray Dès avant-hier soir, à l'issue d'une conversation avec le juge d'instruction Claude Choquet, qui a lui fait part des premières découvertes du toxicologue, Gilles Forray a déclaré qu'il était désormais persuadé que sa compagne «s'était suicidée». Hier, il a apporté d'autres précisions lors d'une mini-conférence de presse à Poissy. «Chantal avait toujours un sacoche de médicaments avec elle. Elle avait de la Nivaquine puisqu'elle travaillait à Abidjan en Côte d'Ivoire. Elle connaissait la dangerosité de ce produit. En cas de prise massive, l'effet est irréversible dans les deux heures. Or son malaise s'est produit 48 heures après son interpellation. Elle est donc entrée en cellule avec la Nivaquine sur elle.» L'élu a dénoncé «les fautes et les négligences de la police.» Pour l'heure, la justice se veut plus prudente que Gilles Forray. «Il est trop tôt pour dire que la Nivaquine a entrainé la mort, explique-t-on au parquet. Et même dans ce cas, on ne peut pas affirmer que la prise de ce médicament a eu lieu pendant la garde à vue. Il faut étudier les interactions entre la forte dose de Nivaquine et les autres susbtances prescrites à Mme Guéroult. Les légistes nous remettront un rapport définitif et complet lundi après-midi. Nous serons alors fixés.» Selon nos informations, les policiers de la Brigade Financière n'ont pas trouvé de Nivaquine dans la pochette de médicaments, mais seulement du Lexomil, un anti-dépresseur, et du Nisisco, destiné à traiter l'hypertension. Le médecin qui a examiné Chantal Guéroult au début de sa garde à vue lui a d'ailleurs prescrits ces substances, qui correspondaient à un traitement en cours. Comment se fait-il que les policiers n'aient pas trouvé de Nivaquine ? «A la Brigade Financière, on pratique rarement une fouille à corps complète, explique l'un d'eux. Nous avons rarement affaire à des personnes dangereuses. On inspecte les effets personnels, on pratique une palpation mais on ne deshabille pas le gardé à vue.» En mars dernier, cette pratique a d'ailleurs été confortée par une circulaire de Nicolas Sarkozy. «Le Ministre de l'Intérieur entend que devienne exceptionnelle la pratique de la fouille de sécurité, qui plus est avec déshabillage, précisait alors un communiqué de la place Beauvau. Elle ne pourra être entreprise qu'en cas d'absolue nécessité, et en concertation avec l'officier de police judiciaire disposant des éléments lui permettant d'apprécier la dangerosité des individus.» Chantal Guéroult n'était pas considérée comme un «individu dangereux». Dans ces conditions, la compagne de Gilles Forray aurait parfaitement pu dissimuler des cachets de Nivaquine sous ses vêtements et les absorber à la fin de sa garde à vue, dans sa cellule ou aux toilettes. Si cette hypothèse se confirme, il restera encore à comprendre les raisons qui l'ont poussé à commettre ce geste désespéré. Frédéric Vézard, avec Stéphane Albouy et Yves Fossey Le Parisien , dimanche 14 septembre " le parisien"


Mémoire courte de cet homme!!!!!!
qui faisait partie de l'équipe de gauche au pouvoir et qui, je le crois a bien connu un certain scandale au niveau de" la santé publique "

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LANCÉ comme un bolide vers la présidentielle de 2007, Laurent Fabius ne réduit pas l'allure. Vendredi, il était à la rencontre des « vraies gens » en Loire-Atlantique et en Vendée. Le lendemain à Rillieux-la-Pape, il appelait les militants PS de la fédération du Rhône à se mobiliser contre le gouvernement et à jouer l'union à gauche. Hier, sur le plateau du 20 Heures de TF 1, l'ancien Premier ministre a donné son point de vue sur les sujets du moment : la canicule, les déficits et la baisse des impôts. Ayant troqué son nouveau blouson en jean pour une cravate rouge, une chemise blanche et une veste de bonne coupe, l'ancien Premier ministre fait étalage de sa proximité avec la France d'en bas pour rappeler qu'il est important de s'occuper des anciens : « J'étais en Ariège cet été et, là-bas, quand un volet reste fermer, on va voir ce qui se passe. » Face au « dérèglement du climat », il suggère d'ailleurs au gouvernement de préparer un plan « grand froid » pour cet hiver. « Une politique de gribouille » Puis, bifurquant sur un terrain plus politique, Fabius se dit frappé par l'état d'inquiétude des Français. Un sentiment renforcé, selon lui, par le jugement porté sur un gouvernement dont « la ligne n'est pas claire », et qui « ne prépare pas véritablement l'avenir ». S'il faut en croire l'ancien ministre des Finances de Lionel Jospin, les Français ne sont pourtant pas au bout de leurs désillusions. « La baisse des impôts est un leurre, affirme-t-il. Bientôt, il faudra faire les additions avec la hausse des impôts locaux, des tarifs des services publics et sans doute du prix de l'essence... » Pis : les déficits publics (« qui étaient de 2 % lorsque la gauche a quitté le pouvoir et sont maintenant à 4 % ») préparent, selon Fabius, de nouvelles hausses d'impôts pour financer les... déficits. Bref, pour l'actuel numéro deux du PS, détendu et incisif, Jean-Pierre Raffarin mène tout simplement une « politique de gribouille ». Et lui, Fabius, entend bien être son principal opposant. Philippe Martinat Le Parisien ,
lundi 15 septembre 2003



le Président

Chirac choisit d'être optimiste Après un long silence estival et alors que son Premier ministre connaît une mauvaise passe dans les sondages, le chef de l'Etat était hier dans l'Yonne. Pour son discours de rentrée, il s'est voulu rassurant. Mais a-t-il convaincu? Pour sa rentrée politique, Jacques Chirac a choisi une entreprise modèle. Chez Acta Mobilier, à Auxerre, le carnet de commandes est replet. Le patron, jeune et dynamique, privilégie la formation de ses employés. Et les apprentis sont souriants et enthousiastes. L'endroit est idéal pour un président qui appelle les Français à lutter contre la sinistrose et qui souhaite «réhabiliter le travail». La journée, commencé à Sens avec la visite d'un mini-salon d'entreprises, s'est poursuivie à Auxerre. Ville dont le maire socialiste, Guy Ferez, semble le premier surpris d'accueillir pour la deuxième fois en 18 mois Jacques Chirac. En réalité, l'Yonne n'est qu'un prétexte pour prononcer ce discours de rentrée dans un parc des Expositions remplis d'élus d'âge mûr. Pas de bain de foule au programme, rien de festif. Mais une visite plutôt austère pour coller au message que veut délivrer le président aux Français: retroussons-nous les manches et serrons-nous les coudes. Un appel à la gauche Laissant son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin gérer les difficultés économiques et sociales et résoudre l'impossible équation budgétaire, Chirac tente de mobiliser les énergies. «La France doit avoir l'optimisme de l'action, être volontaire, audacieuse, sûre de ses forces. Regardons en avant. Sachons voir ce qui va mal sans croire que tout va mal», lance-t-il. Un souhait qui peut s'adresser aux enseignants, au lendemain du lancement du grand débat sur l'école. Ou à ceux qui vont entreprendre la réforme du système de santé. Un réforme que Chirac voudrait marquée du sceau du «dialogue». Il en appelle d'ailleurs à «l'ensemble des forces politiques, majorité et opposition». Exergue: Un appel à la gauche Se souvenant des 82% de suffrages recueillis sur son nom au second tour de la présidentielle, Chirac tend la main la gauche. Cette gauche qui n'avait pas hésité à le soutenir pendant la guerre d'Irak et dont il espère qu'elle pourrait retrouver ce réflexe autour d'un «enjeu (la santé) qui le mérite». Et Chirac, se voulant consensuel, jouant sur le registre du père de la nation, d'avertir: «La culture de l'affrontement ne mène nulle part, sinon à l'immobilisme et au conflit». «Ce n'est pas dans la contestation systématique de tout et surtout pas dans les violences que les problèmes des Français trouveront leur solution et que la France grandira», ajoute-t-il alors que les mouvements sociaux du printemps et de l'automne ont connu une radicalisation. Mais si le président se veut optimiste sur le retour de la croissance, il ne dit pas un mot, en revanche, alors qu'il est attendu sur le sujet, de la Corse. Et pourtant là-bas à Luri où la gendarmerie a été prise d'assaut par les villageois, une nouvelle fois l'autorité de l'Etat a été bafouée. Il est vrai que, depuis l'échec du référendum, l'Elysée ne sait pas comment rebondir. Mais hier, pour son premier vrai déplacement en province depuis onze mois, le chef de l'Etat qui effectuait sa rentrée politique, avait résolument choisi le registre de l'optimisme. Et balayé les choses qui fâchent. Myriam Lévy
Le Parisien , mercredi 17 septembre 2003

Remous à l'UMP

mercredi 17 septembre 2003, Politique · L'UMP reporte son congrès pour Raffarin Les audio Europe1 L'analyse de Jérôme Dorville. Ecoutez Copyright © Gamma 2003 Etienne de Malglaive Selon le secrétaire général de l'UMP, Philippe Douste-Blazy, Jean-Pierre Raffarin est venu dire au bureau politique qu'il ne jugeait pas "opportun" de tenir de telles assises avant les élections régionales, cantonales et européennes du printemps 2004. Le Premier ministre a fait valoir que l'opposition pourrait, au cours de la campagne électorale, "transformer de simples sensibilités en divisions". "Les débats doivent précéder les courants. Il faut rechercher la cohésion plutôt que la division", a-t-il dit selon un participant. Le premier ministre a prôné une "éthique du débat" et ajouté qu'il ne souhaitait pas de "faux débats derrière une personne ou une écurie", allusion au député Nicolas Dupont-Aignan, qui réclame la possibilité de créer son propre courant, comme l'y autorisent théoriquement les statuts de l'UMP. Selon les dirigeants de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin n'a cependant pas fermé la porte aux "courants". "Il a déclaré qu'il fallait trouver une méthode de débat et que cette méthode de débat aboutirait ou non à la persistance de courants", a rapporté Philippe Douste-Blazy. Le Premier ministre a, en revanche, proposé la tenue en janvier ou février d'un congrès "de rassemblement et de mobilisation" pour lancer la campagne de l'UMP pour les régionales. Le président de l'UMP, Alain Juppé, a fait voter par le bureau politique quatre propositions allant dans ce sens : - congrès de lancement de la campagne électorale entre le 15 janvier et le 15 février ; - congrès sur les courants après les élections régionales et européennes, c'est-à-dire "entre fin juin et septembre", a précisé l'ancien Premier ministre RPR ; - dans l'intervalle, réactivation de la commission des statuts de l'UMP, qui devra notamment "s'interroger sur les modalités d'expression" des sensibilités au sein du parti ; - création d'une "conférence des débats". Cette nouvelle instance, à laquelle sera affecté le budget qui devait être initialement dévolu aux courants, a dit Alain Juppé, devra notamment s'assurer que la liberté d'expression au sein de l'UMP et dans la presse du parti "est bien réelle". Ces propositions, qui seront soumises au Conseil national du parti fin octobre-début novembre, ont été votées par 82 des 84 participants, dont 18 ministres, a indiqué Philippe Douste-Blazy. Nicolas Dupont-Aignan et une alliée politique ont voté contre. Le secrétaire général de l'UMP a assuré que Nicolas Dupont-Aignan avait été "très modéré" dans son expression. Mais le député de l'Essonne, qui avait rencontré Alain Juppé dans l'après-midi, a laissé libre cours à sa colère devant les journalistes. "C'est une triste réunion pour la majorité, et surtout pour tous les militants qui ont donné beaucoup de temps pour gagner les élections et qui aujourd'hui sont renvoyés à la niche. Ca veut dire pas de courants, pas de démocratie, pas de diversité, serrons les coudes, on verrouille tout", a-t-il déclaré. "C'est une très grave erreur. Ce sont des vieilles moeurs des années 1960", a-t-il ajouté. "Alors que nos militants ont beaucoup fait pour la victoire, ils sont aujourd'hui cocus." Il a indiqué qu'il s'efforcerait de rallier le maximum de militants "pour qu'on change ce mode de fonctionnement". (Europe1)

 

 

 

Nicolas Dupont-Aignan

Jérôme Rivière

 

Commiqué de presse commun : Jérôme Rivière et Nicolas Dupont-Aignan L’UMP a besoin de liberté L’UMP est née de la volonté de rassembler les familles politiques de la droite et du centre pour aider le Président de la République, comme le Gouvernement, à redresser le pays, mais aussi pour rénover en profondeur notre vie politique. En effet, l’un ne va pas sans l’autre. La création des courants était justement prévue dans les statuts de l’UMP pour y contribuer, en faisant voter les adhérents sur les questions de fond. De fait, il est difficile de comprendre les raisons pour lesquelles cette idée jugée bonne il y a un an ne l’est plus aujourd’hui. Comment justifier cette rupture de notre pacte fondateur adopté par tous les adhérents de l’UMP lors de notre congrès du 17 novembre 2002 ? Les échéances régionales et cantonales sont en vérité un bien mauvais prétexte. La peur du débat conduit à commettre aujourd’hui une faute politique. Trois risques majeurs pèsent aujourd’hui sur l’UMP et, au delà, sur la majorité tout entière : Le risque d’une union peau de chagrin : Empêcher le débat entre sensibilités va exacerber les querelles de personnes, non les apaiser comme on le prétend ici ou là. Pire : l’UMP, en continuant à jouer le rôle de plus petit dénominateur commun à droite, va restreindre son offre politique, laquelle demeurera plus que jamais inaudible et illisible. Le débat interdit en son sein ne pourra que se développer en dehors d’elle, dans le désordre. Dans ces conditions, il va de soi que des partis concurrents sauront en tirer parti. Le risque d’une union godillot : Lorsque l’UMP a été créée, on nous a promis un parti moderne, c’est à dire démocratique. Or, derrière la suppression des sensibilités, il y a d’abord la disparition du vote des militants sur les idées. C’est un tort d’oublier que la force d’un parti réside dans ses adhérents. Ils doivent pouvoir s’y exprimer et s’y faire entendre. La création de mouvements organisés autour d’idées fortes et soumis au vote de tous était une garantie de cette vie démocratique dans notre jeune famille politique. Prenons garde à ce que les adhérents ne se démobilisent. Le risque d’une union à la traîne : En empêchant l’expression des sensibilités, le gouvernement va se priver d’un parti majoritaire capable de relayer les préoccupations des Français comme d’éclairer et soutenir ses choix. Avenir des services publics, port du voile à l’école, croissance, « constitution » européenne, entrée de la Turquie dans l’UE,… autant de questions sur lesquelles les Français veulent débattre et se déterminer. Et ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fera tomber la fièvre. Alors que la France doit surmonter de graves difficultés, le gouvernement a plus que jamais besoin d’un parti adulte pour rassembler le pays et le mobiliser. Jérôme RIVIERE Président de la Droite Libre Nicolas DUPONT-AIGNAN Président de Debout la République

 

Vers un déficit de 11 milliards d'euros de l'assurance maladie

 

 

 

(AFP) - Le déficit du régime général (salariés) d'assurance maladie "pourrait avoisiner 11 milliards d'euros" en 2003, un chiffre jamais enregistré portant à 29 milliards le déficit cumulé depuis 1997, a indiqué jeudi la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale. Ce déficit "atteindrait 9,7 mds EUR selon les dernières prévisions du ministère de la Santé (en mai, ndlr) mais pourrait avoisiner 11 mds EUR si les tendances actuelles se poursuivent", affirme la Cour, évoquant la combinaison de "l'accélération des dépenses" et du "ralentissement de la croissance" qui pèse sur les recettes. Cela représente "près du cinquième de l'ensemble des déficits publics et près de 0,8 point de PIB (produit intérieur brut)", soulignent les magistrats qui notent que le déficit du régime général d'assurance maladie pour 2002, avec 6,4 mds EUR, "est égal au déficit maximum atteint en 1995". "Son déficit cumulé pour la période 1997-2003, de 29 mds EUR, serait sans doute supérieur à celui" des années 1990-1996, marquées par une forte dégradation des comptes de la Sécu, ajoutent-ils. De plus, l'objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam), voté par le parlement, est "systématiquement" dépassé et avec une ampleur croissante, ce qui "met en évidence une défaillance des instruments et procédures de régulation", relève la Cour. Cette "défaillance" concerne aussi les "actions structurelles sur le comportement des professionnels de santé, des patients et sur l'organisation des soins", ajoute-t-elle. Les magistrats de la Cour des comptes préconisent de traiter ces questions "sans délais, sous peine de voir se creuser des déficits non maîtrisables". "Cette urgence est d'autant plus grande que s'amorcera à partir de 2005 l'accélération des dépenses de retraites" liée au papy-boom, rappellent-ils. Le vieillissement de la population nécessitera en outre un développement de la prévention de diverses pathologies et d'adaptation du système de santé aux besoins des personnes âgées (accueil à l'hôpital, prescription de médicaments...). Tous les ans depuis 1995, la Cour des comptes établit un rapport sur la Sécurité sociale qu'elle remet au Parlement. Ce document, d'environ 400 pages, dresse le tableau de l'exécution de la loi de financement de la Sécu de l'année précédente et s'attache à des aspects particuliers du fonctionnement du système de protection sociale

Le déficit de l'assurance-maladie (6,1 milliards d'euros en 2002)
devrait atteindre plus de 11 milliards en 2003

 

et peser ainsi dans les déficits publics pour 0,7% du produit intérieur brut. Et, souligne la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale publié jeudi, "le déficit cumulé depuis 1997 risque de dépasser 29 milliards d'euros à la fin de cette année." Les comptes du régime général de la Sécurité sociale ont affiché un déficit de 3,4 milliards d'euros en 2002 après un excédent de 1,1 milliard en 2001. Côté recettes, le ralentissement économique a limité à 2,8% l'augmentation des rentrées qui s'étaient accrues de 6,3% en 2001. "Après trois années d'excédents, 2002 est marquée par le retour du déficit des comptes sociaux", constate la Cour. Ce déficit est dû essentiellement à celui de la branche maladie. "Le très fort accroissement des dépenses d'assurance-maladie, conjugué au ralentissement de la progression des recettes, a provoqué un 'effet ciseau' qui a porté le déficit de l'assurance-maladie à un niveau jamais atteint", soulignent les magistrats de la rue Cambon. DES GÉNÉRIQUES À DÉVELOPPER La Cour des comptes relève que l'accélération des dépenses d'assurance-maladie n'est pas directement liée à un emballement de la consommation des soins mais plutôt à un ensemble de décisions intervenues depuis 2000. L'effet net cumulé de l'ensemble de ces décisions sur 2003 sont en effet de cinq milliards à 5,5 milliards d'euros par rapport à 2000, précise-t-elle. Ainsi, la hausse des honoraires des généralistes décidée en juin 2002 par le gouvernement Raffarin est loin d'avoir été autofinancée, selon la Cour. Cette revalorisation tarifaire représente un coût de 690 millions d'euros en année pleine mais seuls 70 millions d'euros ont été économisés grâce à ses corollaires, le développement des médicaments génériques et la rationalisation des visites. Concernant les hôpitaux publics, la mise en place de la réduction du temps de travail et des protocoles hospitaliers de 2000 et 2001 a engendré en 2003 une dépense supplémentaire de 3,5 milliards d'euros par rapport à 1999, selon la Cour. En 2004, la majoration par rapport à 1999 s'élèvera à 4,6 milliards d'euros, ajoute-t-elle. La Cour considère en outre que la décision, en mai 2000, de créer un système de visite à tarif majoré pour les plus de 75 ans en affection de longue durée (ALD), pris en charge à 100% par le régime obligatoire, a entraîné une dépense de plus d'un milliard d'euros en 2003. A fin 2002, plus de 300.000 personnes supplémentaires sont entrées dans ce dispositif d'affection de longue durée (ALD), une progression de 5% qui a notamment pesé sur les dépenses de médicaments, d'infirmières et de kinésithérapeutes. Ces dépenses ne sont pas nouvelles mais proviennent d'un déport sur le régime obligatoire de dépenses auparavant prises en charge par les assurances complémentaires. Au total, entre 2000 et 2002, 62% de l'augmentation des dépenses de soins de ville proviennent de ces remboursements accordés aux patients en ALD. La Cour des comptes souligne aussi que le report du déremboursement des médicaments à service médical rendu (SMR) insuffisant a pesé sur les dépenses. Les remboursements de ces médicaments "ont certes fléchi mais atteignaient encore un milliard d'euros en 2002". Autre poste à avoir pesé sur les dépenses, celui des indemnités journalières. Alors que la tendance était plutôt au ralentissement, ces indemnités ont connu une forte augmentation à partir de 2000 pour progresser de 11% en 2002. Selon le rapport de la Cour, ce dérapage concerne pour un tiers des arrêts de travail de plus de trois mois et surtout la population des 55 à 59 ans. On observe, de source industrielle, que cette population est plus fragilisée que les autres dans le cadre des plans sociaux et que de tels arrêts s'apparentent parfois à des formules de préretraites que l'employeur n'a pas à financer. La Cour des comptes relève une augmentation de 13% de cette population des 55-59 ans entre 2002 et 2002 et estime que cette croissance se poursuivra jusqu'en 2007-08 pour des raisons démographiques. TARIF HOSPITALIER ET TABAC MIS À CONTRIBUTION Le gouvernement prépare plusieurs mesures d'économies pour le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) afin de stabiliser le déficit de l'assurance-maladie l'an prochain en attendant la réforme annoncée pour la fin 2004. Il s'agit ainsi de dégager quelque quatre milliards d'euros pour stabiliser le déficit aux alentours des 10 milliards. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a exclu une augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) pour ne "pas augmenter les prélèvements sur les Français". Des hausses du tarif hospitalier et de la fiscalité sur le tabac sont en revanche d'ores et déjà acquises. Le ministère de la Santé a confirmé mercredi que le forfait hospitalier, qui n'a pas été réévalué depuis 1996, serait relevé dans le PLFSS. Il n'a toutefois pas précisé l'ampleur de cette hausse, déclarant que le "montant n'est pas encore défini". La Mutualité française a dénoncé une mesure "uniquement financière et ne participant en rien à l'amélioration nécessaire de notre système de santé". Elle juge qu'elle accroîtra "encore les inégalités d'accès aux soins en touchant les plus fragiles d'entre nous", notamment les personnes âgées hospitalisées pour de longs séjours. De source proche du dossier, on indiquait récemment à l'agence de presse médicale APM-Reuters qu'il était envisagé de porter le forfait à 13 euros, contre 10,67 euros actuellement, soit une hausse de 22%. Les Echos avançaient mercredi l'idée d'une hausse de huit euros, soit un relèvement de 75% d'un coup. Selon une simulation effectuée par la Mutualité à partir de données de l'Insee, un rattrapage de l'inflation enregistrée entre 1996 et 2004 mettrait le forfait hospitalier à 12 euros. *

 

 

Et si vous saviez tout et Pourquoi?

Sarkozy intronise Copé

Le ministre de l'Intérieur n'ira pas à la bataille en mars prochain

Rien n'est gratuit pour eux!

La Mafia Politique en protège certains et en sacrifie d'autres!!!!!

 

pour la reconquête de la région Ile-de-France

 

Devant les militants UMP de Paris, il a transmis hier le flambeau à Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement. ILS AURAIENT VOULU Sarkozy, ils devront se contenter de Copé. Hier au Parc floral de Vincennes, les militants UMP de Paris, conviés à une sorte de « fête de rentrée », avec ateliers, animations et buffet campagnard, ont ovationné le ministre de l'Intérieur à son arrivée. Mais c'est Jean-François Copé, porte-parole et benjamin (39 ans) du gouvernement, maire de Meaux (Seine-et-Marne), qui a été intronisé sous leurs yeux pour affronter le socialiste Jean-Paul Huchon en Ile-de-France aux régionales de mars prochain. « Je souhaite que Jean-François Copé soit notre candidat. Je crois en lui. Je lui apporterai mon soutien », déclare Nicolas Sarkozy, après avoir confirmé son propre renoncement. « Je me suis engagé devant les Français à obtenir des résultats, je les obtiendrai, explique-t-il aux militants. Mais seize mois, ce n'est pas suffisant. Et quitter le gouvernement au moment où il traverse des turbulences n'aurait fait que renforcer ces turbulences. » Derrière lui, sur l'estrade, sont alignés tous ceux (à l'exception de Guy Drut) qui, à un moment ou à un autre, se sont vus candidats. Le ministre de l'Intérieur a un mot pour chacun : Patrick Devedjian, ministre délégué, « doit demeurer au gouvernement, car il porte le dossier de la décentralisation ». A Pierre Bédier, secrétaire d'Etat, cité dans une affaire de corruption, Sarko exprime sa « solidarité dans l'épreuve qu'il traverse ». Il rend aussi hommage au travail accompli au conseil régional par Roger Karoutchi, président du groupe, contraint lui aussi de renoncer. Sarkozy présidera le comité de soutien du candidat Copé Mais Sarkozy, s'il transmet le flambeau à Copé, promet d'être « présent dans ce combat » : « Je visiterai vos quartiers, assure-t-il. Je dirai aux Franciliens que j'ai besoin à la tête du conseil régional d'une équipe qui soutienne ma politique. » Mieux, il présidera le comité de soutien du candidat. Jean-François Copé, dont l'investiture par la commission de l'UMP ne sera qu'une formalité, est adoubé ensuite par son mentor, Alain Juppé : « Je vous demande de faire bloc derrière lui, exhorte le président du parti chiraquien. N'allez pas dans les jours qui viennent vous demander si c'était le bon choix, et passez sur les états d'âme des uns et des autres. » Tous, caciques de l'UMP ou ex-candidats malheureux, y vont de leur compliment pour le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, jugé « dynamique », « brillant », « incarnant la jeunesse ». Même Xavière Tiberi, venue avec « ses » militants du V e , et dont le fils, Dominique, souhaite une place éligible aux régionales, trouve Copé « très bon »... Si Jean-Pierre Raffarin est absent pour cause de dossier Alstom, de nombreux ministres (Dominique Versini, Jean-François Lamour, Jean-Louis Borloo, Henri Plagnol, Renaud Dutreil) sont venus assister à la mise sur orbite du jeune homme pressé de la droite. Qui devra, il le sait, contenir « un FN en embuscade ». « En 1995, j'ai été le plus jeune élu de l'Assemblée nationale, rappelle-t-il dans son premier discours. Et, en 1997, le plus jeune battu, dans une triangulaire avec l'extrême droite »... Nathalie Segaunes Le Parisien , dimanche 21 septembre 2003

 

Le gouvernement présente

un budget "d'espoir" qui irrite déjà Bruxelles

 

AFP) - Le gouvernement a présenté jeudi un budget 2004 fondé sur l'espoir d'une reprise rapide, mais dont l'énorme déficit, 55,5 mds EUR, a irrité Bruxelles qui a demandé des mesures avant le 3 octobre sous peine "d'activer" la procédure engagée contre la France pour déficit excessif. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pedro Solbes, a déclaré que "le budget français n'est pas en ligne avec les recommandations faites à la France par ses partenaires" dans le cadre du Pacte de stabilité, et que "si aucune nouvelle mesure n'est annoncée avant le 3 octobre, la Commission activera les nouvelles étapes de la procédure de déficit excessif au cours du mois d'octobre". Le gouvernement s'engage dans le budget à revenir sous les 3% du PIB de déficit public (soldes des comptes de l'ensemble des administrations publiques, dont l'Etat et la Sécurité sociale) en 2005, en passant par 3,6% en 2004 après 4% cette année. Interrogé sur LCI, le ministre des Finances Francis Mer a admis qu'il y aurait avec la Commission "une discussion sur l'année de transition 2004", mais espéré que d'ici au 3 octobre il aurait "le temps de convaincre" M. Solbes. Il a considéré qu'il n'était "de l'intérêt, ni de l'Europe ni de la France (que celle-ci essaie) de passer en force". Le gouvernement se montrait pourtant satisfait de son budget jeudi. On considérait ainsi au ministère des Finances que "quelle que soit la tristesse des chiffres, la direction est la bonne", et on disait que le budget "traduit de l'espoir". Le président de la République Jacques Chirac a considéré qu'il fait "le choix d'une politique de croissance et d'emploi". La reprise mondiale attendue vainement depuis deux ans semble désormais mieux en vue. Le gouvernement parie donc sur une croissance de 1,7% l'an prochain, après sans doute 0,5% en 2003. M. Mer a espéré jeudi qu'après avoir été "trop optimiste" sur la croissance l'an dernier, il se tromperait cette fois "par pessimisme". Le gouvernement pense que le déficit annoncé pour l'an prochain sera meilleur que celui de cette année, dont il a confessé au passage qu'il est attendu à 56 mds EUR, un record inégalé. Comme prévu, l'enveloppe globale des ministères n'augmente pas (hors inflation) l'an prochain. Le détail montre des gagnants comme les ministères prioritaires, Intérieur, Justice et Défense, et des perdants comme l'Equipement et l'Agriculture. Aucune évolution en pourcentage n'a été communiquée, le ministre du Budget Alain Lambert estimant en effet que "cela n'a pas de sens". Les effectifs de l'Etat seront diminués de 4.561 postes d'agents partant en retraite, la seconde baisse d'effectifs en deux ans. Le gouvernement poursuit sa politique de baisses d'impôts et de charges, avec 2,1 mds EUR de mesures fiscales et 1,2 md EUR de moindres charges sociales. La principale mesure pour les particuliers est la nouvelle baisse de 3% des taux du barème de l'impôt sur le revenu, assortie d'une hausse de 480 M EUR de la Prime pour l'emploi. Le gouvernement souligne que "sur 23 dispositions fiscales, 22 sont favorables aux Français" la 23e étant la hausse de 3 centimes par litre à la pompe du gazole. Le budget a été accueilli sereinement par la majorité, le président de l'UMP Alain Juppé le qualifiant de "prudent", "cohérent" et "rigoureux". Pour l'ancien ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn, au contraire, c'est un "budget de détresse".

 

 

ça chauffe dans la maison CHIRAC/RAFFARIN

Les Pyromanes à la mode sont des pompiers du gouvernement cités par le Président lui même!

Devinez qui avait prévu cette nouvelle trahison?

CONSULTEZ LA TOTALITE DE CETTE PAGE

VOUS TROUVEREZ!

 
 

 

ELYSEE. Chirac condamne « le jeu des petites phrases » Hier, le président, excédé par les ambitions et indiscrétions de certains membres du gouvernement, a piqué une grosse colère. Il ne veut voir qu'une tête, celle de Raffarin, et demande à ceux qui rêvent de Matignon de se calmer. NEW YORK (ETATS-UNIS), MARDI. Le climat fébrile au sein du gouvernement a exaspéré Jacques Chirac qui a rappelé ses ministres à l'ordre. (AP/MARY ALTAFFER.) C'EST un violent rappel à l'ordre. Une froide colère de Jacques Chirac en plein Conseil des ministres. Une première depuis le début du quinquennat. Elle s'est produite, hier matin, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, exceptionnellement programmée un jeudi, en raison du déplacement du président de la République à New York. Hier donc, le Conseil est sur le point de s'achever. Après avoir longuement passé la loi de Finances 2004 en revue et traité de plusieurs ordonnances sur l'outre-mer, Chirac prend la parole. Rentré dans la nuit des Etats-Unis, le chef de l'Etat est excédé. Le spectacle donné en début de semaine par certains ministres aux journées parlementaires UMP de Nancy et le climat fébrile qu'il perçoit actuellement au sein du gouvernement l'ont exaspéré. Pour Chirac, il est donc temps de siffler la fin de la récréation. Trois ministres dans le collimateur « Je tiens à rappeler que le Conseil des ministres est secret, que ces délibérations sont secrètes. Je suis scandalisé que des propos qui y sont tenus se retrouvent dans la presse », martèle-t-il dans un silence de cathédrale. Mais la colère présidentielle ne s'arrête pas là : « Je voudrais que chaque ministre se concentre sur la tâche qui est la sienne. Je souhaite que le jeu des petites phrases et des interprétations personnelles s'arrête. » Et pour que les choses soient claires, le président réaffirme que le « seul ministre autorisé à s'exprimer est le porte-parole du gouvernement », Jean-François Copé. Autour de la table, « chacun regarde ses chaussures », comme le confie un des participants. Mais tout le monde a compris : Jean-Pierre Raffarin est le patron et ceux qui font déjà ouvertement campagne pour lui succéder sont priés de se calmer. « Le président a fait preuve d'autorité. Dans la période que nous traversons, l'esprit de mission doit prévaloir. Il ne peut pas y avoir de destin personnel mais une ambition collective », justifie-t-on dans l'entourage présidentiel. A l'Elysée, on se lasse des rumeurs de remaniement qui s'étalent à la une des journaux. On voudrait aussi voir les ministres monter au créneau pour défendre davantage un Raffarin en difficulté dans les sondages et dont l'autorité semble s'affaiblir de jour en jour. Trois ministres sont, depuis quelque temps, dans le collimateur présidentiel : Nicolas Sarkozy, François Fillon et Michèle Alliot-Marie. Tous les trois ne cachant plus leur envie de prendre la place de Raffarin. « Sarko en fait trop et a fini par agacer les députés », fait remarquer un habitué de l'Elysée. Hier matin, lors de l'examen de la loi de Finances 2004, le chef de l'Etat, évoquant la question des dépenses publiques et indiquant qu'il lui semblait possible de faire des économies supplémentaires, a d'ailleurs cité expressément... le ministère de l'Intérieur. Second ministre visé : Michèle Alliot-Marie . « Elle se croit tout permis sous prétexte que son ministère serait sanctuarisé », dit un proche du président. Quant à Fillon, il a annoncé son plan troisième âge accompagné d'une taxation sur les revenus du capital mercredi sans prévenir quiconque. Ce qui a été peu apprécié. Pour l'Elysée, il était donc urgent de conforter Raffarin. Déjà, il y a dix jours, lors de son discours de rentrée à Auxerre, Chirac s'y était employé, jugeant que le chef du gouvernement conduisait son action « avec détermination, constance et esprit d'ouverture ». Hier, il a signifié on ne peut plus clairement qu'il n'était pas question de changer de Premier ministre. Bruno Jeudy et Ludovic Vigogne Le Parisien , vendredi 26 septembre 2003

 

 

Socialistes Hollande sort son contre-programme

 

Limoges (Haute-Vienne) DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL LIMOGES, HIER. François Hollande a voulu montrer que le PS avait des propositions à faire. (AFP/MICHEL GANGNE.)

 

 

 

(AFP/MICHEL GANGNE.) CLÔTURANT hier les journées parlementaires du PS à Limoges, François Hollande, critiqué au sein du parti pour son manque de dynamisme, a tracé quelques perspectives pour l'avenir. Un véritable « contre-programme ». Le premier secrétaire du PS propose notamment la mise en place d'un « pacte national pour l'emploi » bâti autour d'une politique de relance de la croissance au niveau européen. Et pour sortir de l'impasse budgétaire, il suggère au gouvernement de renoncer à ses baisses d'impôts (sur le revenu et les grandes fortunes) afin de doubler la prime pour l'emploi « dont l'effet sur la consommation est direct ». Pour Hollande « la perte de crédibilité de la droite » crée une pression « légitime » sur les socialistes. « Même si le rendez-vous décisif est en 2007, l'alternance se construit dès aujourd'hui », martèle-t-il. En attendant, les socialistes ont continué hier avec gourmandise ce qu'ils avaient commencé la veille : une critique féroce de Jean-Pierre Raffarin et de sa politique. Ancien Premier ministre, Michel Rocard, qui connaît sur le bout des doigts les difficultés que peut rencontrer un chef de gouvernement, n'est pas le plus tendre : « Ce budget est ridicule. Nous sommes la risée de l'Europe avec notre déficit public à 55 milliards d'euros. » Mini test national Ségolène Royal, qui part à la conquête de la région Poitou-Charentes, fief du Premier ministre, est encore plus sévère : « Le côté artificiel de Raffarin, que nous connaissons déjà localement, est en train d'éclater au grand jour. De la frime, des formules, mais, derrière, pas grand-chose... » La députée des Deux-Sèvres, qui à déjà lancé sa campagne pour les élections de mars 2004, compte faire du scrutin en Poitou-Charentes un mini test national. Député de Paris et spécialiste de la sécurité, Christophe Caresche estime cependant que Raffarin n'est pas le seul à sortir « abîmé » de l'actuelle séquence politique : « Il y a aussi Sarkozy. Sur les dossiers de la Corse, de la prostitution ou des mineurs étrangers délinquants reconduits dans leur pays, les résultats ne sont pas probants. Sans parler de la canicule, où il est visiblement loin d'être irréprochable. » Tétanisés par le ministre de l'Intérieur pendant toute la première partie de la législature, les députés du PS jurent qu'ils seront désormais plus pugnaces, à l'Assemblée, lors des séances des questions au gouvernement. A suivre donc... Frédéric Gerschel Le Parisien , samedi 27 septembre 2003

 

procès des emplois fictifs du RPR




une justice à quelle vitesse..?????????

 

Le procès des emplois fictifs du RPR démarre lundi devant le tribunal correctionnel de Nanterre avec parmi les prévenus l'ancien Premier ministre Alain Juppé mais aussi plusieurs anciens responsables du parti gaulliste et sa financière occulte, Louise-Yvonne Casetta. Le procès porte sur l'existence au sein du RPR de permanents indûment rémunérés d'un côté par des entreprises privées et de l'autre par la Ville de Paris, alors dirigée par Jacques Chirac, entre 1988 et 1995. Vingt-sept personnes comparaîtront jusqu'au 17 octobre, dont une majorité de chefs d'entreprise qui espéraient, en rémunérant des permanents du RPR, se faire bien voir du parti et ainsi obtenir des marchés publics. Parmi les "politiques", outre Alain Juppé, président de l'UMP - nouveau nom de la formation chiraquienne -, figurent les ex-trésoriers Robert Galley et Jacques Boyon, les ex-directeurs administratifs et financiers Antoine Joly et Jacques Rigault et l'ancien directeur de cabinet de M. Juppé, Patrick Stéfanini. Poursuivi pour "prise illégale d'intérêt" à double titre - secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) - Alain Juppé se voit reprocher d'avoir couvert l'emploi par la Ville de sept personnes travaillant en réalité pour son parti. "En sa qualité d'adjoint chargé des finances de la Ville de Paris pesait sur M. Juppé une obligation de contrôle. Il ne pouvait donc ignorer que des personnes salariées par la Ville de Paris exerçaient en réalité leurs fonctions au sein et au profit du mouvement politique dont il était le secrétaire général", estime le parquet de Nanterre dans son réquisitoire. Pour l'un de ses avocats, Me Francis Szpiner, "ce n'est pas le procès d'Alain Juppé, c'est le procès du fonctionnement d'un parti, le RPR, pour des faits qui datent de plus de 10 ans. Il n'y a rien qui mette en cause son intégrité". Le maire de Bordeaux risque théoriquement jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, mais surtout une peine d'inéligibilité. Au terme de huit ans d'enquête, l'instruction n'a retenu à son encontre que les salaires pris en charge par la Ville, rejetant l'idée qu'il ait pu être au courant des salaires de complaisance versés à certains permanents du parti par des entreprises privées. En tout, l'enquête a dénombré 28 salariés fictifs rémunérés par ces sociétés privées, certains "placés" auprès des entreprises par la trésorière officieuse du parti, Louise-Yvonne Casetta, 60 ans. Mais son avocat, Me Jacques Vergès, dément que sa cliente ait eu une quelconque maîtrise de l'initiative en matière de recrutement, n'étant que la subordonnée des directeurs administratifs et des trésoriers. "Sur une vingtaine d'emplois fictifs, elle a seulement servi dans trois cas de commissionnaire", explique l'avocat. Qui ajoute : "Si on essaie de faire porter le chapeau à Mme Casetta, ça va chier !". A la veille de l'ouverture des débats, Mme Casetta a déclaré dans le Monde qu'elle attendait "que ceux qui étaient les responsables (du parti) prennent enfin leurs responsabilités". "Qui peut faire croire qu'un chef d'entreprise ne sait pas ce qui se passe dans sa boîte ? Un parti politique, en quoi est-ce différent?", a-t-elle ajouté. Quant à l'ancien maire de Paris (de 1977 à 1995) Jacques Chirac, directement visé dans le dossier sur la base notamment d'un document signé de sa main susceptible de signifier qu'il connaissait l'existence d'emplois fictifs, il est actuellement protégé par son immunité de président de la République. Par conséquent les faits le concernant, actuellement gelés, ne seront pas examinés au procès. Dominique de Villepin a assuré dimanche soir Alain Juppé de son "amitié lucide et exigeante", à la veille du procès. Invité du grand rendez-vous d'Europe 1, le ministre des Affaires étrangères a rappelé qu'il était "un proche et un ami d'Alain Juppé depuis de très, très longues années". "Je me suis engagé en politique avec Alain Juppé et c'est un peu grâce à lui que je suis ici aujourd'hui", a-t-il dit, en ajoutant: "L'amitié est lucide et exigeante et c'est pour cela que ma sérénité est totale". Prenant la défense de l'ancien Premier ministre dont il fut un collaborateur, M. de Villepin a fait valoir que "personne ne peut douter de l'intégrité personnelle" du député-maire de Bordeaux qui a "été parmi les premiers à travailler à la transparence de la vie politique". Dominique de Villepin a souhaité en outre que le procès se déroule "dans la plus grande sérénité et que ni les convoitises, ni les appétits politiques ne viennent interférer en aucune façon". Le ministre s'est refusé à être plus explicite

 

Mattei présente

son "plan Urgences" pour les hôpitaux

 

- Le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a présenté son "plan Urgences", doté de 489 millions d'euros sur cinq ans, qui prévoit notamment la création de 15.000 lits de sorties des services d'urgences. "Je me sens fortement engagé par ce plan car c'est une partie de la réponse au drame de la canicule que nous avons vécu cet été", a dit Jean-François Mattei lors d'une conférence de presse. "C'est toute l'organisation de la chaîne des urgences dans notre système de soins qu'il nous faut adapter." Dans le cadre de ce plan, 10.500 postes médicaux et non médicaux seront en outre créés sur cinq ans. Danièle Toupillier, conseillère technique auprès du directeur de l'hospitalisation et des soins, a précisé que 10% de ces créations de postes concerneraient les praticiens hospitaliers. Pour le reste, le plan prévoit de renforcer les "équipes logistiques" (secrétaires médicales, brancardiers etc.). Les équipes des Samu et des Smur devraient également recevoir un renfort, d'ici 2006, de 100 postes de permanenciers, de 20 postes de praticiens hospitaliers et de 600 postes d'infirmières, pour un coût total de 29 millions d'euros sur trois ans. Le "plan Urgences" sera mis en oeuvre dès 2004 avec une première tranche de 150 millions d'euros financée sur l'Ondam (Objectif national de dépenses d'assurance maladie). Le montant total de l'Ondam hospitalier atteindra 2,4 milliards d'euros en 2004. Le "plan Urgences" est distinct des mesures d'investissement et de modernisation des bâtiments d'urgence qui bénéficieront d'une enveloppe de 880 millions d'euros sur cinq ans, inscrite dans le cadre du plan "Hôpital 2007". Jean-François Mattei a souligné que le "plan Urgences", "global" et destiné à toute la chaîne des urgences, s'appliquerait "depuis l'amont (...) jusqu'à l'aval, à l'hôpital, dans les services de soins de suite et jusqu'au retour à domicile". Le ministre a par ailleurs promis la création d'un "système de veille sanitaire" doté d'un dispositif d'une "très forte réactivité". Un "système d'information complet" touchant l'ensemble du territoire sera mis en place "progressivement", a-t-il dit. Dès la rentrée 2004, un diplôme d'études spécialisées complémentaires pour les médecins d'urgence sera créé. Jean-François Mattei a insisté sur la nécessité d'organiser les urgences en "réseau" afin d'éviter leur engorgement et permettre ainsi aux personnes "les plus fragiles et notamment les plus âgées" de pouvoir retourner chez elles. "La réseau est une réponse médico-sociale, coordonnée, pertinente à la prise en charge des personnes fragiles", a-t-il expliqué.

 

Baisse de popularité: Raffarin "garde la bonne humeur"

Jean-Pierre Raffarin a déclaré jeudi soir en allusion à sa forte chute de popularité dans les sondages que, "malgré les péripéties du moment", il "garde la bonne humeur". "Malgré les péripéties du moment, un, je garde la bonne humeur et, deux, je réserve l'essentiel de mon énergie à préparer l'avenir et à travailler avec tous ceux qui ont des réflexions sur l'avenir de la France et de son économie", a lancé le Premier ministre lors d'un colloque organisé par l'Association des moyennes entreprises patrimoniales (ASMEP) à Paris. Il a défini la "stratégie" de son gouvernement comme celle de "la croissance durable", qui "impose de redonner d'abord au travail sa place centrale". "Nous voulons réhabiliter le travail. J'ai entendu dire que d'autres voulaient réhabiliter l'impôt. Ca me va comme clivage", a ironisé M. Raffarin en lançant un "c'est en créant du travail qu'on répond au chômage". "La réussite, c'est l'emploi, c'est pas l'indemnisation", a-t-il poursuivi. Confronté à une hausse quasi constante du chômage, le Premier ministre a néanmoins "revendiqué" sa "politique sociale" qui consiste à "augmenter le nombre de gens au travail". "Nous n'avons pas une ligne anti-sociale", a-t-il affirmé en réponse aux critiques de la gauche. Alors que le président de l'ASMEP Yvon Gattaz, ancien patron du CNPF, lui a demandé de "suspendre le malencontreux déplafonnement de l'ISF" (impôt de solidarité sur la fortune) et de "ramener son plafond à 50% des revenus", M. Raffarin s'est contenté de répondre qu'il avait "bien entendu (son) appel".

Emplois fictifs : le tribunal sermonne un ex-responsable du RPR

 

Gamma 2003 Bassignac - Deroubaix L'ex-directeur administratif et financier du RPR, Eric Woerth, s'est attiré les foudres du tribunal de Nanterre en reconnaissant et en détaillant des pratiques illégales du parti chiraquien. Par ailleurs, le tribunal est aussi revenu sur le cas de Louise-Yvonne Casetta. L'organisatrice présumée du système des emplois fictifs a elle aussi été rémunérée non par le RPR mais par deux sociétés privées de 1986 à 1994. "On peut être choqués qu'un parti politique qui a des élus qui préparent des lois ne puisse se mettre en conformité avec celles-ci", a déclaré à l'audience la présidente du tribunal Catherine Pierce. Interrogé comme témoin, Eric Woerth, proche d'Alain Juppé qui l'a recruté au RPR en 1993, a repris jeudi les arguments avancés par le maire de Bordeaux à la barre lundi dernier, au premier jour du procès des emplois fictifs du RPR. Les dirigeants du parti chiraquien auraient "mis de l'ordre" dans les pratiques illégales dès leur découverte, affirme-t-il. Eric Woerth a ainsi expliqué qu'il avait "régularisé" à son arrivée "quinze ou seize" permanents du parti chiraquien, payés jusqu'alors illégalement par des sociétés privées. Sur question du tribunal, il a admis que cette régularisation s'était faite au moyen d'une déclaration d'embauche falsifiée adressée à l'administration, faisant croire que ces personnes venaient d'arriver au RPR, alors qu'elles y travaillaient depuis plusieurs années. Eric Woerth aurait alors, selon ses dires, révélé cette situation au trésorier du parti Jacques Oudin, au secrétaire général adjoint Jean-Louis Debré et au directeur de cabinet d'Alain Juppé, Patrick Stefanini, qui s'en seraient montrés "surpris", a affirmé le témoin. Le tribunal s'est étonné de cette version des faits, faisant remarquer que d'autres situations illégales - d'une douzaine de permanents du RPR payés par la ville de Paris, notamment Patrick Stefanini lui-même et plusieurs collaborateurs proches d'Alain Juppé - avaient perduré après son arrivée. "Vous aviez des troubles de la vision ?", lui a demandé un assesseur. "Je n'ai pas eu le sentiment que c'était une situation irrégulière", a répondu Eric Woerth. "On pensait qu'on était une organisation à part", a-t-il persisté alors qu'il était interrogé sur l'absence de comité d'entreprise au sein du RPR. "Un parti n'est ni une entreprise ni une administration", a reconnu un autre assesseur. "Mais il est néanmoins tenu de respecter les lois de la République". LES EMPLOIS FICTIFS DE CASETTA Mercredi, Louise-Yvonne Casetta, organisatrice présumée du système des emplois fictifs, avait déclaré à l'audience que les "politiques" et la "hiérarchie" du RPR avaient voulu le système illégal et lui avaient donné les ordres pour le mettre en oeuvre. C'est sur son cas personnel que le tribunal est revenu jeudi. L'enquête a montré que cette permanente du RPR avait été elle-même rémunérée non par le parti, mais par deux sociétés privées de 1986 à 1994, avec un salaire de 15.000 francs par mois passé ensuite à 27.000 puis à 36.000 francs mensuels. Tout en estimant que l'opération était légale, les deux entrepreneurs qui ont payé ces salaires ont admis à la barre que Louise-Yvonne Casetta n'avait jamais mis les pieds dans leur entreprise. Jean Guillou-Keredan, 78 ans, dirigeant de la Siec, premier employeur de la "banquière" présumée du RPR - lui-même poursuivi - a expliqué avoir "acheté un carnet d'adresses" en la payant. "J'ai été frappé par son intelligence, son charisme. Elle avait un sens commercial unique", a-t-il expliqué. Louise-Yvonne Casetta a expliqué qu'elle lui aurait permis de décrocher des marchés publics, notamment à "Neuilly, chez Nicolas Sarkozy", a-t-elle dit. Michel Romestain, 55 ans, patron de la Comatec a précisé avoir attendu un an que Louise-Yvonne Casetta quitte le RPR, en vain, tout en la payant sans qu'elle travaille chez lui. Après lui avoir demandé en vain de s'expliquer, le tribunal a fait valoir que son entreprise de nettoyage avait au même moment remporté d'importants contrats pour l'immeuble du RPR rue de Lille, à Paris, dont un marché de 720.000 francs en 1995. Le procès se poursuit vendredi avec la suite des interrogatoires des chefs d'entreprises et de Louise-Yvonne Casetta

REGIONALES. La fille Le Pen entre en... Seine

 

Marine Le Pen, qui sera, en mars 2004, le chef de file du FN en Ile-de-France, compte jouer les trouble-fête. Sa cible privilégiée : le candidat UMP Jean-François Copé. Hier, avec caviar et champagne, elle a lancé sa campagne. PARIS, HIER. Marine Le Pen a lancé sa campagne pour les régionales depuis une péniche . (LP/OLIVIER LEJEUNE.) DANS LA FAMILLE Le Pen, on aime bien voguer en... eaux troubles. L'autre semaine, le président du FN a inauguré sa campagne des régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur sur un bateau, au large de Nice. Sa fille Marine, 35 ans, a lancé la sienne, hier, sur une péniche remontant la Seine. Pour imiter papa ? « Je n'ai pas de conseil à prendre de mon père, répond-elle. Il m'a juste dit : Reste toi-même. » Telle qu'en elle-même donc, la chef de file du FN en Ile-de-France a présenté son « projet régional » devant quelques cadres du parti et un buffet mariant caviar et champagne. « Je sors mon fusil à un coup. C'est suffisant... » Elle a, comme d'habitude, renvoyé dos à dos droite et gauche, moquant « le bilan régional tristounet » du socialiste Jean-Paul Huchon aussi bien que les « rodomontades d'un ministre cumulard et suffisant ». De fait, Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement et chef de file de l'UMP, est, à ce jour, sa cible préférée et quasi exclusive. « Je n'ai pas besoin d'avoir deux cibles, insiste-t-elle, puisque PS et UMP mènent la même politique. Je sors mon fusil à un coup. C'est suffisant... » Pour tenter d'étayer sa thèse, la candidate a comptabilisé le nombre de « dossiers » (sur les 800 présentés en commission permanente à la région) où la droite républicaine s'est opposée à la gauche : « 40 la première année, 20 la deuxième, 10 la troisième, 7 la quatrième et... un cette année ! », jubile-t-elle. Et cela date d'avant-hier : UMP et UDF ont, en effet, mêlé leurs voix à celles du FN et du MNR de Bruno Mégret pour rejeter une subvention en faveur du Forum social européen qui se tiendra en novembre à Paris et à Saint-Denis. Un « mariage » qui fait sourire Marine : « Copé court derrière le FN, mais c'est le FN qui le rattrapera... » « Quand je serai grande, je serai première adjointe » Une blonde quinquagénaire au sourire avenant surgit : c'est la candidate FN qui, en 1997, en se maintenant au second tour, a provoqué la triangulaire qui a coûté à Copé son siège de député de Seine-et-Marne. « Je vous présente la terreur de M. Copé », pouffe Marine Le Pen. Elle ajoute doctement, visant le secrétaire d'Etat : « Ce type a encore de l'expérience à acquérir. » Puis Marine, hilare et ressortant son « fusil à un coup », ajuste le tir : « Avant d'abandonner en 2002 son fauteuil de maire pour devenir premier adjoint, Copé a fait doubler dans sa commune les indemnités allouées au premier adjoint, les portant à plus de 5 000 €. Quand je serai grande, je serai premier adjointe de Meaux. » La fille de Jean-Marie Le Pen, qui assure avoir, en ce début de campagne, « un très bon ressenti », ne voit qu'un seul obstacle à l'ascension du FN en Ile-de-France : le risque du vote utile. « Mais si, au premier tour, nous sommes devant Copé et l'UDF, cet argument tombera. Seulement voilà : ils sont tellement orgueilleux à l'UMP qu'ils n'envisagent même pas cette situation. » Marine Le Pen, qui entend bien dépasser les 16 % du Front en 1998, s'y prépare, elle, très sérieusement...

Nathalie Segaunes Le Parisien , samedi 04 octobre 2003

Emplois fictifs du RPR: la fronde d'un ancien cadre contre sa hiérarchie

Jacques Rigault parle avec Louise-Yvonne Casetta vendredi dans les couloirs du palais de justice de Nanterre © AFP Jack Guez NANTERRE (AFP) - Jusqu'à présent, il avait surtout essuyé les attaques des juges. Mais vendredi, la présidente du tribunal correctionnel de Nanterre a pris soin de ménager Jacques Rigault, ex-directeur administratif et financier du RPR, lorsqu'il s'est mis à accuser sa hiérarchie de ne pas lui avoir donné "les moyens" de mettre fin au système des emplois fictifs. A la barre, ce petit homme de 67 ans aux oreilles décollées et aux cheveux blancs semble las, fatigué peut-être d'endosser, avec d'autres, la responsabilité de la prise en charge de permanents du parti par des entreprises privées, au centre du procès de Nanterre. Alors il raconte : à son arrivée au RPR en 1988, le secrétariat général, alors dirigé par Alain Juppé, lui "demande de mettre de l'ordre dans la gestion du personnel et dans les dépenses (...) Mais c'était un peu flou, il n'y avait pas beaucoup d'instructions", dit-il. C'est à ce moment qu'il découvre l'existence parmi le personnel de permanents employés fictivement par des sociétés extérieures. "Cela m'a un peu surpris", se rappelle-t-il. Savait-il qu'en plus des salariés payés par des entreprises privées certains l'étaient par des entités publiques comme la Ville de Paris ? "Oui (...) Je pense par exemple au directeur de cabinet (d'Alain Juppé, ndlr), mais je n'ai pas eu l'idée de lui demander. J'aurais trouvé cela superflu et dangereux". Dans sa lettre de mission, on lui demande de "gérer le personnel permanent du RPR et de mettre en place un système de contrôle des dépenses". Mais, selon lui, cette demande de remise en ordre n'est qu'un écran de fumée: "Je n'avais pas l'autorité ni l'instruction de la part de l'autorité politique pour faire cesser cette situation. Je n'avais pas les moyens de faire régulariser la situation". "Sous le titre ronflant dont on m'a affublé il n'y avait pas de réalité", estime encore Jacques Rigault. Amer, il ajoute que depuis son départ du RPR en 1991 il a fait le "serment de ne plus franchir la porte d'un parti politique". "Et j'ai tenu ce serment". Cette déclaration est un coin supplémentaire enfoncé dans la défense du principal prévenu, Alain Juppé, qui reviendra mardi à l'audience. Car selon les dires de ce dernier, secrétaire général puis président du RPR de 1988 à 1995, il a dès son arrivée tenu à mettre "de l'ordre" dans le parti. "Mes instructions étaient claires, c'était de se mettre en conformité avec les différentes lois", avait martelé Alain Juppé au premier jour du procès. Robert Galley arrive vendredi au palais de justice de Nanterre © AFP Jack Guez Invité à son tour à répondre aux questions du tribunal, l'ex-trésorier (de 1984-1991) Robert Galley, 82 ans, fidèle à une ligne de défense dont il ne cède pas un pousse de terrain, a continué de son côté d'affirmer qu'il ignorait tout des pratiques de financement occulte de son parti. "Je n'ai eu aucunement connaissance des emplois fictifs payés par les entreprises !", a-t-il encore répété. Quant à Louise-Yvonne Casetta, elle a continué d'affirmer qu'elle n'était qu'une "exécutante" qui recevait ses "ordres" essentiellement des trésoriers et directeurs administratifs et financiers. Et c'est avec aplomb qu'elle a fermement tenu à dédouaner l'ancien secrétaire général du RPR et son ancien président, Jacques Chirac, affirmant n'avoir "jamais" reçu d'instructions de leur part. Le procès se poursuivait vers 19h00. Il reprendra mardi à 14h00.

 

Candidate aux régionales en Poitou-Charentes,

Ségolène Royal veut donner envie aux électeurs

de se rendre aux urnes

«Raffarin ne maîtrise rien»

" le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité."

Aujourd'hui : Ségolène Royal, députée PS des Deux-Sèvres, ancienne ministre de la Famille et future tête de liste de la gauche aux régionales en Poitou-Charentes, le fief de Jean-Pierre Raffarin. La droite affirme que, sans les 35 heures, la France serait aujourd'hui dans une situation plus favorable... Ségolène Royal. C'est la technique bien connue du bouc émissaire. Après avoir plongé le pays dans le marasme économique, le gouvernement cherche des coupables. Il s'attaque frontalement aux 35 heures. C'est pourtant une des plus grandes conquêtes sociales de ces dernières années. Une loi qui a créé des emplois, même si elle mérite certainement quelques adaptations. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Certains bas salaires ont été privés d'heures supplémentaires, ce qui a incontestablement abaissé leur pouvoir d'achat. Dans les entreprises, il y a pu y avoir des écarts de traitement entre les salariés déjà présents et ceux qui ont été recrutés au Smic sur la base des 35 heures. Mais lorsqu'on met en place une réforme sociale aussi vaste, il est quasiment impossible d'anticiper tous ses effets négatifs. Une partie de la majorité parle désormais d'abroger les 35 heures... C'est la position du Medef. Et cela ne m'étonne pas qu'une certaine droite la reprenne à son compte. Une droite qui a toujours rêvé de remettre en cause les acquis sociaux. De supprimer le Smic pour rendre les bas salaires plus flexibles. Les Français sont très attachés à la RTT. Ils se mobiliseraient énergiquement si le gouvernement cherchait à revenir dessus. Est-ce vraiment la faute de Raffarin si la croissance stagne ? Il a cassé un certain nombre de ressorts. D'abord, en sabordant le traitement social du chômage (suppression des aides-éducateurs et des emplois jeunes). Ensuite, en déstabilisant les entreprises par une série d'annonces maladroites, je pense par exemple à sa volonté délibérée de ne pas respecter le Pacte de stabilité imposé par l'Europe (déficit public à 3 % du PIB). Ce qui me frappe dans l'équipe Raffarin, c'est son amateurisme. Finalement, le seul professionnel, c'est Sarkozy, même si on peut être en désaccord avec lui sur le fond. Quand je pense aux critiques qu'on entendait sur Jospin... Lui au moins donnait une cohérence à son action, une vraie perspective. Raffarin ne maîtrise rien. Il est dans l'improvisation permanente. On annonçait une rentrée scolaire chaude. Finalement elle n'a pas eu lieu... Oui mais l'amertume est encore très profonde. Le gouvernement aurait tort de la sous-estimer. Faut-il légiférer sur l'euthanasie ? En tout cas, on ne peut pas se contenter de fermer les yeux comme le fait Raffarin. La loi actuelle n'est pas appliquée. Sans cela, Marie Humbert serait actuellement poursuivie et condamnée pour avoir donné la mort à son fils. Personnellement, je ne crois pas qu'une nouvelle disposition législative réglerait tous les problèmes. Je suis plutôt favorable à une solution d'équilibre, une décision collégiale prise entre le médecin et la famille. En mars prochain, vous serez candidate aux régionales en Poitou-Charentes, le fief de Raffarin. Ferez-vous de cette élection un test national ? On démontrera que, sous sa houlette, la région a dépensé beaucoup d'argent en communication. Qu'elle a gaspillé inutilement de nombreux crédits. Mais dans cette campagne, je penserai surtout au 21 avril. Mon objectif : c'est de donner envie au plus grand nombre d'électeurs de se rendre aux urnes. De les persuader qu'ils peuvent avoir une influence directe sur des sujets aussi concrets que l'éducation, les transports, l'environnement ou la formation professionnelle. Récemment, vous avez pris position contre le port du string à l'école. N'est-ce pas un peu vieux jeu ? On m'a demandé ce que je pensais de la décision de certains directeurs d'établissement d'imposer aux élèves une tenue décente. J'ai répondu que cela me paraissait tout à fait raisonnable. Il est difficile d'interdire le foulard à l'école tout en encourageant les filles à s'exhiber comme des marchandises. François Hollande, votre compagnon, s'impose-t-il assez à la tête du PS ? Il a réussi à maintenir l'unité du Parti socialiste et à mettre en place une direction cohérente à l'issue du congrès de Dijon : c'était loin d'être gagné d'avance après notre déroute électorale. Aujourd'hui, François porte les nouvelles propositions du PS. Les militants lui font confiance. Moi aussi. François est modeste et sérieux : c'est sans doute ce ce que les gens attendent de leurs responsables politiques.

Propos recueillis par Frédéric Gerschel Le Parisien , dimanche 05 octobre 2003

 

Le pain noir de Raffarin Popularité en berne et dossiers impossibles :

 

le chef du gouvernement affronte la bourrasque en affichant sa loyauté envers le Président et sa détermination à surmonter les épreuves.

Par Sylvie Pierre-Brossolette [03 octobre 2003] Une lente descente aux enfers. En un an, Jean-Pierre Raffarin a perdu près de 20 points au baromètre TNS-Sofres-Le Figaro Magazine. Il semble même entraîner, depuis deux mois, le chef de l'Etat dans sa chute. C'était fatal, disent les plus sévères. C'est rattrapable, répondent les plus optimistes. La popularité ne décide pas des élections et l'opinion est versatile, nuancent les plus expérimentés. Il n'empêche : quel que soit le bout de la lorgnette par lequel on examine la situation actuelle du Premier ministre, chacun s'accorde pour la juger mauvaise, voire détestable, en tout cas à la limite de la zone de péril. Si, en effet, il ne parvenait pas à redresser la barre avant les régionales de mars prochain (dans moins de six mois...) ni à éviter que celles-ci ne tournent à la correction pour la majorité dont il est le chef, ses jours seraient comptés à Matignon. Comment ce Premier ministre «sympa» que Chirac a donné à la France en est-il arrivé là ? L'as de la proximité, le héraut de l'ouverture et de la gestion de «bon père de famille» a peu à peu usé, râpé son image. La France d'en bas ne le reconnaît plus. La France d'en haut non plus. Va-t-il se retrouver ? Possible, mais difficile. Car les problèmes auxquels il se trouve confronté ont des origines différentes : il y a la forme et le fond, ce qui vient de lui et ce qu'il doit à la loyauté envers un Président aux exigences parfois contradictoires. Le tout forme un cocktail instable et explosif. La forme, d'abord. Le diagnostic est sur toutes les lèvres : trop de com tue la com. A force d'assaisonner ses discours de formules destinées à faire mouche et à lui forger une image un brin fabriquée, cela lui est revenu comme un boomerang quand il s'est trouvé à contre-emploi. Les petites phrases assassines sur les socialistes ou la Commission de Bruxelles n'étaient pas son genre ; pas plus que son indifférence apparente aux premiers jours mortels de la canicule. Plus grave : la lassitude d'une opinion prompte à brûler ce qu'elle a adoré. La mode n'est plus aux raffarinades. «Le Raffarin qui plaît, c'est le besogneux ; le comédien ne plaît plus», reconnaît-on à Matignon. Le fond, ensuite. Dans ce domaine, le Pompidou du Poitou, comme l'a baptisé Giscard, paie en partie l'addition de Jacques Chirac. Pour tenir les promesses présidentielles, le Premier ministre doit en effet se livrer à des contorsions auxquelles le meilleur acrobate budgétaire ne résisterait pas. Du libéralisme avec les baisses d'impôt en même temps qu'une hausse des charges (par exemple, la taxe sur le diesel), du réalisme volontariste avec les retraites et du social avec le maintien de nombreuses subventions et allocations en même temps que du laxisme avec les déficits publics... Cela semble partir dans tous les sens. A la fin, personne n'est content : aussi bien les milieux populaires, pour qui on n'en fait pas assez, que les élites qui se plaignent qu'on ne serre pas assez la vis des dépenses. Toute politique intenable atteint bientôt son point de rupture. C'est fait : 78% (6% de plus que le mois dernier) des Français interrogés jugent que les choses ont tendance à aller plus mal. "C'est une mauvaise période à traverser" A partir de là, que faire ? Jean-Pierre Raffarin a froidement décrit la situation devant son équipe en début de semaine. Avant de conclure qu'il ne changera rien à rien : «J'avance et j'avancerai. J'appliquerai mon programme. Ceux qui pensent que je suis à l'eau se trompent.» Peu après il se confie au FigaroMagazine : «C'est une mauvaise période à traverser. Il faut faire face. Les bénéfices de nos réformes arriveront tôt ou tard. Les vents seront meilleurs en 2004. Je reste déterminé.» En réalité, il n'a pas le choix. Un Premier ministre doit «durer et endurer», selon la formule de Raymond Barre. Pas la peine de chercher à piloter sa propre barque à son idée. On colle au Président, point final. Ainsi, à Matignon, la question d'une prise de distance, interne ou externe, à l'égard de Jacques Chirac reste-t-elle tabou. Qu'on se le dise : Raffarin assume tout et le reste, quoi qu'il en pense. Au moins est-il un sujet sur lequel les deux têtes de l'exécutif sont sincèrement d'accord, c'est la non-opportunité d'un remaniement. Jacques Chirac ne veut pas modifier la composition de l'équipe, Jean-Pierre Raffarin non plus. Même si, comme le confie le détenteur d'un important portefeuille, «à force de protéger ses ministres en difficulté, Jean-Pierre affaiblit le gouvernement tout entier, à commencer par lui-même...» Mais ce dernier estime qu'une modification de son «team» serait à la fois un aveu d'échec et un casse-tête quasi insurmontable avant les régionales : car, qui sanctionner, et sur quels critères ? Les femmes, qui n'ont pas brillé dans ce gouvernement ? Impensable de rééditer le coup des juppettes. Les poids lourds aux prises avec les difficultés, comme Luc Ferry, Jean-François Mattéi ou même Francis Mer ? Ce serait humainement injuste de les virer et politiquement contre-performant, estime Raffarin. Au moins les autres ministres pensent-ils pouvoir lui faire confiance pour le jour où ils seront dans la tourmente. C'est si vite arrivé... Le camp d'en face n'en profite pas Il va donc falloir affronter les régionales dans cet équipage. Après avoir renoncé lui aussi à se lancer dans la course électorale (il ne sera pas tête de liste dans le Poitou), il espère parvenir à déconnecter les résultats locaux des enjeux nationaux. «Sa durée n'est pas liée aux régionales. On sait qu'elles seront mauvaises. Son destin se jouera sur sa capacité à mener à bien sa politique», affirme l'un de ses proches conseillers. Et puis, qui sait ? L'exécrable environnement économique peut changer rapidement si la croissance américaine tient ses promesses. L'endurance de l'homme de Matignon face à l'adversité peut se révéler un atout. Une victoire, partielle mais symbolique, comme en Ile-de-France, peut donner de l'oxygène à un Raffarin qui semble aujourd'hui à bout de souffle. Rien n'est donc joué. Même si tous les vents paraissent aujourd'hui bien contraires. En fait, le meilleur atout de Raffarin reste l'état de son adversaire principal : le camp d'en face. La droite va mal, mais la gauche ne va guère mieux. C'est le paradoxe de cette rentrée qui voit fleurir, notamment au Parti socialiste, une ribambelle de présidentiables dont le nombre semble inversement proportionnel à celui de leurs projets. Alors qu'ils sont les plus crédibles, de Laurent Fabius à Bertrand Delanoë en passant par Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang ou François Hollande, les «réformistes» n'osent pas avancer à visage découvert. A vrai dire, que feraient-ils de si différent de Raffarin ? A défaut d'apporter la réponse eux-mêmes, l'opinion le fait pour eux. Et son jugement n'est pas flatteur. Pas plus que celui du Premier ministre qui estime qu'il n'y a pas crise puisque la gauche n'en profite pas. Cette situation n'exonère pas Jean-Pierre Raffarin d'une obligation de résultats. Tous les gouvernements ont été sanctionnés pour avoir déçu les Français, en commençant par leur incapacité à réduire le chômage et la précarité. Raffarin n'échappera pas à cette règle commune. L'essentiel est maintenant pour lui de pouvoir prolonger à Matignon un bail suffisamment long pour recueillir les dividendes de son action. En laissant faire le temps, sa valeur et... son Président

Le recours aux emplois fictifs par les partis politiques au début des années 90

est "une réalité que tout le monde connaît", a déclaré Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) à propos du procès des emplois présumés illégaux du RPR. "Tout le monde sait bien que les partis politiques à cette époque-là, tous les partis politiques, ont eu des problèmes à se mettre en accord avec les nouvelles lois de financement", a-t-il dit sur RTL. "C'est une vérité que tout le monde connaît et je trouve qu'Alain Juppé (ancien secrétaire général du RPR) fait face avec une certaine dignité et beaucoup de courage", a ajouté le ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy, qui fut secrétaire national du parti gaulliste entre 1988 et 1993, lorsqu'Alain Juppé le dirigeait, n'a pas voulu dire s'il était lui-même au courant de telles pratiques. "Si j'avais des choses à dire, j'aurais été convoqué par la justice", a-t-il dit. Actuellement président de l'UMP, Alain Juppé a nié mardi devant le tribunal de Nanterre toute responsabilité dans le système des emplois fictifs du RPR, admettant seulement un "manque de vigilance".

Absent durant quatre jours au procès des "emplois fictifs du RPR parisien", Alain Juppé revient aujourd'hui au tribunal de Nanterre. Ayant obtenu un non-lieu partiel sur le volet entreprises, le président UMP sera entendu sur la seconde partie du procès consacrée à la prise en charge des salaires de permanents RPR par la Ville de Paris. Selon le parquet, sa responsabilité serait incontournable. La première semaine du procès de l'affaire des emplois fictifs du RPR a mis à mal les arguments des ex-dirigeants du parti chiraquien, et notamment ceux de l'actuel président de l'UMP et maire de Bordeaux. La "banquière occulte" présumée du RPR, Louise-Yvonne Casetta, a déclaré avoir mis en place, sur ordre de la "hiérarchie" du RPR, un système illicite de prise en charge par des sociétés privées des salaires de permanents du parti. Ce système, que les chefs d'entreprises poursuivis ont présenté comme le résultat d'un "chantage" du RPR, a été maintenu, voire développé, bien après l'arrivée d'Alain Juppé au poste de secrétaire général du parti chiraquien, en 1988, alors même que deux lois de 1988 et 1990 sur le financement des partis l'interdisaient, a-t-on appris à l'audience. A l'ouverture du procès le 29 septembre, Alain Juppé avait pourtant déclaré aux juges : "Lorsque je suis arrivé (en 1988), il régnait un certain désordre, c'est le moins qu'on puisse dire. J'ai remis de l'ordre et c'est la raison pour laquelle j'ai engagé un directeur administratif, Jacques Rigault". Interrogé vendredi, ce dernier a répondu que jamais les "autorités politiques" du RPR ne lui avaient donné les moyens financiers et les instructions précises pour mettre en oeuvre cet objectif théorique. Pire, le directeur de cabinet d'Alain Juppé au secrétariat général, Yves Cabana, lui aurait expressément déclaré que "ce n'était pas la priorité". L'audience a montré que des permanents rémunérés par des sociétés privées n'avaient été réintégrés au RPR qu'en 1993, cinq ans après l'arrivée d'Alain Juppé. RESPONSABILITÉ INCONTOURNABLE L'actuel président de l'UMP ne risque en théorie rien sur cette partie du dossier visant des sociétés privées, puisqu'il a obtenu un non-lieu partiel. L'audience a toutefois montré que deux sociétés privées avaient payé de 1989 à 1993 le salaire de sa propre secrétaire personnelle au parti, Claude Le Corff, et que Bouygues avait assuré celui de son conseiller personnel, Jérôme Grand d'Esnon, chargé des questions de financement des campagnes. Quant au rôle éventuel de Jacques Chirac, président du RPR de 1977 à 1994, il n'a fait l'objet que d'une question du tribunal à Louise-Yvonne Casetta, qui a répondu que "jamais" l'actuel locataire de l'Elysée ne lui aurait donné d'instructions pour faire embaucher les permanents RPR par des entreprises. La seconde partie du procès sera consacrée à la prise en charge des salaires de permanents RPR par la Ville de Paris, que Jacques Chirac a dirigée entre 1977 et 1995. Deux ex-directeurs de cabinet du maire de Paris, Michel Roussin et Rémy Chardon, d'abord mis en examen, ayant bénéficié in extremis d'un abandon de poursuites, c'est donc vers Alain Juppé, adjoint aux Finances de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville de 1984 à 1995, que le tribunal va se tourner. Il lui est reproché la rémunération par la ville de Paris, et parfois au titre théorique du cabinet de Jacques Chirac, de sept proches collaborateurs ou conseillers, dont à nouveau Jérôme Grand d'Esnon et Patrick Stefanini, successeur d'Yves Cabana comme directeur de cabinet. Alain Juppé a soutenu à l'instruction que ces personnes avaient des fonctions à la mairie de Paris, qui auraient justifié leurs salaires. L'accusation a estimé pour sa part dans le réquisitoire de fin d'enquête que "la part de leur temps de travail consacrée à la Ville de Paris ne pouvait apparaître que secondaire, voire marginale". Quant à Alain Juppé, sa responsabilité serait, selon le parquet, incontournable puisqu'en tant qu'adjoint au maire "il intervenait dans le recrutement" et faisait voter dans le budget de la ville les salaires des personnes qui travaillaient avec lui au RPR. Quatre jours d'audience seront consacrés à ce dossier

 

 

L'Insee revoit en forte baisse à 0,2% la croissance 2003 PARIS (Reuters) - L'Insee a révisé en forte baisse sa prévision de croissance de l'économie française en 2003 et table désormais sur une progression de 0,2% du PIB, contre une estimation initiale de 0,8% établie en juin dernier. Cette prévision est conforme au consensus des économistes mais inférieure à celle du gouvernement qui vise, en y croyant de moins en moins, un taux de 0,5%. Si les prévisions de l'Insee se réalisent, la France aura échappé de justesse à la récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB). L'institut table en effet sur une croissance de 0,2% au troisième trimestre et de 0,4% au quatrième trimestre, après un recul du PIB de 0,3% au deuxième trimestre et une hausse de 0,1% au premier. "Nous sommes passés d'une prévision de 0,8% en juin à un maigre 0,2% aujourd'hui mais le diagnostic n'a pas beaucoup évolué", a déclaré mercredi à la presse Michel Devilliers, le chef conjoncturiste de l'Insee, qui a cité la poursuite de la croissance américaine et le retard de l'économie de la zone euro dont la croissance n'atteindrait que 0,4% en 2003. L'activité dans l'Euroland sera en outre pénalisée par la remontée de l'euro contre le dollar dont l'appréciation de 3% depuis le début de l'année coûtera à la zone 0,3 point de croissance

Croissance: la valse-hésitation du gouvernement

 

Entre décembre 2002 et octobre 2003, les prévisions de croissance du gouvernement pour 2003 sont passées de 2,5% à 0,2%. Chronologie d'une valse-hésitation. 19 décembre 2002: Après une croissance de 1% en 2002, l'INSEE table dans sa note de conjoncture sur un taux moyen au premier semestre d'environ 2%. Une hypothèse en deçà de celle de 2,5% retenue par le gouvernement dans son projet de loi de Finances pour 2003. 26 décembre: Si l'hypothèse d'une croissance de 2,5% en 2003 reste un "objectif de mobilisation", le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin se veut "prudent". "Nous avons fait plusieurs scénarios. Nous serons en mesure de nous adapter rapidement", assure-t-il. 6 janvier: La croissance de l'économie française sera "bien meilleure" en 2003 qu'en 2002, assure le ministre délégué au Budget Alain Lambert. "Nous sommes aujourd'hui entre 2 et 2,5%", et la croissance économique "ira en progressant" en 2003, explique-t-il. 16 janvier: Le ministre de l'Economie Francis Mer fait part de sa "confiance" dans le retour d'une " croissance soutenue" en 2003, mais conditionne toutefois cette reprise à la "levée des incertitudes internationales" en Irak. 21 février: Le ministre de l'Economie Francis Mer estime que l'objectif de 2,5% de croissance n'est "plus atteignable" en raison du conflit en Irak. 16 mars: "Aujourd'hui, notre estimation de croissance pour cette année est de 1,3%", déclare le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans un entretien publié dans "Les Echos". 29 avril: L'économie française "devrait retrouver un rythme de croissance d'environ 2,5%" d'ici la fin de l'année" après la levée des incertitudes liées à la fin de la guerre en Irak, estime Jean-Pierre Raffarin. 21 mai: Jean-Pierre Raffarin juge "encourageante" la progression de 0,3% du Produit intérieur brut au premier trimestre. Ce "bon chiffre" est "en pleine cohérence" avec sa prévision de croissance de 1,2% à 1,3% sur l'ensemble de l'année 2003, epxlique-t-il. 6 juin: Le ministre délégué au Budget Alain Lambert table sur "une croissance de 2 à 2,5%" en 2004 des suites d'une "reprise fin 2003". "Je suis de ceux qui pensent que nous pouvons légitimement espérer que la fin 2003 connaîtra une reprise, qui devrait nous faire entrer en 2004 à un niveau de croissance de l'ordre de 2 à 2,5%". 19 juin: Jean-Pierre Raffarin prévoit une croissance comprise "entre 0,8 et 1,5%" en 2003. 26 juin: Le ministre délégué au Budget, Alain Lambert, reconnaît que "la croissance pourrait ne pas atteindre cette année le chiffre de 1,3%". 24 juillet: Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin estime que la France devrait retrouver un rythme de croissance "bon pour l'emploi" à "la fin de cette année" ou "au début de l'année prochaine", sans toutefois préciser de chiffres. "Nous sentons quelques frémissements économiques. Les indicateurs nous laissent penser qu'à la fin de cette année, au début de l'année prochaine, nous retrouverons un rythme de croissance bon l'emploi", déclare-t-il. 20 août: Le Produit intérieur brut (PIB) de la France a diminué de 0,3% au deuxième trimestre après une hausse de 0,2% au trimestre précédent, annonce l'INSEE. 4 septembre: Le ministre délégué au Budget Alain Lambert estime que la croissance pourrait n'être que de 0,5% en 2003 en raison d'un mauvais premier semestre. 30 septembre: Le ministre délégué au Budget Alain Lambert "croit encore" à un taux de croissance de 0,5%. Mais "c'est vrai qu'on ne fera pas mieux", reconnaît-il. 1er octobre: Le ministre délégué au Budget Alain Lambert déclare qu'on "peut craindre qu'on n'atteigne pas" l'objectif de 0,5% de croissance en 2003. 9 octobre: La France devrait échapper de justesse à la récession cette année grâce à une croissance de 0,2%, selon les prévisions trimestrielles de l'Insee. AP

Alain paie sa fidélité à jacques Chirac

JEAN-GABRIEL DRAGEON

demi-frère d'Alain Juppé. Un ancien faux-facturier du parti socialiste, René Trager, veut s'inviter au procès Juppé. Dans un courrier remis mercredi soir à la présidente du tribunal de Nanterre, René Trager demande à être entendu avant la fin des débats. Dans cette lettre d'une page, Trager dit avoir des révélations à faire, sans toutefois apporter aucune preuve. Il prétend ainsi que le demi-frère d'Alain Juppé, Jean-Gabriel Drageon, cadre d'une entreprise de bâtiment, était en relation avec des partis politiques, notamment le RPR. «C'est un courrier qui ne tient pas debout», réagit vivement Me Francis Szpiner, l'avocat de l'ancien premier ministre, persuadé, comme d'autres avocats du dossier, que la demande de Trager n'a «aucune chance d'aboutir», alors que les débats sont terminés, et que les réquisitions du parquet doivent avoir lieu cet après-midi. De son côté, cité bien malgré lui dans le procès de son demi-frère, Jean-Gabriel Drageon, de 10 ans plus âgé qu'Alain Juppé, prend ici sa défense. Et admet s'être occupé, indirectement, de financements de partis... de gauche. Vous êtes-vous occupé de financements politiques comme le prétend René Trager ? Jean-Gabriel Drageon : J'ai été cadre commercial d'une entreprise de bâtiment. Et j'ai effectivement été entendu comme témoin dans le cadre de l'affaire Boucheron à Angoulême. J'ai expliqué aux enquêteurs quelle a toujours été ma position en matière de financement politique : ne jamais m'en occuper directement ! Je travaillais essentiellement avec des villes de gauche, et ces financements n'étaient un secret pour personne. Le parti socialiste avait son bureau d'études, Urba, et le parti communiste, le Gifco. Il fallait signer avec eux des «contrats d'assistance» et j'ai toujours refusé de les signer moi-même, laissant faire mes patrons. Pour les villes de droite, les choses se passaient différement, et directement de «patron à patron». Mais je vous assure que je ne connais pas René Trager, et que je n'ai jamais travaillé avec mon demi-frère Alain Juppé. D'ailleurs, pour tout vous dire, politiquement, on n'est pas forcément du même avis ! Quelles étaient vos relations avec les élus ? J'ai rencontré des gens extraordinaires, il y a des gens à gauche que j'aime beaucoup... et j'ai rencontré de parfaits voyous. Je peux aussi vous dire qu'en tant qu'entrepreneur, il faut mieux travailler avec des gens honnêtes qu'avec des voyous. Avez-vous parlé de l'affaire des emplois fictifs avec votre demi-frère ? Alain et moi avons été très proches. C'est à moi qu'il a dit pour la première fois qu'il voulait faire de la politique. Il m'a annoncé qu'il voulait se présenter dans les Landes avec l'étiquette gaulliste, je lui ai tout de suite dit qu'il serait battu ! Et il a été battu. J'étais également là le soir où Jérôme Monod lui a téléphoné pour lui demander d'entrer au cabinet de Jacques Chirac. Aujourd'hui, nos rapports sont distendus. Il sait ce que je pense de tout cela... C'est bien dommage. Il paye sa fidélité à Jacques Chirac. Que pensez-vous de sa ligne de défense ? J'affirme une chose, Alain est un homme honnête. On viendrait me prouver aujourd'hui qu'il a commis une malhonnêteté, je tomberais de très, très, haut. Bien sûr, c'est aussi quelqu'un de maladroit. Certainement il n'a pas été mis au courant de tout, et certainement aussi, il ne s'est pas intéressé aux «petites choses»... Mais je suis certain qu'il dit vrai quand il dit qu'il a remis de l'ordre. Comment pouvez-vous en être sûr ? Figurez-vous que le milieu du bâtiment est un petit milieu et qu'à l'époque, quand il était à la mairie de Paris et au RPR, j'ai eu des réflexions de gens qui se plaignaient qu'Alain «serrait les boulons» et jouait le rôle du «Monsieur propre». Que pensez-vous des propos de son ancien directeur de cabinet, qui affirme que «tout le monde savait» ? Yves Cabana me donne l'impression de dire quelque chose de juste. Ces histoires de financement, c'était comme un train lancé, on ne l'arrête pas du jour au lendemain... Et puis, à mon avis, il y avait de l'évaporation en ligne, des gens qui se servaient au passage, et cela, c'est quelque chose que l'on n'arrête pas facilement. Comment vit-il ce procès ? Je vois bien, en le regardant à la télévision, qu'il est extrêmement tendu. Alain est quelqu'un de costaud, qui a une force de caractère époustouflante, une volonté incroyable. Il ne craquera jamais, les deux pieds dans l'huile bouillante, il ne dirait pas ce qu'il n'a pas envie de dire ! Enfant, il a toujours été comme cela. Dans toute sa scolarité, il n'a été second que deux ou trois fois... Mais il faut aussi se mettre à la place des gens. Il a une famille, une mère de 93 ans qui le voit à la télévision sortant du tribunal... Cela le remue ! Le croyiez-vous capable d'arrêter la politique s'il devait être condamné ? Parfaitement. Alain est capable de tout plaquer du jour au lendemain, et de refaire sa vie, à 58 ans.

Propos recueillis par Laurent Valdiguié Le Parisien ,

vendredi 10 octobre 2003

 

Emplois fictifs: 8 mois de prison avec sursis requis contre Juppé

- Le procès des emplois fictifs du RPR où comparaissent à Nanterre depuis deux semaines 27 personnes, dont le président de l'UMP Alain Juppé, est arrivé vendredi à son terme, avec des réquisitions plutôt clémentes avant une dernière semaine de plaidoirie. Les peines de prison demandées par le procureur René Grouman ont toutes été assorties du sursis: huit mois contre Alain Juppé et les ex-trésoriers Robert Galley et Jacques Boyon, quatre mois contre Louise-Yvonne Casetta, trois pour Patrick Stefanini, le responsable de l'UMP à Paris. agrandir la photo "Tous (les partis politiques) ont failli et ce n'est pas une exception française", a commenté le procureur. Dans son réquisitoire, il a rappelé que sur le nombre d'emplois existant au RPR, près de la moitié (40%) étaient payés par des entreprises privées en 1988. Mais pour M. Juppé, il a estimé que les faits ne devaient pas entraîner "sa mise hors jeu": "cette responsabilité est du ressort du peuple français, du peuple souverain, ce n'est pas du ressort de l'institution judiciaire". Ces réquisitions ont semblé alléger la pression sur les principaux prévenus, qui avaient passé une première semaine particulièrement difficile, devant trois juges particulièrement pugnaces. Ce n'est qu'au début de la deuxième semaine, mardi, que l'ancien secrétaire général du parti gaulliste de 1988 à 1995 a été interrogé. Sûr de lui, presque à l'aise, il a répété qu'il n'avait eu connaissance qu'à partir de 1993 de l'existence de la prise en charge de permanents du RPR par des entreprises privées, et qu'aussitôt il avait donné l'ordre d'y mettre fin. Mais son propre directeur de cabinet, Yves Cabana, entendu comme témoin mais bombardé de questions comme un prévenu, avait dit que "tout le monde savait" au sein du RPR qu'existaient les emplois fictifs. Puis c'est l'ancien directeur administratif et financier, Jacques Rigault, qui est venu dire que non seulement il connaissait l'existence des emplois fictifs mais qu'il n'avait pas reçu de mandat d'Alain Juppé pour y mettre un terme. Alors que les anciens trésoriers Robert Galley et Jacques Boyon ont eux aussi nié toute complicité à propos de la prise en charge de permanents par des sociétés privées, Mme Casetta, cheville ouvrière du système, a continué de se présenter comme une simple "exécutante". Dès la fin du réquisitoire, vendredi en fin d'après-midi, les plaidoiries ont commencé. Elles doivent durer toute la semaine prochaine, les défenseurs de Patrick Stefanini, Alain Juppé et Louise-Yvonne Casetta étant prévus jeudi. La décision, qui sera mise en délibéré, ne devrait pas intervenir avant la fin de l'année, a-t-on appris de source judiciaire. En effet le cas des 27 prévenus ne peut qu'être étudié séparément. En outre les faits se sont étalés sur plusieurs années et concernent différentes lois sur le financement des partis.

 

Michel Noir et Pierre Botton devant le tribunal correctionnel

Par Catherine Lagrange LYON (Reuters) -

L'ancien député-maire RPR de Lyon et son ex-gendre, Pierre Botton, se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel de Lyon avec trois chefs d'entreprise pour l'affaire des "comptes suisses", troisième et dernier volet de leurs déboires judiciaires. Michel Noir est soupçonné d'avoir profité entre 1986 et 1991 de 8,6 millions de francs (1,3 million d'euros) provenant d'abus de biens sociaux. Martin Bouygues, P-DG du groupe éponyme, Khalil Kamel, qui était P-DG de Dumez International à l'époque des faits, et Bertrand Martin, P-DG de la compagnie de Construction Mécanique Sulzer, sont tous trois mis en examen pour "abus de biens sociaux". Les fonds auraient transité sur les comptes suisses de Pierre Botton ouverts à Genève auprès de la Société de Banque Suisse de la Banque de l'Union Européenne au nom de deux sociétés-écrans domiciliées à Panama: la Belette Agencies et la Toves Management. Pierre Botton, qui a assuré devant les enquêteurs avoir joué un rôle actif dans la collecte de fonds, a expliqué que l'argent était destiné au financement des ambitions politiques de son beau-père, élu maire de Lyon en 1989. Les deux hommes, jadis liés par les liens familiaux mais aussi professionnels et financiers, ne se sont pas revus depuis plusieurs années et ont pris soin de s'éviter dans l'enceinte du tribunal. A la barre, ils sont venus expliquer lundi matin comment ils avaient reconstruit leur vie. Michel Noir, 59 ans, qui a abandonné la politique depuis 1995, explique qu'il a créé il y a trois ans une entreprise, "Scientific Brain Training" qui travaille dans le domaine des sciences cognitives. "J'ai fait de la recherche dans le domaine de la neuropsychologie cognitive, pour étudier ce qu'apportait, aux juniors et aux seniors, le fait de jouer aux échecs", a-t-il expliqué. Des recherches entreprises à l'occasion d'un DEA que Michel Noir a passé dans le domaine des sciences de l'éducation. LITTERATURE POLICIERE Amené à déclarer ses revenus par le président du tribunal, Jean-Marc Beurton, l'ancien maire de Lyon a expliqué qu'après vingt ans de mandats, il avait droit à une pension parlementaire de 5.800 euros mensuels, ce qui lui permettait de trouver une occupation sans exigence économique. Michel Noir s'est de plus essayé à la littérature policière en publiant plusieurs romans dont les droits d'auteur lui rapportent, a-t-il dit, entre 15.000 et 20.000 euros. "Je ne suis pas rémunéré comme directeur de l'entreprise", a précisé l'ancien ministre du Commerce extérieur. Pierre Botton, 48 ans, a présenté un profil moins avantageux au tribunal. Après avoir purgé plusieurs années de prison, l'ancien homme d'affaires, ami des stars du show-biz, a souffert d'une grave dépression avant de retrouver son métier d'origine, l'agencement de pharmacie. Cette activité lui rapporte aujourd'hui, indique-t-il, 4.000 euros par mois. "Mais il ne m'en reste que 1.500 euros compte tenu de mes dettes fiscales", précise-t-il. Le fisc saisit également l'intégralité de ses revenus littéraires. Pierre Botton, qui est maintenant un habitué de rayons de librairie, vient de sortir un ouvrage à succès intitulé: "J'aime la vie. Comment remonter la pente". De ses épreuves personnelles, l'ancien gendre de Michel Noir a commencé à faire la confession devant le tribunal: "j'ai quitté la prison en avril 97 sous condition de payer l'amende judiciaire et de me faire soigner à Saint-Anne" pour son état dépressif. "J'ai effectué un parcours personnel incroyable", a-t-il lancé avec des accents de sincérité, "il est pour moi important d'être là aujourd'hui pour clore ce chapitre que j'ai toujours assumé". Pierre Botton a également évoqué devant le tribunal ses relations avec Anne-Valérie et Julia, deux des six enfants de Michel Noir - Anne-Valérie, fille aînée de Michel Noir, qui vit maintenant aux Etats-Unis, avec laquelle Pierre Botton a eu deux filles, et aussi Julia Noir, la plus jeune, avec laquelle il a également eu une petite fille. "C'est une enfant de l'amour, elle est née deux ans et demi après ma sortie de prison. J'ai reconnu cette enfant", a-t-il expliqué. Lundi après-midi, le tribunal correctionnel de Lyon se penchait sur l'examen des faits proprement dits. Mardi, ce sont les trois chefs d'entreprise, Martin Bouygues, André-Khalil Kamel et Bertrand Martin, qui seront appelés à témoigner

REGIONALES. Huchon veut une gauche unie

Hier soir à la Mutualité

 

le président sortant du conseil régional d'Ile-de-France et chef de file des socialistes aux élections de mars 2004 a tenu son premier meeting. Avec à son côté le maire de Paris, Bertrand Delanoë. PARIS, HIER SOIR. Jean-Paul Huchon, épaulé par Bertrand Delanoë en « guest star » , a lancé sa campagne pour les régionales de mars prochain. (AFP/JOËL SAGET.) DEVANT près de 500 militants qui avaient ressorti les cornes de brume un peu enrouées de 2002, devant ses amis presque tous réunis, et avec l'appui ostensible du maire de Paris, Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon est entré en campagne hier soir. Un premier meeting pour mobiliser, à cinq mois de l'échéance, les militants socialistes. Une petite mise en jambes. En présence, aux premiers rangs, de Robert Badinter, Dominique Strauss-Kahn, Harlem Désir, Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray et Daniel Vaillant ! Certes, pas de quoi faire lever les yeux de son ami DSK de son téléphone mobile et de son ordinateur de poche, ni provoquer la ferveur militante des grands soirs. Qu'importe, hier soir, dans la très symbolique salle de la Mutualité à Paris, Huchon a donné le ton. « Une campagne difficile » Piètre orateur mais fin humoriste, il multiplie à la tribune attaques contre la droite et citations drolatiques. Il appelle surtout l'ex-gauche plurielle à l'union, alors que certains communistes et les Verts envisagent de faire cavaliers seuls au premier tour, après avoir codirigé, pourtant, pendant six ans la région Ile-de-France avec les socialistes. Parce que l'heure est grave et que la victoire est loin d'être acquise pour l'équipe sortante, Huchon n'hésite pas dans la foulée à agiter le chiffon rouge de l'extrême droite. « J'appelle à l'union dès le premier tour », lance le candidat socialiste, en se posant en « candidat du rassemblement » : « Unis, nous l'emporterons, divisés, nous pouvons perdre. » Puis il poursuit : « Mais il y a une autre raison, bien plus forte, qui touche à la morale et à l'éthique républicaine, a-t-il poursuivi : le danger que représente la possible montée du Front national. Rappelons-nous, rappelez-vous du 21 avril : Je vous le dis comme je le dis à tous nos amis de la gauche : plus jamais ça ! » Huchon, bien sûr, fait abondamment siffler son adversaire UMP Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, surnommé pour l'occasion « l'oiseau de mauvais augure », le « Cassandre des mercredis ». Bref, celui qui annonce les mauvaises nouvelles à la sortie du Conseil des ministres. Cognant sans réserve sur l'équipe Raffarin - « celle de la fausse compassion », dit-il -, le candidat du PS fait exploser l'applaudimètre en reprenant les mots de... Lionel Jospin : « Nous combattons la politique des hypocrites, nous combattons les mystificateurs. » Avant de conclure dans une belle envolée : « Je laisse à Marine Le Pen son Vichy light, je laisse à Jean-François Copé ses grands écarts hebdomadaires, ses mercredis ultra-libéraux et ses jeudis sociaux, je laisse à André Santini (NDLR, éventuel candidat UDF) ses atermoiements, mais je ne laisse les Franciliens à personne... » Arrivé en retard pour cause de « compte rendu de mandat », ovationné par les militants, la « guest star » Delanoë finit de réveiller la salle, sans la bercer d'illusions pour autant : « Elle va être difficile cette campagne, le résultat est incertain. » Peut-être. Mais, hier soir, Huchon, soulagé et visiblement heureux de se voir tant d'amis, voulait positiver : il a esquissé quelques pas de danse sur l'estrade pour le final, alors qu'une de ses chansons préférées des Waterboys, « A girl named Johnny », hurlait dans la sono... Nathalie Segaunes Le Parisien , vendredi 17 octobre

 

DROITE Le président de l'UDF François Bayrou

 

 

a déclaré que sa formation pourrait s'abstenir de voter le projet de loi de finances si ses amendements étaient tous rejetés Bayrou tire à vue sur le projet de budget Sophie Huet [16 octobre 2003] -- François Bayrou s'est livré, hier à l'Assemblée, à une charge d'une rare violence contre le projet de budget 2004. En présence du groupe centriste au grand complet, et sous le regard approbateur du premier secrétaire du PS, François Hollande, mais en l'absence de tout dirigeant du groupe UMP, le président de l'UDF a estimé que le budget manquait de «vision», de «cohérence», de «vérité» et de «justice». Les attaques de François Bayrou, comme celles de la gauche, ont porté sur trois points : la baisse de l'impôt sur le revenu (IR) de 3% en 2004 – que les centristes souhaitent voir réduite à 1% –, la hausse du taux du gazole, et la suppression de l'allocation spécifique de solidarité (ASS) pour les chômeurs en fin de droits, deux mesures dont les centristes demanderont la suppression dans le débat. Sa charge a été sans appel contre la baisse, selon lui trop importante, de l'IR, qui correspond à un engagement du président Jacques Chirac. «L'impôt ne peut pas être baissé de manière artificielle en étant financé par une augmentation de la dette, déjà astronomique, qui va peser sur la France», a asséné Bayrou. Estimant que cette dette est «un sac de plomb», le président de l'UDF a assuré que, «tous les mois, toutes les familles françaises sont ponctionnées, pour payer cette dette, d'environ 700 euros». L'Etat «vit à crédit», a dénoncé Bayrou, ajoutant : «S'il s'agissait d'une entreprise, elle serait en faillite, et s'il s'agissait d'une famille, elle serait avec tous les jours les huissiers à sa porte, en situation de surendettement.» Le président de l'UDF a ajouté, attaquant cette fois les efforts de Jean-Pierre Raffarin et de Francis Mer pour obtenir un assouplissement des règles du pacte de stabilité, que «cette baisse d'impôt, financée par la dette», avait fait «naître un débat malsain sur l'Europe», alors que «nous aurions dû nous féliciter des disciplines européennes». François Bayrou a également jugé que la baisse de l'IR était «un leurre» en raison de la «désastreuse» hausse du taux du gazole et de celle des impôts locaux. D'autant, a-t-il ajouté, que la hausse du gazole a pour «cible» «le tissu même des commerçants, des artisans, des agriculteurs, des ouvriers»... «Les Français ne sont pas des gogos ! Ils ont compris depuis longtemps que l'Etat était expert à reprendre d'une main ce qu'il fait semblant de donner de l'autre», a-t-il déclaré. Ses critiques étaient telles que François Hollande a applaudi le président de l'UDF lorsque ce dernier a lancé : «Vous ne pouvez pas financer la baisse de l'IR des catégories les plus favorisées par l'allocation minimale allouée aux Français en fin de droits.» Attaquant frontalement l'argument phare du gouvernement qui veut, par ce budget, réhabiliter le travail, Bayrou a affirmé que «mettre au coeur de la cible les chômeurs de longue durée» en les «mettant au RMI», «c'est une démotivation et, pour beaucoup, une désespérance». Dans son verdict final, le président de l'UDF a invité les députés UMP à ne pas se comporter en «godillots» et à voter les amendements UDF qui, «s'ils votaient librement, recueilleraient une immense majorité dans cette assemblée». Laissant planer la menace d'une abstention, François Bayrou a conditionné le vote de l'UDF sur le budget à l'adoption de ses amendements. Dans les couloirs, François Baroin (UMP) a été formel : «Une abstention, c'est un vote contre, et c'est la guerre déclarée.» Le président du groupe UMP, Jacques Barrot, l'a dit en d'autres termes : «S'abstenir, c'est s'exonérer du devoir majoritaire. Les centristes auront des comptes à rendre à leurs électeurs.»

 

 

Par Guy Debache CHALONS-EN-CHAMPAGNE, (Marne) (Reuters) -


"Tous les soucis viennent des peurs. La France n'a plus à avoir peur de l'avenir (....), les difficultés sont derrière nous." Tout au long de son voyage dans l'Aisne et dans la Marne consacré à l'emploi des jeunes, Jean-Pierre Raffarin s'est attaché à redonner le moral aux Français. Relayant le président Jacques Chirac qui, lors de son voyage à Valenciennes, mardi, a remis au goût du jour le thème de la fracture sociale, son Premier ministre a défendu, à Fere-en-Tardenois et à Châlons-en-Champagne, le travail du gouvernement en faveur de l'emploi, facteur de cohésion sociale. Pas de bains de foule, mais des tables rondes studieuses avec des salariés, des patrons, des associations pour faire un premier bilan des contrats jeunes en entreprise et des contrats d'insertion dans la vie sociale (CIVIS). Le gouvernement vise 250.000 emplois jeunes d'ici à 2006 et 70.000 CIVIS en 2004, a rappelé le Premier ministre en signant le 100.000e contrat-jeune. Jean-Pierre Raffarin s'est aussi attaché à combattre la sinistrose des Français qui l'ont fait chuter dans les sondages. "Je crois qu'aujourd'hui la croissance revient. Un potentiel important est devant nous. Je suis sûr que l'année 2004 verra reculer le chômage, verra augmenter la croissance. Les difficultés sont derrière nous", a-t-il martelé. Un discours qui se heurte toutefois à la dure réalité des statistiques: le chômage qui va continuer à augmenter dans les prochains mois pour atteindre le niveau symbolique des 10% à la fin de l'année et la croissance sera proche de zéro cette année, selon le consensus des économistes qui estiment que tant que l'économie américaine ne repartira pas durablement, l'économie européenne restera plombée. "Le système mondial est simple: il y a une immense soufflerie, les Etats-Unis, et deux éoliennes, le Japon et l'Allemagne. Si la soufflerie américaine reprend, on peut espérer que le vent de la reprise atteigne la France", résumait en aparté le secrétaire d'Etat aux PME, Renaud Dutreil.

 

 

 

PARIS (AFP) -

Le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a gardé le cap de sa réforme des modalités du dialogue social en transmettant vendredi son projet de loi au Conseil d'Etat malgré les critiques émises par l'ensemble des partenaires sociaux. Confirmant des informations de presse, le ministère des Affaires sociales a indiqué avoir envoyé à la plus haute juridiction administrative le texte de son projet de loi "relatif à la formation tout au long de la vie et au dialogue social". Ce texte doit être présenté début novembre en conseil des ministres en vue d'une adoption par le parlement avant la fin de l'année. Si la première partie du projet ne suscite pas de polémiques puisqu'elle devrait reprendre les conclusions de l'accord historique sur la formation professionnelle signé par l'ensemble des organisations syndicales et patronales, la deuxième, axée sur les modifications à apporter au système de négociation collective actuel, fait l'objet de vives contestations. Lors de la commission nationale de la négociation collective le 14 octobre dernier, les organisations syndicales et patronales avaient exprimé, pour des motifs différents, leur opposition à ce projet. Or, selon le ministère, la version du texte transmise au Conseil d'Etat est, "certaines modifications très techniques" mises à part, "dans la même philosophie" que celle présentée aux partenaires sociaux. Le texte ouvre dans une certaine mesure la voie à la mise en oeuvre de la règle de l'accord majoritaire alors qu'il suffisait jusqu'à présent du paraphe d'une seule organisation, aussi faible soit-elle, pour valider un accord. Est également introduite la perspective d'élections de branche destinées à mesurer la représentativité des organisations syndicales. Par ailleurs, le projet Fillon revoit en profondeur l'articulation entre les niveaux de négociation, permettant dans certains cas aux accords d'entreprise de déroger aux dispositions fixées au niveau supérieur (branche, interprofessionnel ou loi). C'est sur ce dernier point que le projet Fillon, dans sa dernière version, a un petit peu évolué. Selon des informations du Monde daté de samedi, confirmées par le ministère, est en effet ouverte à l'entreprise la possibilité de déroger à la législation sur le travail à temps partiel. Compte tenu du peu d'évolutions apportées au projet, l'opposition des partenaires sociaux ne devrait pas se démentir même si vendredi en fin d'après midi, ces derniers n'avaient pas eu connaissance de la version du texte transmise au Conseil d'Etat. Le président de la CFE-CGC, Jean-Luc Cazettes, s'est déjà dit prêt à "un lobbying d'enfer auprès des parlementaires afin que des amendements allant dans le bon sens soient présentés et adoptés" pour modifier le texte du ministre. Depuis le début des consultations sur ce dossier, la CFTC et FO souhaitent pour leur part que le projet de M. Fillon ne s'éloigne pas de la "position commune" qu'elles ont signé en juillet 2001 avec la CFDT, la CFE-CGC et les trois organisations patronales sur "les voies et moyens du dialogue social. Quant à la CFDT et à la CGT, favorables à l'instauration de l'accord majoritaire et à la mise en place d'élections de représentativité, elles estiment que le projet du gouvernement ne va pas assez loin dans cette double voie.

Raffarin souhaite rester à Matignon jusqu'en 2007

Raffarin souhaite rester à Matignon jusqu'en 2007PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin entend rester à Matignon jusqu'à la fin de la législature en 2007 et il se montre réticent pour être candidat aux régionales de 2004 en Poitou-Charentes. "Les sondages sont stabilisés. L'objectif qui est le mien est de réussir la législature de cinq ans. Donc, j'ai un travail dans la durée qui passe par beaucoup de réformes structurelles", dit-il dans une interview au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, à paraître lundi. "Je pense que nous avons fait le plus difficile, engager des réformes sans croissance. La croissance revient. Pour le moment, nous sommes en usine, nous travaillons et les produits de nos efforts ne sont pas encore arrivés en magasin. Dès 2004, les Français bénéficieront des fruits de nos efforts", ajoute-t-il. Dans un autre entretien à paraître lundi dans le quotidien régional Centre-Presse, le Premier ministre semble par ailleurs peu enthousiaste pour figurer sur une liste UMP aux élections régionales de 2004 en Poitou-Charentes, région qu'il présidait avant d'entrer à Matignon. "Ma présence n'est pas du tout indispensable", dit-il, annonçant qu'il se déterminera au "début de l'année prochaine". "Les responsabilités doivent circuler. Un mandat réussi, c'est une succession réussie, me disait un jour un grand homme", dit le Premier ministre. Elisabeth Morin (UMP), qui lui a succédé à la tête du Conseil régional, "a pris sa dimension, s'est affirmée en peu de temps une femme de compétence, d'autorité et en même temps très à l'écoute du terrain"estime-t-il.

le lundi de Pentecôte

- afin de financer un plan de solidarité

en faveur des personnes âgées.

photo PARIS (Reuters) - Matignon a fait savoir mardi que "les décisions finales" concernant le financement de nouveaux dispositifs d'aide aux personnes âgées et handicapées "ne sont pas arrêtées". Les Echos et France Soir annoncent mardi que le gouvernement devrait annoncer la semaine prochaine son intention de supprimer un jour férié - le lundi de Pentecôte - afin de financer un plan de solidarité en faveur des personnes âgées. "Plusieurs hypothèses sont étudiées telle que l'idée d'une 'journée nationale de solidarité', qui avait été proposée par des associations. Les décisions finales ne sont pas arrêtées", ont répondu les services du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, dans un communiqué. "Le maintien à domicile des personnes âgées doit être développé, les établissements qui accueillent des personnes dépendantes doivent être modernisés et les personnes handicapées doivent être davantage intégrées dans notre société", souligne Matignon. "Le gouvernement s'est attelé à l'élaboration d'un plan ambitieux pour répondre à ces exigences. Les travaux préparatoires sont en cours. Les ministres en charge: François Fillon, Jean-François Mattei, Hubert Falco et Marie-Thérèse Boisseau feront prochainement des propositions d'actions sur la base des consultations qui ont été engagées avec les différents partenaires, notamment associatifs", poursuit Matignon. "Ce n'est que lorsque les travaux concernant le contenu des plans seront achevés que les décisions sur son financement seront prises", insistent les services de Jean-Pierre Raffarin. Pour les Echos, qui cite une source gouvernementale, "de derniers ajustements restent à faire mais la décision est prise" sur la suppression du jour férié du lundi de Pentecôte. Une nouvelle cotisation patronale comprise entre

Sarkozy en Corse sur fond de fermeté vis-à-vis des nationalistes

 

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy effectue jeudi son dixième déplacement en Corse sur fond de fermeté vis-à-vis des nationalistes, dont les partis publics se sont dits prêts à participer à une "sortie de crise" tandis que le principal mouvement clandestin revendiquait neuf attentats récents. Mercredi soir, le FLNC-Union des Combattants a revendiqué neuf attentats ou tentatives commis en Corse et sur le continent, dont cinq l'avaient déjà été au téléphone par un correspondant anonyme se réclamant du FLNC-UC. Ces actions "sont des opérations de résistance face à la répression tous azimuts mise en place par l'Etat français en mal de légitimité et confronté à ses contradictions", écrit le mouvement clandestin dans un communiqué authentifié envoyé à Radio Corsa Frequenza Mora (RCFM). Tandis que leurs élus de Corsica Nazione ont fait part de leur refus de rencontrer le ministre de l'Intérieur à l'occasion de sa visite, environ 200 militants nationalistes se sont réunis devant la préfecture de Corse à Ajaccio à l'appel des dix mouvements nationalistes publics corses engagés dans des discussions d'union. Dans un communiqué lu à la presse, ils ont appelé "l'Etat (à) s'engager sérieusement dans la voie d'une solution négociée", tout en assurant qu'"uni dans sa diversité, le mouvement national (était) prêt à apporter une part déterminante à la nécessaire +sortie de crise+". Parmi les actions revendiquées par le FLNC-UC figurent les deux attentats contre des policiers qui ont participé aux perquisitions ciblant implicitement le leader nationaliste Charles Pieri, qui se décrit désormais comme un "simple militant" mais auquel les enquêteurs prêtent une influence prépondérante dans la famille nationaliste. Dans une interview au Monde publiée mercredi, M. Sarkozy a expliqué qu'il mesurait la "pertinence" de l'enquête financière visant Charles Pieri "à l'aune de la violence des réactions de ces derniers jours", une allusion aux attentats. Tout en indiquant croire "à la nécessité du dialogue politique, y compris avec les nationalistes sincères", le ministre a dit que le gouvernement avait décidé de "s'attaquer prioritairement à l'argent du crime - la base du système mafieux - obtenu par le racket, le plastiquage et l'économie souterraine". Lors de son déplacement dans l'île, le ministre se rendra au commissariat d'Ajaccio, où les deux policiers cibles d'attentats sont en poste, et à la gendarmerie de Propriano, récemment mitraillée. Après une relative accalmie, les actions violentes connaissent une recrudescence depuis début octobre. Le déplacement de M. Sarkozy comporte un important volet économique, avec notamment la signature de conventions avec la collectivité territoriale prévoyant des transferts de compétence. "Tant que l'on ne proposera pas un emploi et un avenir aux jeunes Corses, certains seront tentés par le pire", a expliqué M. Sarkozy au Monde. Le dialogue avec ceux que M. Sarkozy décrit comme des "nationalistes sincères", a été mis à mal par le non au référendum institutionnel du 6 juillet. Interrogé par Le Monde à ce sujet, il a déclaré que la "question de la réforme institutionnelle est derrière nous" et que "rouvrir la discussion serait recréer des divisions". Le ministre a pourtant ajouté que des "adaptations législatives" pour la Corse, sur des textes tels que la loi Montagne ou la loi Littoral, sont "tout à fait possible à titre expérimental".

Une nette majorité des Français
(57%) souhaitent le départ de M. Raffarin

 

Une nette majorité des Français (57%) souhaitent le départ de M. Raffarin agrandir la photo PARIS (AFP) - Cinquante-sept pour cent des Français approuveraient le départ du gouvernement du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, contre 36% qui souhaiteraient qu'il demeure en fonction (7% sans opinion), selon un sondage BVA pour La Dépêche du midi, à paraître lundi. Interrogés pour savoir quels ministres, en cas de remaniement, devraient rester ou partir du gouvernement, les Français déclarent souhaiter également le départ des ministres de l'Ecologie Roseline Bachelot (53% contre 38%), de la Santé Jean-François Mattei (52% contre 39%), de l'Education nationale Luc Ferry (49% contre 43%), des Affaires sociales François Fillon (47% contre 42%) et de l'Economie Francis Mer (46% contre 42%). Invités à donner aux ministres une note de 1 à 10, les Français attribuent en moyenne 4,1 à l'action du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, loin derrière le ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, considéré comme le meilleur de tous (5,8 sur 10). Les Français placent le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en deuxième position (5,6). Seuls deux autres ministres, Jean-Louis Borloo (Ville, 5,2) et Gilles de Robien (Transports, 5,1) obtiennent la moyenne. Le cancre du gouvernement est Roselyne Bachelot (Ecologie, 3,9). Un ministre manque dans la liste soumise aux personnes interrogées, Brigitte Girardin (Outre-Mer). Le palmarès diffère sensiblement en tenant compte des préférences partisanes. Chez les sympathisants de la droite parlementaire, Nicolas Sarkozy est classé premier (7,8) et Jean-Pierre Raffarin (6,6) arrive deuxième ex-aequo avec le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Parmi les sympathisants de gauche, Dominique de Villepin arrive en tête (5,6), tandis que Jean-Pierre Raffarin est bon dernier (3,1). (Sondage réalisé par téléphone les 29 et 30 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 970 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas).

 

François Bayrou

 

 

PARIS (AFP) - Le président de l'UDF François Bayrou, de plus en plus critique à l'égard du gouvernement, semble prêt à en découdre avec l'UMP: mercredi, il présentera les chefs de file UDF aux élections régionales et affirme sa "préférence" pour des listes autonomes. "Les chefs de file seront annoncés mercredi et notre stratégie - union ou non avec l'UMP - sera fixée le 13 décembre", a déclaré M. Bayrou sans préciser si lui-même serait candidat en mars. Toutefois, il semble assuré que le président de l'UDF briguera la présidence de l'Aquitaine, région aujourd'hui dirigée par les socialistes. agrandir la photo André Santini, l'un des 30 députés centristes, devrait briguer celle d'Ile-de-France face au ministre UMP Jean-François Copé, au sortant socialiste Jean-Paul Huchon et à Marine Le Pen pour le Front national. Parmi les autres chefs de file qui devraient être annoncés mercredi figurent les députés Anne-Marie Comparini (Rhône-Alpes, seule présidente sortante UDF), François Sauvadet (Bourgogne), Hervé Morin (Haute-Normandie), les sénatrices Jacqueline Gourault (Centre) et Valérie Létard (Nord-Pas-de-Calais). Le maire de Deauville, Philippe Augier, se présentera en Basse-Normandie. Jusqu'au 13 décembre, il ne s'agit que de chefs de file qui pourront se transformer, ou non, suivant l'accord qui pourrait être passé avec l'UMP, en tête de listes définitives. Mais sur cette question, François Bayrou a été on ne peut plus clair vis-à-vis de son allié: il devrait faire cavalier seul. En effet, la présentation de listes autonomes UDF dans toutes les régions a sa "cohérence" et sa "préférence", a-t-il déclaré dans une interview au Monde daté de mardi. La formation chiraquienne a pris acte. "L'UMP propose une fois de plus à son partenaire UDF une alliance, un accord", a affirmé lundi Renaud Donnedieu de Vabres au cours de la conférence de presse hebdomadaire de son parti. Mais "nous ne sommes pas sourds et aveugles. Chaque jour qui passe, nous constatons que François Bayrou s'écarte lui-même de cette hypothèse d'alliance", a-t-il remarqué. L'UMP a d'ailleurs décidé de proposer "très prochainement" un "code de bonne conduite" à l'UDF "pour éviter les divisions suicidaires qui font le jeu du Front national". Elle a également indiqué qu'elle était prête à soutenir Anne-Marie Comparini en Rhône-Alpes et qu'en échange, elle souhaitait "qu'il en aille de même pour l'UDF vis-à-vis des présidents sortants UMP", au nombre de 13. Le bras de fer engagé par l'UDF avec l'UMP s'inscrit dans la logique des très vives critiques formulées par François Bayrou vis-à-vis de la politique économique et sociale de Jean-Pierre Raffarin. Après avoir voté contre le projet de loi santé publique, s'être abstenu sur la partie recettes du projet de budget et avoir sévèrement critiqué la hausse du gazole et la réduction de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), M. Bayrou a encore haussé le ton. "Depuis le premier jour, c'est le système de gouvernement choisi qui est une erreur", a-t-il dit dans Le Monde. Selon lui, "un parti construit comme parti unique (...) ne discutant jamais avec personne, un cercle de décision restreint, le Parlement réduit à une chambre d'enregistrement, ce système ne peut conduire qu'à des erreurs". Les députés UDF ont néanmoins voté mardi en première lecture le budget de la sécurité sociale pour 2004, se ralliant finalement à l'UMP, tout en exprimant leur "déception

Le gouvernement présente son plan

pour les personnes dépendantes

 

Par Emmanuel Jarry PARIS (Reuters) - Jean-Pierre Raffarin a annoncé jeudi un plan de neuf milliards d'euros sur quatre ans et demi, financé par une journée de travail supplémentaire par an sans augmentation de salaire, au profit des personnes âgées et handicapées dépendantes. Le Premier ministre a également annoncé, lors d'une conférence de presse en présence des ministres concernés, la création d'une nouvelle et cinquième branche de la Sécurité sociale pour couvrir le "risque dépendance". Il s'est ainsi efforcé de tirer les conséquences de la canicule d'août dernier, cause de plus de 14.000 morts supplémentaires, et de la gestion très controversée de cette crise sanitaire par son gouvernement. "Notre devoir est de remettre la France au meilleur niveau européen pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes", a-t-il déclaré. Les mesures annoncées par Jean-Pierre Raffarin s'articulent en deux "programmes d'action", l'un pour les personnes âgées dépendantes, l'autre pour les handicapés, qui monteront progressivement en charge d'ici fin 2008. Le coût de chacun de ces programmes est évalué à 850 millions d'euros en année pleine, à quoi s'ajoutent 400 millions d'euros pour couvrir le déficit de financement de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) par l'Etat. Au total, neuf milliards d'euros supplémentaires seront donc consacrés aux personnes dépendantes - près d'un milliard en 2004 et deux milliards en moyenne en 2005, 2006, 2007 et 2008 -, a précisé le Premier ministre. Pour financer ces dépenses nouvelles, les Français devront travailler un jour de plus par an sans hausse de salaire correspondante. En contrepartie, les employeurs, dont l'Etat - mais pas les "entreprises unipersonnelles" - verseront une cotisation de 0,3% par an à une nouvelle "Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie". Le versement de cette cotisation, dont le recouvrement ne commencera que le 1er juillet 2004, sera réparti sur 12 mois comme les autres cotisations patronales. "L'Etat et les institutions qui en dépendent choisiront le lundi de Pentecôte" pour gager cette cotisation, a expliqué le Premier ministre. "DROIT A COMPENSATION DU HANDICAP" Le lundi de Pentecôte sera cependant encore férié en 2004, pour permettre la réorganisation des manifestations culturelles, religieuses, sportives ou touristiques qui ont lieu traditionnellement ce jour-là. Dans le secteur privé, les partenaires sociaux pourront choisir un autre jour férié ou un jour de réduction du temps de travail dans le cadre d'accords de branches ou d'entreprises, afin de tenir compte de la diversité des situations. Le premier jour de travail supplémentaire devra dans tous les cas être effectué entre le 1er juillet 2004 et le 1er juillet 2005, afin que le versement de la contribution commence dès juillet 2004. Il en ira de même pour une contribution de même montant sur les revenus du patrimoine. "Nous tenons à ce que ce financement soit solidaire", a expliqué Jean-Pierre Raffarin. "C'est pourquoi les revenus du capital, à l'exception de l'épargne populaire tel que le livret A, seront soumis à la même contribution." En 2004, cette mesure, qui ne s'appliquera que sur six mois, rapportera 980 millions d'euros, estime Matignon : 800 millions seront consacrés à l'APA (dont 400 millions de remboursement d'un emprunt contracté en 2003) ; il ne restera donc que 180 millions d'euros pour financer des mesures nouvelles en faveur des personnes dépendantes. Le gouvernement espère que le jour travaillé en plus rapportera 1,9 milliard d'euros en 2005, première année pleine, puis que l'augmentation de la masse salariale permettra progressivement d'atteindre 2,1 milliards en 2008. Le plan en faveur des personnes âgées prévoit de privilégier le maintien à domicile en créant 17.000 places de soins infirmiers à domicile et 13.000 places d'hébergement temporaire ou d'accueil de jour en quatre ans. Il prévoit aussi la modernisation des 6.500 maisons de retraite de France, avec le recrutement de 15.000 personnels soignants, la création de 10.000 places médicalisées et l'installation d'au moins une pièce climatisée dans tous ces établissements d'ici 2007. Le gouvernement entend enfin développer les services gériatriques hospitaliers. Dans le cadre du programme consacré aux handicapés, Jean-Pierre Raffarin a annoncé la création d'un "véritable droit à compensation du handicap", c'est-à-dire la prise en charge personnalisée des surcoûts de toutes natures liés au handicap : livres scolaires en braille, chiens d'aveugles, fauteuils spécialisés, emploi d'"auxiliaires de vie"... Ce plan prévoit aussi la généralisation de l'accès des handicapés aux établissements scolaires et universitaires, des transports, des bâtiments, de l'emploi, etc. Une évaluation de ces deux programmes et de leur financement, qui donneront lieu à des mesures législatives au premier semestre 2004, est prévu en 2008. A cette date, le gouvernement en place devra décider s'il maintient ou non le jour travaillé supplémentaire, indique Matignon.

 

SAINT-NAZAIRE

 

 

 

SAINT-NAZAIRE (Loire-Atlantique) (Reuters) - Jacques Chirac a exprimé dimanche sa "douleur" et sa "compassion" aux familles et aux proches des victimes de l'accident du Queen Mary 2, et a souhaité que les responsabilités dans "ce drame incompréhensible" soient rapidement établies. "Il se préparait une fête à Saint-Nazaire, avec la sortie du plus grand et du plus beau paquebot du monde, et le drame s'est tout d'un coup abattu sur les chantiers, sur la ville, sur la région", a déclaré le chef de l'Etat, venu à Saint-Nazaire se recueillir sur les dépouilles des 15 victimes. "Les mots étant bien faibles dans ces circonstances, je pense aux victimes et je veux dire à leurs familles notre émotion, notre solidarité, notre douleur", a-t-il souligné, l'air grave. "Je voulais simplement dire à cette région, aux chantiers, aux victimes et à leurs familles toute la compassion, la solidarité, toute l'estime et la douleur que j'exprime au nom de tous les Français", a-t-il insisté, après avoir rencontré des familles des victimes dans la chapelle ardente improvisée dans des Algeco sur les chantiers de l'Atlantique. "Je voudrais également avoir une pensée pour l'ensemble des hommes et des femmes qui travaillent ici à Saint-Nazaire dans les chantiers et aux collaborateurs des chantiers qui ont fait un superbe travail et qui sont frappés dans leur chair dans des conditions qu'on ne peut pas expliquer", a-t-il ajouté. Le président de la République était accompagné du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et des ministres de l'Intérieur et des Transports, Nicolas Sarkozy et Gilles de Robien. Il a souhaité que la lumière soit faite "rapidement" sur les circonstances de l'accident survenu samedi, à l'instar du P-DG d'Alstom, Patrick Kron, présent aux côtés de Patrick Boissier, P-DG des Chantiers de l'Atlantique, propriété d'Alstom. "C'est un drame incompréhensible. Des enquêtes ont été lancées tant par la Justice que par les Affaires sociales. Elles permettront, je l'espère rapidement, de dire quelles sont les responsabilités", a dit le chef de l'Etat. Jacques Chirac était arrivé à 16h30 sur le site des chantiers navals de Saint-Nazaire, où il a d'abord fait halte sur les lieux du drame. Après avoir salué des sapeurs-pompiers qui ont participé samedi aux opérations de secours, le président s'est rendu sur le quai où une passerelle d'accès au Queen Mary 2 s'est effondrée, face à l'imposante masse du paquebot. "UNE TRAGEDIE" Patrick Boissier et Patrick Kron, très émus, lui ont brièvement relaté les circonstances de l'accident, tandis que des membres de la police scientifique opéraient une vingtaine de mètres plus bas, en cale sèche, à la recherche d'indices. Une partie de la passerelle, sur laquelle circulaient une quarantaine de personnes au moment du drame, se trouvait encore au sol. Des casques de chantier utilisés par les victimes, des couvertures de survie abandonnées et des bouteilles d'eau vide témoignaient encore du drame. Pierre-Marie Block, procureur de la République de Saint-Nazaire, était présent. Le parquet de Saint-Nazaire a annoncé dimanche l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "homicides et blessures involontaires",. "C'est une tragédie (...) Notre priorité sera de faire la lumière sur ce drame et de comprendre", a dit Patrick Kron. Jacques Chirac a ensuite gagné la chapelle ardente, située à quelques dizaines de mètres du Queen Mary 2. Plusieurs dizaines de Nazairiens, dont des salariés des chantiers, l'y attendaient, massés derrière des grilles dans un silence pesant. Le président de la République s'est entretenu à l'entrée du bâtiment avec le maire MDC de Saint-Nazaire, Joël Batteux, très éprouvé, et a salué les autres élus locaux, dont le député-maire PS de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Il est resté environ une demi-heure dans la chapelle ardente, où il a exprimé quelques mots de réconfort aux familles et proches des victimes, dont certains étaient en larmes. Jacques Chirac a ensuite salué les membres du comité d'entreprise des Chantiers de l'Atlantique. Le président de la République a clos son déplacement à Saint-Nazaire par une visite au centre hospitalier de la ville, où sont soignés des blessés. Une trentaine de blessés sont hospitalisés à Nantes, Saint-Nazaire et dans deux cliniques de la cité navale.

Jacques Chirac a souhaité que l'école devienne

"le premier chantier de la réforme de l'Etat"

 

Chirac fait de la réforme de l'Education une priorité Par Sophie Louet(Reuters) - Prenant acte du "désarroi" du monde enseignant, Jacques Chirac a souhaité que l'école devienne "le premier chantier de la réforme de l'Etat" et plaidé pour une "culture d'objectifs" au sein du système éducatif. Intervenant dans le cadre du débat national sur l'avenir de l'école, lancé lundi à Lille par Luc Ferry, le chef de l'Etat a tracé des pistes "sans a priori", en vue d'une future loi d'orientation, quinze ans après la loi Jospin de 1989, appelant de ses voeux une école "plus sûre de ses valeurs", "plus juste et plus efficace". Face à la défiance du corps enseignant, après les grandes grèves du printemps, il s'est attaché à pacifier le débat, prônant le "rassemblement" des Français autour du "patrimoine commun" de l'école, par delà les "querelles partisanes". "Le débat sur l'école a été trop longtemps confisqué. Il n'est l'apanage d'aucun camp, d'aucun parti, d'aucun clan. Il est temps qu'il soit rendu aux Français", a-t-il estimé. Le président de la République, qui n'a pas hésité à emprunter au vocabulaire de l'entreprise pour interpeller les personnels éducatifs - plus d'un fonctionnaire sur deux -, a pris soin toutefois de leur rendre un hommage appuyé, "une considération particulière". "Entre la crise et l'immobilisme, il y a une autre voie possible. Le débat doit être, je le souhaite, l'occasion d'explorer sans tabou, avec lucidité et honnêteté, tous les leviers du changement, afin de construire cet avenir de confiance dont nous avons besoin", a dit le chef de l'Etat en présence de quelque 500 personnes - recteurs, inspecteurs d'académie, enseignants, parents d'élève, élèves. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, le ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, et le ministre délégué à l'Enseignement scolaire Xavier Darcos étaient présents. "Priorité de l'action publique, premier budget de la Nation, l'école doit évidemment être le premier chantier de la réforme de l'Etat", a souligné Jacques Chirac, s'adressant particulièrement aux jeunes recrues de l'Education nationale. Environ 40% des enseignants partiront à la retraite d'ici à 2010. Pour le chef de l'Etat, petit-fils d'instituteur, "ce n'est pas dans la nostalgie que l'école construira son avenir". "OBLIGATION DE RÉSULTATS" La modernisation du système éducatif passe, selon lui, par la réaffirmation des missions déjà édictées par Jules Ferry, mais aussi par une meilleure gestion du budget de l'Education et une revalorisation du métier d'enseignant. L'école, a dit Jacques Chirac, doit être le lieu "du respect et de la compréhension de l'autre", elle doit assurer à 100% d'une classe d'âge "les clés de l'accomplissement personnel", garantir la maîtrise des savoirs fondamentaux à l'issue de l'école primaire, elle doit "mieux respecter la diversité des élèves" sans remettre en cause le collège unique, permettre la maîtrise de deux langues étrangères. Quinze pour cent des élèves maîtrisent mal la lecture à leur entrée en sixième. Face à la recrudescence des incidents en milieu scolaire, le chef de l'Etat a insisté sur le respect de l'autorité, "une question de survie", et assuré les enseignants confrontés à des violences de "l'appui" et de la "détermination" de l'Etat pour réduire "massivement" les actes d'incivilité "avant la fin de la législature". "L'Etat doit se montrer exemplaire à l'égard de toutes celles et de tous ceux qui ont choisi de se consacrer à l'éducation", a dit Jacques Chirac, tout en invitant les enseignants à la réciprocité. "Faisons le choix de la confiance. Engageons-nous, là comme ailleurs, dans cette culture d'objectifs, de contrats, avec une obligation de résultats et une évaluation digne de ce nom", a-t-il lancé, au risque de réveiller des crispations et des craintes sur l'autonomie des collèges et lycées. Dans cette perspective, le président s'est prononcé pour une rationalisation du budget de l'Education, qui représente plus de 100 milliards d'euros par an (plus de 7% du PIB), estimant que "des marges de manoeuvre existent, beaucoup plus importantes qu'on le croit". Il a également souhaité que le débat permette d'ouvrir "le grand chantier du métier d'enseignant": meilleur accompagnement des jeunes professeurs dans leur premier poste, réforme des IUFM, droit individuel à la formation, diversification de carrière dans l'administration ou le secteur privé. "Notre système éducatif marque un peu le pas. Il cherche un nouveau souffle (...) Le moment est venu pour notre pays de se rassembler autour de ce qu'il désire pour sa jeunesse et de renouveler le pacte qui le lie à l'école", a résumé Jacques Chirac. L'ambition n'est pas nouvelle, plusieurs gouvernements en ont payé le prix douloureux. Secondé par un ministre de l'Education affaibli, le chef de l'Etat lance un défi risqué.

France et Allemagne échappent aux sanctions

 

France et Allemagne échappent aux sanctions pour leur déficits Par Yves Clarisse(Reuters) - La zone euro est sortie mardi à l'aube plus divisée que jamais de la crise provoquée par le dérapage budgétaire de la France et de l'Allemagne, qui sont parvenues à former une coalition majoritaire pour mettre entre parenthèses le pacte de stabilité de leur monnaie unique. A l'issue de plus de huit heures de discussion, les ministres des Finances de l'Eurogroupe sont parvenus à un accord qui ulcère quatre pays et constitue une cuisante défaite pour la Commission européenne, gardienne de ces règles de copropriété. Les "grands argentiers" de huit pays (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Portugal, Irlande, Grèce, Italie) ont rejeté les recommandations émises par l'exécutif européen pour redresser la situation malgré l'opposition minoritaire de la Finlande, de l'Autriche, des Pays-Bas et de l'Espagne. "Le Conseil a su dégager une majorité qualifiée pour entériner une déclaration qui consiste en gros (...) à suspendre la recommandation émise par la Commission", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances, Francis Mer. Le pacte, qui prévoit toute une série de mécanismes contraignants s'enchaînant jusqu'aux sanctions pour empêcher les pays de laisser déraper leurs finances publiques, devient dès lors un instrument qui peut être interprété politiquement. Les huit pays ont substitué aux recommandations de la Commission deux "déclarations", une pour la France et une pour l'Allemagne, qui, tout en affichant le même objectif de redressement budgétaire, écartent le spectre des sanctions. LA COMMISSION FURIEUSE "La Commission regrette profondément que ces propositions ne suivent pas l'esprit et les règles du traité et du pacte de stabilité et de croissance", a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes. Ce dernier s'est d'ailleurs "réservé le droit d'examiner les implications" et d'entreprendre des "actions" non précisées. La Commission avait accepté de donner à ces deux pays une année de plus, jusqu'à 2005, pour ramener leur déficit public sous la barre des 3% du PIB, qu'ils dépasseront en 2004 pour la troisième année consécutive, malgré leurs engagements. En échange, elle demandait des efforts d'ajustement importants en 2004 et en 2005 pour maîtriser une situation qui, selon Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), pourrait entraîner une hausse des taux d'intérêt dommageable à la croissance de toute la zone euro. La France et l'Allemagne se sont, dans les déclarations adoptées mardi, engagées à faire des efforts susceptibles selon elles d'atteindre l'objectif commun en 2005. Paris s'est engagé à réduire son déficit structurel (hors aléas de la conjoncture) de 0,77% du PIB en 2004, alors que la Commission demandait un effort d'un point, et de 0,6% en 2005 (un demi-point recommandé par l'exécutif européen). Le budget 2004 prévoyait un effort de 0,7% et la différence - 1,06 milliard d'euros - provient notamment de la suppression d'un jour férié pour financer les soins aux personnes âgées. Pour l'Allemagne, la réduction du déficit structurel sera de 0,6% en 2004 et de 0,5% en 2005, au lieu de 0,8% en 2004 et 0,5% en 2005 pour la Commission, mais sans menace de sanction en cas de non respect des engagements pris dans les déclarations. "PAS TRES GLORIEUX" Berlin, qui estime avoir suivi à la lettre toutes les requêtes de ses partenaires, a en effet longuement bataillé pour éviter d'être placée sous une épée de Damoclès. Les partisans de cet arrangement se divisent en deux camps. La France et l'Allemagne affirment que l'on applique ainsi le pacte de stabilité de manière souple dans un contexte économique délicat, la croissance ayant chuté cette année de manière telle que les engagements n'ont pas pu être respectés. "Nous sommes dans une situation où nous restons dans l'esprit du traité tout en nous adaptant à des circonstances exceptionnelles" a souligné Francis Mer. Selon lui, l'essentiel de la recommandation du "gendarme" du pacte figure d'ailleurs dans les déclarations, y compris le placement sous haute surveillance des politiques économiques française et allemande grâce à des rapports semestriels à remettre à la Commission pendant les deux prochaines années. "C'est un compromis qui est dur pour l'Allemagne, mais c'est notre engagement afin d'assurer que nous restions ensembles et c'est aussi réaliste", a dit son compatriote Hans Eichel. Mais les alliés de Paris et de Berlin, qui ne sont pas ravis du compromis trouvé, ont averti les "cancres" de la classe euro. "On a tenté de mettre sur le papier le plus petit commun dénominateur", a déclaré le ministre belge des Finances, Didier Reynders en soulignant que "ce n'est jamais très glorieux". D'ailleurs, a-t-il dit, la procédure envers ces deux pays n'est que suspendue, tout comme la menace de sanctions. "Après avoir écrit cela dans un texte, si au début de l'année de l'année prochaine, ils s'écartent de cette orientation alors là, la solution ne sera plus possible autrement que par une recommandation sur base du pacte lui-même", a-t-il expliqué à l'aube.

Laïcité: L'UMP tentera de dégager un consensus

lors de son Conseil national

 

- L'UMP tentera de dégager un consensus sur la question du foulard islamique vendredi lors de son Conseil national, alors que ses responsables, bien que d'accord pour interdire le voile à l'école, imaginent des solutions différentes pour y parvenir. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, est opposé à une "loi de prohibition" tandis qu'Alain Juppé, président de l'UMP, est favorable à une "clarification juridique qui ne doit pas exclure d'aller vers une disposition législative". "C'est mon point de vue personnel. On verra ce que le Conseil national décide", avait affirmé M. Juppé mercredi au cours d'une conférence de presse. Les deux ténors de la formation chiraquienne se sont téléphonés plusieurs fois ces derniers temps pour discuter de cette question et leurs entourages espèrent qu'un "texte équilibré" sera trouvé. "Je ne vais pas vous dire ce que sera la motion soumise au vote tout simplement parce qu'elle résultera des débats", a expliqué M. Juppé. Selon lui, "un système de vote très souple par boîtier électronique nous permettra de consulter, tout au long des débats, les conseillers nationaux" (1.500) qui forment le "parlement" de l'UMP. "La motion qui en résultera sera soumise dans l'après-midi au vote", a-t-il précisé. Selon lui, ces conseillers nationaux vont plancher autour de deux grandes questions: "Ce qui se passe actuellement en France est-il grave ou pas ?", "Si on est d'accord sur le diagnostic, alors, que faut-il faire ?". Pour Alain Juppé, "derrière ce geste (porter le voile), il y a aujourd'hui des phénomènes dans la société française qui correspondent à la montée d'un fanatisme politico-religieux". "Je ne parle pas de l'islam qui est une grande religion de France, parfaitement respectable. Je parle d'une certaine forme d'intégrisme islamiste qui met en cause un certain nombre des fondements de la République: ceux de l'égalité des sexes et de la dignité de la femme, de la citoyenneté et de la laïcité", a-t-il ajouté. Ensuite, "nous nous interrogerons: Est-ce-qu'il faut faire un +code de la laïcité+ ?", a-t-il dit en faisant référence à l'idée de Jean-Pierre Raffarin et la proposition du député François Baroin de rassembler ainsi l'ensemble des textes législatifs et réglementaires déjà existants. "Faut-il clarifier la situation juridique par une disposition législative qui traiterait en particulier du cas des écoles, collèges et lycées de l'enseignement public ?", a-t-il poursuivi. "Je souhaite que le Conseil national dise quelque chose de clair et de précis", a soutenu M. Juppé qui avait réfléchi dès 1999 à la mise en place d'une "autorité" destinée à "refonder le principe d'intégration sur le respect du principe d'égalité" entre tous les Français. Cela pourrait se traduire aujourd'hui par la mise en place d'une "haute autorité à l'intégration", a-t-on précisé dans son entourage. Les proches de Nicolas Sarkozy insistent sur le fait que "comme Alain Juppé, Nicolas Sarkozy est lui aussi opposé au voile islamique à l'école". Mais à une loi de prohibition, le ministre préfère une "démarche positive". "Mieux vaut définir quels sont les signes non ostentatoires qui peuvent être permis" (croix chrétienne, magen David, main de Fatima), plutôt que "les signes ostentatoires à interdire", explique-t-on. "On pourrait transformer la jurisprudence pour lui donner une valeur législative, qui pourrait prendre la forme d'un article dans le cadre de la future loi de programmation sur l'éducation", ajoute-t-on de même source.

 

Signe religieux:

trois députés UMP critiquent la mission parlementaire

 

 

(AFP) - Trois députés UMP se sont réjouis samedi, dans des communiqués distincts, que le conseil national de l'UMP ait adopté la veille une position différente de celle de la mission parlementaire présidée par Jean-Louis Debré, sur la question des signes religieux à l'école. Le conseil national de l'UMP s'est prononcé vendredi pour l'adoption "au besoin, d'une disposition législative contre le port ostentatoire de tout signe politique ou religieux dans les écoles". De son côté, la mission d'information parlementaire s'était prononcée, le 12 novembre, pour une "disposition législative" interdisant "expressément le port visible de tout signe d'appartenance religieuse et politique" à "l'école publique". Premier à réagir, Christian Estrosi (Alpes-Maritime), proche de Nicolas Sarkozy, s'est "réjoui" que l'UMP ait "pris ses distances avec le texte proposé par la mission parlementaire conduite par le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré", ajoutant que les membres de l'UMP étaient "nombreux à être inquiets de l'orientation que Jean-Louis Debré avait donnée à cette mission". Poussant "un grand +ouf!+ de soulagement", Christian Vanneste, député du Nord, s'est à son tour réjoui que l'UMP ait "pris ses distances par rapport à la prohibition des signes religieux souhaitée dans les conclusions" de la mission parlementaire, ajoutant que "celles-ci risquaient d'être interprétées comme étant hostiles au fait religieux". Enfin, Alain Joyandet, député de Haute-Saône et président du groupe de réflexion des "Démocrates de l'UMP", s'est également "réjoui" que "la prohibition de tout signe religieux à l'école, recommandée par la mission parlementaire, (ait) été écartée" par l'UMP. "La grande majorité de nos concitoyens aurait pu se sentir atteinte dans ses convictions si l'on avait retenu une formule bien excessive pour régler un problème lié au prosélytisme d'une minorité", a-t-il ajouté.

 

Jean-Pierre Raffarin a laissé entendre vendredi, devant le Conseil national de l'UMP réuni à Villepinte, que le gouvernement allait légiférer sur la laïcité, probablement dans le cadre de la future loi d'orientation sur l'école. "La décision législative que nous choisirons sera bonne si elle protège les femmes, toutes les femmes de toutes les contraintes du fondamentalisme", a déclaré le Premier ministre, qui ne s'est pas exprimé spécifiquement sur le port du voile à l'école. agrandir la photo Devant les interrogations suscitées par cette petite phrase -alors que Jacques Chirac attend les conclusions de la Commission Stasi sur la laïcité pour se prononcer-, Matignon a aussitôt tenu à préciser qu'aucune "décision n'est prise". M. Raffarin "s'exprimait en tant que chef de la majorité. Ce qu'il dit est conforme au vote du Conseil mais ce n'est pas une décision gouvernementale. Il ne s'exprimait pas sur un arbitrage", a souligné l'entourage du Premier ministre. C'est au milieu de son discours dans lequel il énumérait les "cinq grandes réformes" et les "trois grands chantiers" de son gouvernement que le Premier ministre a abordé le sujet de la laïcité. Pour lui, "le point-clef" n'est pas "la religion" mais de "faire en sorte que l'on ne puisse porter atteinte aux droits de la femme". "Il reprend à son compte le compromis présenté par Alain Juppé. On ne sait pas si cela sera une loi en tant que telle ou une disposition intégrée à la nouvelle loi d'orientation sur l'école", a ajouté Matignon. De fait, le président de l'UMP s'était félicité peu avant que le Conseil national "ait souhaité une disposition législative s'il n'y a pas d'autre solution lorsque la Commission Stasi aura déposé son rapport". Selon lui, cette disposition pourrait prendre la forme "par exemple d'un article de la future loi sur l'éducation et la formation" qui doit découler du grand débat sur l'école. La question de la laïcité, et plus précisément celle du voile islamique, a été au coeur des débats du deuxième conseil national du parti chiraquien, qui a réuni un millier de cadres et d'élus UMP. Dans la matinée, Alain Juppé et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'étaient accordés pour proposer l'adoption d'une telle disposition interdisant "le port ostentatoire de signes politico-religieux à l'école", un sujet sur lequel les deux hommes forts de l'UMP divergeaient jusqu'à présent. Nicolas Sarkozy martelait qu'une loi "ne pourrait intervenir qu'en dernier ressort", une position plutôt partagée par le Premier ministre qui avait parlé "d'ultime recours". A l'inverse, M. Juppé a toujours été partisan de légiférer sur ce sujet, soulignant à maintes reprises que le port du voile islamique était "un acte militant politico-religieux". Conscient du risque de stigmatisation de la communauté musulmane, l'ancien Premier ministre a tenu à souligner qu'il ne s'agirait pas d'une "loi contre l'islam, qui est une grande religion de France". Il a réitéré la proposition à laquelle il réfléchit depuis 1998, à savoir la création d'une "Haute autorité pour l'intégration". Alors que la rivalité Juppé-Sarkozy, tous deux considérés comme présidentiables, était dans tous les esprits après les ambitions affirmées par le ministre de l'Intérieur, les deux hommes ont pris soin d'afficher une bonne entente. "Je n'ai pas l'intention, ni maintenant, ni plus tard, d'entrer en compétition avec Nicolas Sarkozy, qui est un formidable ministre de l'Intérieur", a déclaré le président de l'UMP

Léotard affirme que les fonds spéciaux finançaient les partis

 

(Reuters) - Les "fonds spéciaux" de l'Etat versés en liquide aux ministres et au président de la République jusqu'en 2001 ont servi au financement occulte des partis politiques, ont déclaré lundi devant le tribunal de Paris deux anciens ministres, François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres. "C'était plus qu'un usage. Depuis 1946, des centaines de ministres, des dizaines de présidents du Conseil et de Premiers ministres, des présidents de la République ont fait ainsi. (Le financement politique), c'était l'essentiel des sommes", a affirmé François Léotard, qui fut notamment ministre de la Défense de 1993 à 1995. C'est la première fois qu'un ancien membre du gouvernement fait publiquement l'aveu de cette pratique, un secret de polichinelle jusqu'ici jamais assumé publiquement. François Léotard est poursuivi pour "infraction aux lois sur le financement des partis", en raison de l'affectation en 1995 de cinq millions de francs en espèces (762.000 euros) au financement du Parti républicain, qu'il présidait au moment des faits. A la barre, il a déclaré que ces fonds avaient été extraits sur son ordre d'un coffre au ministère de la Défense en mai 1995, juste avant son départ du gouvernement, et transférés dans un autre coffre au siège du PR avant d'être utilisés pour l'achat de luxueux locaux pour le parti, à Paris. Renaud Donnedieu de Vabres, actuel porte-parole de l'UMP et ex-ministre des Affaires européennes en mai-juin 2002, également jugé pour ces faits, a reconnu avoir procédé personnellement à ce transfert de billets "de 500 francs enliassés". "C'était des méthodes en vigueur et connues de beaucoup de gens depuis de très nombreuses années", a-t-il dit. Outre l'acquisition du siège du PR, l'argent a servi à l'achat d'ordinateurs, au versement d'indemnités et au "recasement" de membres du parti à la recherche d'un emploi après les élections de 1995, a-t-il expliqué. INFRACTION A LA LOI ? Les deux hommes, qui sont les premiers à être jugés pour de tels faits, ont soutenu que cette pratique était légale. "Je n'ai vraiment jamais eu le sentiment de faire quelque chose d'illégal. J'attachais beaucoup d'importance au fait que ces fonds provenaient de l'Etat. C'est une valeur que je sers", a dit Renaud Donnedieu de Vabres. L'accusation souligne que les dons en liquide avaient été d'abord limités puis interdits par les lois de 1988, 1990 et 1995 sur les partis et remarque que la somme n'a pas été déclarée dans la comptabilité du PR. Les deux hommes ont aussi admis avoir dissimulé l'origine des fonds en versant les billets en 1996 à une société agissant comme banque, le "Fondo sociale di cooperazione europea" (FSCE), en échange d'un prêt fictif du même montant au PR. Ils sont également jugés pour "blanchiment de capitaux" sur cet aspect de l'affaire mais estiment là aussi avoir agi légalement. "Avec tout le respect que je vous dois, sur ces fonds, je n'avais aucune explication à donner ni au Parlement, ni à la Cour des comptes, ni à la justice", a dit François Léotard au tribunal. Lors d'un interrogatoire tendu, le président Michel Desplan a fini par ironiser sur les réponses de l'ancien ministre. "Bien. Les fonds spéciaux pouvaient donc concourir à la démocratie ?", a dit le magistrat. "Absolument", a répondu François Léotard, crispé. Lorsque le président lui a demandé s'il avait jamais pensé à rendre l'argent à l'Etat, François Léotard a répondu qu'aucun ministre "n'avait jamais fait de restitution" et qu'il ne voyait pas pourquoi il aurait agi autrement. Les "fonds spéciaux" distribués en liquide entre le Premier ministre, les membres de son gouvernement et l'Elysée auraient également servi à des fins personnelles. Après les découvertes d'une autre enquête judiciaires, le président Jacques Chirac a d'ailleurs lui-même reconnu avoir utilisé 3,1 millions de francs de "fonds spéciaux" pour des voyages privés entre 1992 et 1995. François Léotard a paru à l'audience faire allusion à cette affaire. "Si j'avais utilisé l'argent à des fins privées, je ne serais pas devant vous", a-t-il dit. Le procès se poursuit mardi.

Sondage: Raffarin chute encore

 

Sondage: Raffarin chute encore et passe sous le seuil dangereux des 30% - En baisse continue depuis des mois dans les sondages, Jean-Pierre Raffarin passe pour la première fois cette semaine sous le seuil symbolique des 30% et se rapproche un peu plus de la cote d'impopularité d'Alain Juppé (20%) lors de son passage à Matignon. Alors que la cote de confiance de Jacques Chirac reste stable à 40%, celle du Premier ministre enregistre, dans le baromètre TNS-SOFRES pour Le Figaro Magazine, une nouvelle baisse de 4 points pour se retrouver à 29%. La part des mécontents atteint 69% (+4). En un an, la cote de popularité de M. Raffarin s'est effondrée de plus de moitié et, depuis fin octobre, toutes les enquêtes d'opinion le placent sous la barre des 35%, un seuil en dessous duquel le Premier ministre estimait lui-même récemment que la situation devient dangereuse. "Raffarin n'a plus de base sociale, il n'a plus qu'une base politique, d'ailleurs elle-même érodée" avec une forte perte d'influence à l'UDF, analyse Jérôme Sainte-Marie (BVA). "Sa dégringolade peut finir par s'arrêter mais je ne vois absolument pas comment les choses peuvent s'inverser, même s'il peut très légèrement remonter à l'approche des régionales si son camp se remobilise", a-t-il déclaré à l'AFP. Selon M. Sainte-Marie, un prochain remaniement ministériel "ne changerait pas les choses" et serait "de toute façon annulé par le mauvais score que devrait enregistrer l'UMP (aux régionales), sinon en nombre de présidences de régions du moins en suffrages" en mars. Sarkozy continue, lui, à progresser A ses yeux, seul "un changement de Premier ministre" pourrait entraîner un électrochoc dans l'opinion. Alors que son autorité est contestée au sein même du gouvernement par des poids-lourds comme Nicolas Sarkozy (Intérieur) et François Fillon (Travail), M. Raffarin, qui affirme ne pas prêter attention aux sondages, martèle qu'il a réussi à préserver intacte sa "relation de confiance" avec le président de la République, "clef" de son maintien à Matignon. Mercredi soir, lors d'un meeting électoral de l'UMP à Paris qui ressemblait à une séance de réconfort pour un Premier ministre affaibli, M. Raffarin a réaffirmé qu'il "tiendrait bon" car il est "coriace". "Je ne roule pas pour moi. Je roule pour la mission que m'a confiée le président et personne ne m'arrêtera en dehors de lui", a-t-il lancé. Reste que son impopularité croissante risque de le handicaper dans les réformes à venir, assurance maladie et école notamment. En début d'année, l'entourage du Premier ministre reconnaissait d'ailleurs qu'il est "très difficile de réformer si on est à moins de 40%" de confiance. Le regard sur les élections, M. Raffarin semble de fait vouloir s'épargner tout conflit social. Quitte à remiser ses engagements dans la lutte contre le cancer, il a reculé sur la hausse de 20% du prix du tabac prévue en janvier face aux menaces de vengeance électorale des buralistes, entraînant du même coup la colère du monde médical. A droite, dans le sondage SOFRES, seul Nicolas Sarkozy tire son épingle du jeu en progressant encore d'un point, pour se détacher davantage à 55%. Il ne paie donc pas le fait d'avoir clairement affiché ses ambitions présidentielles.

Perben bat en retraite sur l'avortement involontaire

PARIS (Reuters) - Après dix jours de polémique, Dominique Perben et le gouvernement ont finalement battu en retraite sur la question sensible de l'avortement involontaire. Le ministre de la Justice s'est prononcé vendredi soir pour l'abandon de l'amendement créant un nouveau délit d'"interruption involontaire de grossesse". Dominique Perben, qui avait appuyé le 27 novembre l'amendement présenté par le député UMP Jean-Paul Garraud et parlait encore d'une simple "réécriture" du texte mercredi, a choisi une émission de radio sur Europe 1 pour annoncer son complet revirement, devant le tollé suscité par ce texte au sein de la gauche et des associations féministes mais aussi dans ses propres rangs. "L'amendement Garraud pose plus de problèmes qu'il n'en règle (...). J'ai d'ores et déjà pris contact avec le rapporteur du texte au Sénat pour lui indiquer qu'il m'apparaissait préférable d'abandonner cela", a-t-il dit. Le texte sur les "nouvelles formes de criminalité", où l'amendement avait été intégré, doit revenir au Sénat vers le 7 janvier. Sauf improbable révolte de la majorité de droite au palais du Luxembourg, l'amendement partira aux oubliettes. Après le tollé suscité par le premier vote, Dominique Perben avait pris la défense de l'amendement à plusieurs reprises, tout en assurant qu'il ne remettait pas en cause le droit à l'avortement. Il avait engagé lundi des consultations avec des associations dans la perspective d'une réécriture. Ce travail a été sèchement interrompu par une déclaration jeudi soir du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, personnalité très proche du président Chirac. "Je crois que cet amendement était profondément inopportun. Je souhaite qu'on le retire", a-t-il dit. Vendredi, la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot a joint sa voix au concert des critiques, parlant même d'une "atteinte aux droits fondamentaux des femmes". GARRAUD PERSISTE Le revirement du gouvernement a été favorablement accueilli samedi par les associations qui s'étaient mobilisées contre le texte. "Le gouvernement a choisi la voie de la raison", a dit l'avocate Gisèle Halimi, présidente de l'association Choisir-la cause des femmes et figure de la lutte pour la légalisation de l'avortement. L'opposition de gauche s'est également réjouie. "Le gouvernement fait un pas en avant et deux pas en arrière, ça devient une habitude", a dit la députée socialiste de Paris Annick Lepetit (PS). Le député UMP Jean-Paul Garraud a annoncé qu'il allait poursuivre son combat pour faire adopter la nouvelle disposition, dans un cadre différent. Il s'est même rendu dans la nuit de vendredi à samedi sur le plateau d'une émission de divertissement de France 3, "On ne peut pas plaire à tout le monde", pour annoncer en direct qu'il ne désarmerait pas. "On me dit que ce n'est pas le moment, moi je dis qu'il va falloir trouver un moment. (...) Je l'ai fait en mon âme et conscience. Il y a eu une levée de boucliers politicienne au départ, la confusion a été organisée", a-t-il dit. "Ca a pris un tel climat passionnel que maintenant nous ne pouvons plus gérer cette affaire (...) Mais moi, je n'abandonnerai pas les femmes", a-t-il ajouté. Son texte prévoit de punir d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende une interruption de grossesse provoquée par "une maladresse, une imprudence, une inattention, une négligence ou un manquement à une obligation de sécurité". Jean-Paul Garraud expliquait qu'il s'agissait de poursuivre les personnes qui provoquaient la perte d'un enfant à naître, par exemple dans un accident de la circulation. Les féministes craignaient qu'il ouvre la voie à une remise en cause du droit à l'avortement, les syndicats de médecins redoutaient que des poursuites puissent être déclenchées après des accidents lors d'examens prénataux. S'ils estimaient que le texte ne créait pas de statut pour le foetus, les juristes soulignaient son inutilité. Une femme enceinte qui perdrait son enfant dans un accident peut en effet déjà engager des poursuites pour "blessures involontaires". Dans l'état de la jurisprudence, la justice française n'accorde aucun statut à l'enfant à naître, de sorte que les poursuites sont impossibles sur le fondement "d'homicide involontaire" sur un foetus. La Cour européenne des droits de l'homme doit examiner le 10 décembre un dossier judiciaire français relatif à ce problème

Réforme: non cinglant en Guadeloupe

 

Réforme: non cinglant en Guadeloupe, refus de justesse en Martinique BASSE-TERRE (Guadeloupe) (AFP) - Non et non: la Guadeloupe comme la Martinique ont repoussé à l'unisson et sans réplique le projet de réforme institutionnelle que leur proposaient leurs élus, la première de manière cinglante, la seconde de justesse. C'était la première fois que les Antillais étaient consultés sur l'avenir de leurs institutions, à partir d'un document de travail préparé par leurs élus. agrandir la photo Ceux-ci préconisaient la création d'une collectivité se substituant aux départements et régions, et qui aurait été administrée par une assemblée unique dans chacune des deux îles. La réponse des électeurs est venue comme une gifle: deux fois non. Mais le rejet de la Guadeloupe a été beaucoup plus cassant que celui de sa voisine: plus de 73% d'opposants, alors qu'en Martinique, le rejet a rassemblé une courte majorité de 50,48% avec un millier de voix d'écart entre les deux camps. La campagne électorale avait viré en Guadeloupe au référendum pour ou contre la très chiraquienne Lucette Michaux-Chevry, leader incontournable de l'archipel depuis 1976. Fustigeant le goût généralisé pour "l'immobilisme", la présidente de région et sénateur UMP a lancé crânement: "je ne pouvais pas avoir dans ce débat important une attitude peu courageuse. Ce n'est pas mon genre". "La population préfère deux assemblées, je suis une démocrate, je m'incline", a ajouté cette personnalité flamboyante et controversée. "Je déplore seulement que François Bayrou ayant pris la parole, les instances au plus haut niveau de l'UMP soient restées silencieuses". Le président de l'UDF a des raisons de se réjouir: seule personnalité nationale à avoir pris position, seul à s'être rendu sur place malgré des mises en garde de divers bords, il voit ses thèses confirmées: une majorité d'Antillais ont marqué leur défiance vis-à-vis d'un avenir institutionnel qu'ils ont jugé trop flou. Ils ont marqué leur attachement au département, qui fut une conquête de l'Outre-mer en 1946. Alors qu'en Corse, le non avait été majoritaire, malgré l'engagement des plus hautes autorités de l'Etat, la ministre de l'Outre-Mer Brigitte Girardin avait pris soin de proclamer la totale neutralité du gouvernement dans ce dossier. "Quel que soit le choix des électeurs, il sera le bon", avait-elle assuré. Cela n'a pas empêché Victorin Lurel, député PS de Vieux-Habitants et adversaire déclaré de Mme Michaux-Chevry, de qualifier la victoire du "non" d'"échec pour le gouvernement". Le processus voulu, au nom de la simplification administrative, par un très large éventail d'élus antillais - depuis les indépendantistes comme le président de la région Martinique Alfred Marie-Jeanne jusqu'à la grande majorité de l'UMP - s'arrête donc net, le non de l'électorat ayant valeur de veto absolu. Le gouvernement ne proposera au parlement aucun texte qui irait à l'encontre de la volonté populaire", avait prévenu Mme Girardin. Le processus se poursuit en revanche dans les deux petites îles du nord, Saint-Barthélemy et la partie française de Saint-Martin qui ont, avec enthousiasme, choisi de cesser d'être des communes de Guadeloupe pour devenir des Collectivités d'Outre-mer à part entière. Un statut sur mesure qui leur permet de préserver des avantages fiscaux de fait, hérités de l'Histoire.

prison avec sursis requise contre Léotard et Donnedieu de Vabres

 

Fondo: prison avec sursis requise contre Léotard et Donnedieu de Vabres agrandir la photo PARIS (AFP) - Huit à dix mois de prison avec sursis ont été requis lundi au procès à Paris du Fondo à l'encontre de l'ex-ministre François Léotard et six mois de prison avec sursis contre l'ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres. Une amende de 3.000 euros a également été requise contre les deux anciens responsables poursuivis dans cette affaire pour le financement illicite de leur ancienne formation politique, le Parti républicain (PR). Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir eu recours au Fondo sociale di cooperazione europea (FSCE) pour blanchir 5 MF (760.000 euros) provenant des fonds secrets de Matignon. Agé de 61 ans, l'ex-ministre de la Culture (1986-1988) et de la Défense (1993-1995) est aujourd'hui retiré de la vie politique. "Ces fonds étaient légaux, licites, il n'y a eu aucune infraction dans cette affaire", avait notamment déclaré lors du procès l'ancien patron de l'UDF à propos de cet argent, dont il s'est servi en 1995-1996 pour financer sa formation alors qu'elle traversait de graves difficultés financières. Renaud Donnedieu de Vabres (49 ans), ancien bras droit de François Léotard, et ex-ministre délégué aux Affaires européennes du gouvernement Raffarin (pendant quelques mois en 2002) avait pour sa part expliqué au tribunal qu'il n'avait pas eu à l'époque "le sentiment de faire quelque chose d'illégal". Le représentant du parquet Henri Génin a également requis une peine de cinq ans de prison dont deux avec sursis à l'encontre de l'homme d'affaires Ahmed Chaker, principal prévenu dans ce dossier portant sur une vaste escroquerie, ainsi qu'une amende de 100.000 euros. Il n'a en revanche requis aucune peine contre le lunetier Alain Afflelou, poursuivi pour recel d'escroquerie mais a suggéré une relaxe en affirmant que les éléments recueillis dans le dossier "n'apparaissent pas suffisants pour établir le recel". Enfin, contre les huit autres prévenus poursuivis dans cette affaire il a demandé des peines de 4 mois avec sursis à 2 ans ferme et 100.000 euros d'amende.

L'Europe élargie échoue à se doter de sa première constitution

 

 

 

 

Les 25 pays membres de la future Union européenne élargie ont échoué samedi à Bruxelles à trouver un accord pour doter l'Europe de sa première Constitution, ouvrant une période d'interrogation sur l'avenir de l'intégration du Vieux continent. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont essayé, à chaud, de minimiser la portée et les conséquences de ce raté d'un processus constitutionnel lancé il y a deux ans presque jour pour jour au sommet de Laeken (Belgique). agrandir la photo "Il n'y a pas de drame, de crise avec un grand C", a affirmé le président français Jacques Chirac. Il a néanmoins jugé l'impasse suffisamment sérieuse pour ressortir immédiatement son idée de "groupes pionniers", capables de permettre aux pays qui le souhaiteraient de faire avancer la construction européenne dans différents domaines majeurs. Le chancelier allemand Gerhard Schroeder a souligné pour sa part que "si nous ne réussissons pas dans un temps prévisible à parvenir au processus constitutionnel prévu dans le projet de Convention (de l'UE élargie), la conséquence peut être une Europe à deux vitesses". agrandir la photo "Nous ne le souhaitons pas, mais ce sera dans la logique d'un échec définitif - que bien sûr nous ne souhaitons pas", a-t-il insisté. Même son de cloche chez le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a refusé d'envisager à court terme la formation "d'un noyau dur" dans l'UE: "l'Europe à deux vitesses ne saurait être que le résultat de désaccords persistants". Silvio Berlusconi, le président en exercice de l'Union européenne qui avait souhaité un "miracle" avant l'ouverture du sommet, a souligné que l'échec venait exclusivement d'un désaccord insurmontable sur le système de vote applicable dans le future UE élargie. Après avoir tenté pendant 24 heures de rapprocher les points de vue entre partisans de la "double majorité" voulue par la Convention sur l'avenir de l'Europe et ceux du système de votes pondérés adopté à Nice en 2000, le chef du gouvernement italien y a renoncé, samedi en début d'après-midi. "Le désaccord était total sur le système de vote'", a-t-il expliqué. Plus ou moins explicitement, de nombreuses délégations ont mis en cause l'intransigeance de l'Espagne et de la Pologne, accrochées aux avantages acquis dans le traité de Nice, qui accordait à ces deux pays "moyens" un poids presque équivalent aux quatre "grands" (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie). Selon M. Schroeder, Madrid et Varsovie "ne voulaient ou ne pouvaient pas changer leurs position". Mais pour les pays favorables au compromis de la Convention, gage d'une plus grande efficacité dans une UE à 25, pas d'accord valait mieux qu'un mauvais accord. "Pour une Constitution, on n'a pas le droit de se tromper d'ambition. Il vaut mieux que nous nous accordions le temps et la réflexion", a affirmé M. Juncker. Selon le commissaire Michel Barnier, qui représentait la Commission européenne à la Conférence intergouvernementale (CIG), "il était préférable de suspendre la négociation plutôt que de dénaturer le texte de la Convention". L'espoir émis par de nombreux dirigeants était que quelques semaines, et plus vraisemblablement quelques mois de réflexion, permettraient de jeter les bases d'un consensus. L'Irlande, qui hérite en janvier de la présidence de l'UE et de l'encombrant fardeau constitutionnel, a toutefois indiqué qu'elle ne comptait se précipiter pour relancer la négociation. "Il n'y aura pas d'autre CIG dans les quelques mois qui viennent", a déclaré le Premier ministre Bertie Ahern. "Je ne pense pas qu'avant mars, il y aura un accord". D'autant que des échéances importantes se profilent à l'horizon, élections nationales, comme en Espagne en mars, ou européennes, en juin.

 

De la chute du régime de Saddam Hussein à sa capture BAGDAD

V comme VICTOIRE de la LIBERTE

14-12-2003 La capture samedi soir du président irakien déchu Saddam Hussein dans la région de Tikrit intervient près de neuf mois après la chute de son régime le 9 avril, à la suite d'une offensive américano-britannique lancée le 20 mars. --AVRIL 2003-- - 9: Les forces américaines prennent le contrôle de la plus grande partie de Bagdad. La statue de Saddam Hussein est renversée par un blindé américain. Une centaine d'Irakiens la piétinent. - 10: Les forces américano-britanniques "couvrent 50 à 60% du territoire irakien" (Centcom). Début de pillages à Bagdad, notamment le musée archéologique, des hôpitaux, bâtiments administratifs et maisons des hauts dignitaires. - 11: Chute de Mossoul et Kirkouk (nord). - 13: Les opérations militaires se concentrent sur Tikrit et le nord de l'Irak où des "reliquats" d'armée irakienne opposent une forte résistance. - 18: Abu Dhabi TV diffuse des images de Saddam Hussein prenant un bain de foule à Bagdad le 9. - 28: 13 Irakiens pro-Saddam tués par des tirs américains à Falloujah (50 km à l'ouest de Bagdad). --MAI-- - 1er: L'essentiel des combats est terminé, les Etats-Unis et leurs alliés "l'ont emporté", déclare George W. Bush. - 2: La coalition commence à mettre en place une force internationale de stabilisation, en divisant le pays en trois secteurs administrés séparément. - 12: Arrivée en Irak du nouvel administrateur en chef américain, Paul Bremer. - 16: M. Bremer interdit l'accès aux fonctions dans le secteur public à tous les hauts responsables du parti Baas. - 22: L'Onu met fin à 13 ans de sanctions contre l'Irak. - 23: M. Bremer annonce la dissolution des forces armées, du ministère de l'Information et d'autres organes de sécurité. --JUIN-- - 13: 27 Irakiens tués à Balad (nord-est de Bagdad) lors d'affrontements avec les troupes américaines. - 17: Près de 400 Irakiens arrêtés dans le cadre de l'opération "Scorpion du désert" dirigée contre les partisans de Saddam Hussein. - 29: Opération "Crotale du désert": plus de 20 raids impliquant l'aviation, des unités d'infanterie et des blindés. --JUILLET-- - 3: Les Etats-Unis offrent une récompense de 25 millions de dollars pour des informations conduisant à l'arrestation de Saddam Hussein. - 4: Al-Jazira diffuse une bande sonore attribuée à Saddam Hussein dans laquelle il appelle à la résistance. - 6: Paul Bremer accepte la création d'un "Conseil de gouvernement transitoire" irakien doté de pouvoirs exécutifs, mais se réserve un droit de veto. - 13-15: Première réunion des 25 membres du Conseil de gouvernement. Annonce de la création d'un tribunal pour juger les crimes de guerre sous Saddam Hussein. - 22: Les fils de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï, tués lors d'un raid américain à Mossoul. --AOUT-- - 7: 14 morts dans un attentat à la voiture piégée contre l'ambassade de Jordanie à Bagdad. - 14: L'Onu "approuve l'établissement" du Conseil transitoire mais sans le reconnaître explicitement comme le voulait Washington. - 18: Arrestation de l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, suivie de celle d'Ali Hassan al-Majid, alias "Ali le chimique". - 19: Attentat suicide contre le siège de l'Onu à Bagdad: 22 morts dont le représentant de l'Onu Sergio Vieira de Mello et une centaine de blessés. - 29: Attentat à la voiture piégée dans la ville sainte chiite de Najaf (sud de Bagdad): plus de 83 morts (dont l'ayatollah Mohammad Baqer Hakim rentré en mai après 23 ans d'exil) et 125 blessés. --SEPTEMBRE-- - 3: Le premier gouvernement de l'après-Saddam (sans Premier ministre) prête serment. La Pologne prend le contrôle de cinq provinces, devenant le troisième pays, après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, à commander une zone d'occupation. - 20: Attentat à Bagdad contre un responsable du Conseil transitoire, Akila al-Hachimi, qui meurt cinq jours plus tard. --OCTOBRE-- - 12: Attentat à la voiture piégée devant le Baghdad Hotel: huit morts, dont le kamikaze. - 15: Mise en circulation du nouveau dinar irakien. - 16: Adoption du projet américain de résolution, qui autorise la création d'une force multinationale mais préserve le contrôle quasi-absolu exercé par les Etats-Unis. - 23-24: Conférence à Madrid des donateurs qui promettent 33 milliards de dollars à la reconstruction de l'Irak. - 26: Attaque contre l'hôtel Al-Rachid à Bagdad, où résidait le secrétaire adjoint américain à la défense Paul Wolfowitz: un soldat américain tué et 17 personnes blessées. - 27: Cinq attentats suicide à la voiture piégée à Bagdad contre le siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et quatre postes de police: 43 morts et plus de 200 blessés. --NOVEMBRE-- - 2: Un hélicoptère américain est abattu près de Falloujah: 16 soldats tués. - 7: Un hélicoptère Blackhawk est abattu près de Tikrit: six soldats américains tués. - 12: Attentat suicide contre une base militaire italienne à Nassiriyah (sud): 19 Italiens et neuf Irakiens tués. - 15: Accord entre M. Bremer et le Conseil de gouvernement sur un calendrier de passation des pouvoirs (gouvernement provisoire avant juin 2004, élections avant fin 2005). - 27: Visite secrète éclair de George W. Bush aux troupes américaines à Bagdad. - 29: Sept agents du renseignement espagnol tués au sud de Bagdad. Deux diplomates japonais et leur chauffeur tués près de Tikrit. --DECEMBRE-- - 9: Le Japon décide d'envoyer des troupes non combattantes en Irak. Selon une circulaire datée du 5, les pays opposés à la guerre sont exclus par Washington de 26 marchés de reconstruction en Irak. - 10: Création d'un tribunal spécial chargé de juger les crimes du régime de Saddam Hussein. - 11: Quelque 300 des 700 membres du premier bataillon de la nouvelle armée, mise en place par les Etats-Unis, démissionnent. - 14: 18 personnes, dont 16 policiers, sont tuées dans l'explosion d'une voiture piégée devant un poste de police de Khaldiya, à l'ouest de Bagdad. Annonce de la capture de Saddam Hussein le 13.

Plus de 2 000 personnes étaient réunies à la

Mutualité mercredi 3 décembre

 

 

On a plein de choses à réussir ensemble " pour débattre à bâtons rompus avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le président de l'UMP, Alain Juppé de tous les sujets qui concernent les Français : la croissance économique, l'emploi, la laïcité, l'intégration, l'Europe, ... Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'opération " 100 meetings dans 100 départements " initiée par l'UMP pour expliquer l'action du gouvernement. Jean-Pierre Raffarin a affiché sa détermination à remplir la mission que lui a confiée le Président de la République et sa volonté de poursuivre les réformes que la " France doit accepter dans ses profondeurs " our assurer sa nécessaire modernisation. Face à ce défi, Alain Juppé a souhaité que l'UMP soit un pôle de stabilité et de solidité pour le gouvernement ". " J'ai confiance dans l'action que nous menons. Nous avons déjà engagé le plus dur des réformes en matière de sécurité, de justice, de défense et de retraites " a déclaré Jean-Pierre Raffarin. Intérogé sur un possible déclin de la France, Alain Juppé a réfuté cette idée en répondant que " la France n'est pas en déclin ni sur le plan économique, ni sur la scène internationale ". " La France a besoin de réformes pour les cinq ans, les dix ans qui viennent " a-t-il ajouté. Il a rappelé que la France a perdu du terrain en terme compétivité car pendant cinq ans, le gouvernement de Lionel Jospin a fait preuve d'inertie, et ce malgrè un contexte économique favarable. " Ce que les socialistes n'ont pas fait, nous l'avons fait " et cela dans un contexte économique difficile a rappelé le chef du gouvernement " La croissance est aujourd'hui dans les statistiques (chiffres de la consommation des ménages en hausse, 25 000 créations d'entreprises par mois), elle sera demain dans les foyers " ! " Notre souci est que l'emploi précède la croissance " a-t-il précisé. Et sur le chômage, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé partagent la même préoccupation : celle de remettre l'emploi au premier rang des priorités de l'action publique. Pour cela, " il faut revaloriser le travail " et notamment mieux rémunérer le travail dont le revenu doit être supérieur au " revenu de l'assistance ". " Rhébabiliter le travail plutôt que l'impôt " est le choix qu'a fait le gouvernement. " Ce choix a permis de soutenir la consommation des ménages " a rappelé le chef du gouvernement. La baisse des impôts a permis aussi à 600 000 foyers d'être exonérés d'impôts. Alain Juppé a salué la décision du gouvernement d'augmenter d'une façon très importante le plus bas des salaires, le SMIC. Sur la décision de l'UDF de faire des listes autonomes pour les élections régionales de mars 2004, Alain Juppé a déploré que " l'union soit remise en cause " aujourd'hui " par ceux qui pensent que ratisser large, c'est mieux que labourer profond ". Il a mis en garde sur le fait " qu'on a parfois des surprises avec le râteau " faisant allusion notamment à la " dent Chevènement qui s'est transformée en épine " pour la gauche plurielle.

 

Laïcité: l'UMP espère que le discours de Jacques Chirac

provoquera un "élan républicain nouveau"

 

 

PARIS (AP) - Le porte-parole de l'UMP Renaud Donnedieu de Vabres a souhaité lundi que le discours du président Jacques Chirac sur la laïcité, prévu mercredi, provoque un "élan républicain nouveau". Il s'agit d'un "événement particulièrement essentiel pour l'unité de la République et la cohésion des Français", a-t-il affirmé lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP à Paris. "Nous devons avoir à coeur de créer un élan républicain nouveau qui permette de tourner les pages sombres, trop souvent constatées dans l'actualité quotidienne de notre pays, du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme, de l'intégrisme ou du communautarisme", a-t-il ajouté. Le porte-parole de l'UMP a donc souligné une nouvelle fois la "nécessité d'une clarification par la loi" sur la question du voile à l'école. En revanche, "l'UMP ne souhaite pas l'octroi de deux jours fériés supplémentaires", comme le propose la commission Stasi sur la laïcité dans son rapport. "Il y aurait pour nous contradiction et décalage entre d'un côté la journée de travail supplémentaire pour la solidarité en faveur des personnes âgées et handicapées, et de l'autre ces deux journées de congé supplémentaires", a souligné M. Donnedieu de Vabres

Popularité : +5% pour Raffarin, +1% pour Chirac

(IFOP-JDD) PARIS (AFP) - Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin enregistre, par rapport à novembre, un gain de cinq points de popularité et le chef de l'Etat Jacques Chirac un gain d'un point, selon le baromètre mensuel IFOP à paraître dimanche dans Le Journal du Dimanche (JDD). Le président de la République est quasi stable avec 50% de personnes satisfaites de son action (elles étaient 49% en novembre). Le nombre de mécontents est égal à 48%, 2% ne se prononçant pas (3% le mois dernier). En revanche, le Premier ministre repasse la barre des 35% : crédité de 33% de satisfaction en novembre, il est désormais à 38% un mois plus tard. Le taux de mécontents baisse de 63% à 60%. 2% ne se prononcent pas (4% dans le baromètre antérieur). Sondage IFOP mené du 11 au 19 novembre par téléphone et à domicile auprès de 1.864 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus (méthodes des quotas).

 

taillée encadrant un visage hâlé de vieux loup de mer, a pris lundi la barre du plus grand paquebot du monde, le Queen Mary 2. Une consécration pour cet homme né en 1940 et qui a commencé à 15 ans à peine, en 1955, une carrière de marin qui l'a conduit sur toutes les mers du monde à bord de nombreux navires. C'est la première fois que Ronald Warwick, entré en 1970 à la Cunard, prendra les commandes d'un navire pour sa première mise à l'eau. Dans la foulée de son père William, il avait été nommé commandant du Queen Elizabeth 2 en 1990, un paquebot prestigieux sur lequel il avait marié sa fille trois ans plus tard. Lors d'interviews nombreuses, Ronald Warwick a souligné l'émotion et l'honneur pour lui de prendre la barre de cette petite ville flottante de 345 mètres de long, qui accueillera plus de 2.600 passagers servis par un équipage de 1.300 personnes. L'honneur aussi pour ce vieux capitaine de recevoir à son bord la reine Elizabeth II, qui baptisera le vaisseau le 8 janvier prochain, avant son voyage inaugural. Dès l'annonce en 2002 de sa nomination comme commandant du QM2 - "le plus beau jour de ma vie", a-t-il commenté sobrement -, Ronald Warwick, fort pourtant de ses 48 ans d'expérience maritime, a suivi les formations les plus pointues, en Floride notamment, pour maîtriser toutes les finesses et les complexités de ce bijou de technologie. Il a pu vérifier lors des premiers essais de mise à l'eau, à plus de 30 noeuds, l'excellence du paquebot géant où il sera dès lundi, selon la formule consacrée dans le métier, le "seul maître à bord après Dieu".

 

 

Le Queen Mary 2 a quitté Saint-Nazaire SAINT-NAZAIRE (AFP), le 22-12-2003 Le Queen Mary 2 a quitté le port de Saint-Nazaire lundi vers 15h30, à l'issue de la cérémonie de livraison du paquebot géant par les Chantiers de l'Atlantique (Alstom Marine) à l'armateur britannique Cunard. Plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient amassées le long des quais et des plages pour dire un dernier adieu au navire construit dans la ville depuis janvier 2002. Plus tôt dans la journée, avait pris place la cérémonie dite du changement de pavillon, au cours de laquelle Queen Mary 2 est devenu officiellement un navire britannique. Le QM2 a mis le cap sur Southampton, son futur port d'attache, qu'il doit atteindre vendredi après un crochet par Vigo (Espagne) pour accoutumer l'équipage à la navigation. La ville de Saint-Nazaire et les Chantiers de l'Atlantique projetaient une fête à la dimension de ce paquebot qui sera le plus grand du monde. Ils ont finalement opté pour une cérémonie sobre et solennelle, un peu plus d'un mois après la chute d'une passerelle d'accès, qui a fait 15 morts et 28 blessés. L'enquête progresse lentement. Elle n'a pas donné lieu à ce jour à des mises en cause. L'armateur britannique Cunard a pris possession du plus grand navire à passagers jamais construit: 345 mètres de long, 41 de large et 74 de haut, soit l'équivalent d'un immeuble de 23 étages. Queen Mary 2 est aussi le premier paquebot transatlantique construit depuis le Queen Elizabeth en 1969, déjà pour la Cunard. Les habitants de la ville ont été invités à illuminer leurs rebords de fenêtre et leurs façades. Quant à la Patrouille de France, elle fera trois passages au dessus du bateau pour saluer son départ. Une bonne partie des 1.300 membres d'équipage ont embarqué la semaine dernière pour une première période de quatre mois. Dans les prochains jours, leur mission va consister, entre autres, à s'entraîner et à tester les services du bateau. Certains "cobayes" occuperont ainsi quelques jours le duplex de 209 m2 d'où la vue est, paraît-il, la même que celle dont jouira le capitaine Ronald Warwick aux commandes du paquebot. La reine Elizabeth II baptisera le vaisseau le 8 janvier. Le voyage inaugural entre Southampton et Fort Lauderdale (Floride) doit commencer le 12 janvier 2004.

jeudi 1 janvier 2004

 

, Alain Juppé président de l'UMP: la "grande loi de mobilisation pour l'emploi", préconisée par Jacques Chirac dans ses voeux aux Français, "répond au défi majeur que notre pays doit aujourd'hui relever". "En réaffirmant le rôle moteur des entreprises dans la création d'emplois et en proposant que de nouveaux droits soient créés pour la formation et l'activité de tous, le chef de l'Etat a su définir les priorités de l'action gouvernementale pour 2004", poursuit le communiqué également signé du vice-président de l'UMP Jean-Claude Gaudin et du secrétaire général Philippe Douste-Blazy. - Annick Lepetit, porte-parole du PS: "la grande mobilisation pour l'emploi" préconisée par Jacques Chirac dans ses voeux aux Français est une "annonce inquiétante car elle signifie plus de flexibilité". "Les voeux du président de la République aux Français sont sans surprise. Il a tiré le mauvais bilan de son gouvernement de l'année 2003 et, compte tenu de la satisfaction qu'il affiche, il y a de quoi s'interroger pour 2004", a-t-elle jugé. Soulignant que "les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage", Mme Lepetit s'est interrogée: "partant de ce constat, pourquoi ferait-on confiance au président et à son gouvernement pour une meilleure cohésion sociale?" - Le PCF: Jacques Chirac "est sourd à la contestation" de la politique du gouvernement et "droit dans ses bottes". "Pour le président de la République, c'est +tout va très bien Madame la Marquise+. Jacques Chirac est décidément sourd à la contestation de la politique du gouvernement, aveugle devant les difficultés sociales de notre pays et muet sur les besoins sociaux", ironise le communiqué. Le président de la République "veut accélérer la politique de casse sociale" et "sous couvert d'un plan de mobilisation pour l'emploi, il annonce encore des cadeaux massifs aux patrons: nouvelles baisses d'impôts et de charges". - Nicolas Dupont-Aignan (UMP), président du club Debout pour la République: "le Président de la République a visé juste en faisant de l'emploi la priorité de 2004 (...) La mobilisation pour l'emploi demandée par le président de la République ne peut rester un voeu pieux : il faut absolument desserrer le frein qu'impose la Banque centrale européenne sur la croissance de nos économies" (communiqué) - Bruno Gollnisch, délégué général du FN : ""qu'il s'agisse du rôle diplomatique de la France, en fait évincée du Moyen-Orient, de l'avenir de l'Europe, complètement bloquée, de la relance de l'économie, en panne, et de la sauvegarde des retraites, très compromises, Jacques Chirac a affiché un optimisme sans aucune justification. Quant aux mesures annoncées en faveur de l'emploi (...) on est en droit d'attendre plus concret et plus sérieux de la part d'un homme qui a été trente ans ministre, deux fois Premier ministre et qui est chef de l'Etat depuis huit ans et demi". (communiqué) - Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France: Jacques Chirac "qui se réclame du gaullisme, s'entête, pourtant, à vouloir imposer à l'Europe une constitution fédérale dont les peuples ne veulent pas". "Cette constitution rigide et totalitaire nous empêchera de lancer les grandes réformes dont la France a besoin pour retrouver le chemin de la croissance".

VŒUX AUX FRANÇAIS DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE *** PALAIS DE L'ELYSEE MERCREDI 31 DECEMBRE 2003

Mes chers compatriotes, Je suis heureux d'être avec vous ce soir pour vous souhaiter chaleureusement une bonne et heureuse année 2004. Beaucoup d'entre vous sont réunis pour le réveillon et partagent la joie de se retrouver. D'autres sont seuls, malades ou dans la peine. Mes pensées les plus fraternelles vont vers eux et je veux leur dire, du fond du cœur, mes vœux d'espérance et de solidarité. Mes pensées vont également vers toutes celles et tous ceux qui, chez nous, cette année, ont été cruellement touchés par les incendies et par les inondations. Et comment ne pas penser aussi à ces drames au-delà de nos frontières, et en particulier au tragique tremblement de terre en Iran, pour lequel nos équipes médicales et de secours sont à pied d'œuvre. * 2003 fut marquée dans le monde par l'instabilité, les tensions et les crises : la guerre en Irak, le terrorisme, les attentats et les violences au Proche-Orient, les troubles en Côte d'Ivoire... Partout, la France a assumé fortement et clairement ses responsabilités pour la paix et pour le respect du droit. Elle continuera à agir en ce sens. De même, au-delà des difficultés qui ont toujours émaillé la construction européenne mais qui ne l'ont jamais arrêtée, la France continuera à porter une grande ambition pour une Europe au service de tous les citoyens. Aujourd'hui, nous devons relever un défi sans précédent, doter notre Europe élargie d'une règle commune. La France, avec l'Allemagne, et avec nos autres partenaires, entend se situer aux avant-postes de ce grand projet. Au terme de cette année, comme vous, je n'oublie naturellement pas l'épreuve si douloureuse de la canicule, le formidable dévouement de toutes celles et de tous ceux qui se sont mobilisés, mais aussi les défaillances de nos systèmes de prévention et d'alerte qui ont conduit le Gouvernement à engager les réformes indispensables. * L'année qui s'achève a été une année importante pour la France. L'insécurité progressait. Elle recule, y compris sur nos routes. Les retraites étaient menacées. Elles ont été sauvegardées. Nos impôts, nos charges, étaient parmi les plus élevés du monde. Ils ont commencé à baisser. Les dépenses de l'Etat galopaient. Elles sont stabilisées. Les 35 heures freinaient l'activité. Elles ont été assouplies. Et tout cela n'a été possible que grâce à vous, à vous toutes et à vous tous. Vos efforts permettent aujourd'hui le retour de la croissance. Tout l'enjeu de l'année 2004 est de tirer le meilleur parti de cette croissance, avec une priorité : l'emploi. L'objectif c'est de remettre sur les voies de l'activité les Françaises et les Français, et notamment les jeunes, que le système laissait jusqu'à présent sur le bord de la route. L'objectif, c'est de donner aux salariés de nouveaux atouts pour l'emploi. L'objectif, c'est de donner à la France les moyens de la puissance économique, car c'est la condition même du progrès social. Ces objectifs peuvent être, doivent être conciliés dans une économie moderne. Beaucoup a déjà été fait par le Gouvernement. Mais pour passer à la vitesse supérieure, nous avons besoin de nouveaux moyens d'action. J'ai demandé au Gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN d'ouvrir, dès le début de l'année, les concertations avec les partenaires sociaux en vue de faire voter par le Parlement une grande loi de mobilisation pour l'emploi. Se mobiliser pour l'emploi, c'est permettre aux entreprises de donner leur pleine mesure, car ne l'oublions jamais ce sont d'abord les entreprises qui font l'emploi. C'est pourquoi de nouvelles décisions seront prises pour alléger les procédures inutiles et les charges excessives qui entravent leur dynamisme et qui suscitent, chez trop d'entre elles, une sorte de réticence à embaucher. Se mobiliser pour l'emploi, c'est relancer nos efforts de recherche, mais aussi d'équipement et d'infrastructure, indispensables à une puissance économique durable. C'est aussi poursuivre notre politique de création d'entreprise et de défense de notre industrie. Se mobiliser pour l'emploi, c'est donner aux Françaises et aux Français de nouveaux atouts. Pour cela, ouvrons un droit à la formation et à la seconde chance pour les salariés sortis prématurément du système scolaire. Renforçons la prévention des licenciements et des plans sociaux. Instaurons de nouveaux droits au reclassement pour les salariés des petites et moyennes entreprises. Modernisons notre service public de l'emploi. Se mobiliser pour l'emploi, c'est répondre aux difficultés d'entrée dans la vie active des jeunes de 16 à 24 ans en créant pour eux un véritable droit à l'activité, à la formation ou à l'emploi. Aucun jeune ne doit être laissé sans solution ou sans accompagnement. Enfin donner la priorité à l'emploi, c'est bousculer les conservatismes pour parvenir à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, car nous en sommes encore, hélas, bien loin aujourd'hui. L'exigence d'action et de justice devra nous guider aussi dans la conduite de deux autres priorités pour la Nation : la cohésion sociale et l'école. Dans six mois, en faisant appel à la responsabilité de tous, notre assurance maladie, aujourd'hui en péril, aura été consolidée. Nous poursuivrons la modernisation de notre système de santé et notamment de nos hôpitaux. Le Gouvernement apportera aussi une nouvelle pierre à notre édifice social en créant la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, car nous avons le devoir de mieux aider les personnes handicapées et les personnes âgées dépendantes. Nous devons également reconnaître à chacun sa place, briser les ghettos, tendre la main à toutes celles et à tous ceux qui se sentent à l'écart en raison de leur situation sociale ou de leurs origines. Nous devons redonner tout son sens à une laïcité ouverte, généreuse et porteuse d'harmonie entre tous les Français. Nous devons enfin réaffirmer la valeur fondamentale de l'égalité des chances, qui passe d'abord par l'école. Un grand débat national sur l'éducation a été lancé. C'est le moment pour vous de dire quelle école vous souhaitez pour l'avenir de vos enfants. Dans un an, l'école aura sa loi d'orientation. Si nous savons nous rassembler autour de ces priorités alors rien ne nous sera impossible. * Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer et de l'étranger, Grâce à vous, grâce à votre engagement, grâce à votre esprit de responsabilité, l'horizon s'éclaircit, notre pays est désormais sur le bon chemin. Unis autour des valeurs qui font la France, et dont nous sommes fiers, nous allons ensemble rendre notre nation plus puissante, plus solidaire, plus juste. Du fond du cœur, je souhaite à chacune et à chacun d'entre vous une bonne et heureuse année 2004. Vive la République, Vive la France.

 

 

Une gerbe de fleur flotte en Mer Rouge sur les lieux du drame en hommage aux victimes La compagnie égyptienne Flash Airlines était sur la sellette dimanche après les déclarations de l'autorité de l'aviation civile suisse indiquant qu'elle n'était plus autorisée à opérer en Suisse depuis octobre 2002, mais les autorités françaises restaient prudentes dans l'attente de vérifications. • Patrick Baz (AFP - dimanche 4 janvier 2004, 18h47)

 

Fillon: la loi doit permettre

de "proposer à chaque chômeur une solution"

 

 

- François Fillon a exprimé son souhait, mardi sur France Inter, que la loi pour l'emploi annoncée par Jacques Chirac permette de "proposer à chaque personne au chômage une solution adaptée", jugeant nécessaire de revenir sur des formules qui ont "trop privilégié l'assistance". "Ce que je voudrais, c'est qu'à l'issue de cette loi on puisse prendre l'engagement de proposer à chaque personne au chômage une solution adaptée à ses besoins. Il faut reconnaître que ce n'est pas encore le cas aujourd'hui", a déclaré le ministre des Affaires sociales au sujet de la loi annoncée par le président de la République lors de ses voeux aux Français. Cette solution, pour les personnes proches de l'emploi, c'est "un emploi", pour celles qui en sont éloignées, c'est "une formation ou un mécanisme d'insertion". "Personne ne pense à imposer (aux chômeurs) un emploi qui ne correspond pas à leurs qualifications, qui ne correspond pas à leurs aspirations", a assuré M. Fillon, "mais en même temps tout le monde doit bien comprendre que la société ne peut pas indemniser indéfiniment des personnes qui sont au chômage si elles sont en mesure de reprendre un emploi". "On a trop privilégié en France l'assistance, on a confondu le social et le laxisme, nous sommes obligés aujourd'hui de revenir sur ces solutions", a-t-il expliqué, se défendant de favoriser la précarité car "la pire des précarités, c'est le chômage". Le ministre a résumé les trois axes de la future loi, évoquant d'abord les jeunes "qui restent sur le carreau parce qu'ils n'ont aucune formation. Il y en a 120.000 qui tous les ans sortent du système éducatif sans aucune formation. Ceux-là, il faut qu'on leur donne une deuxième chance. Il faut qu'on mette en place un système pour apporter une formation qu'ils n'ont pas eue", a-t-il expliqué. "Deuxièmement il y a des rigidités du code du travail qui font qu'il est difficile d'embaucher, d'adapter les entreprises aux évolutions économiques", a-t-il poursuivi, et "enfin nous pensons que notre service public de l'emploi peut être amélioré". Le gouvernement va "commencer à discuter" avec les syndicats, sur la base de deux rapports qui doivent lui être remis en janvier, mais aussi "d'un travail que les partenaires sociaux sont en train de faire", dans le cadre de leurs négociations sur l'accompagnement social des restructurations. "Ils sont au travail, ils ont des propositions à faire, donc on va mettre ces propositions sur la table des négociations", a indiqué M. Fillon. Le ministre a par ailleurs donné une définition des contrats de mission, une des pistes évoquées pour assouplir le marché du travail. Il s'agirait de "contrats de trois ans ou de cinq ans qui correspondent à un projet précis", a-t-il dit. Il a enfin redit sa volonté de voir baisser le taux chômage de deux points en France, en précisant que cet objectif était pour "les deux ans qui viennent

Nicole Fontaine à l'écoute des fournisseurs d'accès "Pour être très claire, la disposition actuelle ne restera très probablement pas en l'état", a déclaré Nicole Fontaine, selon Les Echos du 15 janvier 2004

 

, à l'occasion d'un point presse à propos de la loi sur la confiance dans l'économie numérique (LEN) votée à l'Assemblée jeudi 8 janvier 2004 (voir édition du 9 janvier 2004). La menace des fournisseurs d'accès de fermer les services de pages personnelles et autres forums semble donc porter ses fruits puisque la ministre déléguée à l'Industrie a annoncé qu'elle allait rencontrer leurs représentants pour trouver une solution "conciliant les intérêts des hébergeurs, des familles et de la directive européenne". Les FAI contestent trois points de la loi : le filtrage du Web, la surveillance des contenus en vue de supprimer les sites à caractère illicite (incitation à la haine raciale, révisionnisme, pédopornographie) et la suppression du caractère privé du courrier électronique (voir édition du 13 janvier 2004). Pas de contrôle a priori ? Le mouvement de contestation des FAI pourrait ne pas être le seul facteur de révision de la LEN. Toujours selon Les Echos, Nicole Fontaine aurait demandé aux services de la Commission européenne si les amendements sur la surveillance a priori des contenus numériques ne contrevenaient pas à la directive sur le commerce électronique. Renseignements pris, il semblerait que ce soit le cas puisque la directive en question interdit toute obligation générale de surveillance. Le texte de la LEN pourrait donc, après son passage au Sénat prévu le 6 février 2004, revenir en partie à la version qu'en avait proposée les sénateurs en première lecture, à savoir un contrôle a posteriori des contenus. Autrement dit, les hébergeurs seraient tenus de supprimer les documents illicites qui leur seraient signalés. Si cette modification va dans le sens des prestataires techniques, il restera à régler la question de ce que certains appellent "la privatisation de la justice". Si les FAI sont prêts à collaborer avec les autorités judiciaires, ils refusent de se substituer aux services de polices et aux juges. Parallèlement, le député Jean Dionis du Séjour, rapporteur du projet de Loi pour la confiance dans l'économie numérique, s'exprimait sur les récents débats dans le cadre d'un chat organisé par le JDNet. S'il avoue avoir "sous-estimé l'impact grand public de cette loi", il réfute un certain nombre de points litigieux. A commencer par la colère des FAI dont il regrette les propos virulents. "Les FAI ne sont pas raisonnables en disant cela [une loi liberticide, Ndlr]. Je pense franchement que nous avons fait la première loi fondatrice du droit de l'Internet en France. Elle commence par : 'La communication publique en ligne est libre.' Alors, liberticide ça ?" Et ne prend pas au sérieux les menaces des FAI de couper les pages personnelles : "Encore une fois, ce n'est pas raisonnable et je ne peux pas imaginer que des entreprises sérieuses comme AOL, Tiscali ou Wanadoo utilisent ce moyen de pression sur les élus du peuple. Nous verrons bien, je suis sûr que tout le monde restera raisonnable." Il se déclare en tout cas convaincu de l'existence de solutions techniques de filtrage. "Les hébérgeurs disposent de moyens logiciels puissants en matière de recherche textuelle et de reconnaissance de formes. Ils ne sont pas dépourvus, comme ils le disent de temps en temps." Tout en reconnaissant qu'il n'existe pas de technique parfaite. "La loi impose aux FAI de mettre en œuvre [...] les moyens dont ils disposent pour bloquer l'accès à un contenu illicite. Donc, c'est une loi de bon sens. A l'impossible nul n'est tenu." Des interprétations contradictoires Par ailleurs, le député réfute totalement l'idée que la loi leur impose une surveillance a priori des contenus. "Il n'a jamais été question de cela. Un internaute qui découvre un site illicite est en droit de réclamer le blocage de l'accès à ce contenu à l'hébergeur qui l'abrite. Nul n'est censé ignorer la loi, c'est un grand principe républicain." Comment, dans ce cas, interpréter le point 7 de l'article 2 bis qui stipule que "les personnes mentionnées au 2 [les prestataires techniques, Ndlr] mettent en œuvre les moyens conformes à l'état de l'art pour empêcher la diffusion de données constitutives des infractions" évoquées plus haut. Il est vrai que la première partie de ce point de l'article affirme que les prestataires techniques "ne sont pas soumis à une obligation générale de surveiller les informations qu'[ils] transmettent ou stockent, ni à une obligation générale de rechercher des faits ou des circonstances révélant des activités illicites." Mais comment empêcher la "diffusion" de contenus illicites si ceux-ci ne sont pas soumis à une surveillance préalable ? A charge pour les sénateurs de tenter d'éclaircir ces points sujets à interprétation.

Chirac apporte son soutien à Pékin contre Taiwan

 

- Jacques Chirac a illustré avec force le "nouvel élan" franco-chinois qu'il appelle de ses voeux en apportant lundi soir son soutien officiel à Hu Jintao contre les velléités d'indépendance de Taiwan. Au premier jour de la visite d'Etat du président chinois en France, critiquée par les mouvements de défense des droits de l'homme et des membres de la classe politique française, le président français a invité les autorités de Pékin à "progresser résolument dans la voie de la démocratie et des libertés". Hu Jintao s'est rendu en France avec la volonté déclarée d'obtenir l'appui de Jacques Chirac, après celui de George W. Bush, contre le référendum prévu le 20 mars à Taiwan et considéré par Pékin comme un pas significatif vers l'indépendance. Il a obtenu gain de cause lundi soir. "Rompre le statu quo par une initiative déstabilisatrice, quelle qu'elle soit, y compris un référendum, serait privilégier la division sur l'union. Ce serait une grave erreur", a déclaré le président français lors du dîner d'Etat en l'honneur de Hu Jintao. "Ce serait prendre une lourde responsabilité pour la stabilité de la région", a-t-il ajouté. Jacques Chirac a réaffirmé que la France ne reconnaissait que "l'existence d'une seule Chine". Le président chinois a répondu "apprécier hautement le maintien ferme par le gouvernement français de sa politique de l'unicité de la Chine ainsi que la position de principe prise par vous-même contre les agissements des autorités taiwanaises tendant à l'indépendance de Taiwan sous l'enseigne de 'référendum'". "Nous nous opposons fermement à l'indépendance de Taiwan, et nous ne saurons permettre à qui que ce soit de séparer Taiwan du reste de la Chine sous une forme ou une autre", a-t-il dit. Le président taiwanais, Chen Shui-bian, a prévu d'organiser le 20 mars, en même temps que l'élection présidentielle, un référendum controversé comportant deux questions: l'une sur les relations Pékin-Taipeh, l'autre sur le renforcement des défenses de l'île face aux 500 missiles chinois pointés sur elle. Pékin, qui considère Taiwan comme "une province rebelle", menace de sanctionner toute tentative indépendantiste d'une intervention militaire. Face aux critiques des associations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent le mutisme des autorités françaises concernant les atteintes à la liberté d'expression et d'information en Chine, mais aussi la répression des populations des régions autonomes du Xinjiang et du Tibet, Jacques Chirac a adressé lundi soir un message clair à Hu Jintao. DROITS DE L'HOMME "La croissance économique impressionnante de votre pays force aujourd'hui l'admiration de tous. Elle l'invite, dans le même temps, à parachever sa mutation économique et sociale en progressant résolument dans la voie de la démocratie et des libertés", a-t-il dit. "Le respect des droits de l'homme est une condition nécessaire du développement des sociétés et des économies modernes. Je sais que c'est là l'une de vos priorités", a-t-il ajouté. La question des droits de l'homme figurera dans une déclaration commune signée mardi matin par Jacques Chirac et Hu Jintao, a-t-on indiqué à l'Elysée. "La déclaration que nous allons adopter est le signe d'une volonté partagée de donner un nouvel élan à nos relations bilatérales, de donner corps, à l'image de notre dialogue politique, à une relation exceptionnelle dans les domaines économique, industriel et scientifique", a dit Jacques Chirac. Lors d'un entretien en tête à tête lundi après-midi avec son homologue chinois, Jacques Chirac a pris acte du "relatif retard" dans les relations économiques entre la France et la Chine, mais Hu Jintao s'est félicité de la hausse des échanges bilatéraux en 2003 (13,3 milliards de dollars). Le président chinois a souhaité que les deux pays "maintiennent cette dynamique". La France ne figure qu'en 14e position sur la liste des fournisseurs de la Chine, un pays de 1,3 milliard d'habitants qui a enregistré une croissance de 9,1% en 2003, et sa part de marché n'y est que de 1,4%. De nombreux grands patrons français avaient été conviés lundi soir au dîner d'Etat à l'Elysée. Parmi eux figuraient les dirigeants de LVMH, Groupama, Carrefour, Saint-Gobain, France Télécom, EADS, Snecma, Sanofi, Thomson, PSA, Airbus, Alstom, Areva, Suez, Air Liquide, Danone, Dassault, Renault. Hu Jintao doit rencontrer mercredi matin des chefs d'entreprise français et se rendra jeudi au siège d'Airbus en compagnie de Jean-Pierre Raffarin. La visite de Hu Jintao coïncide avec le 40e anniversaire de l'établissement des relations entre la Chine et la France le 27 janvier 1964 et les célébrations de l'année de la Chine en France. La France du général de Gaulle fut le premier pays occidental à reconnaître la Chine populaire de Mao Zedong

 

 

samedi 31 janvier 2004, 11h05 Affaire Juppé: les bureaux des juges auraient été visités PARIS (Reuters) - La présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre affirme que son bureau et celui de ses assesseurs ont été régulièrement visités ces derniers mois, pendant le procès des emplois fictifs du RPR, qui s'est soldé vendredi par la condamnation d'Alain Juppé à dix-huit mois de prison avec sursis et à dix ans d'inégibilité. "Nos ordinateurs professionnels ont également été fouillés. Nous pensons aussi que nos téléphones, y compris nos téléphones personnels, ont été placés sur écoute", a déclaré Catherine Pierce au quotidien Aujourd'hui. "Nous ne savons pas qui est à l'origine de ces choses-là. Nous avons simplement constaté que beaucoup de gens voulaient savoir quelle serait notre décision", poursuit-elle. Elle ajoute que, pour des raisons de confidentialité, le jugement a dès lors été tapé "sur des ordinateurs portables (...) et par des personnes de confiance".

Chronologie De "L'affaire JUPPÉ"

 

Alain Juppé déclare rester à la barre en attendant l'appel

 

- Alain Juppé, pièce maîtresse de Jacques Chirac sur l'échiquier politique, a annoncé mardi soir qu'il conservait ses mandats et fonctions en attendant le résultat de l'appel contre sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. L'air grave, le président de l'UMP s'est adressé aux Français, au journal de 20h00 de TF1, pour annoncer son refus d'"une espèce d'opprobre jeté sur sa vie politique". "Je fais appel et, comme l'appel est suspensif, je continue à exercer mes responsabilités", a déclaré le député-maire de Bordeaux, condamné vendredi à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d'inéligibilité. "Quand on a le sentiment de faire ce qu'on doit, ça donne de la force", a-t-il ajouté. Alain Juppé, qui avait confirmé dans la journée son appel contre sa condamnation, sera rejugé fin 2004 ou début 2005 à Versailles. Le président de l'UMP, qui s'est refusé à "critiquer la justice", s'est toutefois ému de la dureté des attendus du jugement du tribunal correctionnel de Nanterre, qui avait notamment considéré qu'il avait "trompé la confiance du peuple souverain". Rappelant ce sur quoi il s'est bâti - études, diplômes, engagement aux côtés de Jacques Chirac - Alain Juppé a lancé: "Est-ce que tout ceci mérite d'être rayé d'un trait de plume ? Je trouve que je ne le mérite pas". Il a confié son espoir d'arriver à un jugement adouci à Versailles. "Je vais essayer de montrer en appel que je peux avoir un jugement différent, moins sévère", a-t-il souligné. En revanche, si la décision d'appel "confirme l'inéligibilité, je tournerai la page". Alain Juppé, qui avait dit le 13 janvier qu'il quitterait la politique s'il était condamné à une peine "infâmante", a expliqué pourquoi il était revenu sur ce choix. "Ma première démarche a été de tourner la page tout de suite pour protéger ma femme et mes enfants des turbulences de la vie politique. C'était sans doute le chemin le plus facile". Puis, a-t-il dit, "j'ai pris le temps de la réflexion, j'ai observé ce qui s'est passé autour de moi". Il s'est tout d'abord insurgé contre la décision des juges de Nanterre. "Je trouve que c'est trop et c'est ce qui m'a fait évoluer", a-t-il dit. L'"énorme courant de sympathie" qu'il a senti depuis vendredi l'a aussi fait changer d'avis. NI "BOUCLIER" NI "FUSIBLE" Un troisième élément a joué: "On ne met pas la clé sous la porte en laissant tomber ceux qui vous disent qu'ils ont besoin de vous". Sur le plan politique, Alain Juppé a souligné que l'appel va lui "laisser quelques mois". "Et je voudrais profiter de ces quelques mois pour organiser la relève, passer le témoin". Il a précisé qu'il lui fallait désormais notamment préparer l'élection du futur président de l'UMP, qui doit se dérouler lors d'un congrès du parti chiraquien à l'automne. Jugeant qu'il faut "un nouveau président" pour l'UMP, il a estimé qu'il y aurait "plusieurs candidats". Il semble désormais évident qu'Alain Juppé et les fidèles du président Jacques Chirac auront pour mission au cours des mois qui viennent d'empêcher toute OPA du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, sur l'UMP, parti bâti pour être la machine présidentielle de 2007. Prié de dire si Jacques Chirac, qui a fait intervenir ses fidèles avant d'apporter, lundi, un soutien appuyé à son dauphin désigné et de dîner avec lui à l'Elysée, avait influé sur son choix, Alain Juppé a précisé avoir pris sa décision "en conscience et seul". L'ancien Premier ministre, déjà taillé en pièces par la dissolution malheureuse de 1997, a affirmé ne pas avoir "le sentiment d'être bouclier ou fusible" pour le chef de l'Etat, qui était maire de Paris au moment où les faits reprochés à Alain Juppé ont été commis. Alain Juppé a annoncé sa décision - tenue secrète jusqu'à la dernière seconde - au terme d'une journée qui lui a permis de tester sa popularité dans son camp politique. En milieu de journée, il a confié aux députés UMP, qui l'ont ovationné, avoir eu le sentiment que "le ciel lui était tombé sur la tête" lors de sa condamnation. Présent à la réunion, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui se tenait prêt à assurer la succession du président de l'UMP en cas de retrait - un scénario risqué à moins de deux mois des régionales - a souligné que "l'honneur d'Alain Juppé (était) intact dans le regard des Français". Le président du groupe UMP, Jacques Barrot, a indiqué pour sa part qu'Alain Juppé s'exprimerait mercredi à 16h30 à la tribune de l'Assemblée, dans le cadre du débat relatif au projet de loi sur la laïcité. Mardi soir, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a exprimé sa "reconnaissance" à Alain Juppé et l'a assuré de son "soutien le plus total". Le Vert Noël Mamère a estimé qu'Alain Juppé avait décidé d'assumer "un CDD de mission" pour protéger "la Chiraquie aux abois".

Vent de révolte chez les juges après l'affaire Juppé

 

 

- Le monde judiciaire a infligé un revers à l'Elysée en invalidant de facto la mission administrative voulue par Jacques Chirac pour enquêter sur les pressions qu'auraient subies les magistrats qui ont condamné Alain Juppé la semaine dernière. Convoqués jeudi soir devant cette mission, la présidente du tribunal de Nanterre, Catherine Pierce, et ses deux assesseurs, Alain Prache et Fabienne Schaller, ont refusé de témoigner, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Ils ont expliqué qu'ils souhaitaient réserver leurs dépositions aux juges d'instruction saisis de l'affaire et éventuellement au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), institution indépendante tenue à l'écart de l'enquête. Ce refus intervient après une protestation officielle adressée jeudi par le CSM à l'Elysée, une véritable "première" dans les relations entre les deux institutions. Le CSM a rappelé qu'il lui revenait "d'assister le président de la République dans son rôle de garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire" et a "regretté de ne pas avoir été consulté avant la création d'une commission administrative chargée d'enquêter sur les faits". L'imbroglio a suscité un certain embarras au gouvernement et dans la "commission Chirac", où siègent Renaud Denoix de Saint Marc, vice-président du Conseil d'Etat, François Logerot, président de la Cour des comptes, et Guy Canivet, président de la Cour de cassation. Interrogé par Reuters sur le sort de la commission, une source proche du gouvernement a répondu : "On ne sait pas, il faut s'adresser à l'Elysée". Le cabinet de Guy Canivet n'a pas souhaiter s'exprimer sur la question. Apparaît en outre le problème procédural que pourrait créer la présence dans cette commission du président de la Cour de cassation, car celui-ci pourrait être amené plus tard à juger l'affaire des emplois fictifs du RPR en cas de pourvoi en cassation. RECOURS EN "EXCES DE POUVOIR" D'autres magistrats concernés par l'affaire de Nanterre sont convoqués samedi, notamment le procureur de ce tribunal, Bernard Pagès. Son cabinet n'a pas non plus souhaité dire quelle attitude il adopterait. Les syndicats de magistrats estiment que la "commission Chirac" constitue une manoeuvre destinée soit à garder le contrôle de la situation, soit à discréditer les juges de Nanterre, dans la perspective du procès en appel d'Alain Juppé. Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, a annoncé vendredi son intention de saisir le Conseil d'Etat "d'un recours en excès de pouvoir contre la constitution de cette commission". Dans un communiqué, il "dénonce cet empiétement du pouvoir exécutif dans le domaine réservé de l'autorité judiciaire". Sur le fond du dossier, ce sont d'abord deux juges d'instruction, Isabelle Prévost-Desprez et Florence Vigier, qui vont vérifier les affirmations des juges d'Alain Juppé, avec l'aide de la brigade criminelle. Les policiers vont faire expertiser les ordinateurs des juges, qui auraient été "fouillés". Les trois magistrats pensent aussi que leurs téléphones ont été écoutés et leurs locaux visités pendant le délibéré. Le CSM, qui a déclaré jeudi qu'il se considérait déjà saisi du dossier, pourrait convoquer les magistrats de Nanterre et procéder d'autorité à une autre enquête. Les déclarations des juges de Nanterre ont rappelé à un avocat, Me Pierre-François Divier, des faits similaires. En 1998, alors qu'il cherchait à se constituer partie civile dans l'enquête sur les emplois fictifs du RPR, il aurait été victime d'un cambriolage et d'écoutes téléphoniques. L'avocat a présenté à Reuters, à l'appui de ses dires, un procès verbal de police constatant l'effraction à son cabinet, où auraient été dérobées des disquettes informatiques, et le non-lieu rendu par la justice en 2001, faute de résultats. Le 16 octobre 1998, un ordinateur avait également été volé, dans son bureau, à une magistrate du Conseil d'Etat qui travaillait sur les affaires d'emplois fictifs et de faux électeurs concernant Jean Tiberi, alors maire de Paris. L'affaire n'a jamais été résolue

Un congrès grand-messe de l'UMP

pour le martyr Juppé

 

 

- Encore sous le choc de la condamnation d'Alain Juppé, l'UMP tient congrès dimanche à Paris, où plus de 10.000 militants et cadres du parti chiraquien sont attendus pour célébrer leur président et lancer la campagne des élections régionales et cantonales des 21 et 28 mars. Alain Juppé devrait conclure cette "grand-messe" de la porte de Versailles après un discours de Jean-Pierre Raffarin - mais, vendredi encore, on n'excluait pas à l'UMP que cet ordre puisse être inversé. L'UMP confirmait en revanche que le chef du gouvernement serait le seul ministre à prononcer une allocution. Par conséquent pas de ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, à la tribune, sauf surprise. Nul doute que le président de l'UMP sera le champion à l'applaudimètre, après la semaine noire qu'il a vécue depuis sa condamnation à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d'inéligibilité, le 30 janvier, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. "Ce congrès est certainement différent de ce qu'on aurait pu imaginer il y a quelques semaines ou quelques jours parce que c'est un congrès où il y aura certainement (...) une dimension émotionnelle, une dimension passionnelle", estime Bernard Accoyer, vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Pendant les quatre jours qui ont séparé la condamnation d'Alain Juppé et son intervention sur TF1, les militants du parti chiraquien ont vécu dans la crainte de son départ et de voir à leur tour le ciel leur tomber sur la tête. Le président les a rassurés mardi soir en annonçant qu'il garderait ses mandats en attendant le résultat de son appel et qu'il resterait président de l'UMP jusqu'à un congrès prévu en novembre, pour organiser "la relève". Un effacement d'Alain Juppé aurait sans aucun doute fait vaciller le parti présidentiel, à moins de deux mois du premier scrutin test pour le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Le congrès de dimanche sera découpé en trois thèmes : l'"union pour débattre", avec notamment une intervention d'Alain Madelin ; l'"union pour gagner", avec la présentation des listes pour les régionales investies par le Conseil national de l'UMP, et l'"union pour agir", autour de l'action gouvernementale. Mais au-delà du lancement de la campagne des régionales, c'est bel et bien l'avenir du parti sans Alain Juppé, après novembre prochain, qui pèsera sur les esprits. Le maire de Bordeaux pourra savourer l'accueil que lui réserveront les militants car le plus dur est devant lui: outre la procédure d'appel sur sa condamnation, qui pourrait prendre un an, il lui faut préparer l'avenir de l'UMP, parti bâti pour être la machine présidentielle de 2007. "TOUT SAUF SARKOZY" Alain Juppé et les fidèles du président Jacques Chirac semblent s'être donné pour mission d'empêcher toute OPA de Nicolas Sarkozy sur l'UMP. Le très populaire ministre de l'Intérieur ne fait plus mystère de son ambition élyséenne et a estimé publiquement que Jacques Chirac ne devrait pas briguer un troisième mandat. A l'UMP, certains redoutent que se reconstitue à l'approche du congrès de novembre la vieille fracture de la présidentielle de 1995 entre chiraquiens et balladuriens. Pour éviter la constitution d'un front "TSS" (tout sauf Sarkozy), le ministre de l'Intérieur se garde bien pour l'instant d'afficher ses intentions concernant l'UMP. Mais il pourrait se dévoiler face à des candidatures à la présidence du mouvement suscitées par l'Elysée. "Pour moi, la seule stratégie anti-Sarkozy, c'est de mettre Jean-Pierre Raffarin à la présidence de l'UMP", estime un cadre chiraquien du parti, dont l'opinion rejoint celle de nombreux autres proches du chef de l'Etat. "Sarkozy ne ferait qu'une bouchée de tous les autres. S'il se présente aujourd'hui, il fait 70% des voix des militants", ajoute ce responsable. "En revanche, ce serait beaucoup plus compliqué pour lui de s'opposer au Premier ministre." Tout le monde n'est cependant pas de cet avis, à commencer par le trublion de l'UMP Nicolas Dupont-Aignan, qui a estimé vendredi sur Europe 1 que porter le Premier ministre à la présidence du parti ne serait "pas du tout" logique. "Si Alain Juppé prépare une élection démocratique où on peut se présenter, où il y a un vrai choix (...), il aura remis l'UMP sur des bases solides", a dit le député de l'Essonne. "Si c'est pour transmettre un fief, eh bien je crois qu'on aura encore plus de militants qui partiront."

 

 

Sarkozy critique implicitement le "sectarisme" de Juppé

NOGENT-SUR-MARNE

 

- Nicolas Sarkozy réplique à Alain Juppé. Ulcéré de voir ses proches écartés de la liste de l'UMP pour les élections régionales à Paris, le ministre de l'Intérieur a critiqué en termes très vifs jeudi les "combines", le "sectarisme" et "l'esprit partisan", en visant implicitement le président de l'UMP. Le numéro deux du gouvernement s'est rendu à Nogent-sur-Marne pour assurer Jean-François Copé, tête de liste de l'UMP en Ile-de-France, de son "amitié sincère" et de son "total soutien". En raison d'un agenda surchargé -il s'est ensuite rendu à Angoulême (Charente) pour féliciter les gendarmes qui ont retrouvé la petite Fanny, puis à Montpellier pour inaugurer un commissariat-, M. Sarkozy n'est resté qu'une demi-heure au déjeuner-buffet organisé par M. Copé pour les élus UMP franciliens dans un gymnase de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Mais il a frappé fort. "Pour gagner, il faut que tous ensemble nous tournions le dos à des méthodes et à des attitudes qui nous ont fait perdre dans le passé", a-t-il lancé. "Quand on est fort de ces convictions, on n'a rien à craindre de l'ouverture, du rassemblement et de l'union. Les Français ont en horreur les combines sans raison, le sectarisme et l'esprit partisan", a poursuivi Nicolas Sarkozy, sans jamais prononcer le nom d'Alain Juppé. Le ministre de l'Intérieur a donc invité ses amis à apprendre à "s'accepter les uns et les autres (...) pour faire de ces différences une richesse, pour s'additionner et non pas nous exclure". Et de s'interroger: "Si nous ne savons pas nous rassembler nous-mêmes, comment voulez-vous que nous rassemblions au-delà de nous-mêmes une grande région comme la région-capitale?" Dans une autre critique implicite à Alain Juppé, il a appelé l'UMP à "ne pas diaboliser" et à avoir "comme préoccupation première le rassemblement le plus large". "Personne ne doit se sentir condamné, éloigné, mis de côté, sous prétexte que, tout d'un coup, il ne plaise pas", a-t-il lancé, invitant ses amis à "avoir de la considération" pour les candidats qui n'ont pas été retenus sur la liste. Cette charge visait Alain Juppé, mais aussi Jacques Chirac. Mardi, Nicolas Sarkozy a été ulcéré par la mise à l'écart de ses amis de la section parisienne de la liste UMP en Ile-de-France, décidée lors d'une réunion de la commission d'investiture du parti. Fait exceptionnel, cette réunion était présidée par Alain Juppé lui-même, en présence de Jérôme Monod, conseiller politique de Jacques Chirac. Sous le coup de la colère, le ministre de l'Intérieur avait menacé de ne plus présider le comité de soutien de Jean-François Copé, avant de se raviser. Il était donc bien présent jeudi à Nogent-sur-Marne, non sans arrières-pensées. "Cela ne signifie pas que je sois devenu subitement aveugle et sourd, cela signifie que je ne veux pas polémiquer", a-t-il expliqué. "Parce que la polémique, c'est ce que qu'attendent nos adversaires. Et moi je suis avec mes amis, pas avec mes adversaires", a glissé le ministre de l'Intérieur, dans une réponse directe à Jean-Pierre Raffarin. Visant le président de l'UDF François Bayrou, mais aussi M. Sarkozy, le Premier ministre s'en était pris en effet dimanche aux membres de la majorité qui se font "applaudir par leurs adversaires". Le ministre de l'Intérieur a donc expliqué qu'il voulait être "un facteur d'union et de rassemblement": "Cela ne veut pas dire que j'ai perdu mon tempérament. Cela veut dire que j'essaie de le dominer lorsqu'il y a des intérêts collectifs qui sont en jeu." Dans cet esprit, il a renouvelé son soutien total à Jean-François Copé. "Jean-François est mon ami. J'ai décidé de le soutenir. Il n'y a aucune raison que je change d'avis", a-t-il dit, en remarquant qu'"il n'y aurait pas de changement de majorité" en Ile-de-France si la droite était désunie. La droite espère reprendre à la gauche la direction de la région. Le porte-parole du gouvernement n'a retenu que cette partie du discours. "Tout ce qui nous rassemble est tellement plus important que ce qui peut ici ou là nous séparer", a voulu croire M. Copé. Avant de raccompagner Nicolas Sarkozy à sa voiture, il a appelé à "l'union sacrée".

ACTUELLE

 

Listes engagées 2004

LO - LCR Arlette Laguiller

PCF - CIT Marie-George Buffet

PS - VERTS - PRG Jean-Paul Huchon http://www.huchon2004.net

UDF - CAP 21 André Santini http://www.santini2004.net

GE Carine Pelegrin

UMP - MPF Jean-François Copé http://www.cope2004.com

MNR Nicolas Bay

FN Marine Le Pen http://www.marine2004.com

 

Chiffres-clés Pour en savoir plus :

Site de l'INSEE Superficie : 12 012

Densité : 917,4 Population : 10 950 000 (18,7% population Francemétropolitaine) PIB régional : 430 183 millions € Chômage : 9,7% Population active par secteurs (%) - Agriculture : 0,3 - Industrie : 17,9 - Services : 81,8 Listes en concurrence LO - LCR Arlette Laguiller Profil politique

La fiche régionale de l'Observatoire Interrégional du Politique

Historique 209 membres (majorité absolue : 105 élus) Extrème Gauche Gauche Ecolos Droite Extrème Droite Président 1986 85 89 23 (FN) 1986-1988 : Michel Giraud (RPR) 1988-1992 : Pierre-Charles Krieg (RPR) 1992 49 15 (Verts) 23 (GE) 85 37 (FN) Michel Giraud (RPR) 1998 3 (LO) 86 84 36 (FN) Jean-Paul Huchon (PS) Sources : INSEE, ministère des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité

 

A trois semaines

du premier tour des élections régionales

 

A trois semaines du premier tour des élections régionales, une large majorité (61%) de Français (64% fin janvier) ne sont toujours pas intéressés par la campagne pour ce scrutin, selon un sondage Louis Harris pour AOL et Libération rendu public lundi. 38% se disent au contraire intéressés par la campagne pour ces élections (36% fin janvier), qui se présentent, selon 56% des personnes interrogées, plutôt comme "des élections préparatoires à la présidentielle de 2007" aux yeux des responsables politiques. Interrogés sur la formation politique qu'ils aimeraient voir diriger leur région, 28% se prononcent en faveur d'une alliance de gauche PCF-PS-Verts (31% fin janvier) et 27% (contre 28%) pour la droite UDF-UMP. 5% (contre 6%) voudraient que leur région soit dirigée par l'extrême droite FN-MNR et 4% (3% fin janvier) par l'extrême gauche LO-LCR. 20% répondent spontanément "aucun", en progression de quatre points par rapport à fin janvier. 3% font spontanément d'autres réponses. Sondage réalisé les 24 et 25 février par téléphone auprès d'un échantillon de 1.011 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Par ailleurs, plus d'un Français sur deux (51%) assure que son vote lors des élections régionales des 21 et 28 mars "n'aura aucun rapport avec un juugment sur l'action du gouvernement", selon un sondage CSA pour France-Europe-Express-France rendu public mardi. 18% des Français souhaitent "exprimer leur soutien au gouvernement" à l'occasion du scrutin régional. 25% souhaitent en revanche "exprimer leur insatisfaction vis-à-vis du gouvernement". 51% des personnes interrogées déclarent qu'elles ne souhaitent "ni l'un ni l'autre" et que "leur vote n'aura aucun rapport avec un jugement sur l'action du gouvernement". Enfin, 6% ne se prononcent pas. Ce sondage a été réalisé les 25 et 26 février par téléphone auprès d'un échantillon de 1.005 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 

Alain Juppé retrouve le terrain militant

après trois semaines d'absence

 

 

Alain Juppé, président de l'UMP, a retrouvé, jeudi, après trois semaines d'absence, le terrain militant lors d'une visite dans l'Hérault, d'où il a délivré quelques piques en direction de son homologue de l'UDF, François Bayrou. Interrogé par les journalistes sur sa succession à la tête de l'UMP, après l'annonce de son retrait en novembre, le député-maire de Bordeaux a séchement répondu: "Cela ne me concerne pas. Je ne suis pas venu pour ça". Son entourage a précisé que M. Juppé était là pour soutenir les candidats aux élections régionales et cantonales en Languedoc-Roussillon et que, par conséquent, il ne répondait "pas aux questions nationales". Toutefois, le président de l'UMP n'a pu s'empêcher d'égratigner François Bayrou, président de l'UDF, qui a prononcé mercredi un discours très critique envers la gauche mais aussi envers la droite, lors du débat sur la motion de censure du PS à l'Assemblée nationale. "Le seul orateur qui a soutenu le gouvernement (lors de ce débat), c'est l'orateur de l'UMP. Tous les autres me sont apparus comme extraordinairement critiques et donc dans l'opposition", a estimé M. Juppé. Puis, au cours d'un meeting à Castelnau-le-Lez, il a affirmé, sans le nommer, que le parti de François Bayrou, était une "catégorie particulière, ni adversaire, ni partenaire". "Il y a un Béarnais qui était venu nous lancer qu'il allait nous empoisonner la vie, eh bien il a tenu parole!", a-t-il lancé, devant un millier de personnes, en référence à la convention du 23 février 2002, à Toulouse, où François Bayrou s'était invité par surprise. Interrogé par la presse sur son absence du devant de la scène politique depuis sa visite à Troyes le 12 février, au cours de laquelle il avait été chahuté par des chômeurs, M. Juppé a ironisé: "Moi aussi, de temps en temps, je prends ma RTT. J'ai pris huit jours de vacances. Je suis sensible au gros manque qui s'est ainsi créé". Défendant le bilan du gouvernement, le président de l'UMP a affirmé qu'il ne fallait pas "mettre le drapeau de l'UMP dans (sa) poche" à l'occasion des élections régionales et cantonales des 21 et 28 mars. "Ce qui a été réalisé par la majorité et le gouvernement depuis moins de deux ans a été bien fait", a-t-il soutenu. Rendant visite aux vignerons à Cazouls-lès-Béziers, le député-maire de Bordeaux a fustigé les "ayatollahs qui veulent déclarer la guerre au vin", et appelé à adapter la loi Evin. Le président de l'UMP s'est également offert un bain de foule dans la permanence de Michel D'Aquino, ancien membre de son équipe à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, et actuel candidat de la majorité dans un canton de Sète. Acclamé par plusieurs dizaines de militants dans une salle bondée, l'ancien Premier ministre, entre deux autographes, a rappelé que les élections se "gagnaient dans la rue et dans les cages d'escalier". "Nous sommes dans la dernière ligne droite. On dit que les Français se désintéressent de la politique. C'est dans les deux dernières semaines avant le scrutin qu'ils commencent à se rendre compte des enjeux", a-t-il lancé. "Courage Alain", a répondu la foule.

Cantonales: Pierre Bédier (UMP)

candidat sur le canton de Mantes-la-Jolie

 

 

Pierre Bédier (UMP) est candidat sur le canton de Mantes-la-Jolie (Yvelines) dans lequel sera organisé les 21 et 28 mars une élection cantonale après le décès, le 8 février, du conseiller général sortant Marc Schwob (UMP). Pierre Bédier a été réélu le 12 février maire de Mantes-la-Jolie, poste qu'il avait quitté en juillet 2002 après son entrée au gouvernement, restant toutefois premier adjoint de la ville. Mis en examen le 21 janvier par le juge Philippe Courroye pour "corruption passive et recel d'abus de biens sociaux" dans le cadre d'une enquête sur des marchés publics douteux dans les Yvelines, il avait immédiatement démissionné de son poste de secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice. Pierre Bédier conduit également la liste UMP pour les élections régionales dans les Yvelines.

 

M. Raffarin n'exclut pas de prendre la présidence de l'UMP

 

Jean-Pierre Raffarin n'exclut pas de prendre la succession d'Alain Juppé à l'UMP. La présidence de l'UMP "n'est pas un objectif" mais "une condition de l'action", explique le Premier ministre dans un entretien à paraître vendredi dans "La République du Centre". M. Raffarin, qui doit se rendre vendredi soir à Pithiviers (Loiret) pour soutenir les candidats UMP dans la région Centre, insiste tout au long de cet entretien sur l'enjeu régional du scrutin des 21 et 28 mars, et dénonce la volonté du PS et de l'UDF de politiser l'élection. "La politisation nationale favorise l'extrémisme et l'abstention", estime l'hôte de Matignon. Jean-Pierre Raffarin voit en particulier dans le débat mardi après-midi à l'Assemblée nationale sur la motion de censure déposée par le PS une "contre-performance pour la participation électorale". "Ce débat, qui aurait dû porter sur les questions de fond de l'action gouvernementale, s'est transformé en débat électoral", regrette le chef du gouvernement. M. Raffarin dénonce "la brutalité des mots employés par la gauche" qui "lui font penser aux mots utilisés par l'extrême gauche". Surtout, le Premier ministre critique le "voyage de spationaute", "très solitaire" et "au-dessus des réalités" de François Bayrou, qui avait été le plus violent dans ses attaques contre le gouvernement. Il accuse le président de l'UDF de "mener un combat et une ambition personnalisée" à travers sa campagne régionale. "Je ne vois pas dans son discours de grandes lignes de réforme, d'action, qui sont celles d'un vrai projet politique", tranche le Premier ministre. Pour Jean-Pierre Raffarin, le débat des régionales "ne doit pas être un débat frontal" mais "sur des projets, des perspectives, sur tout ce que peut apporter la décentralisation à la démocratie". "Nous ne sommes pas dans un enjeu partisan, car il est rare qu'une déviation soit de droite ou de gauche", dit l'ancien président de la région Poitou-Charentes, convaincu que les deux dernières semaines de campagne avant le premier tour vont voir une "régionalisation" du débat. Jean-Pierre Raffarin assure qu'il n'y a rien à redouter de sa réforme de la décentralisation. A l'entendre, l'instauration de péages sur les routes nationales relève des "rumeurs malicieuses" en période électorale. Au passage, le Premier ministre confirme qu'il déposera un projet de loi pour faire en sorte que les élections régionales aient lieu à l'avenir à des dates différentes selon les régions, comme en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Au delà de l'enjeu régional, Jean-Pierre Raffarin reconnaît que ces élections "auront un sens" au niveau national dans "l'organisation de la République décentralisée". Mais elles n'auront aucune conséquence sur son avenir personnel qui "ne dépend que du choix du président de la République". Jacques Chirac "fera les choix qu'il trouvera bons et je les accepterai sans hésitation", assure l'hôte de Matignon. Après le rappel à l'ordre qui lui a été fait cette semaine par Jacques Chirac pour avoir laisser filtrer dans la presse ses plans pour l'après-régionales et l'après-Juppé, Jean-Pierre Raffarin fait profil bas. "Ma préoccupation c'est l'action, c'est l'emploi", dit celui qui ne penserait qu'à préparer son "printemps législatif". Dans un demi-aveu, il reconnaît néanmoins que la présidence de l'UMP est "une condition" de cette action.

 

 

NOUVEAU SCRUTIN

 

Le nouveau mode de scrutin des élections régionales de mars 2004 La règle électorale qui sera utilisée en mars 2004 est nouvelle. Par rapport à l’ancien mode de scrutin, une des principales nouveautés tient à l’introduction d’un second tour de scrutin accessible sous conditions de seuils : premier seuil pour avoir le droit de fusionner avec une liste à l’issue du premier tour (5% des suffrages exprimés) et second seuil pour avoir le droit de se maintenir au second tour (10% des exprimés). La question est de savoir si ces seuils donnés par la loi électorale sont ou non capables de maintenir les seconds tours dans leur fonction d’incitation à la bipolarisation. Ceci dans un contexte où la fragmentation installée de l’offre électorale de premier tour entraîne une quadripolarisation du système partisan : extrême gauche, gauche de gouvernement, droite de gouvernement et extrême droite. Mais ces seuils légaux agissent eux-mêmes sous la contrainte de seuils arithmétiques que nous qualifierons de politiques dans la mesure où ils définissent l’étiage de voix qu’un parti central, ou un bloc de partis de gouvernement, doit atteindre dès le premier tour pour être en position de gagner l’opération de transformation des voix en sièges au second tour. Vers un gel des reports de voix des listes extrêmes ? On peut faire l’hypothèse que le nouveau mode de scrutin va entraîner un gel des reports de voix des listes extrêmes sur les listes de coalitions de second tour. Soit parce que ces listes pourront se maintenir – le cas du FN dans un grand nombre de régions – soit parce que les leaders de ces listes demanderont à leurs électeurs de se tenir à l’écart du second tour dont ils sont exclus : le cas des listes d’extrême gauche dans la plupart des régions. A partir de cette hypothèse de politique de gel des voix des extrêmes au second tour, on peut soutenir que les élections de mars 2004 se joueront essentiellement - pour ne pas dire exclusivement - sur le rapport de force entre la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement tel qu’il sortira des urnes au premier tour et sur la discipline de vote au second tour des électeurs de ces deux blocs centraux. La question est alors de savoir dans quelles régions l’extrême gauche sera vraiment en position stratégique de faire gagner ou perdre la gauche face à une droite de gouvernement qui sera gênée dans son éventuel redéploiement par les listes maintenues du FN. Cette question est discutée à partir d’une série de simulations des résultats des élections régionales, effectuées sur la base des résultats réels des élections régionales de 1998 et de celles du printemps 2002.

1. Tout d’abord, les seuils légaux se révèlent impuissants à protéger la bipolarisation des offensives perturbatrices des mouvements installés à la périphérie de chaque camp. 2. La victoire en sièges de l’un ou de l’autre des blocs centraux dépend principalement de son étiage de voix au premier tour, étiage qui déclenche, grâce aux mécanismes démultiplicateurs du mode de scrutin majoritaire, le passage d’une majorité relative de voix à une majorité absolue de sièges. Cependant, l’actuelle donne de quadripolarisation du champ électoral ne contraint pas de la même manière le bloc central de gauche et celui de droite. Tout d’abord parce que d’un point de vue arithmétique, l’extrême gauche est loin d’avoir le même poids que l’extrême droite. Surtout, l’extrême gauche se présente sous la forme d’une construction politique précaire et donc fragile de mouvements tenant chacun à son identité et ne se liant que ponctuellement le temps d’une élection. Rien de comparable avec l’organisation structurée et disciplinée que représente depuis le début le parti de J.M. Le Pen. Ces deux remarques se cumulent pour étayer l’idée de l’asymétrie du système de contrainte que la quadripolaristion fait peser sur les blocs de droite et de gauche. 3. S’ils ne maîtrisent pas la fragmentation interne de leur camp dès le premier tour, ni le PS ni l’UMP ne peuvent prétendre remplir les conditions légales et politiques nécessaires pour conduire leur coalition au second tour dans une position favorable à la victoire. Mais ce problème ne se pose pas exactement dans les mêmes termes pour la gauche et pour la droite. Pour la gauche, la fragmentation de la coalition entre plusieurs formations politiques de sensibilités complémentaires – PC, PS et écologistes – n’est pas en soi un handicap tant qu’elle ne compromet pas le poids dominant du parti pivot de la coalition, le PS, et que celui-ci ne risque pas d’être éliminé de la compétition au tour décisif par des effets de seuils légaux comme cela s’est produit au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 avec l’élimination de Lionel Jospin. Pour la coalition de droite aujourd’hui au pouvoir, maîtriser la fragmentation interne du bloc doit se comprendre de manière totalement inverse. Ici, la question est de laisser un espace politique suffisamment viable et visible au sein de la coalition pour attirer des électeurs de sensibilités diverses ou pour retenir grâce à des offres électorales alliées les « déçus » du parti dominant qui sont d’autant plus nombreux que celui-ci est au pouvoir jusqu’au moment de l’élection. On peut en effet douter que la présence de listes UDF dans 18 régions métropolitaines soit un réel handicap pour les partis soutenant la majorité gouvernementale. A contrario de ce qui est le plus souvent annoncé, on soutiendra que l’union à marche forcée de toutes les formations de la droite républicaine dans toutes les régions, comme le souhaitaient une partie des personnalités fondatrices de l’UMP, aurait joué au moins autant en faveur du parti de l’abstention qu’en faveur de leurs propres intérêts. En définitive, la clef du succès lorsqu’il s’agit de préparer au premier tour les bonnes conditions de la victoire au second est de rechercher l’équilibre le plus convaincant possible pour les électeurs entre le respect du pluralisme des sensibilités et le besoin d’unité. Jean Chiche (CNRS-CEVIPOF) et Elisabeth Dupoirier

 

Madrid touchée par une série d'attentats sans précédent 11 mars

 

 

- Le dernier bilan des dix attentats à la bombe survenus jeudi matin dans trois gares de Madrid s'élève à 190 morts et 1.247 blessés, a annoncé le ministère espagnol de l'Intérieur. Ce bilan est confirmé de source judiciaire où l'on précise que 181 personnes sont décédées dans les gares tandis que neuf autres ont succombé lors de leur transfert ou à leur arrivée à l'hôpital. Cette opération, qui compte parmi les plus meurtrières commises sur le sol européen depuis trente ans, n'a pas été revendiquée, mais les autorités espagnoles l'ont attribuée aux séparatistes basques de l'ETA. De George Bush à Vladimir Poutine, de Kofi Annan à l'Iran, la communauté internationale a été unanime dans sa condamnation et son indignation. Les explosions, dix au total, ont visé les gares madrilènes d'Atocha, principale plateforme ferroviaire de la capitale espagnole, d'El Pozo et de Santa Eugenia à l'heure de pointe où des milliers de banlieusards gagnaient le centre de Madrid. Dans une intervention retransmise en direct par les médias, le président du gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar, a promis que leurs auteurs seraient capturés. Le chef du gouvernement, qui abandonnera sa carrière politique après les élections législatives de dimanche, a estimé que les victimes de ces attentats sanglants avaient été prises pour cibles "simplement parce qu'elles étaient espagnoles". "Les criminels qui ont causé tant de morts aujourd'hui seront arrêtés. Nous réussirons à en finir avec la bande terroriste", a-t-il ajouté, invitant la population espagnole à se rassembler vendredi pour exprimer leur indignation. En juillet 1997, six millions de personnes avaient manifesté à travers l'Espagne pour dénoncer le meurtre d'un conseiller municipal basque, Miguel Angel Blanco, enlevé et exécuté par l'ETA. Le chef du gouvernement n'a pas mentionné nommément les séparatistes basques, mais son ministre de l'Intérieur, Angel Acebes, a déclaré qu'il était "absolument clair que l'organisation terroriste ETA recherchait un attentat aux répercussions larges". Ana Palacio, chef de la diplomatie espagnole, et Eduardo Zaplana, ministre du Travail et porte-parole du gouvernement, ont également directement mis en cause les clandestins d'Euskadi Ta Askatasuna (Patrie basque et liberté). MODE OPÉRATOIRE SANS PRÉCÉDENT DANS L'HISTOIRE DE L'ETA Jamais l'organisation séparatiste, s'il se confirme qu'elle est bien à l'origine de ces attentats, n'avait frappé si lourdement. L'action la plus meurtrière imputée jusque là à l'ETA remontait à juin 1987, quand une bombe avait explosé dans un supermarché de Barcelone, faisant 21 morts. Pour certains spécialistes du séparatisme basque, à l'exception de la date choisie, à trois jours des élections, le modus operandi n'est toutefois guère comparable aux précédents attentats ou assassinats revendiqués par les indépendantistes. Depuis le début de sa lutte, en 1968, ETA a tué près de 850 personnes mais aucune attaque n'a débouché sur un tel carnage et les séparatistes préviennent en général par avance les services de sécurité pour minimiser les pertes civiles. Le dirigeant nationaliste basque Arnaldo Otegi, chef du parti Batasuna interdit par les autorités, a déclaré pour sa part qu'il ne croyait pas à la responsabilité de l'ETA et estimé en revanche que ces explosions étaient peut-être "une opération menée par des secteurs de la résistance arabe". L'Espagne s'est en effet engagée aux côtés des Etats-Unis dans la guerre contre l'Irak et des soldats espagnols participent aux opérations de sécurisation du pays. Certains spécialistes penchent donc plutôt pour l'hypothèse Al Qaïda, le réseau islamiste auquel Washington a imputé les attentats du 11 septembre 2001. La nébuleuse d'Oussama ben Laden avait fait savoir dans deux enregistrements audio authentifiés en octobre qu'elle s'octroyait le "droit de riposter en temps et lieu choisis" à tous les Etats présents militairement sur le sol irakien. Le 24 décembre dernier, la police espagnole avait cependant déjoué un attentat à la bombe qui devait avoir lieu à Madrid en empêchant un homme de déposer des explosifs à bord d'un train en partance de Saint-Sébastien. Et le 29 février dernier, une camionnette chargée de plus d'une demi-tonne d'explosifs liée à l'ETA avait été interceptée par les forces de sécurité alors qu'elle se dirigeait vers Madrid. Ces attentats terrifiants - des rescapés ont parlé de "zones de guerre", témoignages confirmés par les images passées en boucle sur les chaînes de télévision - surviennent à trois jours des élections législatives. Le Parti populaire, au pouvoir en Espagne, a annoncé jeudi par la voie de Mariano Rajoy, son candidat à la succession de Jose Maria Aznar, qu'il suspendait sa campagne électorale. Trois jours de deuil national ont été décrétés par les autorités espagnoles. Les marchés financiers ont été secoués, Madrid perdant 2,18% à l'image des autres places européennes tandis que Wall Street ouvrait en baisse de 0,45%

 

Elections cantonales : un enjeu de taille pour la gauche et la droite

 

Par Sofres Les conseillers généraux sont élus pour un mandat de 6 ans suivant un mode de scrutin uninominal à deux tours dans les cantons. Ne peuvent se maintenir au second tour que les candidats ayant rassemblé plus de 10% des inscrits. Au cas où aucun ou seulement un seul des candidats en compétition n’atteint le seuil de 10% des inscrits, peuvent participer au second tour respectivement les deux candidats ou le second candidat ayant rassemblé le plus de suffrages. La spécificité de l’élection des conseillers généraux est leur renouvellement par moitié tous les trois ans. Cela induit une plus grande inertie dans l’évolution des rapports de force politique ainsi probablement qu’une plus faible perception des enjeux politiques départementaux malgré la notoriété des conseillers généraux en milieu rural. L’état des rapports de force politique Avant les élections de mars 2004, 34 conseils généraux métropolitains sont dirigés par une majorité de gauche, et 61 par une majorité de droite. En 1998, le gain de près de 400 cantons par la gauche a permis la conquête de 12 départements. En 2001, malgré une stabilité du nombre de conseillers généraux de droite et de gauche, la gauche emporte la majorité dans 4 conseils généraux et en perd un seul (Allier). La droite et la gauche sont majoritaires respectivement en Corse du Sud et en Haute Corse. Les départements d’outre mer sont quant à eux tous dirigés par une majorité de droite depuis la perte de la Réunion par la gauche en 1998. La gauche renouvellera-t-elle son succès de 1998 ? Par conséquent, l’interrogation principale concerne la capacité de la gauche ex-plurielle à rééditer ou à améliorer les résultats de 1998, qui avaient été présentés comme sa meilleure performance de l’Après guerre avec 43,5% des suffrages exprimés au 1er tour (contre 40% pour les partis de droite) et près de 47% des suffrages exprimés au 2ème tour (contre 44,5% à la droite). Compte tenu de son niveau de départ, il est probable qu’elle peine à conserver l’ensemble de ses sièges et des conseils généraux qu’elle contrôle. Le risque est donc grand pour la gauche dans les cantons renouvelables qui constituent la clé du contrôle de bien des conseils généraux. Un tiers des conseils généraux contrôlés par la gauche sont sous la menace d’être renversés en cas de perte d’un nombre limité et localisé de sièges. Il faut se rappeler également que le gain d’élus de gauche en 1998 est pour partie le résultat du contexte politique de l’entre deux tours des cantonales marqués par des collusions droite-FN dans certains conseils régionaux et les divisions et polémiques qui en résultèrent. Cette situation se répètera-t-elle ? Peut-être est-ce le constat d’un risque élevé de reflux pour la gauche qui explique la perception d’un désintérêt et d’une faible mobilisation de celle-ci pour les élections cantonales. Ce qui contraste singulièrement avec l’attention accordée aux élections régionales. De nouveaux gains pour la gauche en sièges et en conseils généraux contrôlés seraient le signe d’une nette défaite de la droite. Un scrutin qui avantage structurellement les partis de droite Ce scrutin à forte dominante rurale et notabiliaire avantage structurellement les partis de droite, beaucoup mieux représentés chez les maires des petites communes et traditionnellement plus intéressés par l’enjeu départemental. Pour ces raisons, un renforcement de la gauche prendrait une valeur nationale et scellerait sans doute le destin du gouvernement Raffarin. Ce scénario est toutefois peu probable. Lorsque le premier ministre explique que les résultats des scrutins locaux sont difficiles à lire et parfois contradictoires, il se peut qu’il songe à la possible reconquête de sièges et de conseils généraux pour la droite qui rééquilibrerait un éventuel recul dans les élections régionales. Le niveau du FN, principal péril pour la droite Le péril pour la droite réside tout particulièrement dans le niveau du FN aux élections cantonales et dans sa capacité à être présent massivement au 2ème tour des cantonales à un niveau significatif. Pour mémoire, en 1998, les triangulaires, gauche - droite modérée – FN, au nombre de 316, ont amplifié la défaite des partis de droite. A cette occasion, le FN rassembla en moyenne 22% des suffrages exprimés, la droite modérée 36%, la gauche modérée 41,6% (écart de 5,6). Dans les duels classiques, le rapport de force était de 51,2% pour les candidats de gauche contre 48,8% pour les candidats de droite (écart de 2,4). C’est une illustration du pouvoir de nuisance pour la droite modérée de l’extrême droite. Un éventuel renforcement du FN va de pair avec une plus forte abstention des électeurs de la droite traditionnelle et risque d’aggraver les dommages causés à la droite modérée par les triangulaires lors des élections cantonales. A titre indicatif, les résultats du premier tour de la présidentielle 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 27,15% d’abstention, 1303 cantons où Le Pen a dépassé les 10% des inscrits et 1525 où l’extrême droite dépasse les 10% des inscrits. Les résultats du premier tour des législatives 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 34,87% d’abstentions, 308 cantons où le FN a dépassé les 10% des inscrits et 466 où l’extrême droite dépasse les 10% des inscrits. En 1998, le taux d’abstention aux cantonales était de 39,6%. Tout porte à croire que l’abstention sera plutôt supérieure, ce qui rend plus difficile d’atteindre le taux de 10% des inscrits et diminue, avec le même pourcentage des suffrages exprimés, le nombre de cantons où le FN est susceptible d’être présent au second tour, exception faite de l’éventualité de sa capacité d’être en seconde position dans un plus grand nombre de cantons. Un scrutin qui s’annonce difficile pour le maintien de l’extrême gauche et de CPNT au second tour En ce qui concerne l’extrême gauche, à titre indicatif, les résultats du premier tour de la présidentielle 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 27,15% d’abstention, 174 cantons où l’extrême gauche a dépassé les 10% des inscrits. Les résultats du premier tour des législatives 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 34,87% d’abstentions, 1 seul canton (Aubervilliers) où l’extrême gauche a dépassé les 10% des inscrits. En 1998, le taux d’abstention aux cantonales étaient de 39,6%. Tout porte à croire que l’abstention sera plutôt supérieure. Ce qui rend plus difficile d’atteindre le taux de 10% des inscrits et diminue, avec le même pourcentage des suffrages exprimés, le nombre de cantons où l’extrême gauche est susceptible d’être présente au second tour. A noter que l’extrême gauche ne sera pas présente dans tous les cantons où elle a rassemblé plus de 10% des inscrits à la présidentielle, ce qui entrave sa capacité à être éventuellement présente massivement au 2ème tour des cantonales de 2004. De plus, dans nombre de cantons, il semble qu’il n’y ait pas unicité de candidatures de l’extrême gauche, avec la présence simultanée de candidats LO/LCR et PT, ce qui rend plus difficile encore la présence de candidats de l’extrême gauche au second tour des cantonales. En ce qui concerne CPNT, à titre indicatif, les résultats du premier tour de la présidentielle 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 27,15% d’abstentions, 100 cantons où CPNT a dépassé les 10% des inscrits. Les résultats du premier tour des législatives 2002 dans les cantons renouvelables en 2004 indiquent, avec 34,87% d’abstentions, 13 cantons où CPNT a dépassé les 10% des inscrits. En 1998, le taux d’abstention aux cantonales était de 39,6%. Tout porte à croire que l’abstention sera plutôt supérieure ce qui rend plus difficile d’atteindre le taux de 10% des inscrits et diminue, avec le même pourcentage des suffrages exprimés, le nombre de cantons où CPNT est susceptible d’être présent au second tour. Un enjeu de taille pour les deux grandes coalitions de partis En somme, bien que peu médiatique, l’enjeu des élections cantonales est non négligeable pour les deux grandes coalitions de partis. Pour l’une, la gauche, c’est le risque élevé, au regard des résultats de 1998 et de l’histoire électorale, d’un recul en sièges qui se traduirait par une brusque hémorragie du nombre de conseils généraux contrôlés. Pour l’autre, la droite, et en son sein, le gouvernement, c’est l’absence d’un reflux de la gauche voire, pire, une nouvelle érosion de ses positions cantonales et départementales qui constituerait un élément hautement significatif d’un divorce prononcé entre la droite et son électorat et d’un affaiblissement électoral profond, probablement comparable au désavœu massif subi par la gauche lors des élections cantonales de 1985. La logique des élections intermédiaires prendrait une signification particulièrement grave et inquiétante pour la droite si elle prenait la forme d’un vote sanction discernable au niveau cantonal et départemental.

 

Régionales : le candidat socialiste en tête en Ile-de-France

 

Selon un sondage CSA publié par France 3 et Le Parisien, le candidat socialiste à la présidence de l'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, devancerait les candidats UMP et UDF, Jean-François Copé et André Santini, au premier tour des régionales, le 21 mars, et l'emporterait dans tous les cas de figure au second. Le sondage CSA publié par France 3 et Le Parisien, crédite Jean-Paul Huchon de 45% des voix au second tour le 28 mars si c'est André Santini qui défend les couleurs de la droite (le candidat UDF recueillerait alors 44% des suffrages) et de 47% si c'est Jean-François Copé (lequel rallierait alors 43% des suffrages). Dans tous les cas de figure, la candidate du Front national, Marine Le Pen, arriverait alors en troisième position.

 

Au coude à coude avec Santini, Copé mobilise

 

 

et épargne le candidat UDF agrandir la photo MAISONS-ALFORT (Val-de-Marne) (AFP) - Le candidat UMP à la présidence de l'Ile-de-France, Jean-François Copé, qu'un sondage CSA donne au coude à coude avec André Santini, a appelé mercredi soir les électeurs de la droite à "la mobilisation générale" tout en épargnant le candidat UDF. Donné battu dans ce même sondage à paraître jeudi dans Le Parisien par son rival PS Jean-Paul Huchon (47% contre 43%) en cas de triangulaire avec Marine Le Pen (FN), le porte-parole du gouvernement a lancé, lors d'un meeting à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), un appel "à la mobilisation générale" en ajoutant: "On est dans la dernière ligne droite. Notre victoire dépendra de notre détermination, de notre pugnacité". Venu le soutenir avec son épouse Anne-Marie, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a réaffirmé qu'il fallait "éviter toutes les dispersions, toutes les divisions, toutes les abstentions". "Sa victoire est certaine. Je suis le seul perdant: vous allez le gagner pour l'Ile-de-France mais, quand il sera au travail pour vous, il me manquera beaucoup", a déclaré M. Raffarin. Rappelant qu'il était "le seul candidat qui soutient le gouvernement et qui est soutenu par le gouvernement", M. Copé a rappelé qu'André Santini était "le candidat de l'UDF, soutenu par François Bayrou". Mais, dans la perspective du second tour, il a tenu à épargner son concurrent "avec qui nous nous retrouverons au second tour à défaut de nous être retrouvés au premier". Ses lieutenants ont toutefois été moins tendres avec le député-maire d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ainsi, le député-maire de Maisons-Alfort Michel Herbillon (UMP), qui a reconnu que cette élection n'était "pas une promenade de santé" et que "la partie est serrée", a estimé que "la division au sein de la majorité est notre pire ennemie". "Ne nous trompons pas d'adversaire et ce message s'adresse plus spécialement à l'UDF. Notre adversaire, c'est la gauche", a-t-il dit. Plus mordant, le chef de file de la liste UMP dans le Val-de-Marne Christian Cambon a raillé, dans une allusion transparente à M. Santini, ceux "qui partent en campagne le cigare au bec, dans la pépé-mobile". "Choisir André Santini, c'est revenir aux divisions d'antan qui nous ont coûté si cher", a-t-il ajouté.

Le programme culturel de Marine Le Pen: "au public de décider"

 

 

- Marine Le Pen, candidate FN à la présidence de l'Ile-de-France, a présenté jeudi son programme culturel, manifestant sa volonté de solliciter l'avis du public et de faire jouer "la préférence nationale et régionale" en matière d'achat d'oeuvres d'art. Lors d'une conférence de presse à Paris, elle s'est insurgée contre "la caricature qui voudrait que le FN soit contre la culture". Interrogée sur les interventions des mairies gérées par le FN, elle a affirmé qu'il s'était agi de "rééquilibrages". "Nous pensons que ce n'est pas aux politiques de dire le goût. Au public de décider, c'est la base de la démocratie". Marine Le Pen propose que la carte "d'identité scolaire infalsifiable" qu'elle veut mettre en place serve de "pass-culture", ouvrant droit à des réductions sur les biens culturels et sportifs, et remplaçant l'actuel "chèque culture" francilien, qui coûte "très cher pour un résultat très faible, ce qui est typique des socialistes". Le Fonds régional d'Art contemporain devra "consacrer l'essentiel de ses achats à des artistes français" pour "revitaliser à la base la vie culturelle". L'orchestre national d'Ile-de-France devra contribuer à "l'émergence de jeunes chefs français, scandaleusement exclus de notre vie musicale". La tête de liste FN veut encore "consacrer plus de moyens pour protéger le patrimoine de l'Ile-de-France", alors que "le nombre de vols dans les châteaux et les églises est en constante augmentation". Parmi les autres priorités de la candidate, qui a marqué son goût pour la poésie et récité le début de "la Vie antérieure" de Baudelaire: la création d'un festival de musique chorale.

Après Sarkozy,

Raffarin s'engage à son tour dans la bataille en PACA

 

Jean-Pierre Raffarin, après le passage de Nicolas Sarkozy à Toulon et Orange, s'est à son tour investi dans la campagne pour les régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, région clef avec l'Ile-de-France pour le gouvernement, en allant soutenir jeudi à Marseille la tête de liste UMP-UDF Renaud Muselier. Tout en réaffirmant, comme il le fait depuis le début de la campagne, que l'enjeu des élections des 21 et 28 mars n'était pas "national", le Premier ministre n'en a pas moins souligné la portée éminemment symbolique du résultat du scrutin dans cette région conquise par la gauche en 1998. Une victoire en PACA et/ou en Ile-de-France atténuerait fortement la perte éventuelle d'autres régions. "Cette région, vous avez le devoir de la gagner parce que c'est une région stratégique, évidemment pour ses habitants mais aussi pour notre pays", a-t-il lancé, alors que les sondages donnent M. Muselier et le président sortant Michel Vauzelle (PS) au coude à coude au second tour. Devant près de 4.000 militants arborant des cocardes à l'effigie de Renaud Muselier et d'élus ceints d'écharpes tricolores réunis sous le Dôme - selon les chiffres de la direction de la salle -, M. Raffarin, qui multiplie les déplacements en province, a vanté les mérites de son secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, "toujours disponible pour aller représenter la France". Il a de nouveau accusé le PS d'adopter "des attitudes agressives et caricaturales" pour "faire oublier leur politique" et de "courir derrière les extrêmes". "Il est en train de faire monter l'extrême-gauche, il va en souffrir". De leur côté, en présence des ministres Jean-François Mattei (Santé) et Hubert Falco (Personnes âgées), M. Muselier et le numéro deux de l'UMP Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, ont adressé leurs encouragements au Premier ministre, qui accuse une nouvelle forte baisse de popularité dans les sondages. "Tous les députés et les sénateurs sont vos amis, ils vous soutiennent, ils ont confiance en vous", lui a déclaré M. Gaudin. "Tu es un très grand Premier ministre", a renchéri le jeune ministre. MM. Muselier et Raffarin ont ensuite plaisanté sur les panneaux "Fils de Raffarin" collés par ses adversaires sur les affiches du candidat UMP. "Pour moi, c'est un compliment", a dit Renaud Muselier avant d'ajouter: "mais ça me pose un problème, je téléphone à ma mère et je lui dis +dis moi maman...+". Dans le même registre, Jean-Pierre Raffarin lui a répondu: "je savais pas que c'était mon fils mais, quand j'ai vu sa maman, j'accepte (...). La maman, on fait connaissance, on verra si on fait un petit frère". A la surprise de certains élus, M. Muselier a également cité Bernard Tapie, ancienne figure de la gauche en PACA et qui a récemment dit de lui: "Muselier est un homme de coeur qui vaut bien mieux que les autres".

 

UNE VRAIE BALANCOIRE

 

 

 

 

 

 

 

Une cassette se réclamant d'Al Qaïda

 

 

 

explique que l'organisation activiste islamique a commis les attentats de Madrid pour se venger de la coopération de l'Espagne avec les Etats-Unis concernant l'Irak, a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur espagnol, Angel Acebes. Cette nouvelle revendication d'Al Qaïda intervient à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives et après des manifestations dans la soirée contre le gouvernement Aznar accusé de masquer la vérité sur les attentats de jeudi. "C'est une revendication faite par un homme parlant arabe avec un accent marocain. Il fait la déclaration au nom de quelqu'un qui se présente comme le porte-parole militaire d'Al Qaïda en Europe, Abu Dujan al Afgani,", a-t-il déclaré à des journalistes. Ce nom est inconnu des autorités espagnoles ou des services d'espionnage étrangers à qui l'Espagne a demandé de l'aide, a précisé Acebes. C'est la deuxième revendication attribuée à Al Qaïda. Jeudi, le jour même des attentats, un journal arabophone de Londres avait reçu une lettre signée de l'organisation d'Oussama ben Laden revendiquant les attentats et annonçant qu'une importante attaque contre les Etats-Unis était prête "à 90%". Une transcription du communiqué contenu dans la cassette vidéo a été publiée dimanche par le ministère espagnol de l'Intérieur. La cassette elle-même n'a pas été montrée. "Nous déclarons notre responsabilité sur ce qui s'est passé à Madrid, exactement deux ans et demi après les attentats de New York et Washington", poursuit la cassette. "C'est une réponse à votre coopération avec les criminels, Bush et ses alliés (...). C'est une réponse aux crimes que vous avez commis dans le monde, concrètement en Irak et en Afghanistan et il y en aura plus si Dieu le veut". Madrid avait résolument soutenu la guerre américaine en Irak et envoyé 1.300 soldats sur place après la guerre et a également participé aux opérations de maintien de la paix en Afghanistan. "DU SANG SERA ENCORE VERSE" "Vous voulez la vie et nous voulons la mort, ce qui donne un exemple de ce qu'a dit le prophète Mahomet. Si vous ne cessez pas vos injustices, du sang sera encore versé et ces attaques ne sont rien comparé à ce qui pourrait arriver avec ce que vous appelez terrorisme", prévient-elle. Acebes a précisé que la chaîne de télévision Telemadrid avait reçu l'appel d'homme avec un accent arabe disant qu'une cassette vidéo avait été déposée dans une poubelle dans la banlieue de Madrid. La police l'a retrouvée. L'Espagne a souligné que l'authenticité de la cassette était encore en cours d'examen et qu'elle devait être traitée avec prudence. La revendication présumée intervient quelques heures après l'annonce par Acebes de l'arrestation de trois Marocains et de deux Indiens, peut-être liés à des activistes marocains, dans le cadre de l'enquête sur les pires attentats en Occident depuis ceux du 11 septembre 2001. Si les enquêteurs établissent qu'Al Qaïda ou une organisation affiliée se trouve derrière les attentats, dont le bilan est de 200 morts et 1.500 blessés, les implications pour la sécurité mondiale pourraient être considérables. "Le troisième front a été ouvert. Nous avons eu l'Amérique. Nous avons eu les intérêts occidentaux dans le tiers-monde et maintenant nous avons l'Europe", constate Tim Ripley, experts en questions stratégiques à l'université de Lancester, en Grande-Bretagne. Les autorités occidentales ont réussi à empêcher tous les attentats importants d'Al Qaïda depuis deux et demi, et même si elles s'attendaient à un grave attentat un jour ou l'autre, elle espéraient également avoir des indications à l'avance. "Le risque d'être pris par surprise est beaucoup plus destabilisant qu'une menace connue", note Ripley. LA PISTE DE L'ETA S'ELOIGNE Alors que le gouvernement espagnol avait d'abord fait porter la responsabilité sur les séparatistes basques de l'ETA, une bande audio en arabe ainsi que des détonateurs ont été trouvés jeudi dans une camionnette garée non loin de la gare d'Alcala de Henares, à l'est de Madrid, d'où étaient partis trois des trains pris pour cibles. Les enquêteurs pensent que des téléphones portables ont été utilisés pour déclencher 10 bombes cachées dans des sacs à dos déposés dans les quatre trains de banlieue frappés jeudi matin, à l'heure de pointe. Les cinq hommes arrêtés samedi sont soupçonnés d'être impliqués dans la vente et la falsification du téléphone portable et des cartes sim trouvés dans le sac qui n'a pas explosé dans l'un des trains, a précisé Acebes. Les Espagnols se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives sur lesquelles planera l'ombre des attentats. Aznar démissionnera à l'issue du scrutin, mais les sondages donnent à son successeur, Mariano Rajoy, l'avantage sur son rival socialiste Jose Luis Rodriguez Zapatero. Les élections devaient être centrées sur l'économie florissante de l'Espagne et les revendications de plusieurs régions puissantes qui réclament plus d'autonomie. La seule vraie question était de savoir si le Parti populaire (PP) conserverait la majorité absolue au parlement ou s'il devrait passer un accord avec des partis régionaux pour former un gouvernement. "NE MANIPULEZ PAS NOS MORTS!" Mais après les attentats de jeudi, le vote pourrait se transformer en référendum sur la décision d'Aznar de se ranger aux côtés des Etats-Unis dans la guerre en Irak, la gestion du gouvernement des questions de sécurité et son insistance à vouloir accuser l'ETA malgré les preuves laissant envisager l'implication d'activistes islamiques. Des milliers de manifestants opposés au gouvernement sont descendus dans la rue en Espagne samedi soir pour exiger "la vérité" sur les attentats, dénonçant le PP et criant des slogans tels que "Ne manipulez pas nos morts!" Environ 32,6 millions d'Espagnols peuvent voter dimanche. Selon les analystes politiques, le PP pouvait gagner des voix si la culpabilité de l'ETA apparaissait clairement, parce qu'il a notamment axé sa campagne sur sa fermeté face au groupe séparatiste basque. Mais si les attentats étaient l'oeuvre de l'ETA, cela constituerait également un changement radical pour un mouvement qui a tué 850 personnes en Espagne en 36 ans et est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne. Si l'implication d'Al Qaïda ou d'autres groupes radicaux islamiques était avérée, les électeurs pourraient percevoir les attentats comme le prix du soutien d'Aznar à la guerre en Irak que les Espagnols avaient massivement rejeté. Mais ils pourraient également se rassembler autour d'un gouvernement perçu comme ferme sur la sécurité. Plusieurs ministres ont vivement démenti que leur volonté d'incriminer l'ETA plutôt qu'Al Qaïda tenait à des intérêts politiques. UNE EQUIPE MAROCAINE A MADRID Une équipe de la sécurité marocaine se rendra en Espagne dimanche après l'arrestation de trois Marocains dans l'enquête, a annoncé un porte-parole du gouvernement. Un certain nombre de groupes activistes islamistes se trouvent en Afrique du Nord et les Etats-Unis craignent que les combattants d'Al Qaïda recherchent de nouvelles bases dans la région. En mai 2003, des attentats suicides dans un restaurant espagnol un hôtel cinq étoiles et un centre de la communauté juive à Casablanca, faisant 45 morts, dont 12 kamikazes. Des suspects de ces attentats ont été arrêtés en Espagne.

Sécurité renforcée en Europe et aux Etats-Unis

 

- Les attentats de Madrid ont immédiatement conduit à un renforcement des mesures de sécurité en Europe et aux Etats-Unis, notamment dans les chemins de fer, et en vue des grands événements sportifs du printemps et de l'été, Euro 2004 de football au Portugal et Jeux olympiques en Grèce. Avec les progrès de l'enquête, qui évoque de plus en plus la piste Al-Qaïda, de nombreux responsables européens ont ensuite insisté sur l'importance d'une réponse européenne pour lutter contre le terrorisme. L'Allemagne a proposé dimanche une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur consacrée à la sécurité. agrandir la photo Les attentats meurtriers, qui ont tué 200 personnes jeudi dans la capitale espagnole, ayant visé des trains, les transports ferroviaires ont été la première préoccupation. Aux Etats-Unis, le ministère chargé de la Sécurité intérieure a annoncé une révision en profondeur des dispositifs concernant le rail, même s'il ne prévoit pas de relever le niveau d'alerte terroriste. De son côté, la compagnie américaine de chemins de fer Amtrak a intensifié les tours de garde. En Grande-Bretagne, le Premier ministre Tony Blair a exhorté ses compatriotes à la plus extrême vigilance et, selon l'hebdomadaire The Observer, la police britannique projette de placer des agents en civil dans les trains ainsi que dans le métro. Réaction similaire en France, avec l'augmentation du nombre et de la fréquence des patrouilles dans les gares et les aéroports. Et le plan d'alerte "Vigipirate", qui avait été relevé jeudi du jaune à l'orange, a encore augmenté d'un cran (rouge) vendredi pour les transports aériens et ferroviaires. Des renforts de police ont en outre été déployés aux postes-frontières, notamment au Pays basque français. Le Portugal a également mis l'accent sur les contrôles frontaliers. A plus long terme, la protection des "équipes les plus sensibles" sera amplifiée pendant l'Euro 2004 de football prévu du 12 juin au 4 juillet. Pour le gouvernement grec, les Jeux olympiques d'août suscitent de fortes inquiétudes, si bien qu'il a officiellement demandé, dès vendredi, l'aide de l'Otan, en particulier dans le domaine de la surveillance aérienne et maritime. Mais, le chef spirituel du groupe islamiste al-Mouhadjiroun, Omar Bakri, a affirmé dimanche que la ville d'Athènes n'était pas actuellement considérée comme une cible pour Al-Qaïda. "Concernant les Jeux d'Athènes, je ne crois pas qu'Ossama (ben Laden) et Al-Qaïda vont frapper votre capitale, a-t-il dit. Ils vont plutôt choisir des cibles aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France ou contre tout autre pays, impliqué dans des opérations contre l'Islam et les musulmans". L'Italie, qui se sent menacée en raison de son soutien à la politique américaine en Irak, avait renforcé ses mesures de sécurité dès jeudi, particulièrement à Rome, Milan, Bologne, Naples et Pérouse. La surveillance des ambassades, des consulats, des écoles espagnoles, et de la compagnie aérienne Iberia avait aussi été accrue. Scénario comparable à Vienne et à Bruxelles, avec un dispositif particulier de protection autour des intérêts espagnols. La Hongrie s'en tenait pour sa part à un contrôle plus minutieux des bagages dans les trains, alors que le Danemark et la Suède renforçaient la surveillance de certaines ambassades et la Bulgarie celle des frontières. Alors que la piste islamiste se renforçait, les pays européens ont commencé à suggérer une action concertée et un meilleur échange d'information. Dimanche, le ministre de l'Intérieur allemand Otto Schily a indiqué qu'il entendait demander à la présidence irlandaise de l'Union européenne d'organiser une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur de l'UE pour évoquer les questions de sécurité après ces attentats. "Nous estimons nécessaire d'évoquer dans un cadre européen" la piste islamiste suivie dans l'enquête sur les attentats de Madrid, a-t-il expliqué. Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, va proposer mercredi aux Quinze de renforcer la lutte contre le terrorisme en Europe en nommant un expert chargé de "coordonner" leur action, a-t-on appris samedi auprès de son entourage. Après les attentats terroristes de Madrid, M. Solana a estimé que l'Europe allait "souffrir" du terrorisme. Il l'a appelée à ne pas s'y préparer "seulement de manière psychologique", mais aussi "par la coopération". Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a réitéré dimanche qu'"il est important d'intensifier la coopération" au niveau européen dans la lutte antiterroriste. Il a également répété sa proposition de vendredi dernier sur la création "d'un centre de renseignement européen" pour combattre le terrorisme. Au niveau national, des réunions extraordinaires des responsables de scurité ont été convoquées en Allemagne (en présence du chancelier Gerhard Schroeder, des ministres des Affaires étrangères Joschka Fischer et de l'Intérieur Otto Schily) et en Italie pour dimanche après-midi.

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin

 

 

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a déclaré dimanche matin sur un marché parisien qu'il croyait "profondément que ce gouvernement menace la France de régression". "On en a des signes nombreux", a ajouté M. Jospin, venu dans le XVIIIème arrondissement, dans le quartier de la Chapelle, soutenir Jean-Paul Huchon, candidat PS à la présidence de l'Ile-de-France. "La croissance s'éteint, la confiance n'est pas là, le chômage augmente, les déficits augmentent, la dette augmente, il y a des droits sociaux, des acquis qui sont remis en cause". Devant de nombreux journalistes, cameramen et photographes, l'ex-chef du gouvernement a poursuivi: "Les Français doivent dire qu'ils n'acceptent pas cette orientation et cette politique. Or, les régionales, ça compte et je pense qu'avec Jean-Paul Huchon, avec à Paris à ses côtés Anne Hidalgo, c'est possible de faire de meilleurs choix que ceux qui sont faits actuellement". Lionel Jospin a d'autre part affirmé qu'il avait écrit personnellement au roi Juan Carlos, au président du gouvernement espagnol José-Maria Aznar et au leader du PS espagnol pour leur exprimer "son émotion et sa solidarité pour le peuple espagnol". Au milieu d'une foule de journalistes, de cameramen et de photographes, il a ajouté qu'il "ne ferait pas de commentaires politiques" sur les évènements de Madrid. Pour lui, "aujourd'hui se sont les Espagnols qui votent. A eux de dire ce qu'ils ressentent. Il sera toujours temps après, quand on saura la vérité, de voir les conclusions qu'il faudra tirer pour l'Europe, pour notre pays, et que devront tirer aussi les Espagnols". "Aujourd'hui c'est simplement l'amitié et la solidarité", a-t-il souligné. "Nous avons toujours fait face au terrorisme", a-t-il commenté à l'évocation de l'attaque d'Al-Qaïda en septembre 2001. "Qu'il s'agisse d'ailleurs du terrorisme d'ETA, pour laquelle notre collaboration avec la démocratie espagnole a été exemplaire, ou qu'il s'agisse du terrorisme de type fanatique du type d'Al-Qaïda", a-t-il rappelé. "Cette lutte doit être menée à l'échelle internationale constamment", a déclaré M. Jospin.

Régionales:

Jean-Paul Huchon en tête au deuxième tour en Ile-de-France,

selon un sondage

- Le président sortant du conseil régional d'Ile-de-France, le socialiste Jean-Paul Huchon, arrive en tête des intentions de vote pour le deuxième tour des élections régionales, selon un sondage CSA réalisé pour "Le Parisien" et "France-3 Paris Ile-de-France". En cas de triangulaire au second tour entre Jean-Paul Huchon, André Santini et Marine Le Pen, la liste de M. Huchon, avec 45% des suffrages, devancerait celle de l'UDF et de l'UMP (44%) et celle du Front national (11%), précise ce sondage rendu public mercredi par "France-3 Ile-de-France", et à paraître jeudi dans "Le Parisien". En cas de triangulaire entre Jean-Paul Huchon, Jean-François Copé et Marine Le Pen, la liste de M. Huchon, avec 47% des suffrages, arriverait devant celle de l'UMP et de l'UDF (43%), et celle conduite par la fille de Jean-Marie Le Pen. Au premier tour, c'est également Jean-Paul Huchon qui arrive en tête des intentions de vote. Sa liste, soutenue par le Parti socialiste, le Parti radical de gauche, le MRC et les Verts, recueillerait 27% des voix, devant celle de Jean-François Copé (20%), celle d'André Santini (19%), celle de Marine Le Pen (12,5%), celle de LO-LCR conduite par Arlette Laguiller (8%), et celle du Parti communiste (6,5%). André Santini est le candidat le plus populaire puisque 47% des Franciliens ont une bonne opinion de lui. Il devance de peu Arlette Laguiller (46%) et Marie-George Buffet (43%). Jean-François Copé et Jean-Paul Huchon n'obtiennent que 27% de bonnes opinions, mais devancent cependant Marine Le Pen (9%). Par ailleurs, selon ce sondage, l'emploi (39%) et la sécurité (32%) constituent les deux enjeux majeurs qui vont compter le plus pour déterminer le vote des électeurs. - sondage réalisé par téléphone du 6 au 9 mars auprès d'un échantillon régional représentatif de 1.002 Franciliens âgés de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. AP

Les échos de campagne du 16/03

Les indiscrétions et les coulisses de la campagne pour les régionales et les cantonales avec Alba Ventura... Il y en a au PS qui voit d'un très mauvais oeil l'incursion de Lionel Jospin dans la campagne des régionales... C'est le cas de l'équipe de Jack Lang alors que l'on parle beaucoup de l'ancien premier ministre et de sa popularité chez les électeurs de gauche. Il faut dire que Lionel Jospin fait tout pour faire parler de lui... Du coup les collaborateurs de Jack ont pris soin d'envoyer à certains journalistes le dernier palmarès IPSOS des leaders préférés des sympathisants de gauche. Et l'on voit très clairement que c'est Jack Lang qui est en tête devant Lionel Jospin ! Ce matin, c'est le début de la campagne "24 heures à Paris" du candidat UMP Jean-François Copé... Depuis 7 heures, les membres de la liste parisienne sont sur le terrain et toutes les 15 ou 30 minutes, ils vont sortir du métro et vont visiter des resto, les personnes agées, des apprentis. C'est une sorte de marathon pour aller à la rencontre des Parisiens. Et sur ces 24 heures, il faudra viser juste pour voir J.F. Copé, la tête de liste, car il ne viendra qu'1/4 d'heure... Dans la campagne des cantonales, il y a des candidats insolites. Et c'est assez original pour être souligné : à Toulouse, on trouve un représentant du mouvement végétarien, Stéphane Vonfelt, ingénieur aéronautique de 39 ans. Son truc, c'est la défense des animaux et son slogan pour ces régionales : ni viande, ni poisson...

 

Raffarin refuse de céder à la panique

 

 

après la menace des Serviteurs d'Allah - Jean-Pierre Raffarin refuse de céder à la panique après les menaces terroristes proférées contre la France par les "Serviteurs d'Allah le Puissant et le Sage". Il n'y a "pas lieu d'avoir une inquiétude exagérée", déclare le Premier ministre dans un entretien à paraître mercredi dans "Le Midi Libre". M. Raffarin estime qu'il n'y a pas besoin de relever pour l'instant le niveau de vigilance du plan Vigipirate. Destinataire de la lettre du groupe islamiste, le Premier ministre juge ce document "plus structuré" que les menaces d'AZF. "Nous recevons beaucoup de menaces, celle-ci est plus structurée qu'à l'ordinaire c'est pour cela que nous la traitons avec sérieux", a-t-il commenté en marge d'un déplacement à Reims (Marne) pour la campagne des régionales. Mais cette lettre "n'est nullement à ce jour identifiée", ajoute M. Raffarin. "Il n'y a pas donc lieu d'avoir une inquiétude exagérée", souligne-t-il. "Il faut les prendre avec sérieux, mais surtout qu'il n'y ait pas de panique", a donc souligné le Premier ministre. "Nous sommes aujourd'hui en situation d'autorité face à ces questions de terroristes". L'hôte de Matignon estime par conséquent qu'il n'y a pas besoin de relever pour l'instant le niveau de vigilance du plan Vigipirate. "Nous suivons le déroulement de l'enquête et nous prendrons des décisions lorsque la situation pourrait l'exiger. Nous devons prendre les sujets avec gravité, mais sans nervositié ni attitude désordonnée", explique-t-il dans "Le Midi Libre". "Nous avons des systèmes de sécurité fiables, nous avons des procédures sérieuses de travail et nous ne voulons donc pas céder à aucune anxiété ou aucune précipitation injustifiée." M. Raffarin entend "être très prudent" face à ces menaces, "parce que maintenant, c'est une pièce de justice". "C'est à elle et aux spécialistes qui ont l'enquête en charge de déterminer la nature exacte de ce document", souligne le chef du gouvernement. L'attitude du gouvernement reste donc "toujours articulée autour de trois objectifs, la fermeté avec le plan Vigipirate, la coopération renforcée des renseignements et toute autre action pour la sécurité". Lui-même a l'intention de maintenir son programme de déplacements d'ici aux élections régionales. "Je le redis avec force, il ne faut pas avoir peur, je continue mon programme de réunions publiques, je continue d'aller au contact des gens", conclut le Premier ministre. AP

 

Terrorisme: "nous sommes le plus vulnérable des pays d'Europe",

 

affirme Jean-Marie Le Pen PARIS

A cinq jours du premier tour des régionales, Jean-Marie Le Pen a estimé mardi que les attentats perpétrés à Madrid constituent un "solennel avertissement pour la France", qui serait selon lui "le plus vulnérable des pays d'Europe" en raison de "la folle politique d'immigration menée depuis trente ans". Relayant ce message, sa fille Marine a appelé les Français à "prendre exemple" sur le peuple espagnol pour "renvoyer les menteurs". "Ces tragiques événements constituent un solennel avertissement pour la France. Nous sommes en effet le plus vulnérable des pays d'Europe", a-t-il affirmé devant près de 2.000 sympathisants réunis à l'espace Equinoxe, dans le 15e arrondissement de Paris, pour son premier meeting commun avec sa fille Marine. Et de prédire une "troisième guerre mondiale" pour "les années qui viennent". Farouche partisan de la "préférence nationale", dont il a fait le pivot de son projet, Jean-Marie Le Pen a saisi l'occasion pour dénoncer "la folle politique d'immigration menée depuis trente ans", qui "a établi chez nous des millions d'étrangers répartis sur tout le territoire en un grand nombre de communautés fermées et même imperméables", "dont beaucoup subissent des influences islamistes extrémistes". L'occasion, aussi, d'épingler le gouvernement et en particulier le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui ambitionne de ramener des électeurs frontistes dans le camp de l'UMP. "Il existe de nombreux réseaux qui ont déjà frappé dans notre pays et qui, aujourd'hui dormants, pensent agir demain et semer la mort et la désolation. Pendant ce temps-là, M. Sarkozy entretient dans la presse un dialogue entre 'Suzy' et 'Gros Loup' dans le but avoué de payer la rançon pour éviter l'attentat, surtout avant les élections", a-t-il raillé. Plus largement, le leader frontiste a accusé l'Etat français d'"imprévoyance" et s'est présenté comme celui qui dit "la vérité", en allusion à la promesse de Jean-Pierre Raffarin de ne rien cacher sur les risques terroristes. "Il y a un trait commun à tous les régimes décadents, c'est qu'aucune situation, aucun avatar ne leur sert jamais de leçon. Ils sont toujours surpris, étonnés parce qu'ils sont imprévoyants, voire aveugles", a-t-il sermonné. "La France n'a plus qu'une apparence d'armée, alors que le monde va se faire féroce, dangereux, agressif". "C'est un décor", a-t-il dit. Après la défaite du Parti populaire de José Maria Aznar aux élections générales, Marine Le Pen a donc invité les électeurs français à "prendre exemple" sur les Espagnols pour "renvoyer les menteurs dans leur foyer". "La France est au bord du gouffre et les ministres tiennent meeting", a déploré la tête de liste frontiste aux régionales en Ile-de-France. Nicolas Sarkozy "ferait mieux de s'occuper des menaces terroristes qui pèsent sur notre peuple". Confiant, Jean-Marie Le Pen a affirmé que son parti arriverait en deuxième position les 21 et 28 mars, dénonçant les "sondages bidons" qui le créditent de près de 15% au premier tour. Au premier tour de la présidentielle de 2002, "je n'étais pas le troisième, puisque j'étais le deuxième et il en sera de même dimanche prochain et dimanche après" où "je souhaite et j'espère que le FN fasse un tabac!"

 

Gauche et droite au coude-à-coude pour les régionales

 

 

- La gauche et la droite au coude à coude dans les intentions de vote, un faible intérêt pour le scrutin de dimanche, et la volonté de la moitié des Français de sanctionner le gouvernement: ce sont quelques unes des grandes tendances révélées par des sondages nationaux sur les régionales. Au plan des intentions de vote globales, les performances de la gauche et de la droite se sont rejointes au fil des semaines, après avoir connu des écarts de quatre à cinq points entre les deux camps, au bénéfice de la droite. agrandir la photo Mais dans les dernières semaines, les chiffres se sont rapprochés pour se situer dans la fourchette 36-37%, la gauche dépassant parfois légèrement la droite. Dans le dernier sondage IPSOS, la gauche est à 37,5%, et la droite à 37. Dans le dernier SOFRES, la gauche est à 39% et la droite à 34,5%. Le FN se situe le plus souvent de 14% (IPSOS du 4 mars) à 16,5% (SOFRES du 10 mars). Ces élections vont intervenir dans un contexte où les cotes de confiance et de popularité des deux têtes de l'exécutif sont de nouveau en baisse, après un redressement fin 2003, début 2004. Dans le dernier Sofres, Jacques Chirac perd quatre points à 35% et Jean-Pierre Raffarin, 2, à 31%. Dans le dernier IFOP, M. Chirac en gagne un mais M. Raffarin en perd 3 à 36%. Et dans le dernier IPSOS, M. Chirac cède cinq points à 46% et le Premier ministre, 6, à 37%. En outre, les Français manifestent, à en croire les sondages, peu d'intérêt pour les régionales. Dans le baromètre Louis Harris, le nombre de personnes intéressées par les élections régionales oscille de 34 à 38%, tandis que celui des citoyens non intéressés se situe entre 61 et 65%. De plus, les électeurs sont, semble-t-il, nombreux à ne pas connaître les présidents ni les compétences de leurs régions. A cela s'ajoute une modification de la loi électorale difficile à maîtriser. Autre leçon notable de ces sondages, de façon permanente et constante tout au long du trimestre, les personnes interrogées disent vouloir s'emparer de ce vote pour sanctionner le gouvernement, lui manifester leur mécontentement ou leur désaccord par rapport à l'action menée. Selon quatre études TNS-SOFRES, réalisées du 14 janvier au 26 février, de 60% à 70% des électeurs entendent profiter des élections, les 21 et 28 mars, pour exprimer leur mécontentement à l'égard de l'action de Jean-Pierre Raffarin. Dans trois enquêtes IPSOS, début mars, ils sont près de 50% à vouloir faire de même. Mais rien ne permet d'affirmer que cette intention de sanctionner le gouvernement se traduira forcément dans les urnes. Les mécontents peuvent tout simplement s'abstenir. Au vu des sondages régionaux, la situation apparaît très serrée, notamment en Ile-de-France, en PACA ou encore en Rhône-Alpes. En Ile-de-France, les deux derniers sondages (CSA des 15-16 mars et des 6-9 mars) donnent gagnant le président sortant Jean-Paul Huchon (PS). En Nord Pas-de-Calais, le seul sondage publié (IPSOS des 11-12 mars) donne Daniel Percheron, le président socialiste sortant là aussi reconduit. En Aquitaine, même scénario, le président sortant socialiste Alain Rousset serait en tête (CSA du 9 mars, ainsi que dans l'IPSOS du 12 février). Des basculements seraient possibles par exemple en Poitou Charentes où Ségolène Royal (PS) paraît en mesure de ravir la présidence à Elisabeth Morin (UMP), dans deux sondages (CSA du 9 mars et IPSOS du 23 février) et en Bourgogne, où le président sortant UMP Jean-Pierre Soisson serait battu par la gauche (sondage Arsh Opinion début mars).

 

Ile-de-France: trois hommes pour un fauteuil

 

- Le suspense est à son comble en Ile-de-France, où Jean-Paul Huchon (PS), Jean-François Copé (UMP) et André Santini (UDF) espèrent tous les trois rafler le 28 mars la présidence de la région la plus riche d'Europe. Cet affrontement au sommet, arbitré par Marine Le Pen (FN) et Arlette Laguiller (LO-LCR), a valeur de test national pour les états-majors. Une victoire de l'UMP en Ile-de-France suffirait à effacer les pertes d'autres régions moins importantes, celle de l'UDF validerait à elle seule la stratégie d'autonomie de François Bayrou. A l'inverse, une réélection de Jean-Paul Huchon, qui préside la région-capitale depuis 1998, encouragerait Bertrand Delanoë dans la perspective des municipales de 2007 à Paris. Le principal enjeu du premier tour de dimanche sera de désigner qui, de Jean-François Copé ou d'André Santini, affrontera Jean-Paul Huchon au second. Avant le scrutin, les deux rivaux de droite étaient au coude-à-coude, le porte-parole du gouvernement étant crédité d'un léger avantage (21% d'intentions de vote contre 19%) par un sondage CSA publié jeudi dans "Le Parisien". Le président sortant recueillerait 29% des voix. A la tête d'une liste réunissant socialistes, Verts, radicaux de gauche et chevènementistes, Jean-Paul Huchon, qui parie sur le mécontentement vis-à-vis de la politique du gouvernement, devrait donc avoir l'avantage de virer en tête du premier tour, et compte sur les difficultés de la fusion entre l'UMP et l'UDF pour l'emporter au second. C'est "plus fort que les accords politiques de circonstance et les accords catastrophiques entre les deux tours", déclarait cette semaine le candidat socialiste, qui devait achever jeudi soir en fanfare sa campagne de premier tour par un meeting à Créteil avec Laurent Fabius et Noël Mamère, après avoir reçu dimanche dernier le soutien très médiatisé du "revenant" Lionel Jospin. Le placide M. Huchon pâtit cependant d'un manque certain de notoriété, et de visibilité de l'action régionale. "C'est une des plus grandes régions d'Europe et il a réussi à faire en sorte que personne ne le sache", n'a cessé de railler Jean-François Copé, rejoint sur ce point par André Santini. Le jeune porte-parole du gouvernement, qui n'est guère plus connu que son rival socialiste, mise sur son "tandem" avec Nicolas Sarkozy, qui préside son comité de soutien, pour capter les voix des Franciliens. Le début de la campagne UMP a cependant été plombé en janvier par la défection de Cécilia Sarkozy, pressentie sur la liste dans les Hauts-de-Seine, les tensions entre chiraquiens et sarkozystes sur la composition de la liste parisienne et l'entrée dans la course d'André Santini. Depuis, Jean-François Copé, qui compare sa campagne à celle de Jacques Chirac en 1995, a trouvé son rythme. Il n'a pas hésité cette semaine à présenter son programme pour ses 100 premiers jours de présidence. Sa première décision sera de démissionner du gouvernement. Troisième homme, le député-maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini aura fait plus qu'égayer la campagne par son ironie mordante de multirécidiviste du prix de l'humour politique. Celui qui met en avant les 50.000 emplois créés dans sa commune compte appliquer les mêmes recettes à l'Ile-de-France pour réveiller "la belle au bois dormant". Lui aussi se prévaut du soutien de Nicolas Sarkozy, avec lequel il a noué d'excellentes relations en tant que président du syndicat régional des Eaux, ce qui a le don d'énerver son jeune rival. Reste que "Dédé", parti sur les chapeaux de roue et des sondages flatteurs commandés par François Bayrou, a eu du mal à terminer la campagne. Derrière les trois prétendants, Marine Le Pen devrait arriver en quatrième position. L'héritière du président du FN, qui a délaissé le Nord-Pas-de-Calais pour relever le défi francilien, ambitionne de dépasser les 14,5% réalisés par son père dans la région en 2002. Une ambition accessible puisque le dernier sondage lui en donnait 13%. La barre des 10% devrait en revanche être beaucoup plus difficile à franchir pour Arlette Laguiller, à la tête d'une liste LO-LCR, et Marie-George Buffet, qui conduit une liste associant communistes et représentants du mouvement social. L'ex-ministre de la Jeunesse et des Sports doit impérativement dépasser les 5% pour fusionner avec M. Huchon au second tour.

 

Régionales:

le gouvernement sanctionné, la gauche en tête, le FN progresse

 

 

- Le premier tour des régionales s'est traduit dimanche par un sérieux coup de semonce pour l'UMP et le gouvernement et a permis à la gauche d'arriver largement en tête, tandis que le FN, qui reste à un niveau très élevé, entraînera de nombreuses triangulaires propices à des victoires de la gauche dans de nombreuses régions. Selon les estimations, la gauche (PS, PCF, Verts et PRG) devancerait, avec plus de 40% des voix, la droite UMP et UDF (environ 34%) de 6 points, gagnant ainsi de 3 à 4 points par rapport aux régionales de 1998. L'extrème droite enregistre, en moyenne nationale, un score de 16,38% soit un point de plus que les 15,27% obtenus en 1998. Les socialistes et leurs alliés devraient conserver les 8 régions qu'ils détenaient jusqu'à présent. En Ile-de-France cependant, le scrutin s'annonce assez serré dimanche prochain entre le président sortant Jean-Paul Huchon (PS) et le ministre Jean-François Copé (UMP), dont les chances de l'emporter dépendront du report des voix recueillies par l'UDF André Santini. En PACA, le sortant Michel Vauzelle obtient le score inattendu de 35%, contre 26,11% à son adversaire Renaud Muselier, à la tête d'une liste UMP-UDF et 22,95% au FN. Les résultats, en milieu de nuit, pouvaient laisser espérer à l'opposition le gain de plusieurs régions aujourd'hui dirigées par la droite. Ce devrait être notamment le cas en Poitou-Charentes, région hautement symbolique puisque le Premier ministre l'a présidée jusqu'à son arrivée à Matignon en mai 2002. La socialiste Ségolène Royal, avec 46,29%, devance de plus de 13 points l'héritière de M. Raffarin, Elisabeth Morin. La gauche est largement en tête aussi en Bretagne, où le sortant UMP Josselin de Rohan obtient 25,60% des suffrages contre 38,48% au PS Jean-Yves Le Drian. L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, qui se représente pour la quatrième fois, est en position délicate en Auvergne. Il obtient 36,39% contre 28,21% à son adversaire socialiste qui aura le renfort du PCF (9,2%) et des Verts (5,61%). En Franche-Comté, la situation est un peu difficile pour le sortant UMP Jean-François Humbert, qui arrive derrière le PS avec 24,9% contre 31,28%. En Languedoc-Roussillon, la liste de Jacques Blanc, réélu en 1998 grâce au FN, n'obtient que 24,22%, avec 5,70% pour l'UDF, contre 36,32% à la gauche. De même en Bourgogne l'UMP Jean-Pierre Soisson, également réélu en 1998 grâce au FN, n'obtient que 21,78% (12,98% pour l'UDF) face aux 36,01% de la liste d'union à gauche. Seraient aussi gagnables par la gauche la Picardie, voire Rhône-Alpes. Si sur l'ensemble de la France le PCF fait bonne figure, l'extrême gauche enregistre un revers, puisqu'elle totalise en moyenne aux alentours de 5% soit la moitié des voix engrangées le 21 avril 2002 par Arlette Laguiller (LO) et Olivier Besancenot (LCR) à la présidentielle. Le leader de l'UDF François Bayrou, qui avait choisi la stratégie du cavalier seul dans 16 des 22 régions de France métropolitaine, subit un revers personnel en arrivant en troisième position en Aquitaine derrière le socialiste Alain Rousset et l'UMP Xavier Darcos. Toutefois, sa formation améliore ses scores de la présidentielle dans la plupart des régions. Jean-Pierre Raffarin a assuré qu'il avait "écouté les Françaises et les Français, région par région" et qu'il "prendrait en compte (leurs) messages". Dans cette situation difficile pour la majorité et pleine d'espoir pour la gauche, l'union au deuxième tour est plus que jamais à l'ordre du jour. Le chef du gouvernement a appelé les électeurs "à se rassembler dans l'union" pour le second tour. Avec ce recul de la droite au pouvoir, le Premier ministre risque d'être fragilisé pour poursuivre les réformes engagées, notamment la plus délicate, celle de la sécurité sociale. Le président de l'UDF François Bayrou a appelé à des fusions "selon une règle simple, à chacun selon son score". Le scrutin semble également marquer les limites de la politique sécuritaire du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, censée faire reculer l'extrême droite. En revanche, le premier secrétaire du PS, François Hollande, qui a vu dans les résultats un "avertissement sérieux" au gouvernement, voit son leadership conforté à la tête du premier parti d'opposition. Alors que la majorité espérait compenser ses pertes éventuelles par une progression aux cantonales, elle s'y retrouve quasiment à égalité avec la gauche.

 

Régionales: fusions dans la plupart des régions pour le 2e tour

 

 

- Après deux jours d'intenses pourparlers, les états-majors de droite et de gauche ont passé des accords dans la plupart des régions en vue d'un second tour des régionales a priori favorable à la gauche. La date limite des dépôts de candidatures pour le second tour du scrutin, dimanche prochain, était fixée à ce mardi à 18h00. Ne peuvent se maintenir au second tour que les listes qui ont obtenu au moins 10% des voix au premier. A droite, des accords font défaut dans quatre régions : LA BASSE-NORMANDIE, LE LANGUEDOC-ROUSSILLON, LA FRANCHE-COMTÉ et LA BOURGOGNE. Les pourparlers ont cependant été fructueux entre l'UMP Jean-François Copé et l'UDF André Santini en ILE-DE-FRANCE, région qui porte tous les espoirs du gouvernement et de la droite au second tour. Les discussions se sont fondées sur un partage, 60% à l'UMP et 40% à l'UDF. "Je m'inscris en rupture avec ce qu'incarne le président socialiste sortant", a déclaré Jean-François Copé sur France Info. Si la région Ile-de-France "peut être porteuse d'espoir pour les valeurs qui sont les nôtres, ce serait formidable car c'est cela aussi que les gens attendent, qu'on change de génération". La liste Copé est arrivée en deuxième position au premier tour, avec 24,79% des voix, derrière celle du président sortant PS Jean-Paul Huchon (31,95%) et devant celle d'André Santini (16,12%). La liste Front national conduite par Marine Le Pen a obtenu 12,26% des voix et provoquera donc une triangulaire au second tour. D'autres accords ont été conclus dès lundi, comme en BRETAGNE, NORD-PAS-DE-CALAIS et PAYS-DE-LOIRE. PAS D'ACCORD UMP-UDF EN BOURGOGNE En LORRAINE, les trois listes de la droite républicaine sont parvenues à un accord de fusion autour de la liste UMP du président sortant, Gérard Longuet, seul à même de se maintenir avec 22,14% des voix au premier tour. La nouvelle liste "Majorité lorraine" intègre sept candidats de la liste UDF de Nathalie Griesbeck, "en proportion des résultats obtenus le 21 mars" (7,74% des suffrages) et, à titre de "participation symbolique", deux candidats de la liste du dissident UMP Jean-Louis Masson (6,69% des voix). En HAUTE-NORMANDIE, Antoine Rufenacht, tête de liste UMP et maire du Havre (Seine-Maritime), a annoncé qu'il dirigerait une liste d'union avec l'UDF, malgré ses déclarations précédentes. En AQUITAINE, où le président de l'UDF François Bayrou a annoncé son retrait, la proposition de l'UMP de céder deux têtes de liste départementales à l'UDF a permis de parvenir à un accord de fusion. Les deux chefs de file en question concernaient le Lot-et-Garonnne et les Pyrenées-Atlantiques, où l'UDF était arrivée en tête au premier tour. "Les listes reflètent aussi précisément que possible les résultats du premier tour", a déclaré la tête de liste UMP, Xavier Darcos. Toutefois, il n'y aura pas de liste d'union en LANGUEDOC-ROUSSILLON, où l'UMP Jacques Blanc avait été réélu en 1998 grâce au Front national. De même en BOURGOGNE, l'UDF François Sauvadet a retiré sa liste sans toutefois donner de consigne de vote. Restent en lice la liste UMP emmenée par Jean-Pierre Soisson, - qui avait réélu en 1998 avec les voix du FN -, la liste PS-Verts-PCF-PRG de François Patriat et celle du frontiste Pierre Jaboulet-Verchère. En BASSE-NORMANDIE, la tête de liste UMP René Garrec, qui a obtenu 28,75% des voix au premier tour, a refusé de fusionner avec l'UDF, qui avait recueilli 9,26%. Même scénario en FRANCHE-COMTÉ, où le président UMP sortant, Jean-François Humbert, qui n'a totalisé que 24,84% des suffrages dimanche dernier, a renoncé à fusionner avec la liste UDF (7,69% des voix), en raison de son refus d'accepter certains de ses candidats sur sa liste. RUDES NEGOCIATIONS A GAUCHE EN PICARDIE A gauche, la dynamique de l'union a mieux joué, comme pour éloigner le spectre de la division mortelle du premier tour de la présidentielle de 2002. En PICARDIE, un accord a été conclu après de rudes négociations dans la nuit de lundi à mardi entre communistes et socialistes. Le communiste Maxime Gremetz, arrivé en quatrième position au premier tour dimanche, avec 10,86% des suffrages, exigeait la présidence de la région. Il a finalement accepté de fusionner sa liste avec celle du socialiste Claude Gewerc (27,39%). "Il faut d'abord battre la droite. C'est la priorité des priorités", a déclaré Maxime Gremetz. En ILE-DE-FRANCE, des négociations entre le socialiste Jean-Paul Huchon et la communiste Marie-George Buffet se sont poursuivies jusqu'en fin d'après-midi pour aboutir finalement. En MIDI-PYRÉNÉES, il n'y a pas eu d'accord entre la liste PS-PC-MRG du président sortant Martin Malvy et celle des Alternatifs et Verts (8,06% au premier tour) mais la région devrait rester à gauche dimanche. Même scénario en CHAMPAGNE-ARDENNE. Dans le NORD-PAS-DE-CALAIS, le PS et le PC sont parvenus à la mi-journée à un accord de fusion, la tête de liste communiste Alain Bocquet, qui avait obtenu 10,68% des voix au premier tour, ayant renoncé à revendiquer la présidence de la région. Le PS et les Verts étaient de leur côté parvenus lundi matin à un accord de fusion prévoyant la présence de sept socialistes pour un écologiste sur la liste commune. Avec 40% des suffrages au premier tour, la gauche a pris l'avantage dans plusieurs régions. Actuellement, l'UMP détient 13 régions métropolitaines, l'UDF une et la gauche PS-PC-Verts huit. Quant au Front national d'extrême droite, qui a confirmé dimanche dernier son ancrage électoral, il sera présent dans 17 triangulaires. Seules cinq régions y échapperont : Bretagne, Pays-de-Loire, Limousin, Auvergne et Corse.

Le grand huit ! 27/03/2004 Par YANNICK VELY De Sports.fr

 

Grand Chelem

 

: Les 25 acteurs tricolores Quelle belle revanche ! Grâce à une première période de rêve (21-3 à la mi-temps), les Bleus ont dominé l'équipe d'Angleterre au Stade de France (24-21) pour obtenir son second Grand Chelem en trois ans, le huitième de l'histoire de l'équipe de France et remporter ainsi le tournoi des VI Nations. Emmenés par un Dimitri Yachvili de gala (19 points dont un essai), les joueurs de Bernard Laporte ont tenu bon malgré le redoutable finish des champions du monde en seconde période. Les Bleus reviennent au premier plan. Clive Woodward, l'entraîneur du XV de la Rose, avait fanfaronné toute la semaine précédent le match. Sur terrain sec, la France, d'après ses dires, aurait pris une véritable raclée lors de la demi-finale de la Coupe du Monde remportée par les Anglais. Il n'a pas plu samedi, au Stade de France. L'Angleterre a perdu. Résumer la revanche française à un changement de conditions climatiques est un raccourci facile et injuste pour les nouveaux Bleus de Bernard Laporte mais le mépris affiché par les Anglais pour préparer la finale du Tournoi des VI Nations a certainement décuplé la motivation des Tricolores. Un plan appliqué à la lettre Merci Clive... En première période, les Coqs ont bouffé de la Rose, en attaque comme en défense. Betsen picorait avec envie dans les mollets de Barkley, tendre doublure du remplaçant de la star Wilkinson, la mêlée française soutenait la comparaison avec son homologue et la charnière, le supposé "maillon faible" pour répondre une allégation d'un ancien International anglais, donnait le la d'une partition quasi-parfaite. En état de grâce, Dimitri Yachvili devenait irréel. Passe au pied millimétrée pour Harinordoquy en bout de ligne pour le premier essai français, un grand pont sur Lewsey pour s'offrir en solo le deuxième essai bleu et des pénalités délicates converties avec une rare autorité. Et dire que l'on craignait un affaiblissement du Quinze de France après la retraite de Fabien Galthié puis la blessure de Jean-Baptiste Ellisalde. Sous sa baguette, les Bleus étaient irrésistibles. Ils réalisaient à la perfection le plan de jeu établi, celui, sans doute, qui n'avait pu être appliqué en Australie. Assurer la conquête, élargir le jeu pour faire courir les bodybuildés anglais et plaquer, plaquer et plaquer encore. Emoussés peut-être par la tournée des Grands Ducs qui a suivi leur titre, sans deux leaders irremplaçables, Martin Johnson et bien sûr Jonny Wilkinson, les champions du monde devenaient lourds et prévisibles, stéréotypés à l'excès dans leur roborative tactique de perce-muraille au ras des regroupements. Durant une première période d'un rêve bleu, ils ont pris une véritable leçon de rugby total et conquérant, assaisonné de ce fameux French Flair, celui qu'ils ne posséderont jamais. Les Bleus pris à la gorge Auteur de 19 points, Yachvili revient en grâce. Restaient néanmoins quarante minutes à jouer face à des Anglais vexés par un tel affront. Et l'on a tremblé jusqu'au bout. Par excès de précipitation, la France retombait dans ses travers d'antan et gâchait de nombreux occasions de prendre définitivement le large. Revigorés par l'entrée de Mike Catt, les champions du monde se montraient enfin dignes de leur titre et profitaient de chaque ballon perdu par les Bleus pour leur sauter à la gorge. L'écart s'amenuisait minute après minute, le visage de Bernard Laporte se fermait peu à peu et l'espoir revenait dans le camp anglais. Mais, au coup de sifflet final, l'équipe de France conservait trois petits points d'avance, une marge suffisante pour conclure une campagne parfaite lors du Tournoi des VI Nations 2004. Cette fois-ci, ce sont les Français qui ont tiré en premier...

 

Raffarin III :

 

Jean-Pierre Raffarin prononcera lundi à 15h00

à l'Assemblée nationale son discours de politique générale

 

LISTE DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT (31 mars 2004)

M. Jean-Pierre RAFFARIN Premier ministre 57, rue de Varenne 75007 Paris 01.42.75.80.00 www.premier-ministre.gouv.fr

M. Nicolas SARKOZY Ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.finances.gouv.fr M.

François FILLON Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche 110, rue de Grenelle 75700 Paris 01.55.55.10.10 www.education.gouv.fr

M. Dominique de VILLEPIN Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales Place Beauvau 75800 Paris 01.49.27.49.27 www.interieur.gouv.fr

M. Jean-Louis BORLOO Ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 127, rue de Grenelle 75007 Paris 01.44.38.38.38 www.emploi-solidarite.gouv.fr

M. Dominique PERBEN Garde des Sceaux, ministre de la Justice 13, Place Vendôme 75001 Paris 01.44.77.60.60 www.justice.gouv.fr

Mme Michèle ALLIOT-MARIE Ministre de la Défense 14, rue Saint-Dominique 75700 Paris 01.42.19.30.11 www.defense.gouv.fr ../..

M. Michel BARNIER Ministre des Affaires étrangères 37, Quai d'Orsay 75700 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr

M. Philippe DOUSTE-BLAZY Ministre de la Santé et de la Protection sociale 8, avenue de Ségur 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.sante.gouv.fr www.famille-enfance.gouv.fr

M. Gilles de ROBIEN Ministre de l'Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer 246, boulevard Saint-Germain 75700 Paris 01.40.81.21.22 www.equipement.gouv.fr

M. Renaud DUTREIL Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat 72, rue de Varenne 75007 Paris 01.42.75.80.00 www.fonction-publique.gouv.fr

M. Hervé GAYMARD Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales 78, rue de Varenne 75007 Paris 01.49.55.49.55 www.agriculture.gouv.fr

M. Serge LEPELTIER Ministre de l'Ecologie et du Développement durable 20, avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP 01.42.19.20.21 www.environnement.gouv.fr

M. Renaud DONNEDIEU de VABRES Ministre de la Culture et de la Communication 3, rue de Valois 75001 Paris 01.40.15.80.00 www.culture.gouv.fr

M. Marie-Josée ROIG Ministre de la Famille et de l'Enfance 8, avenue de Ségur 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.famille.gouv.fr

Mme Brigitte GIRARDIN Ministre de l'Outre-Mer 27, rue Oudinot 75007 Paris 01.53.69.20.00 http://www.outre-mer.gouv.fr/ ../..

M. Jean-François LAMOUR Ministre de la Jeunesse, des Sports et la Vie associative 95, avenue de France 75650 Paris Cedex 13 01.40.45.90.00 www.jeunesse-sports.gouv.fr

Mme Nicole AMELINE Ministre de la Parité et de l'Egalité professionnelle 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr

M. Henri CUQ Ministre délégué aux Relations avec le Parlement, auprès du Premier ministre 69, rue de Varenne 75007 Paris 01.42.75.80.00 www.premier-ministre.gouv.fr/relations-parlement

M. Patrick DEVEDJIAN Ministre délégué à l'Industrie, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.industrie.gouv.fr

M. Christian JACOB Ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, au Commerce, à l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie 80, rue de Lille 75700 Paris 01.43.19.24.24 www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr

M. François LOOS Ministre délégué au Commerce extérieur, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.industrie.gouv.fr

M. François d'AUBERT Ministre délégué à la Recherche, auprès du ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche 101, rue de Grenelle 75007 Paris 01.55.55.10.10 www.education.gouv.fr

M. Jean-François COPÉ Ministre délégué à l'Intérieur, Porte-Parole du Gouvernement, auprès du ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales Place Beauvau 75800 Paris 01.49.27.49.27 www.interieur.gouv.fr ../..

M. Gérard LARCHER Ministre délégué aux Relations du travail, auprès du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr M.

Nelly OLIN Ministre déléguée à la Lutte contre la précarité et l'exclusion, auprès du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr

M. Hamlaoui MEKACHERA Secrétaire d'État aux Anciens combattants 37, rue de Bellechasse 75007 Paris 01.44.42.10.00 www.defense.gouv.fr

Mme Claudie HAIGNERE Ministre déléguée aux Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères 37, Quai d'Orsay 75700 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr

M. Xavier DARCOS Ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, auprès du ministre des Affaires étrangères 37, Quai d'Orsay 75700 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr

M. Léon BERTRAND Ministre délégué au Tourisme, auprès du ministre de l'Equipement, des Transports, de l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.40.81.210.22 www.tourisme.gouv.fr

M. Dominique BUSSEREAU Secrétaire d'Etat au Budget et à la Réforme budgétaire, auprès du ministre d'État, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie 139, rue de Bercy 75572 Paris - Cedex 12 01.40.04.04.04 www.finances.gouv.fr

Mme Tokia SAÏFI Secrétaire d'état au Développement durable 20, avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP 01.42.19.20.21 www.environnement.gouv.fr

Mme Marie-Anne MONCHAMP Secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, auprès du ministre de la Santé et de la Protection sociale 8, avenue de Ségur 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.sante.gouv.fr www.famille-enfance.gouv.fr ../..

M. Laurent HENART Secrétaire d'Etat à l'Insertion professionnelle des jeunes, auprès du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr

M. Marc-Philippe DAUBRESSE Secrétaire d'Etat au Logement, auprès du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr

Mme Catherine VAUTRIN Secrétaire d'Etat à l'Intégration et à l'Egalité des chances, auprès du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale 3, Place de Fontenoy 75007 Paris 01.44.49.80.00 www.emploi-solidarite.gouv.fr

Mme Nicole GUEDJ Secrétaire d'Etat aux Droits des victimes, auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice 8, Place Vendôme 75001 Paris 01.44.77.60.60 www.justice.gouv.fr

M. Renaud MUSELIER Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, auprès du ministre des Affaires étrangères 37, Quai d'Orsay 75700 Paris 01.43.17.53.53 www.diplomatie.gouv.fr

M. Xavier BERTRAND Secrétaire d'Etat à l'Assurance maladie, auprès du ministre de la Santé et de la Protection sociale 8, avenue de Ségur 75007 Paris 01.40.56.60.00 www.sante.gouv.fr

M. Eric WOERTH Secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, auprès du ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat 72, rue de Varenne 75007 Paris 01.42.75.80.00 www.fonction-publique.gouv.fr

M. François GOULARD Secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer, auprès du ministre de l'Equipement, des Transports, de l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 246, boulevard Saint-Germain 75700 Paris 01.40.81.21.22 www.equipement.gouv.fr

M. PhilippeBRIAND Secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire, auprès du ministre de l'Equipement, des Transports, de l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer 246, boulevard Saint-Germain 75700 Paris 01.40.81.21.22 www.equipement.gouv.fr ../..

M. Nicolas FORISSIER Secrétaire d'Etat à l'Agriculture, à l'Alimentation, à la Pêche et aux Affaires rurales, auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales 78, rue de Varenne 75007 Paris 01.49.55.49.55 www.agriculture.gouv.fr

 

Le déficit budgétaire en hausse de 35% sur un an

 

 

- Le déficit budgétaire de la France a atteint 20,86 milliards d'euros à la fin février, soit près de 35% de plus que les 15,47 milliards de l'année dernière à la même date, annonce mardi le ministère de l'Economie. Fin février 2004, l'augmentation d'un an sur l'autre des dépenses du budget général s'établit à 14,6%, précise Bercy dans un communiqué. Avant retraitement des changements de périmètre de la loi de finances 2004, elles atteignent 49,26 milliards d'euros, un niveau supérieur de 7,22 milliards à celui observé fin février 2003 (+17,2% sur un an). Les recettes nettes s'établissent à 33,7 milliards d'euros à la fin février, en augmentation de 5% par rapport à la même période de 2003. La charge nette de la dette apparaît en augmentation de 10,1% sur un an à la fin février. "Cette évolution résulte pour la plus grande part d'une modification du calendrier de versement des intérêts de la dette négociable à moyen et long terme dont les effets devraient se dissiper au cours de tout prochains mois", précise cependant le ministère. Côté dépenses, la progression observée en début d'année "provient du versement plus précoce cette année de certaines subventions et dotations, notamment sur les budgets de la recherche, de l'enseignement supérieur, de l'enseignement scolaire, de la culture et de l'agriculture", indique Bercy. "Cette progression apparente des dépenses, portant au demeurant sur des masses encore faibles, est donc appelée à se résorber dans les prochains mois." Pour rappel, l'impact net des changements de périmètre des dépenses est évalué pour l'ensemble de l'année 2004 à +5,740 milliards d'euros (dépenses nouvelles nettes). D'un côté, Bercy note 18,980 milliards de dépenses nouvelles, notamment la prise en charge par le budget de l'État des dépenses du Fonds de financement de la réforme des cotisations patronales de sécurité sociale (Forec) à compter de 2004 et des contributions nouvelles au financement de Réseau ferré de France (RFF). De l'autre, 13,240 milliards d'euros de moindres dépenses à la suite du transfert aux collectivités locales de la gestion du RMI et de la transformation en prélèvements sur recettes de plusieurs dotations budgétaires. Côté recettes, l'impact net des changements de périmètre décidés par la loi de finances reste "globalement faible à la fin février", selon Bercy, "l'augmentation des prélèvements sur recettes au profit des collectivités locales étant à peu près compensée par l'élargissement du périmètre des recettes fiscales". La progression des recettes observée à la fin février tient principalement à l'augmentation des recettes non fiscales à la suite du versement au budget de l'État de 1,2 milliard d'euros par EdF au titre du remboursement d'aides fiscales, conformément à la demande de la Commission européenne. "A ce stade de l'année, les évolutions que connaissent les différents postes des recettes fiscales nettes, qui apparaissent pour l'essentiel en phase avec les évaluations de la loi de finances initiale pour 2004, n'appellent pas de commentaires particuliers", ajoute Bercy.

Douste-Blazy

consulte les grands acteurs de la réforme de la Sécu

 

 

Le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy et son secrétaire d'Etat à l'Assurance maladie Xavier Bertrand lanceront mardi leurs "consultations" sur la réforme de l'assurance maladie qui doit aboutir cet été, en recevant les trois principaux leaders syndicaux. Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque est attendu à 10h00, suivi par Jean-Claude Mailly (FO) et Bernard Thibault (CGT) pour cette première rencontre avec le nouveau ministre de la Santé. agrandir la photo Son prédécesseur Jean-François Mattei ayant rencontré pendant deux mois 57 délégations, M. Douste-Blazy devrait recevoir seulement les principaux interlocuteurs. Mercredi, il a rendez-vous avec la CFTC et le président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant, puis jeudi avec les artisans de l'UPA, les cadres de la CFE-CGC, les syndicats autonomes de l'Unsa et les petits patrons de la CGPME. Le patron du Medef Ernest-Antoine Seillière est attendu mardi 20 avril. Avant même les questions de fond (assurer l'avenir des remboursements, résorber les 30 milliards de déficit cumulé de l'assurance maladie, coordonner la médecine de ville et l'hôpital), il n'est pas sûr que les interlocuteurs s'entendent sur le calendrier. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a réaffirmé le 5 avril dans son discours de politique générale que le projet de loi de réforme serait "débattu au Parlement à l'été, comme prévu". Les consultations, les négociations et l'arbitrage des conflits d'intérêts entre de multiples acteurs (assurés sociaux, patronat, médecins, mutuelles), puis l'examen du projet en conseil des ministres doivent donc se faire en trois mois. "Il vaut mieux prendre deux, trois mois de plus (...) plutôt que de se précipiter", estime M. Chérèque. "Si c'est terminé plus tard, ce n'est pas la catastrophe", approuve M. Mailly. Sur le fond, le gouvernement avance prudemment. Le président Jacques Chirac a prévenu que les "mesures de redressement" seront "difficiles". M. Raffarin a rappelé les "quatre objectifs" de la réforme: "améliorer l'organisation du système de soins et la qualité des soins", "lutter contre les gaspillages", "clarifier les responsabilités entre l'Etat et les gestionnaires de l'assurance maladie", "rééquilibrer les comptes". Le ministre de la Santé a demandé une "union nationale", réaffirmant qu'il refusait de privatiser la sécu, et que la hausse des prélèvements sociaux, type CSG, n'était pas prioritaire. • Rubrique : Santé Article précédent : Le Dr Patrick Pelloux juge

 

Les députés examinent une réforme du divorce

assez consensuelle

 

Le projet de loi réformant le divorce, destiné à "pacifier" la séparation, doit être débattu à partir de mardi à l'Assemblée nationale, par une droite souhaitant simplifier la procédure et une gauche qui salue des "avancées" mais juge qu'"on aurait dû aller beaucoup plus loin". A travers cette réforme, déjà votée au Sénat en première lecture en janvier, le gouvernement souhaite "pacifier" les procédures de divorce, avait expliqué le ministre de la Justice Dominique Perben en février, devant la commission des Lois de l'Assemblée. "Le règlement apaisé des conséquences de la séparation sera facilité par le développement de la médiation familiale, dont le rôle est renforcé", avait poursuivi M. Perben, soulignant que la réforme tendait également "à responsabiliser les époux". agrandir la photo La procédure de divorce par "consentement mutuel" (représentant plus de 60% des procédures en 2001) est allégée, avec une seule audience obligatoire au lieu de deux devant le juge aux affaires familiales (JAF). Dans les cas de "divorce accepté", lui aussi déjà prévu par la loi, la présence de deux avocats est requise, afin de préserver les intérêts de chacun des conjoints. Le "divorce pour faute" (38,3% des cas), dont la gauche avait envisagé la suppression à la fin de la précédente législature, est maintenu mais il est restreint aux "situations les plus graves", notamment les cas de violences conjugales. Le projet de loi propose en outre de dissocier la répartition des torts et les conséquences financières de la rupture du mariage. Si aujourd'hui un époux divorcé à ses torts exclusifs se voit obligatoirement privé de toute prestation compensatoire, le projet prévoit que ce ne soit plus automatique. Enfin, le divorce pour rupture de la vie commune (1,3% des cas), qui ne pouvait être prononcé qu'après six ans de séparation constatée, devient le divorce pour altération définitive du lien conjugal et pourrait être constaté après deux ans de séparation. Selon le député UMP Emile Blessig, ce "texte déculpabilise un certain nombre de candidats à la séparation et permet de régler plus facilement les conséquences matérielles du divorce, en l'accélérant". La réforme "permet d'introduire un peu de simplification dans un sujet aussi passionnel", a-t-il déclaré. Au nom du groupe socialiste, Jean-Yves Le Bouillonnec estime que cette "petite loi est en deçà des exigences de la société aujourd'hui". Soulignant la "pertinence de réactualiser" la loi de 1975 étant donné "le décalage avec la réalité", le député regrette que cette "toilette technique", qui apporte des "améliorations intéressantes", n'"embrasse pas le fond du problème: la suppression du divorce pour faute". "On aurait dû aller beaucoup plus loin", juge-t-il, précisant que le PS se dirigeait plutôt vers l'abstention que vers un vote contre ce texte. M. Blessig juge, au contraire, que la société "n'est pas mûre" pour cette suppression du divorce pour faute. Pour les députés communistes, Michel Vaxès considère que ce texte présente "manifestement quelques avancées", notamment sur la pluralité des cas de divorce et leur simplification, ou sur l'éviction du conjoint violent, qui lui semble cependant "très difficile" à appliquer. "Nous pensons qu'il était possible de faire un peu mieux", a affirmé le député. • Rubrique : France Article précédent : Jean-Louis Debré propose la création d'une mission d'information sur l'assurance-maladie "d'ici la fin de la semaine"


Le ministère des Finances

va annoncer dans les prochains jours la mise en réserve, comme en 2003, de quelque 4 milliards d'euros de crédits



pour contenir les dépenses de l'Etat, indique jeudi le quotidien Les Echos. La notification de cette décision, prise par le ministre de l'Economie et des Finances Nicolas Sarkozy et son secrétaire d'Etat au Budget Dominique Bussereau, "doit être adressée aujourd'hui ou demain (jeudi ou vendredi, ndlr) aux ministères, qui devront indiquer, dès la semaine prochaine, les crédits qu'ils se proposent de geler", selon Les Echos. La mesure vise à permettre à l'Etat "de ne pas dépenser en 2004 un euro de plus que les 283,7 milliards inscrits en loi de Finances". Les dépenses de fonctionnement seront visées en priorité mais certains postes sensibles comme l'emploi ne seront pas épargnés, croit savoir le journal. Autre signe de rigueur, les "lettres de cadrage" (documents qui fixent la stratégie budgétaire pour l'année suivante), attendues pour la fin avril, seront cette année beaucoup plus précises, indiquent Les Echos. La mise en place de cette "réserve de précaution" avait été évoquée début mars par l'ex-ministre délégué au Budget, Alain Lambert, mais sa mise en place avait été repoussée au delà des élections régionales pour ne pas prêter le flanc à la critique. L'an dernier, la gauche avait crié à "la rigueur" à la suite de la première vague de ces gels. Alors que les annulations de crédits en cours d'année étaient jusqu'alors une méthode courante de gestion des dépenses, mais assez opaque, le gouvernement avait innové l'an dernier en mettant officiellement en "réserve" en février 2003 3,97 milliards d'euros de crédits, dont il a annulé la plus grande partie en coursd'année pour faire face aux imprévus budgétaires

Baisse de popularité pour MM. Chirac et Raffarin,

 

selon un sondage - La cote de popularité du président français Jacques Chirac a baissé de quatre points en avril, avec 53% d'opinions négatives, tandis que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin faisait 63% de mécontents (contre 6% en mars), selon le sondage mensuel Ifop pour "Le Journal du dimanche". L'hôte de l'Elysée est approuvé par 44% des personnes interrogées (moins 4 points), celui de Matignon par 33% (moins 3 points). L'enquête a été réalisée du 8 au 16 avril auprès d'un échantillon de 1.849 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. AP

 

 

Aux voleurs ! En collectant les impôts locaux au profit des collectivités locales, l’Etat, déjà repu d’ « argent public », dérobe 1 milliard d’euros supplémentaires aux contribuables En déclarant dans un récent communiqué que « c’est en France que la collecte des impôts est la plus chère », le ministre des Finances, Nicolas Sarkozy, a relancé le débat sur le coût exorbitant de la collecte des impôts en France. Il fait ainsi écho aux propos du président de la République, selon lequel « la perception des impôts en France est quatre fois plus chère que dans les autres pays ». Et pour cause ! Parmi les impôts les plus chers à recouvrer, la palme revient incontestablement aux taxes locales. Selon le dernier rapport de performance de la Direction Générale des Impôts, la seule gestion de la collecte de la taxe foncière coûte 2,33% de ce que cet impôt rapporte, soit 380 millions d’euros et, s’agissant de la taxe d’habitation, ce taux s’élève même à 4,26%, soit 490 millions d’euros. En d’autres termes, pour prélever 100 euros de taxe foncière l’Etat dépense 2,33 euros et pour 100 euros de taxe d’habitation : 4,26 euros ! Cette gabegie est d’autant plus insupportable que le coût de collecte, par l’Etat, des impôts locaux est facturé directement aux contribuables sur leurs avis d’impositions. Et, le comble, c’est que ces frais de gestion sont surfacturés, soit : - 4,4% du montant de la taxe d’habitation exigée, si le contribuable est occupant principal du logement, l’Etat nous surtaxe donc de 0,34% ; - 8% du montant de la taxe d’habitation si le contribuable est occupant secondaire, l’Etat se sucre, cette fois, à hauteur de 3,6% ; - et 8% du montant de la taxe foncière, dans ce dernier cas, l’Etat facture 5,67% supplémentaires ! Au total, L’administration prélève 1 milliard d’euros de trop ! Rendez-nous l’argent !

Donnedieu de Vabres veut revoir la réforme des intermittents

 

 

Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a estimé que la réforme du régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle n'était pas totalement satisfaisante et a souhaité que les partenaires sociaux la réexaminent. "Chacun mesure que l'accord qui a été signé en juin dernier, s'il marque une étape et un coup d'arrêt aux dérives, ne permet pas vraiment de répondre aux difficultés structurelles rencontrées par l'assurance-chômage pour ce secteur", a déclaré le ministre dans un discours devant le Conseil national des professions du spectacle. Il a rappelé que l'accord prévoyait la possibilité de revoir son application. "Il me paraît très naturel que les signataires s'attachent rapidement à cet examen dont le besoin m'apparaît avéré", a ajouté le ministre. Renaud Donnedieu de Vabres venait de réunir à son ministère les membres du Conseil national des professions du spectacle, instance consultative qu'il préside. Depuis plus de neuf mois, les intermittents du spectacle sont mobilisés contre la réforme de leur régime d'assurance-chômage, approuvée en juin 2003 par le patronat, la CFDT, la CGC et la CFTC, mais contestée par la CGT et FO. Cette réforme vise à combler un déficit évalué à 800 millions d'euros par le patronat. Elle maintient la spécificité du régime mais réduit les prestations et durcit les conditions pour accéder aux indemnités de chômage. Il faut désormais avoir travaillé au moins 507 heures sur 10 mois et demi et non plus douze pour percevoir des indemnités. Les mouvements engagés l'année dernière par les intermittents avaient conduit à l'annulation de la plupart des grands festivals de l'été. La nouvelle saison commence mardi avec l'ouverture du festival musical du printemps de Bourges

 

Cohésion sociale et emploi, "la priorité absolue"
de Chirac

 

 

 

- Jacques Chirac a assigné mardi pour "priorité absolue" au gouvernement "la cohésion sociale et l'emploi" qui prendra la forme d'un "plan de cohésion sociale". Ce plan, placé sous l'autorité de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, s'articulera sur trois axes: loi de mobilisation pour l'emploi, notamment en faveur des jeunes, "concrétisation du droit au logement" et "action globale et coordonnée en faveur de l'égalité des chances". La loi de mobilisation sur l'emploi, "qui sera adoptée d'ici l'été", visera à "aller plus loin dans l'application du préambule de la Constitution de 1946, qui dispose que 'chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi'", a précisé le chef de l'Etat à l'occasion de la réception du corps préfectoral à l'Elysée.

 

Le mariage homosexuel est "contraire à l'état du droit",

selon Dominique Perben

 

Le mariage entre deux hommes que Noël Mamère s'apprête à célébrer "sera purement et simplement nul car contraire à l'état du droit", prévient le garde des Sceaux Dominique Perben dans un entretien publié mercredi dans "Le Figaro". "Prétendre que la différence de sexe entre les conjoints n'est pas inscrite dans le Code civil est (...) un mensonge", affirme le ministre de la Justice en citant l'article 75. Le député-maire (Vert) de Bègles en Gironde, Noël Mamère, a annoncé jeudi dernier qu'il célébrerait le 5 juin prochain ce qui devrait être le premier mariage homosexuel en France. Dominique Perben avertit que l'édile encourt des sanctions car "il agit en tant qu'officier d'état civil". "Il a donc le devoir d'appliquer et de respecter la loi, pas de promouvoir ses propres opinions". Pour le garde des Sceaux, la démarche de Noël Mamère "est davantage inspirée par un souci de provocation et de médiatisation que par désir de répondre aux vrais problèmes des personnes homosexuelles". "En ce qui me concerne, je préfère m'intéresser à de vrais sujets comme la lutte contre les discriminations en général et l'homophobie en particulier", avance Dominique Perben. "C'est un sujet grave sur lequel j'annoncerai des décisions avant l'été". Et d'affirmer qu'"il y a un consensus en faveur du maintien de la conception actuelle du mariage". AP

 

"Recalculés": début de la réunion de l'Unedic à Paris

 

Les partenaires sociaux gestionnaires de l'Unedic (assurance-chômage) se sont réunis mardi à Paris pour faire le point sur les conséquences, notamment financières, de la victoire en justice de 35 chômeurs marseillais, qui réclamaient le rétablissement de leurs allocations, brutalement suspendues. La réunion a commencé à 17h15 au siège de l'Unedic dans le XIIe arrondissement de la capitale. Les représentants des trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) et des cinq confédérations syndicales françaises (CGT, FO, CFDT, CFTC et CGC), qui siègent au bureau de l'Unedic, sont présents autour de la table. Cette rencontre a pour but d'analyser la décision du TGI de Marseille le 15 avril dernier et d'évaluer les conséquences financières du versement d'allocations à l'ensemble des chômeurs qui les ont perdues ou pourraient les perdre dans les mois qui viennent, suite au durcissement des conditions d'indemnisation intervenu le premier janvier. Selon les premières projections de l'Unedic, il en coûterait 1,5 à 2 milliards d'euros, qui viendraient s'ajouter à un déficit cumulé prévisionnel, pour la fin 2004, évalué à 7 milliards d'euros. La réunion de mardi n'a, en revanche, pas pour objet de renégocier la convention contestée, même si l'ensemble des organisations syndicales juge cette renégociation quasiment inévitable. AP

Comment l’Etat a pillé les caisses de l’assurance-maladie pour financer les 35 heures

 

 

La Sécu, déjà malade de ses déficits chroniques, a été saignée de plusieurs milliards d’euros pour financer la réduction du temps de travail ! Pour expliquer le déficit abyssal de la Sécurité sociale, et plus particulièrement de l’assurance maladie, les politiques invoquent une multitude de causes : vieillissement de la population, surconsommation de médicaments, remboursement trop généreux des patients et, bien entendu, le sempiternel ralentissement de la croissance économique. Mais s’agissant du pillage des comptes sociaux : rien ! Pourtant, les comptes de l’assurance-maladie (CNAM) sont littéralement plombés par les 35 heures. Non seulement la réduction du temps de travail dans les hôpitaux coûte 3,5 milliards d’euros par an à la CNAM mais, pire, les caisses de l’organisme ont été siphonnées à hauteur de 1,2 milliard d’euros, pour alimenter le fonds de financement des 35 heures dans les entreprises : le FOREC. En d’autres termes, nos gouvernants, sans aucune retenue, ont détourné l’argent des contribuables destiné à prodiguer des soins aux malades pour engager la politique des 35 heures dans l’administration hospitalière mais également dans les entreprises privées et publiques. Contribuables, on vous ruine et on vous ment !

Sarkozy

provoque la colère de la gauche qui exige des excuses

La gauche a demandé à Nicolas Sarkozy, qui l'avait accusée d'avoir laissé progresser l'antisémitisme en France, de présenter ses excuses. Le ministre de l'Economie et des Finances, interpellé, lors de la séance des questions au gouvernement, par un député socialiste sur le sens de son voyage très politique aux Etats-Unis, le week-end dernier, a, comme il le fait souvent à l'Assemblée, répondu par une attaque ciblée contre le Parti socialiste. "Vous n'allez pas être déçus de la réponse", a-t-il lancé, avant de souligner qu'il avait notamment été reçu à Washington par "la totalité des associations de juifs américains". Ces associations, a souligné Nicolas Sarkozy, "ont souhaité remercier la France pour le combat déterminé que nous menons contre l'antisémitisme". "Ils ne se sont pas arrêtés à cela puisqu'ils ont voulu me remettre une récompense. Je vais vous faire une confidence, ça ne risquait pas d'arriver à M. Vaillant parce qu'après cinq années du gouvernement de M. Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis d'Amérique que la France était un pays antisémite", a lancé l'ancien ministre de l'Intérieur. Les députés socialistes et communistes se sont alors levés pour quitter la séance, certains scandant " des excuses" ou "démission" à l'adresse du ministre de l'Economie. Daniel Vaillant, prédécesseur socialiste de Nicolas Sarkozy, a demandé à prendre la parole, ce qui lui a été accordé à la reprise de la séance, mais en l'absence de son accusateur. "L'antisémitisme doit être combattu, quelles que soient les périodes et je puis vous garantir qu'il l'a été quand des actes ont été commis", a dit l'ancien ministre de l'Intérieur. "De ce point de vue, nous n'avons aucune leçon à recevoir de Nicolas Sarkozy. Ce qui est grave, c'est qu'il mette en cause le gouvernement précédent. D'une certaine manière, c'est remettre en cause l'honneur de la France, l'image de la France dans le monde. Il doit s'excuser", a-t-il ajouté. "Nous considérons que c'est grave qu'un ministre comme Nicolas Sarkozy perde ainsi son sang froid, lance des accusations sans fondement et donne une image désastreuse de ce qu'est la vie parlementaire et la vie politique", a déclaré pour sa part le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. LE PS "ALERTE" CHIRAC "Nous demandons donc, c'est là bien le moindre, des excuses de sa part, du Premier ministre et, là encore, nous alertons le président de la République car on ne peut pas accepter que, dans le lieu même de la représentation nationale, des attaques de cette nature puissent être proférées", a-t-il ajouté. "Nicolas Sarkozy, aujourd'hui, doit absolument en terminer avec ces méthodes et présenter ses excuses. Le plus tôt sera le mieux", a conclu le chef de file des socialistes. La veille, le socialiste Henri Emmanuelli avait déjà accusé le ministre de l'Economie de l'avoir menacé en séance. Interrogé sur cet incident à l'issue du conseil des ministres, mercredi en fin de matinée, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il n'avait "pas envie de perdre son temps" à répondre aux "provocations" d'Henri Emmanuelli. Mercredi après-midi, le député UMP Christian Estrosi, un proche de Nicolas Sarkozy, est venu défendre le ministre de l'Economie devant les journalistes. "De toute évidence, le Parti socialiste perd la raison. Nous les comprenons, nous savons avec quel laxisme ils ont mené une politique de lutte contre l'insécurité entre 1997 et 2002", a-t-il dit. Christian Estrosi a rejeté toute idée d'excuses. "S'excuser de quoi ? S'excuser de mener enfin une politique de lutte contre l'insécurité et de lutte contre l'antisémitisme qui n'était pas menée avant 2002 ? Au contraire, nous devons nous en réjouir", a-t-il lancé. Au nom du groupe UDF, François Sauvadet a renvoyé dos à dos Nicolas Sarkozy et le PS et estimé qu'"il faut éviter de faire des sujets de polémique" de "sujets aussi essentiels et aussi graves". Jean-François Copé, ministre délégué à l'Intérieur, a affirmé que "le gouvernement n'a jamais voulu blesser personne". "Je pense néanmoins que l'heure n'est pas à relancer la polémique. La lutte contre l'antisémitisme constitue pour ce gouvernement une priorité absolue, une détermination totale. C'est en tout état de cause une cause républicaine et je veux simplement inviter chacun à trouver l'apaisement", a conclu le porte-parole du gouvernement. Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a annoncé de son côté qu'il allait saisir la conférence des présidents sur cet incident.

 

Plaidoyer Pour Une Europe Forte Et ÉLargie

 



 

Jacques Chirac s'est livré jeudi à un plaidoyer pro-européen appuyé tout en s'abritant derrière de prudents garde-fous sur deux dossiers controversés de l'élargissement: l'adhésion de la Turquie, qu'il ne juge pas "souhaitable à court terme", et le mode de ratification de la future Constitution, qu'il se refuse toujours à trancher. A deux jours de la naissance officielle de l'Europe à 25, le président s'est attaché à dissiper l'euroscepticisme français lors d'une conférence de presse de près d'une heure et quarante-cinq minutes, consacrée principalement aux questions européennes. Dans un long préambule, il a défendu le "pas de géant" franchi par l'Europe comme "une chance" pour la France. Insistant sur les atouts économiques et sociaux de cette Europe nouvelle, à l'heure où la France est confrontée à une hausse du chômage et à un net dérapage de ses comptes publics, Jacques Chirac a invité les Français à "se mobiliser" pour les élections européennes du 13 juin, afin de conférer à leur pays un poids et une influence "à la hauteur des enjeux". "Ce n'est pas une petite élection. C'est une élection qui déterminera pour une mesure importante l'avenir quotidien, les problèmes de chaque jour de nos compatriotes", a-t-il dit. "Je veux leur dire avec force combien l'avenir de la France et l'avenir de l'Europe sont intimement liés. L'Europe ne se substitue pas à nos nations, c'est une fédération d'Etats-nations", a-t-il insisté. Dans cette perspective, il a mis en avant la singularité française en réaffirmant avec force que la France "se battrait" pour "une Europe qui marche", dans le cadre des négociations sur la future Constitution européenne, dont il juge toujours l'adoption "nécessaire et possible" au sommet des 17 et 18 juin. La France "se battra pour que les décisions soient prises, autant que possible, à la majorité qualifiée, afin d'éviter la paralysie de l'unanimité", a-t-il déclaré. Le président français a dit n'être pas "contre l'idée d'un moyen de pression amicale" envers les pays qui s'opposeraient au texte constitutionnel, "parce que, sinon, on bloque tous les autres". Interrogé sur la décision de Tony Blair de soumettre la Constitution à référendum, il a dit ne pas "imaginer" que la Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de l'Eurogroupe, "se trouve dans la situation de sortir de l'Europe". LA TURQUIE A "UNE VOCATION EUROPEENNE" Très tranché dès qu'il s'agissait de "promouvoir l'intérêt général européen", Jacques Chirac a de nouveau fait montre d'une prudente réserve sur la question du mode de ratification de la Constitution en France, désormais un enjeu de politique intérieure. "Il y a deux procédures en France pour ratifier un traité: la procédure parlementaire et la procédure du référendum. L'une et l'autre ont été utilisées dans le passé pour la ratification des traités européens. Il est pour moi prématuré de trancher en faveur de l'une ou l'autre option", a-t-il dit. Sur l'autre débat qui agite la classe politique française - l'adhésion de la Turquie -, Jacques Chirac n'a pas hésité en revanche à contredire son propre camp en estimant qu'Ankara avait "une vocation européenne" et que son intégration ferait pièce aux tenants de la confrontation entre Occident et Islam. Le parti présidentiel, l'UMP, s'est clairement prononcé, par la voix d'Alain Juppé, contre l'entrée de la Turquie. Le chef de l'Etat s'est toutefois montré extrêmement circonspect sur les perspectives d'adhésion de ce pays-candidat, "qui ne remplit pas aujourd'hui les conditions", évoquant une possible intégration "dans dix à quinze ans". Avocat lyrique de l'Europe-puissance, Jacques Chirac n'en a pas moins décoché quelques coups de griffe, comme à son habitude, à l'encontre de la machine communautaire, notamment sur les questions financières. Il a jugé que le projet de budget de la Commission européenne pour la période 2007-2013, qui dépasse en dépenses cumulées 1% du PIB de l'UE à 25, n'était "pas cohérent". Les six pays contributeurs nets au budget communautaire (versant plus au budget qu'ils n'en reçoivent), dont la France et l'Allemagne, avaient demandé en décembre dans une lettre commune que ce budget ne dépasse pas 1% du revenu national brut. "On ne peut pas, notamment dans une période de croissance faible, dont nous sortons mais dans laquel vivons depuis deux ans, leur demander une augmentation importante de leur dépense budgétaire", a dit Jacques Chirac. Sur l'Irak, qui a déchiré les rangs européens, le président français a estimé que "l'Europe sera bien inspirée de se concerter pour essayer de parler d'une seule voix".

Hollande Fustige "L'ampleur Du Vide Au Sommet De L'ÉTat"

 

 

Jacques Chirac "a révélé l'ampleur du vide au sommet de l'Etat" avec sa conférence de presse de jeudi, a estimé vendredi François Hollande. "Il parle peu, Jacques Chirac. C'est même une exception dans la vie politique française, depuis la Ve République, qu'un président de la République soit aussi peu loquace et aussi peu présent. Et en plus, quand il parle, il ne dit rien", a ironisé le premier secrétaire du Parti socialiste sur RTL. "C'est le vide et en même temps la contradiction. Contradiction quand il affirme la priorité à la cohésion sociale et qu'en même temps le ministre d'Etat, ministre du Budget, rogne les crédits du ministère qui a justement en charge la cohésion sociale", a souligné François Hollande. "Il nous dit: je veux continuer les baisses d'impôts - baisses d'impôts pour qui ? On le sait: pour les plus favorisés - et en même temps: je n'en aurai sans doute pas les moyens", a-t-il poursuivi. "Ce qu'il faudrait aujourd'hui, c'est qu'il nous dise comment il veut à la fois relancer la croissance, créer les emplois et assurer le redressement des finances publiques. Nous ne savons pas davantage", a ajouté le chef de file des socialistes. François Hollande a par ailleurs estimé que Nicolas Sarkozy, qui s'en est violemment pris aux socialistes à l'Assemblée mercredi, "veut être celui qui, dans ce vide au sommet de l'Etat, conduit la droite au redressement contre la gauche". LA "DOUBLE PROVOCATION" DE SARKOZY "Et c'est pour ça qu'il rentre dans la provocation, dans la polémique et dans le coup bas (...) Et je pense que Nicolas Sarkozy, qui a vocation - semble-t-il - à être d'abord ministre d'Etat, devrait être d'abord respectueux de la République", a-t-il insisté. Il a jugé que Jacques Chirac avait pris jeudi ses distances avec Nicolas Sarkozy après ses propos sur l'antisémitisme. "Finalement, Nicolas Sarkozy s'était livré à une double provocation. A l'égard du gouvernement précédent de Lionel Jospin et à l'égard de Jacques Chirac". Lors de sa conférence de presse à l'Elysée, Jacques Chirac avait estimé que l'antisémitisme était "un sujet trop grave pour entretenir la polémique". Nicolas Sarkozy a pour sa part rejeté les accusations de dérapage lancées par la gauche après ses propos mercredi à l'Assemblée. "C'était des déclarations pensées, équilibrées et justes", a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances en marge d'une visite à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), jeudi. Lors des questions d'actualité mercredi à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie, de retour d'un déplacement à Washington, avait affirmé "qu'après cinq annnées du gouvernement de M. Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis d'Amérique que la France était un pays antisémite". Le Parti socialiste avait exigé des excuses de Nicolas Sarkozy et en avait appelé au chef de l'Etat.

L'Europe s'est unifiée mais les défis s'annoncent après la fête

 

 

 

L'Union européenne s'est élargie lors d'un week-end qui marquera l'histoire du Vieux Continent, mais les lampions de la fête à peine éteints, les 25 pays sont désormais au pied du mur pour faire la preuve de leur capacité à oeuvrer efficacement en commun. "Nous appartenons à la génération européenne la plus bénie", a déclaré la présidente irlandaise Mary McAleese, en présence des chefs d'Etat ou de gouvernement de l'UE qui ont célébré samedi à Dublin l'entrée des 10 nouveaux membres de l'Union. L'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a dignement fêté un élargissement qui a surtout été célébré chez les nouveaux entrants, et peu chez les Quinze plus anciens membres. Les 25 drapeaux des Etats membres et celui de l'Europe se sont élevés samedi dans le ciel de Dublin au son de "L'Hymne à la Joie" de Beethoven, hymne officiel de l'UE. Les manifestants qui avaient menacé de mettre la ville en état de siège n'ont pas réussi à perturber la fête. "Le rêve de ma vie est accompli", a déclaré Lech Walesa, l'ancien président polonais et un des artisans de l'écroulement du communisme en Europe de l'Est. Le pape Jean-Paul II a lui aussi salué l'événement, en avertissant toutefois que l'unité européenne ne saurait "être seulement économique et politique". "L'Europe doit conserver et redécouvrir ses racines chrétiennes pour être à la hauteur des grands défis du 3e millénaire", a-t-il déclaré lors de la prière de l'Angélus place Saint-Pierre. Avec l'entrée des 10 nouveaux membres, l'UE gagne 75 millions d'habitants pour atteindre plus de 450 millions de citoyens. Elle devient potentiellement le bloc économique le plus puissant de la planète, un géant multinational novateur observé avec intérêt dans le monde entier. Au-delà du lyrisme et de l'émotion, les dirigeants européens ont clairement montré leur conscience des défis qui les attendent pour que l'Union soit autre chose qu'un joli symbole. Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a averti samedi des "énormes difficultés" qui l'attendent si elle ne parvient pas à se doter au plus vite de la Constitution sur laquelle les Vingt-Cinq ont peiné jusqu'ici à s'entendre. Ce nouveau traité fondamental doit permettre à l'UE de prendre des décisions et fonctionner efficacement à 25 Etats membres et plus. Après un échec calamiteux en décembre dernier, les dirigeants de l'Union se sont fixé une nouvelle date butoir pour trouver un accord: leur sommet des 17 et 18 juin à Bruxelles. D'autres rendez-vous cruciaux vont également tester dans les mois à venir la cohésion de l'UE élargie. L'un des plus délicats s'annonce pour l'automne. La Commission européenne en octobre, puis les chefs d'Etat et de gouvernement en décembre devront dire si oui ou non la Turquie, officiellement candidate à l'UE depuis 1999, peut entamer ses négociations d'adhésion. Après des années passées à temporiser, les Vingt-Cinq sont au pied du mur pour trancher la question de la vocation européenne de la Turquie, sur fond d'hostilité assez large des opinions publiques européennes. Auparavant, les dirigeants de l'UE élargie devront aussi se mettre d'accord sur la composition de la future Commission, qui prendra ses fonctions pour cinq ans le 1er novembre. Son futur président doit être choisi au sommet de juin, juste après les élections pour le renouvellement du Parlement européen, qui fourniront un aperçu de l'état des forces politiques dans l'Union. Dès le nouvel exécutif installé, un autre débat ultra-sensible s'engagera, pour fixer le budget de l'UE pour les années 2007 à 2013. Marchandages, défense exacerbée des intérêts nationaux, et crispations sont à prévoir. Quelles que soient les ambitions assignées à l'UE, six de ses Etats les plus riches (Allemagne, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Autriche) ont déjà affiché leur volonté de ne pas desserrer les cordons de la bourse et de geler le futur budget à 1% du produit intérieur brut (PIB) communautaire

Assurance maladie:

10 millions de cartes vitales en surnombre en France

Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, qui doit s'exprimer ce mardi devant la mission d'information sur l'assurance maladie de l'Assemblée, a déclaré lundi soir sur TF1 qu'il y avait "10 millions de carte vitales en surnombre" en France, sur la foi d'un rapport qui vient de lui être remis. Le ministre a donc préconisé qu'"une photo" d'identité apparaisse "sur la carte Vitale" et annoncé que l'"on va changer de carte Vitale dans un an, un an et demi". Il a aussi "proposé un dossier médical informatisé pour tous les Français", sans préciser de date. agrandir la photo "En quelques secondes le médecin pourra savoir quels sont les actes médicaux qui ont été prescrits, les antécédents du malade", a-t-il expliqué, prévenant que, "si les actes médicaux ne sont pas mis sur le dossier médical, ils ne sont pas remboursables". "Je ne veux pas faire croire que ce sont les fraudes et les dérives qui sont responsables du trou de la sécurité sociale mais j'ai un rapport sur mon bureau (...) de M. (François) Mercereau, inspecteur général des affaires sociales, qui montre qu'il y a 10 millions de Cartes Vitale en surnombre en France", a assuré M. Douste-Blazy. "Il y a 48 millions de Français de plus de 16 ans, chacun a droit a une carte Vitale et c'est très bien, mais il y a 58 millions, en tout, de cartes Vitale, parce que le système n'est pas géré", a-t-il déclaré. "Il faut faire en sorte que le titulaire soit le porteur de la carte", c'est la raison pour laquelle il faut une photo", a-t-il affirmé. M. Douste-Blazy a, depuis un mois, à plusieurs reprises répété que l'un des volets de la réforme de l'assurance maladie devait porter sur les économies qui pourraient être retirées de la lutte contre les "abus et les gaspillages". A l'automne dernier, lors de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2004, l'Assemblée nationale avait proposé un dispositif autorisant l'apposition d'une photo d'identité sur chaque carte vitale, en vue de renforcer la lutte contre les fraudes. "Mettre une photo sur les 48 millions de cartes Vitale en circulation représenterait 200 à 300 millions d'euros, une somme extrêmement élevée qui n'est pas en rapport avec le volume de fraudes", avait alors indiqué la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Le ministre doit théoriquement annoncer mardi le cadre général de la réforme de l'assurance maladie, qui sera présentée au Conseil d'Etat vers le 20 mai avant une communication mi-juin au Conseil des ministres. M. Douste-Blazy est désormais confronté à une pression accrue des acteurs sociaux qui, après avoir joué le jeu de la concertation, s'irritent de ne toujours pas connaître les véritables intentions du gouvernement

 

Raffarin refuse de reporter l'examen du projet sur la dépendance

 

Jean-Pierre Raffarin a refusé mardi à l'Assemblée nationale de reporter l'examen du projet de loi sur la dépendance, affirmant que les "événements de l'été dernier" imposent de prendre des "décisions en temps et en heure". "Je ne serai pas le Premier ministre qui, après les événements de l'été dernier, n'aura pas demandé à l'Assemblée nationale de prendre des décisions en temps et en heure pour que nous soyons à la hauteur de la situation", a-t-il dit-il en réponse à une question du chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault. "Je vois bien là où on voudrait m'emmener, c'est-à-dire dans une situation de non décision après avoir décidé combien il était nécessaire d'agir face à une situation dont nous avons tous mesuré la gravité", a ajouté le Premier ministre. "Oui à la journée nationale de solidarité, libre en fonction des entreprises, en fonction des services publics, avec évidemment une solution de repli. Quand il n'y a pas d'accord possible, ce sera le lundi de Pentecôte, mais nous souhaitons qu'il y ait un accord", a-t-il noté. "Il nous faut 9 milliards d'euros d'ici 2008 pour être à la hauteur des attentes des personnes âgées et des personnes handicapées", a souligné M. Raffarin. "Je ne demande pas à la représentation nationale de dire oui à des prestations et de se taire sur les financements", a ajouté le Premier ministre qui a souvent accusé le gouvernement Jospin de ne pas avoir financé l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). "La responsabilité de mon gouvernement, c'est de dire oui aux prestations mais aussi évidemment aux efforts nécessaires. Pour ces efforts, après des discussions ouvertes, le gouvernement s'est montré attentif à la représentation nationale. Nous avons accepté de tenir compte des idées des uns et des autres", a-t-il insisté. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, lui demandait de "surseoir à l'examen" du projet de loi sur le financement de la dépendance des personnes âgées et du handicap, qui doit être examiné à partir de mardi soir dans l'hémicycle, jusqu'à ce que la "réforme globale" de l'assurance-maladie soit présentée. "En choisissant de faire travailler un jour de plus, non payé, vous commettez la même erreur que dans le dossier des retraites. Vous faites supporter l'effort de solidarité sur les seuls salariés et vous remettez même en cause la durée légale du travail", a affirmé M. Ayrault.

 

Le plan canicule présenté mercredi

 

 

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Philippe Douste-Blazy, présentera mercredi son plan destiné à faire face à éventuelle canicule, en compagnie d'Hubert Falco, ministre délégué aux Personnes âgées, et de "l'ensemble des acteurs concernés". Le dispositif devait être présenté à la presse à 11H30, selon un communiqué du ministère de la Santé. A moins de deux mois du début de l'été, la Direction générale de la Santé (DGS), la Direction de l'hospitalisation et des soins (Dhos) et la Direction des Affaires sanitaires et sociales (Ddass) ont déjà élaboré une esquisse de plan, destiné à anticiper "les conséquences sanitaires d'une vague de chaleur" et établit des "recommandations faites de messages sanitaires simples et opérationnels". Son volet médical est disponible sur le site internet du ministère de la Santé. Jeudi, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris doit dévoiler à son tour son plan canicule, avec des mesures destinées à coordonner les services d'urgences des hôpitaux de la région parisienne et assurer le fonctionnement d'une cellule de veille. Le président Jacques Chirac a appelé la semaine dernière les préfets à une "extrême vigilance" pour mobiliser les systèmes d'alerte, de veille et de soins "afin que plus jamais ne se reproduise un drame" comme celui de la canicule qui avait fait 15.000 morts en août 2003. Météo France n'est pas en reste puisque ses services vont publier, dès le 1er juin, des alertes de grande chaleur pour prévenir les populations des risques de canicule. Ce dispositif météo-sanitaire devrait fonctionner en liaison avec l'Institut de veille sanitaire (InVS).

 

Chômeurs recalculés: le Conseil d'Etat annule l'agrément Unedic

 

Le Conseil d'Etat a annulé mardi l'agrément donné par l'Etat en février 2003 à la convention Unedic relative notamment au problème des chômeurs "recalculés", ce qui contraint juridiquement le gouvernement à revoir le dossier d'ici le 1er juillet. En effet, dans une innovation de jurisprudence, le Conseil a repoussé à cette date les effets de l'annulation, "laissant ainsi au gouvernement le temps de prendre les mesures propres à assurer la continuité du régime d'assurance chômage", précise le Conseil d'Etat dans un communiqué. Si patronat et syndicats tombent d'accord pour rétablir les centaines de milliers de chômeurs "recalculés" dans leurs droits initiaux, le gouvernement pourra prendre un nouvel agrément sur la nouvelle convention et régulariser la situation. Cet accord ne semble toutefois pas acquis, le Medef et certains syndicats ayant souligné que le financement de la mesure restait à trouver. Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a promis le 3 mai de rétablir dans leurs droits les "recalculés". Il a proposé comme financement "l'aménagement d'une créance de l'Etat sur l'Unedic", qui couvrirait, selon lui, son coût pour 2004, soit 1,2 milliard d'euros. En cas d'absence d'accord, le gouvernement dispose comme dernier recours de la possibilité de fixer par décret les règles de fonctionnement du régime d'assurance chômage. La convention signée en décembre 2002 entre le patronat et les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC prévoyait des hausses de cotisations patronales et revoyait les indemnités des chômeurs à la baisse. Cette dernière mesure, entrée en vigueur en janvier dernier, a suscité une mobilisation des associations de chômeurs, qui estiment être victimes d'une "rupture de contrat" et d'une "atteinte aux droits acquis". IRREGULARITE DE FORME Le Conseil d'Etat avait été saisi en avril 2003 par quatre associations de chômeurs. La juridiction ne les a pas suivies sur leurs arguments relatifs aux supposés "droits acquis", mais a sanctionné un problème de pure forme. Les juges relèvent que la commission permanente du Comité supérieur de l'emploi - instance qui doit être obligatoirement consultée avant toute décision sur l'assurance chômage - n'était pas régulièrement composée, le ministre des Affaires sociales ayant omis d'en nommer certains membres. Les juges du Conseil ont aussi relevé d'autres irrégularités. Ainsi, il est jugé que les partenaires sociaux ne pouvaient légalement confier aux Assedic le soin d'octroyer aux chômeurs une aide à la mobilité géographique, car la loi prévoit que cette aide est accordée par l'ANPE. En lui-même, l'arrêt du Conseil d'Etat ne permet ni aux chômeurs ni aux entreprises de solliciter des remboursements de cotisations ou de prestations, les règles de la convention actuelle restant en vigueur jusqu'au 1er juillet 2004. Cette disposition n'était pas évidente légalement puisque, selon la jurisprudence actuelle, la décision aurait dû être rétroactive à dater de février. Le Conseil d'Etat a innové pour "éviter un vide juridique et prendre en considération les graves incertitudes quant aux situations et aux droits des allocataires et des cotisants, ainsi que les risques de profonde désorganisation du régime d'assurance chômage", explique son communiqué. L'arrêt ne semble cependant pas de nature à empêcher les chômeurs "recalculés" de demander sur un autre fondement des indemnités à d'autres tribunaux, civils ceux-là, pour ce qu'ils estiment être une "rupture de contrat". En avril, le tribunal de grande instance de Marseille a déjà ordonné l'indemnisation par les Assedic de 35 "recalculés". Un autre jugement du tribunal de Paris était attendu mardi en début d'après-midi. D'autres procédures similaires sont en cours partout en France.

EDF-GDF: les syndicats veulent faire monter la pression

 

Les principaux syndicats du secteur de l'énergie ont annoncé mardi leur volonté de faire monter la pression sur le gouvernement afin qu'il retire le projet de changement de statut et d'ouverture du capital d'Electricité de France (EdF) et de Gaz de France (GdF). La CGT, majoritaire dans les deux entreprises publiques, la CFDT, Force Ouvrière (FO) et la CFTC ont décidé de multiplier les initiatives jusqu'au 15 juin, date du début du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi. Les quatre organisations prévoient une heure de grève de 9h30 à 10h30 le 13 mai, le jour où le Conseil d'Etat doit rendre son avis sur le projet de loi, et deux heures de 10h00 à 12h00 le 19 mai, lors de l'examen par le conseil des ministres. Le 27 mai, les syndicats prévoient une grève nationale avec des baisses de production et une manifestation unitaire à Paris. Ils ont commencé à réserver des trains entiers pour conduire les salariés des deux groupes énergétiques dans la capitale. En dehors de ces actions spectaculaires, ils ont lancé une pétition à adresser au président de la République et veulent toucher la population grâce à l'internet notamment. "Nous ne nous laisserons pas entraîner dans des formes de radicalité impopulaires et donc synonymes d'échec et continuerons de faire grossir ce mouvement de masse qui est de plus en plus apprécié et qui gagne l'engagement grandissant des populations, des élus de proximité, jour après jour, action après action", soulignent-ils dans une déclaration commune. Pour Frédéric Imbrecht, secrétaire général de la Fédération Nationale Mines Energie (FNME) CGT, "une bataille de cette nature là ne se gagne pas sans l'opinion publique". "La casse n'est pas le meilleur moyen d'obtenir satisfaction. Ce qui nous importe aujourd'hui, c'est de convaincre", a déclaré Dominique Villers, président de l'union des syndicats des industries électriques et gazières CFTC. QUESTION DE LA GARANTIE DE L'ETAT "Les organisations syndicales ne défendent pas aujourd'hui des intérêts corporatistes", a dit Mireille Toux, secrétaire fédérale de la CFDT, pour expliquer cette position. Les syndicats veulent convaincre les Français qu'une ouverture du capital d'EdF et de GdF est lourde de périls et pourrait remettre en cause les investissements et donc l'indépendance énergétique. "Si l'Europe ne fait rien, d'ici vingt ans, le continent sera dépendant à plus de 70%", ont-ils assuré en affirmant qu'il y avait quelque 2.000 centrales électriques à construire sur cette période pour répondre aux besoins. Dans ce contexte, le débat sur le changement de statut d'EdF et de GdF est qualifié de "franco-français" par la CGT et de "dogmatique" par la CFTC. Bernard Gitton, de FO, a souligné qu'EdF avait pu financer sa politique dans les années 1970 sans devoir ouvrir son capital aux investisseurs privés. Les syndicats ont dénoncé la décision du gouvernement français de s'engager auprès de la Commission européenne de ne plus apporter sa garantie aux emprunts levés par EdF. "Cet engagement place EdF en situation de faillite comptable" dans quelques années, a souligné Frédéric Imbrecht en réclamant que les pouvoirs publics reviennent sur cette position. Il a rappelé que le groupe devait encore payer 6 à 8 milliards d'euros pour ses investissements en Italie et en Allemagne sans compter les retraites et le renouvellement du parc nucléaire. Les dirigeants des quatre organisations syndicales ont affirmé qu'EdF pouvait emprunter sur les marchés financiers. Ils ont expliqué que l'introduction en bourse pouvait menacer les investissements dans la mesure où la direction du groupe devra s'efforcer de donner satisfaction aux actionnaires. Dominique Villers (CFTC) s'est montré sceptique sur l'engagement du ministre de l'Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy, de ne pas réduire la participation de l'Etat sous les 60 à 66% du capital d'EDF. Il a expliqué que l'ouverture du capital de France Télécom avait été présentée initialement comme "modérée" jusqu'à ce que le gouvernement fasse voter un texte autorisant la privatisation. "Nous ne pouvons pas être d'accord quel que soit le niveau d'ouverture du capital parce que cela change la donne", a-t-il dit.

Cannes: première rencontre entre direction et intermittents

Une délégation d'une dizaine d'intermittents du spectacle a rencontré mardi matin Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, à la veille de l'ouverture de la 57e édition du festival international de cinéma. Les représentants de la CGT-Spectacle et de la Coordination nationale des intermittents et précaires n'ont fait aucun commentaire à l'issue de la réunion qui a duré plus d'une heure trente dans le bureau de Gilles Jacob. Les intermittents, qui précisent ne pas vouloir "communiquer avant ce soir", ont déclaré qu'une nouvelle rencontre avec Gilles Jacob était prévue dans l'après-midi. "Les discussions se poursuivent", a déclaré l'un des participants à la réunion.

La grève à ADP perturbe le trafic aérien

Le trafic aérien dans les aéroports parisiens subit mardi des retards allant jusqu'à 90 minutes à Roissy, à la suite de l'appel à la grève de l'intersyndicale des Aéroports de Paris contre la privatisation partielle de l'entreprise, a-t-on appris auprès d'ADP. Un porte-parole a précisé qu'il y avait 16,65% de grévistes, soit un niveau équivalent à celui de la grève intervenue au mois de janvier. Il a indiqué que les perturbations liées à ce mouvement social avaient été amplifiées dans la matinée par un épais brouillard. Il a ajouté que la participation des pompiers à la grève avait contraint ADP à fermer la moitié de ses pistes. "La grève des pompiers est maintenant arrêtée, le retour à la normale devrait se faire dans l'après-midi", a-t-il dit. A Orly, les retards sont en moyenne de 23 minutes à l'arrivée et de 28 minutes au départ. A Roissy-Charles-de-Gaulle, ils sont respectivement de 90 et 61 minutes. Les syndicats CGT (majoritaire), FO, CFDT et Sapap-Unsa appellent les salariés à manifester et à cesser le travail pour dénoncer le changement de statut d'ADP. Un numéro gratuit - 0 805 77 00 24 - est à la disposition des usagers, qui peuvent également consulter sur internet le site "www.adp.fr". L'Etat a prévu de transformer les ADP en société anonyme avant une ouverture de capital prévue au printemps 2005.

Dix-sept chefs d'Etat et de gouvernement présents
le 6 juin en Normandie

SOUVENEZ VOUS



Dix-sept chefs d'Etat et de gouvernement seront présents le 6 juin à la cérémonie internationale du 60e anniversaire du Débarquement et de la Libération à Arromanches (Calvados). Du 5 au 7 juin, 16 cérémonies officielles sont prévues selon les éléments arrêtés mardi, une situation qui pourrait évoluer selon les desiderata des délégations officielles, d'après le préfet du Calvados et de Basse-Normandie Didier Cultiaux. Le 6 juin, la cérémonie internationale prévue à 15H30 à Arromanches réunira autour du président Jacques Chirac et du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin le président des Etats-Unis George W. Bush, le chancelier allemand Gerhard Schroeder, la reine Elizabeth II d'Angleterre et le Premier ministre britannique Tony Blair, le président de la Russie Vladimir Poutine, le Premier ministre australien Bob Carr, le Roi des Belges Albert II, la Gouverneure générale du Canada Adrienne Clarkson, le Premier ministre canadien Paul Martin, le président grec Constantinos Stéphanopoulos et les Grand-Duc Jean et Henri de Luxembourg. Sont aussi attendus le Roi Harald V de Norvège, le Premier ministre de Nouvelle-Zélande Helen Clark, la Reine Béatrix des Pays-Bas et le Premier ministre Jan Peter Balkenende, le président de la République polonaise Aleksander Kwasniewski, le président de la République slovaque Ivan Gasparovic, le président de la République tchèque Vaclav Klaus et un représentant de l'Union européenne. D'autres personnalités sont attendues lors de cérémonies annexes comme le Prince Charles, la Princesse belge Astrid ou encore le Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik.

La générale américaine qui dirigeait Abou Ghraïb se dédouane




La générale américaine qui supervisait les établissements carcéraux irakiens l'an dernier alors que des sévices étaient apparemment commis dans la prison d'Abou Ghraïb affirme avoir rechigné à céder le contrôle de l'établissement au renseignement militaire, mais avoir été désavouée par ses supérieurs, rapporte mercredi le Washington Post. L'explication détaillée fournie aux enquêteurs militaires par la générale Janis Karpinski impute au général Ricardo Sanchez, commandant des forces terrestres en Irak, et au nouveau chef des prisons américaines en Irak, le général Geoffrey Miller, la responsabilité première des décisions incriminées dans l'affaire des abus commis à Abou Ghraïb, écrit le journal. L'argumentaire de Karpinski figure dans une annexe confidentielle à l'enquête de l'armée américaine sur les sévices infligés sur des prisonniers d'Abou Ghraïb, un établissement carcéral situé près de Bagdad, et a été communiqué au Washington Post par un responsable du gouvernement américain, puis confirmé par l'avocat de Karpinski. Karpinski affirme également avoir refusé dans un premier temps d'autoriser le recours systématique à la force létale pour maintenir l'ordre dans cette prison surpeuplée, écrit le Post. Les généraux Sanchez et Miller contestent plusieurs aspects de la version de Karpinski, selon le Post. La générale, qui dirigeait une brigade de la police militaire, s'est vu infliger un blâme après la mise au jour de l'affaire. "GUANTANAMISER" ABOU GHRAÏB Selon le journal, Karpinski a déclaré aux enquêteurs que le transfert du contrôle d'Abou Ghraïb à des agents du renseignement militaire avait été évoqué lors d'une réunion en septembre 2003 avec Miller, qui était alors chargé de la prison de la baie de Guantanamo, à Cuba, où sont détenus des "terroristes présumés". Karpinski se souvient avoir entendu Miller lui dire qu'il voulait faire de la prison d'Abou Ghraïb un établissement semblable à Guantanamo, le "guantanamiser" en somme, écrit le journal. Miller avait été dépêché en Irak à l'initiative de hauts responsables du Pentagone frustrés par l'insuffisance des renseignements obtenus auprès des prisonniers irakiens, croit savoir le Washington Post. Le général a déclaré toutefois au journal, par le truchement d'un porte-parole militaire, qu'il ne se souvenait pas avoir utilisé l'expression "guantanamiser". Selon la version de Karpinski, c'est Sanchez qui a décidé, en novembre 2003, d'assouplir les "règles d'engagement" des soldats afin que les geôliers d'Abou Ghraïb puissent recourir à une force létale pour réprimer la moindre agitation dans la prison, écrit le Post. Mais Sanchez présente une version différente d'une réunion avec Karpinski survenue au moment d'une émeute dans la prison, ajoute le Post. Le général Antonio Taguba, auteur d'un rapport sur les sévices et mauvais traitements infligés à des prisonniers d'Abou Ghraïb, a déclaré mardi à une commission d'enquête du Sénat que ces abus reflétaient un manque de contrôle de la part de la hiérarchie militaire. Mais il a ajouté n'avoir trouvé aucun signe montrant que les soldats incriminés obéissaient, en se livrant à ces agissements, à des ordres venant directement de leur hiérarchie. Il a précisé que Karpinski était l'officier de plus haut rang qu'il ait interrogé

Un Américain décapité
par le chef présumé d'Al Qaïda en Irak




La décapitation filmée d'un civil américain en Irak en représailles aux sévices infligés à des prisonniers irakiens a semé l'effroi mardi aux Etats-Unis. Nick Berg, qui était âgé de 26 ans, se trouvait en Irak depuis la fin du mois de mars. Il aurait été détenu par la police irakienne à Mossoul, dans le nord du pays, entre le 24 mars et le 6 avril. L'enregistrement vidéo de sa décapitation a été diffusé par un site internet islamiste et partiellement repris par les télévisions américaines. Cinq hommes masqués se tiennent derrière la victime, vêtue d'un survêtement orange et les mains ligotées dans le dos. "Mon nom est Nick Berg, mon père se prénomme Michael (...) J'ai un frère et une soeur, David et Sarah", dit la victime, précisant qu'il est originaire de Philadelphie. Un des hommes masqués lit ensuite une déclaration appelant les musulmans à se venger après la publication de photographies témoignant de sévices infligés par des militaires américains à des détenus de la prison d'Abou Ghraïb, près de Bagdad. Les cinq jettent alors Nick Berg à terre aux cris de "Dieu est le plus grand", couvrant les cris de leur victime, et l'un d'entre eux tranche la tête du captif avec un grand couteau. Selon le site internet Muntada al Ansar, qui a diffusé cet enregistrement, c'est Abou Moussab al Zarkaoui en personne qui procède à la décapitation. Ce ressortissant jordanien de 37 ans, proche allié d'Oussama ben Laden, est considéré par les Etats-Unis comme le maître d'oeuvre des attentats attribués au réseau islamiste en Irak. "Cela montre la véritable nature des ennemis de la liberté", a réagi Scott McClellan, porte-parole de la Maison blanche. "Ils n'accordent aucune importance à la vie d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Nous traquerons les responsables et nous les traduirons en justice." ZARKAOUI PROMET "CERCUEIL APRÈS CERCUEIL" AUX USA Dans sa déclaration, datée du 11 mai, le groupe de Zarkaoui affirme qu'il a proposé aux Etats-Unis d'échanger Nick Berg contre des prisonniers irakiens détenus par les forces américaines mais qu'ils "ont refusé". "Vous ne recevrez que linceul après linceul et cercueil après cercueil (de personnes) tuées de cette manière", promet la déclaration. "Quant à toi, Bush, chien des chrétiens, tu verras ce qui t'arrivera (...) Toi et tes soldats regretteront le jour où ils ont mis le pied en Irak et osé violé des musulmans." Alors que la CIA continuait d'examiner l'enregistrement, un responsable américain a indiqué sous le sceau de l'anonymat que le corps de Nick Berg avait été "découvert décapité et les mains derrière le dos" au bord d'une route à Bagdad. "C'était un ressortissant privé américain sans lien avec un contrat militaire", a dit un responsable du département d'Etat. Nick Berg possédait une entreprise de maintenance dans le secteur des télécommunications. Il avait effectué un premier séjour à Bagdad entre la fin du mois de décembre et le 1er février et y était retourné fin mars afin d'y trouver du travail, ont indiqué ses parents. Mais ses communications quotidiennes avec eux avaient été interrompues le 24 mars. Il avait donné pour la dernière fois de ses nouvelles le 9 avril, leur annonçant qu'il avait été détenu par la police irakienne dans la ville de Mossoul, dans le nord, jusqu'au 6 avril et qu'il cherchait un moyen sûr de rentrer chez lui. "S'il n'avait pas été détenu si longtemps, il est tout à fait possible qu'il serait rentré aux Etats-Unis", a déclaré à la presse le représentant Jim Gerlach, élu républicain de Pennsylvanie, après avoir rencontré les parents de Nick Berg. Selon le représentant, ses parents ont le sentiment que l'administration américaine ne leur pas pas fourni toutes les informations sur leur fils lorsqu'il était apparemment détenu par la police irakienne.

Un film "mal élevé" en ouverture du 57e festival de Cannes





Avec sa construction complexe mêlant vie contemporaine et vie passée des personnages, le dernier opus d'Almodovar, projeté mercredi soir en ouverture du 57e festival de Cannes, est une accumulation de secrets, l'un des ingrédients convenus du film noir. Pedro Almodovar ne renie d'ailleurs pas une filiation entre le personnage principal de "La mauvaise éducation" et le Ripley de Patricia Highsmith. Le générique du début, à la musique intentionnellement dramatique si ce n'est pathétique, n'est pas sans en rappeler d'autres, élaborés par Saül Bass pour Hitchcock. Secrets, reflets, faux-semblants, poupées russes et tables gigognes sont autant d'images que l'on peut appliquer à cette mauvaise éducation, celle dispensée par les curés aux protagonistes, Ignacio et Enrique, dans leur jeune âge. Ce film ne se veut pas un pamphlet contre l'Eglise, affirme le cinéaste espagnol, alors même qu'il dépeint un prêtre pédophile (le père Manolo, interprété par l'acteur Daniel Giménez Cacho), devenu défroqué pour mieux vivre sa passion. Almodovar est sincère lorsqu'il dit cela puisqu'il ne fait pas du père Manolo une figure de l'horreur incarnée. Il lui arrive de le montrer sincère, sensible et tourmenté. Il lui accorde cette grâce, mais lorsque le cinéaste filme le jeune Ignacio déroulant un cantique de sa voix cristalline, l'auditoire ecclésiastique devient une assemblée de monstres que ne renierait pas Goya. UNE GENESE ETENDUE Des années plus tard, Enrique (Fele Martinez) a réussi à devenir cinéaste. Ignacio (Gael Garcia Bernal), qui veut qu'on l'appelle Angel, retrouve sa trace et lui propose un sujet, "La visite", largement inspiré de leur enfance commune, partagée entre le laminoir religieux de l'Espagne des années 60 et la découverte de l'évasion par le cinéma. Ce sujet fournit à Almodovar un prétexte pour déployer les miroirs et en multiplier les reflets au travers des histoires racontées et de leurs protagonistes, parfois dédoublés (le père Manolo/M. Berenguer) et même détriplés (Juan/Angel/Zahara). Car l'Ignacio/Angel qui rend visite à Enrique dans les années 80 n'est pas celui qu'il prétend être. Enrique de fait ne le reconnaît pas et mène sa propre enquête. Malgré ce qu'il apprend, il décide quand même de satisfaire la revendication de son visiteur - jouer dans son film - tout en poursuivant, adultes, la liaison charnelle qu'ils avaient à peine eu le temps d'amorcer enfants car découverte et interrompue sur le champ par l'amant de substitution forcé, le père Manolo. Et puisque cet Ignacio est un imposteur, l'épilogue du film sera de faire toute la lumière sur ce qu'il est réellement arrivé au compagnon d'enfance du cinéaste, une réalité sordide étonnamment proche de celle, précisément, de "La visite". "La mauvaise éducation" a une genèse étendue. C'est un scénario élaboré une dizaine d'années durant, sur lequel Almodovar est revenu ponctuellement, entre deux autres films, avant de lui donner une forme qui le satisfasse enfin. "Ce n'est pas moi qui ai changé mais le temps nous façonne", dit Almodovar dans un entretien publié par "les Inrocks2", en réponse à une question sur la tristesse de plus en plus prégnante de ses dernières productions. "Alors, le ton est plus sombre, moins ludique. Mes films sont aussi de plus en plus spectaculaires cinématographiquement. Ce film en est un bon exemple. Je ne sais pas comment je suis arrivé à ça, mais la tristesse et le grand spectacle ça ne paraît pas un mauvais mélange."



L'ombre d'un nouveau vote-sanction plane

sur le gouvernement à un mois des européennes



A un mois d'élections européennes qui s'annoncent dominées par les enjeux nationaux, Jean-Pierre Raffarin aborde ce nouveau test électoral en situation de faiblesse, encore sonné par la déroute des régionales. Mais si le PS espère faire le plein du vote-sanction et caracole en tête des sondages, le jeu reste encore largement ouvert. Le 13 juin, les 41 millions d'électeurs français ont rendez-vous dans l'isoloir pour la dernière fois avant 2007 -hormis les sénatoriales de septembre- pour désigner leurs 78 députés européens, pour la sixième fois depuis 1979. Petite nouveauté, il ne faudra plus choisir entre des listes nationales mais interrégionales, la France étant désormais découpée en huit régions électorales. Or, un mois et demi après la vague rose des régionales et la reconduction du "pilote" Raffarin aux commandes de l'"Airbus gouvernemental", les Français semblent prêts à déposer un nouveau carton rouge dans l'urne. Selon un sondage TNS-Sofres, 60% envisageraient de manifester leur mécontentement aux européennes. Chômage proche de 10%, déficits abyssaux, grogne sociale: malgré les reculs sur les chercheurs ou les "recalculés", le gouvernement paraît fragile, avec un Premier ministre pris en étau entre Jacques Chirac et des ministres "poids-lourds". Jean-Pierre Raffarin, pourtant, préfère faire le gros dos. "Nous écouterons ce que les Français disent, mais je n'en fais pas pour moi l'échéance de mon action", assure l'hôte de Matignon. "L'action du gouvernement a un horizon qui est long", ajoute-t-il, comme pour souligner le danger de remplacer au pied levé une équipe chargée de mener à bien d'ici fin juillet la délicate réforme de l'assurance-maladie. Poursuivant une stratégie qui a payé, le PS appelle à un nouveau vote-sanction. Pour son leader François Hollande, les européennes doivent être l'occasion d'adresser un double message contre un gouvernement "de l'incohérence et de l'injustice" et pour une Europe plus sociale. Mais la droite a retenu la leçon des régionales et ne compte plus occulter l'enjeu national du vote. "On a déjà préparé des documents qui permettront de rendre coup pour coup", prévient le directeur de campagne de l'UMP, Pierre Lequiller. Dans ce contexte, les questions européennes sont reléguées au second plan et se concentrent sur quelques points d'accroche, dont l'entrée de la Turquie dans l'UE, majoritairement rejetée par les Français. Emboîtant le pas des souverainistes et de l'UDF, l'UMP s'est prononcée contre, contredisant la ligne d'ouverture de Jacques Chirac. Embarrassé, le PS admet que les conditions ne sont pas remplies "pour le moment". Les partis ont en revanche enterré la hache de guerre sur le mode de ratification de la future Constitution européenne. Tous réclament désormais un référendum, la décision finale revenant à Jacques Chirac. Pour l'heure, il reste difficile de dire qui tirera son épingle du jeu, d'autant que la proportionnelle favorise l'émiettement. A gauche, le PS tient la corde dans un sondage IPSOS paru jeudi dans "Le Point" avec 29% des intentions de vote, suivi par les Verts (7%) et le PCF (4%), en deça du seuil nécessaire pour avoir des élus. A droite, avec 20%, l'UMP devance l'UDF (9%) et les souverainistes, qui plafonnent autour de 7%, alors que le FN recueillerait 11%. Au final, l'éc
art entre gauche et droite semble se réduire, d'où la prudence affichée dans les deux camps. Les européennes "sont des élections difficiles", reconnaît le directeur de campagne du PS François Rebsamen, tandis que François Hollande prédit une "averse" après "l'orage" des régionales. A l'UMP, Pierre Lequiller pronostique "un bon score" et une participation "bien supérieure à celle de 1999". Il est vrai que l'abstention avait alors battu tous les records avec 53,24%



Troupes américaines et milices chiites s'affrontent à Kerbala

 




radical Moktada Sadr se sont de nouveau affrontés jeudi matin aux abords des sanctuaires de Kerbala, ont annoncé des habitants de cette ville ns de Sadr ont pris d'assaut dans la nuit le commissariat central de police de Nadjaf, l'autre ville sainte chiite, où ils ont brièvement pris en otage le chef de la police et vidé l'armurerie, a annoncé jeudi la police. Les miliciens chiites sont partis à bord de trois véhicules de police à l'arrivée de dix chars américains, laissant sur place le chef de la psainte du Centre-Sud de l'Irak. D'autre part, une quarantaine de milicieolice après l'avoir menotté. Ils ont notamment fait main basse sur plusieursTroupes américaines et miliciens chiites de l'Armée du Mehdi de l'imam dizaines de fusils automatiques de type AK-47. /JLF



Perben réaffirme son hostilité au mariage homosexuel







Dominique Perben a réaffirmé son hostilité au mariage homosexuel et plaidé une nouvelle fois pour des "améliorations" au Pacs. "Tout débat est légitime mais, personnellement, je crois que c'est une erreur", a déclaré le ministre UMP de la Justice sur Radio-Classique. "Je suis contre le mariage gay, d'autant plus qu'il y a un contrat qui a été mis en place, le Pacs, sur lequel nous pouvons peut-être apporter des améliorations", que ce soit "en matière fiscale" ou concernant les "obligations réciproques", a précisé le garde des Scea
ux. Dominique Perben a une nouvelle fois condamné l'initiative du maire Verts de Bègles, Noël Mamère, qui compte célébrer un mariage entre deux homosexuels le 5 juin. "Lorsque M. Mamère indique que la loi est floue et qu'on verra bien ce que diront les juges, il dit quelque chose d'inexact puisque la loi est parfaitement claire. Le Code civil prévoit que l'officier d'état civil doit demander au mari et à la femme s'ils consentent à s'épouser, le sens est suffisamment clair pour qu'il n'y ait pas de doute. Tout officier d'état civil doit refuser de marier deux personnes du même sexe", a insisté le ministre. "Donc, M. Mamère sait très bien que le projet de mariage qu'il a prévu, qui sera sans doute un coup médiatique, sera de toute façon un acte nul et le juge sera amené à annuler ce mariage", a-t-il ajouté. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a annoncé mardi son intention de déposer "sans doute à l'automne" une proposition de loi instituant un mariage civil, quel que soit le sexe des contractants. D'autres dirigeants du PS, parmi lesquels Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë, ont pris position pour la légalisation du mariage homosexuel. Ségolène Royal, ancienne ministre PS de la famille, a toutefois fait part de ses réticences, jugeant que "la famille et l'autorité sont des valeurs à conforter dans notre société".

Adoption définitive de la réforme du divorce au Parlement

 

mercredi soir le projet de loi de réforme du divorce présenté par le garde des Sceaux, Dominique Perben. L'Assemblée a entériné le texte mis au point par un commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat que la haute assemblée avait voté jeudi dernier. Le texte est donc définitivement adopté par le Parlement. Les groupes UMP et UDF ont voté pour alors que l'opposition de gauche s'est abstenue. "Le texte s'articule autour de trois axes", a expliqué le garde des Sceaux. "Notre législation du divorce doit être empreinte de pragmatisme et s'adapter aux réalités conjugales, elle doit favoriser un meilleur accompagnement des époux dans cette phase de transition, elle doit enfin mieux garantir les équilibres fondamentaux entre les parties". Le texte vise à limiter les procédures de divorces pour faute (40% des cas actuellement) aux seules affaires de violence conjugale et raccourcit les délais pour les autres procédures. Ainsi, le divorce "sur requête conjointe" ou divorce par consentement mutuel (47% des procédures actuellement) pourra être prononcé après une seule audience devant le juge, au lieu de deux aujourd'hui, sauf si les parties demandent une seconde délibération alors que le divorce "demandé par un conjoint et accepté par l'autre" (13% des procédures) ne reposera plus sur un double aveu des faits. Le divorce "pour altération définitive du lien conjugal" pourra être prononcé au bout de deux ans de séparation effective et non plus six années comme c'est le cas actuellement. Enfin, le texte réforme la prestation compensatoire afin d'alléger la gestion de la charge qui se transmet actuellement aux héritiers et qui n'est pas modifiable même si la situation du débiteur change. Un amendement du gouvernement précise que la prestation compensatoire fixée sous forme de rente "peut être révisée, suspendue ou supprimée en cas de chal'autre ngement important dans les ressources ou les besoins de l'une ou des parties".

Dominique de Villepin se dit "déterminé" à expulser les étrangers liés à la mouvance terroriste

Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin se dit "déterminé à recourir aux expulsions de ressortissants étrangers" aux propos "contraires aux valeurs de la République" ou "qui seraient liés à la mouvance terroriste". Dans un entretien publié jeudi par "Le Figaro", Dominique de Villepin affirme que "le bras de l'Etat doit être sans faiblesse", et explique qu'il est "déterminé à recourir aux expulsions de ressortissants étrangers qui tiendraient des propos de haine contraires aux valeurs de la République ou qui seraient liés à la mouvance terroriste". "Il est nécessaire d'éloigner les extrémistes étrangers qui n'ont pas leur place sur notre sol", affirme le ministre, qui défend notamment les expulsions décidées contre plusieurs imams radicaux. "Face à la menace, nous devons agir avec efficacité, mais sans précipitation", justifie-t-il. Dominique de Villepin répète qu'il est prêt à "modifier la loi" pour faciliter les décisions d'expulsions "pour motif terroriste". L'évolution de la loi ne remettra pas en cause "les fondements de notre Etat de droit", assure-t-il.

La CGT promet

"une grande mobilisation" sociale sur l'assurance-maladie

 

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault promet jeudi "une grande mobilisation" sociale pour peser sur la réforme de l'assurance-maladie, et annonce que son syndicat prépare "une journée nationale de manifestations" début juin. "Une grande mobilisation aura lieu", assure dans un entretien au "Parisien/Aujourd'hui en France" Bernard Thibault, qui déclare que son syndicat pourrait se mobiliser avec d'autres formations. "La perspective, c'est une journée nationale de manifestations dans les premiers jours de juin." Le syndicaliste demande au gouvernement l'ouverture d'une négociation sur l'assurance-maladie. Bernard Thibault exige notamment que la réforme ne soit pas focalisée sur la limitation des dépenses de santé, qui se traduirait, selon lui, par "un accroissement des inégalités face à la maladie

ROISSY

 

 

Le bilan de l'accident de Roissy est de "quatre victimes décédées et de trois blessés légers", a indiqué lundi matin le commandant des opérations de secours devant le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin arrivé sur les lieux du terminal 2E, mis en service il y a moins d'un an. Dimanche, un bilan faisait état de cinq personnes décédées. Le colonel des pompiers Frédéric Monard a expliqué au Premier ministre qu'au départ cinq personnes avaient été localisées. Mais, a-t-il indiqué, "la quatrième et la cinquième était une seule et même personne. Dans l'état actuel des choses, il y a quatre victimes et trois blessés légers", a-t-il dit. Au départ, a expliqué un autre sauveteur, les chiens avaient marqué cinq endroits différents, laissant penser qu'il y avait cinq corps. Mais, le corps de l'une des victimes avait en fait été sectionné. Le colonel Monard a précisé qu'un autre bilan serait communiqué d'ici à un heure après le dernier passage des chiens et des spécialistes de détection. Il a indiqué que 150 hommes avaient été mobilisés dès l'annonce de l'accident et qu'il en restait encore 50 sur place. Le plan rouge avait été rapidement déclenché la veille. Le Premier ministre, accompagné du préfet de Seine-Saint-Denis Michel Sappin et du secrétaire d'Etat aux Transports François Goulard, a pu constaté les débris à l'intérieur du terminal et s'est vu présenter les schémas de la zone d'effondrement. M. Raffarin, qui a passé une vingtaine de minutes sur place avant de partir pour l'Irlande pour un voyage officiel, a indiqué "être venu s'incliner à la mémoire des victimes de ce terrible accident". "Les pouvoirs publics sont mobilisés. Nous sommes très touchés par la cruauté de cet effondrement. Nous pensons évidemment aux familles des victimes et nous sommes très attentifs à toutes les enquêtes qui permettront de faire la vérité sur cet accident", a-t-il dit. Une information judiciaire pour homicides involontaires et blessures involontaires a été ouverte dès dimanche après-midi, a annoncé le procureur de la République de Seine-Saint-Denis, Jean-Paul Simonnot. Parallèlement, une enquête administrative doit débuter "dès lundi" sur les causes techniques de l'effondrement, a annoncé le président d'Aéroports de Paris (ADP), Pierre Graff. Le drame est survenu dimanche peu avant 07h00 : un pan d'environ 30 mètres sur 20 du toit de ce terminal ultra-moderne de l'aéroport de Roissy, inauguré l'été dernier, s'est écroulé pour une raison encore indéterminée, entraînant dans sa chute une passerelle située en dessous. Cette "jetée d'embarquement" s'est à son tour écrasée sur le tarmac, où étaient garés plusieurs véhicules. Parmi les victimes figurent un homme d'origine asiatique et une femme de nationalité tchèque. Parmi les blessés figurent une Chinoise et une Ivoirienne. Les causes de l'accident, survenu à un moment où l'affluence était limitée, n'étaient pas connues dimanche. "Rien n'indique qu'il s'agisse d'un attentat", a souligné le ministre des Transports, Gilles de Robien, qui s'est rendu sur place comme son homologue de l'Intérieur, Dominique de Villepin, et la secrétaire d'Etat aux Droits des victimes Nicole Guedj. En juin 2003, un incident avait retardé la mise en service du terminal, qualifié de "vitrine" et de "salle de prestige" dimanche par le président d'ADP, Pierre Graff. Le terminal, qui a coûté 750 millions d'euros à ADP, avait été mis en service avec une semaine de retard sur la date prévue car la commission de sécurité n'avait pas donné son agrément le 17 juin. ADP avait alors expliqué qu'un gros luminaire s'était détaché du plafond et s'était écrasé au sol juste au moment de la visite de cette commission d'ingénieurs, d'architectes et de pompiers. Le syndicat CGT de Roissy a dénoncé les pressions d'ADP et d'Air France pour ouvrir ce terminal à marche forcée. L'Unsa a fait de même. La Fédération des usagers des transports (FUT) a pour sa part annoncé son intention de se constituer partie civile. L'architecte Paul Andreu, qui a dessiné le terminal de l'aéroport de Roissy, s'est dit "bouleversé" et ne s'explique pas encore les raisons du drame. "Je suis bouleversé, j'écourte mon séjour ici, je rentre demain (mardi) à Paris", a déclaré lundi l'architecte français actuellement à Pékin pour le chantier du Grand Théâtre National. "Je n'ai pour l'instant aucun élément pour émettre une hypothèse sur la cause de l'accident", a ajouté M. Andreu qui a conçu le terminal ultra-moderne 2E. "Dès mon retour à Paris, je me mettrai à la disposition d'Aéroports de Paris pour qui j'ai dessiné cet ouvrage", a ajouté l'architecte, précisant que si la conception du terminal 2E de Roissy était "audacieuse", les matériaux utilisés n'avaient "rien de révolutionnaires".

 

"Fahrenheit 9/11", "le meilleur film" selon le jury

 

 

Le jury du 57e Festival de Cannes, après avoir attribué sa Palme d'or samedi à "Fahrenheit 911", le pamphlet anti-Bush de Michael Moore, a assuré dimanche avoir récompensé "le meilleur film de la compétition" et s'est défendu de tout acte politique. Ses huit jurés ont abondé dans son sens, mais l'actrice écossaise Tilda Swinton s'est implicitement contredite en déclarant qu'il "fallait rééquilibrer les choses par rapport aux médias" quant au traitement des attentats du 11 septembre et de la guerre en Irak. agrandir la photo Le jury a accueilli en soirée pour une projection de clôture Michael Moore qui brandissait sa Palme, sa femme et productrice Kathleen Glynn, et sa fille Natalie, ovationnés par les badauds. "Je suis très reconnaissant au Festival et à ce pays", a déclaré le cinéaste. Les quelque 2.300 spectateurs du grand théâtre Lumière l'ont ensuite applaudi debout. agrandir la photo La sortie française de "Fahrenheit 911" a été avancée d'octobre au 7 juillet, en même temps que la plupart des pays européens. Si le film trouve un distributeur américain, ce qui n'était toujours pas le cas dimanche, il sortira le 2 juillet aux Etats-Unis, premier jour du long week-end de la Fête nationale du 4 juillet, une des meilleures dates de l'année. Au lendemain de la remise du prestigieux trophée, les réactions étaient quasi unanimes: "Cannes défie Bush", "la politique passe avant l'art", titrait la presse mondiale. La Palme démontre que les Etats-Unis sont "un pays libre" où "chacun a le droit de dire ce qu'il veut", a d'ailleurs aussitôt réagi la Maison Blanche. La presse dominicale américaine rapportait la nouvelle de façon très factuelle, les principaux journaux reprenant la première réaction de Moore: "Qu'avez vous fait (...) je suis complètement écrasé". "La récompense accordée à Moore va au-delà du monde du cinéma et des paillettes", estimait le New York Times. Le jury au grand complet a justifié ses choix lors d'une conférence de presse, une première dans l'histoire du Festival. Nous avons récompensé "le meilleur film de la compétition", a déclaré son président américain Quentin Tarantino. "Si (Moore) avait fait un mauvais film, j'aurais été contre la Palme d'or". Il a toutefois déclaré que "Old Boy", qui a obtenu le Grand Prix du jury, "aurait très bien pu obtenir la Palme d'or". "C'était une course très serrée (...). Ce n'est pas un deuxième prix. A deux voix près, +Old Boy+ aurait pu gagner". Selon plusieurs sources, Tarantino s'est battu bec et ongles pour que la Palme aille à ce polar sud-coréen ultra-violent. Emmanuelle Béart a jugé que +Fahrenheit 9/11+ "n'est pas un film anti-américain mais un film qui parle de l'Amérique autrement, un vrai bon film". Quelques minutes après avoir reçu son trophée samedi, Michael Moore avait souhaité "remercier les acteurs" de son documentaire, à commencer par le président George W. Bush. Mordant, il a dit "espérer que personne ne lui annoncerait la nouvelle pendant que celui-ci mangeait un bretzel", rappelant une ancienne mésaventure du président américain qui avait failli s'étrangler. Ironie du sort, on apprenait quelques heures plus tard que George Bush avait été victime d'un léger accident de VTT. "Si on dit la vérité au peuple, la République sera sauve", a-t-il ajouté citant l'ancien président Abraham Lincoln, "un Républicain d'une autre trempe". Le trublion du cinéma américain a également indiqué avoir "le grand espoir que les choses changent". "Je ne suis pas seul. Il y a des millions d'Américains comme moi et je suis comme eux". Globalement, le palmarès du 57e Festival de Cannes a consacré le rôle de tribune politique joué cette année par la Croisette, de Sarajevo à l'Afghanistan en passant par la Maison Blanche et le Moyen-Orient. Le palmarès du 57e Festival de Cannes: - Palme d'or : "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore (USA - Grand Prix du jury : "Old Boy" de Park Chan-wook (Corée du sud) - Prix d'interprétation féminine : Maggie Cheung pour "Clean" (France) - Prix d'interprétation masculine : Yagira Yuuya pour "Nobody Knows" (Japon) - Prix de la mise en scène : Toni Gatlif pour "Exils" (France) - Prix du scénario : Agnès Jaoui/Jean-Pierre Bacri pour "Comme une image" (France) - Prix du jury : l'actrice Irma P. Hall (USA) et le film "Maladie tropicale" de Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande) - Palme d'or du court métrage : "Trafic" de Catalin Mitulescu (Roumanie) - Prix du jury du court métrage : "Flatlife" de Jonas Geirnaert (Belgique) - Caméra d'or : "Mon trésor", de Keren Yedaya (Israël)


Le prix du pétrole atteint de nouveaux records
par crainte d'une pénurie

Le prix du pétrole a atteint un nouveau record historique de clôture lundi à New York car les investisseurs doutent de la capacité de l'Opep à répondre à l'envolée de la demande mondiale et s'inquiètent des risques de pénurie. Le baril de brut s'est envolé de près de deux dollars (+1,79 USD) après être monté jusqu'à 41,82 dollars en séance, flirtant avec son record absolu de 41,85 dollars, atteint pendant les échanges électroniques il y a exactement une semaine. "Le marché craint une grave perturbation de l'approvisionnement. Il a peur que l'Arabie Saoudite ait joué toutes ses cartes" et n'arrive plus à suivre la demande, a indiqué Seth Kleinman, analyste de PFC Energy. L'Arabie Saoudite avait déjà donné un signal fort vendredi en annonçant qu'elle allait proposer aux autres membres de l'Opep d'augmenter la production du cartel de plus de 2 millions de barils par jour (mbj) et également d'ouvrir plus ses propres vannes pour faire baisser les prix. Les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), réunis presque au complet ce week end à Amsterdam, ont depuis clairement laissé entendre qu'ils augmenteraient leur plafond de production à la réunion du 3 juin au Liban. Ces messages clairs, répondant à l'appel pressant des pays industrialisés qui craignent pour la reprise économique, ont échoué à calmer la flambée des cours. "Une part de l'augmentation promise par les Saoudiens repose sur l'exploitation de nouveaux champs pétroliers, et cela ne peut se faire du jour au lendemain", juge Marshall Steeves, analyste de Refco. En outre, les investisseurs s'inquiètent de la sécurité des installations pétrolières, alors que la violence s'intensifie au Moyen-Orient et en particulier dans le royaume saoudien, premier producteur mondial. Les forces de sécurité saoudiennes ont saisi lundi une voiture piégée à Boureida, à 320 km au nord de Ryad. En Irak, un oléoduc transportant le pétrole brut des champs de Kirkouk (nord) vers le terminal turc de Ceyhan a de nouveaux été endommagé par une explosion criminelle. Mais le principal moteur de hausse des cours reste l'insuffisance des stocks d'essence aux Etats-Unis à l'orée de l'été, pic annuel de la consommation en raison des départs en vacances en voiture. L'essence a donc elle aussi battu un nouveau record lundi à 1,4578 dollar le gallon (3,78 litres), en hausse de 4,1 cents par rapport à sa clôture de vendredi. "Les raffineurs n'arrivent pas à répondre à la demande. Le fait que l'Opep augmente sa production ne résout pas ce problème", explique Marshall Steeves. Face aux besoins croissants des automobilistes américains, friands de grosses voitures très gourmandes en carburant, une loi sur la qualité de l'air toujours plus stricte sur les émissions de sulfures freine la production des raffineries américaines. L'arrivée de brut saoudien aurait d'autant moins d'effet qu'il contient un fort taux de sulfure et demande donc des efforts supplémentaires pour le mettre aux normes américaines. En outre, le marché américain de l'essence est très parcellisé. D'après Seth Kleinman, analyste de PFC Energy, "il y a plus de 20 types d'essence aux Etats-Unis", en raison de particularités réglementaires dans certains Etats. Pour Seth Kleinman, l'aspect hautement spéculatif du marché pétrolier explique aussi l'escalade des prix pétroliers. "De nombreux fonds d'investissements tablent sur une forte hausse de l'économie mondiale, et s'attendent à ce que les prix du brut atteignent les 50 dollars cet été. En achetant aux prix actuels, ils estiment donc qu'il y a beaucoup d'argent à gagner", conclut-il.


Mariage homosexuel:

publication des bans du mariage de Stéphane et Bertrand

 

 

Un officier d'état civil a affiché mardi les bans annonçant un mariage hors du commun à Bègles (Gironde): celui de Stéphane et Bertrand qui doit être célébré début juin par le député-maire (Verts) de la ville, Noël Mamère. L'initiative de l'élu Vert, condamnée par le gouvernement, a provoqué une polémique traversant tous les courants politiques. Le 5 juin, à 11 heures, Bertrand Charpentier, magasinier, et Stéphane Chapin, aide-soignant à domicile, domiciliés à Bègles, s'uniront au cours d'une cérémonie qui s'annonce particulièrement médiatique. "Nous nous aimons et nous avons envie d'être un couple normal", avaient déclaré les deux hommes, lundi, interrogé par RTL sur leur volonté d'officialiser leur union devant Monsieur le maire. Au début, Stéphane et Bertrand avaient l'intention de se "pacser". Mais quand ces deux Bèglais ont entendu sur une télévision bordelaise que Noël Mamère était prêt à marier des homosexuels, ils ont changé d'avis. Aujourd'hui, les deux amoureux ont quitté la région bordelaise pour échapper à la pression médiatique et ignorer la polémique. Les entretiens qui ont été diffusés sur des radios ou les portraits publiés dans des journaux ont été réalisés via un cabinet d'avocats parisien, qui croule sous les demandes d'interviews. "On est bien encadrés pour l'instant et la pression n'est pas encore là", ont-ils souligné. Le jour J, en revanche, risque d'être particulièrement stressant: le premier mariage gay français devrait attirer une foule de journalistes, de curieux mais aussi des militants de la cause homosexuelle. Le mariage sera en effet célébré le jour de la Gay pride bordelaise. On parle d'une délégation à Bègles de la Lesbian and gay pride, de la présence des inénarrables de "Soeurs de la perpétuelle indulgence", mouvement militant homosexuel, engagé dans la lutte contre le SIDA... Des élus Verts de Lyon ou de Paris devraient aussi être présents - au côté de Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, qui avait annoncé sa venue en Gironde - tant pour afficher leur volonté de procéder à leur tour à des mariages de personnes de même sexe que pour soutenir Noël Mamère. Depuis l'annonce du mariage de Stéphane et Bertrand, la mairie de Bègles est submergée de coups de téléphone, de mails et de courriers. Une centaine au total par jour, selon la mairie, des plus élogieux quant au "courage politique" de Noël Mamère - dont l'initiative provoque un véritable débat de société -, aux plus infâmes, "pas toujours anonymes", avec des propos "homophobes ou même scatologiques", a-t-on souligné à la mairie. Certains courriers sont même menaçants et ont incité le ministère de l'Intérieur à mettre en place autour de l'élu bèglais un service de protection rapprochée, jusqu'au lendemain du mariage. Reste que la publication des bans donne le coup d'envoi d'une bataille juridique entre le maire de Bègles, qui juge cette union parfaitement "légale", et la Chancellerie, décidée à en contester la légalité. Les regards se tournent donc vers le parquet général de Bordeaux, auquel le ministre de la Justice, Dominique Perben, a demandé de s'opposer à ce mariage. Le procureur de la République de Bordeaux n'a pas souhaité répondre mardi à l'AFP. Si M. Perben a souligné que "la loi proscrit les mariages homosexuels puisque le code civil français, d'une manière très claire, fait obligation aux maires qui marient de vérifier qu'il s'agit bien d'un mari et d'une femme", M. Mamère, de son côté, est bien décidé à aller jusqu'au bout.

 

La croissance est là" pour Jean-Pierre Raffarin

 

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé mercredi que "la croissance (était) là" avec une consommation "à plus de 2%". "On a des signes objectifs. Les Français sentent la croissance à peu près six mois après que nous la voyons dans les chiffres: c'est pour le second semestre 2004 que les Français verront ces résultats", a assuré Jean-Pierre Raffarin sur France-Inter. "Nous avons tout fait pour le retour de la croissance" avec aujourd'hui une croissance " à plus de 2%". Le chef du gouvernement constate que "la croissance est là, la reprise est là, l'emploi repart". Il a notamment cité "la consommation des ménages en produits facturés (qui) augmente de plus 1,5% en avril, c'est-à-dire plus de 3,5% depuis le 1er janvier".

Le procureur opposé au mariage homosexuel de Bègles

 

- Au lendemain de la publication des bans du mariage de Bertrand et Stéphane, le procureur de la République de Bordeaux a signifié mardi son opposition à cette union et a "fait interdiction" au maire (Verts) de la ville, Noël Mamère, de la célébrer "en (sa) qualité d'officier d'état civil". Dans un fax adressé mardi à la mairie de Bègles, le procureur de la République, Bertrand de Loze, indique qu'il a "pris l'initiative de former opposition à la célébration du mariage entre MM. Bertrand Charpentier et Stéphane Chapin, tous deux de sexe masculin, prévu en mairie de Bègles le 5 juin 2004". "En votre qualité d'officier d'état civil", poursuit le fax, "il vous est donc fait interdiction de célébrer le mariage annoncé ainsi qu'il est prévu à l'article 68 du code civil et, en cas de contestation, seul le tribunal de grande instance a qualité pour statuer sur une demande en main levée, selon l'article 177 du code civil". "Il importe qu'en tant que personne dépositaire de l'autorité publique, vous vous absteniez de toutes initiatives destinées à faire échec à l'exécution de la loi", conclut le procureur de la République. De source judiciaire, on indiquait que les deux homosexuels ont dix jours pour formuler une main levée, le tribunal devant alors se prononcer en urgence. Selon cette même source, si le maire de Bègles décidait malgré tout de célébrer l'union, le mariage ferait alors l'objet, par le procureur de la République, d'une demande d'annulation devant le tribunal de grande instance de Bordeaux. La publication des bans du premier mariage homosexuel en France a donc lancé comme prévu une bataille juridique entre le maire de Bègles, qui juge cette union parfaitement "légale", et la Chancellerie, qui en conteste la légalité. Rapidement après l'annonce par M. Mamère de son intention de marier deux personnes de même sexe, le ministre de la Justice, Dominique Perben, condamnant "une provocation médiatique" de la part de l'élu bèglais, avait souligné que "la loi proscrit les mariages homosexuels". "Aujourd'hui, la loi proscrit les mariages homosexuels puisque le code civil français, d'une manière très claire, fait obligation aux maires qui marient de vérifier qu'il s'agit bien d'un mari et d'une femme", avait-il dit. "Tout officier d'état-civil qui (...) procéderait à un mariage homosexuel commettrait une faute, une irrégularité. Ce mariage serait nul de droit", avait-il précisé. Toujours est-il qu'au-delà des aspects juridiques, l'initiative de M. Mamère a lancé un débat de société, alimenté par les prises de position de nombreuses personnalités politiques. Le président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ont-ils opposé une fin de non-recevoir aux partisans du mariage homosexuel mais ils ont proposé d'améliorer le pacte civil de solidarité (Pacs). Noël Mamère a annoncé le 11 mai que son groupe parlementaire déposerait rapidement une proposition de loi autorisant le mariage homosexuel. Le PS a aussi décidé "d'élaborer une proposition de loi sur le mariage homosexuel". Le président de la conférence des évêques de France, Mgr Jean-Pierre Ricard, a exprimé son "désaccord", un mariage homosexuel ne pouvant pas être placé, selon lui, "au même plan que l'union d'un homme et d'une femme". L'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin a également fait part de son opposition.

 

Journée nationale d'action des pompiers professionnels

 

 

Les 33.500 sapeurs-pompiers professionnels civils de France sont appelés à une journée nationale d'action jeudi par une intersyndicale CGT/FO/FASSP pour demander l'augmentation des bonifications liées à la reconnaissance de la dangerosité de leur métier. Cette intersyndicale a déposé la semaine dernière un préavis de grève pour jeudi dans tous les services départementaux de secours et d'incendie (SDIS). Ce préavis s'ajoute à la journée de rassemblements, prévus le même jour depuis le 23 avril, dans six grandes villes (Lille, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Rennes). agrandir la photo Mais cet appel devrait être diversement suivi puisque les quatre principales organisations représentatives des sapeurs-pompiers, dont la très puissante Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF, 30.000 pompiers professionnels civils), ont signé, le mercredi 19, un accord avec le ministère de l'Intérieur. Cet accord porte notamment sur l'abaissement de 30 à 25 ans de la durée des services publics exigée dans le calcul de la retraite. Cet accord, avait souligné la FNSPF, "comporte des avancées importantes" mais l'intersyndicale avait décidé de quitter la réunion devant l'"absence d'engagement formel (du ministre) sur la revendication majeure et légitime" sur "l'évolution des bonifications". Le ministre de l'Intérieur avait annoncé le 15 avril que la reconnaissance de la dangerosité du métier de sapeur-pompier figurerait dans le projet de loi sur la modernisation de la sécurité civile présenté au Sénat à la mi-juin. Le 25 février, 40 % des pompiers professionnels avaient fait grève en France pour protester contre ce projet le jour de son examen devant le conseil des ministres. Le 25 mars, plusieurs milliers de pompiers professionnels avaient manifesté à Paris et de vifs incidents avaient opposé dans le quartier de l'Opéra, à l'issue de la manifestation, plusieurs centaines d'entre eux aux forces de l'ordre. En France, il y a au total 236.600 sapeurs pompiers, dont 193.600 volontaires, 33.500 professionnels civils et 9.500 professionnels militaires (Brigade des sapeurs-pompiers de Paris avec 7.215 hommes et bataillon des marins-pompiers de Marseille avec 2.280 hommes).

Les syndicats d'EDF-GDF prévoient 80.000 manifestants à Paris

 

 

Les syndicats d'EDF-GDF organisent jeudi à Paris une manifestation nationale où ils prévoient "quelque 80.000" électriciens et gaziers pour dénoncer le changement de statut à EDF-GDF, avec le renfort de syndicats de la SNCF, mais aussi de la Snecma et d'Aéroports de Paris. Des délestages et coupures de courant ciblées sont également prévus, sur fond d'appels à la grève. 300 cars, 37 trains spéciaux venus de province: les manifestants ont rendez-vous à 11H00 place de la Bastille d'où ils rejoindront les Invalides, avec en tête de cortège Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO). Des délégations de cheminots sont annoncées ainsi que de la Snecma et d'Aéroports de Paris, deux entreprises dont le capital doit être ouvert prochainement. La CGT a annoncé qu'un "rendez-vous" de manifestants, usagers et élus serait organisé à l'issue de la manifestation pour "décider avec eux de la suite" à donner au mouvement. Mercredi soir, avant même la manifestation, le secrétaire général de la Fédération CGT de l'Energie, Frédéric Imbrecht, a annoncé à l'AFP "de nouvelles manifestations à la mi-juin au niveau des départements". C'est le 15 juin que le débat sur le projet de loi "relatif au service public de l'électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières" doit avoir lieu à l'Assemblée nationale. Les déclarations de Jacques Chirac, du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, du ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy martelant qu'"EDF et GDF ne seront pas privatisées" n'ont guère convaincu dans les entreprises. Les personnels d'EDF-GDF, promis au statut de sociétés anonymes conformément à un projet de loi débattu à l'Assemblée à partir de la mi-juin, s'opposent depuis des mois au changement de statut de leurs entreprises publiques, porte ouverte, selon eux, à la privatisation et synonymes à leurs yeux pour l'avenir de hausses de tarif, menaces pour l'emploi et l'indépendance énergétique.



Le PS à 29% selon BVA

Les listes soutenues par le Parti socialiste recueilleraient 29% des voix, soit 3 points de plus que la semaine précédente, contre 20% pour celles soutenues par l'UMP (inchangé), selon un sondage BVA pour Marianne à paraître lundi. Le Front national réunirait 13% des voix, sans changement par rapport au sondage paru le 10 mai. Les Verts obtiendraient 10% (inchangé) et l'UDF 9%, soit un point de moins. Viennent ensuite les listes LO-LCR avec 6% des intentions de vote (pas de changement), puis celles du MPF (Mouvement pour la France) de Philippe de Villiers avec 5% (un point de moins) et celles du PCF avec 4% (un point de moins). Les listes de CPNT (Chasse, pêche, nature et traditions) et du RPF (Rassemblement pour la France, de Charles Pasqua) recueilleraient chacune 2% des voix (sans changement). Sondage réalisé par téléphone les 11 et 12 mai auprès d'un échantillon (méthode des quotas) de 957 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

TETES DE LISTE EUROPEENNES FRANCE

TETES DE LISTE Voici une liste non exhaustive et provisoires des têtes de liste dans les huits circonscriptions régionales. Les listes sont déposées du 17 au 28 mai. La validation des candidatures doit intervenir le 30 mai.

ILE-DE-FRANCE Charles Pasqua (RPF) Francis Wurtz (PCF) Olivier Besancenot (LCR-LO) Marielle de Sarnez (UDF) Patrick Gaubert (UMP) Olivier Bidou (Vivre mieux avec l'Europe) Harlem Desir (PS) Alain Lipietz (Verts) Marine Le Pen

SUD-EST Jean-Charles Marchiani (RPF) Roseline Vachetta (LCR-LO) Thierry Cornillet (UDF) Françoise Grossetête (UMP) Cyprien Laurelli (Vivre mieux avec l'Europe) Manuela Gomez (PCF) Michel Rocard (PS) Jean-Luc Bennahmias (Verts) Patrick Louis (MPF) Aline Vidal-Daumas (CPNT) Jean-Marie Le Pen (FN) NORD-OUEST Patrice Hernu (RPF) Jacky Hénin

(Nord) Jean-Louis Bourlanges (UDF) Tokia Saïfi (UMP) Yves Butel (MPF) Françoise Pacaud (Vivre mieux avec l'Europe) Hélène Flautre (Verts) Henri Weber (PS) Carl Lang (FN)

EST Pierre Monzani (RPF) Pierre Moscovici (PS) Fabienne Pourre (PCF) Jean-Thomas Nordmann (UDF) Joseph Daul (UMP) Antoine Waechter (MEI) Claude Ballan (Vivre mieux avec l'Europe) Marie-Anne isler Beguin (Verts) Christiane Nimsgern (LO) Nathalie Griesbeck (CPNT) Jean-Louis Millet (MPF) Bruno Gollnisch (FN)

OUEST Patrick Le Hyaric (PCF) Marie Hélène Aubert (Verts) Roselyne Bachelot (UMP) Philippe de Villiers (MPF) Bernard Poignant (PS) Thomas Bidou (Vivre mieux avec l'Europe) Fabrice Sanchez (CPNT) Philippe Morillon (UDF)

SUD-OUEST William Abitbol (RPF) Alain Krivine (LCR-LO) Jean-Marie Cavada (UDF) Gérard Onesta (Verts) Alain Lamassoure (UMP) Véronique Miraton (Vivre mieux avec l'Europe) Cathy Polo (PCF) Kader Arif (PS) Robert Lafitte (CPNT) Cécile Rasquin (MPF) William Abitbol (RPF) Jean-Claude Martinez (FN)

MASSIF CENTRAL-CENTRE Jean-Pierre Marchand (RPF) Janelly Fourtou (UDF) Brice Hortefeux (UMP) Nicole Gaudry (Vivre mieux avec l'Europe) Daniel Geneste (PCF) Catherine Guyquint (PS) Dominique Normand (Verts) Annie Leclerc (LCR) Françoise Lavergne (CPNT) Guillaume Peltier (MPF) Jean Verdon (FN) DOM-TOM Jean Jean-Joseph (RPF) Margie Sudre (UMP) André Fages (Vivre mieux avec l'Europe) Harry Durimel (Verts) Huguette Fatna (FN)

 

Résultats des élections européennes de 1999

 

RESULTATS 99 En 1999, la liste de François Hollande est arrivée en tête avec près de 22% des voix, devant celle de Charles Pasqua (13,05%). La liste menée par Nicolas Sarkozy était arrivée en troisième position.

Inscrits : 40.132.517 - Votants : 18.766.155 (46.76%) - Exprimés : 17.647.172 (43.97%) - Abstention : 53.24%

Liste F. HOLLANDE (PS/PRG/MDC) : 3.874.231 voix - 21.95% - 22 sièges Liste

C. PASQUA (RPF-IE) : 2.304.544 voix - 13.05% - 13 sièges Liste N.

SARKOZY (RPR/DL) : 2.263.201 voix - 12.82% - 12 sièges Liste D.

COHN-BENDIT (Les Verts) : 1.715.729 voix - 09.72% - 09 sièges Liste

F. BAYROU (UDF) : 1.638.999 voix - 09.28% - 09 sièges

Liste R. HUE(PCF) : 1.196.491 voix - 06.78% - 06 sièges

Liste J. SAINT-JOSSE (CPNT) : 1.195.863 voix - 06.77% - 06 sièges

Liste J.-M. LE PEN (Front National) : 1.005.285 voix - 05.69% - 05siège

Liste A. LAGUILLER (LO/LCR) : 914.811 voix - 05.18% - 05 sièges

La campagne des élections européennes toujours entre parenthèses

 

A quinze jours du scrutin, la campagne pour les élections européennes du 13 juin semble toujours entre parenthèses en France, un climat qui laisse présager une forte démobilisation de l'électorat. Pour expliquer cette "non-campagne", les analystes avancent l'absence de débat de fond, le nouveau mode de scrutin et la discrétion des grands médias, comme si la consultation était reléguée en seconde division. "Une élection sans campagne, un scrutin éclaté sans réalité territoriale, des leaders locaux inconnus, un message de sanction gouvernementale déjà envoyé il y a deux mois: toutes les conditions sont réunies pour faire des européennes du 13 juin un nouvel exemple de forte démobilisation", écrit Jean-Luc Parodi, de l'Ifop, dans Le Journal du dimanche (JDD). En dépit de ces obstacles, près de 50% des électeurs ont pourtant l'intention d'aller voter, selon les sondages. Ils ont d'autant plus de mérite, souligne le JDD, que certains des problèmes qui engagent l'avenir de l'Europe ne seront réglés qu'après le vote du 13 juin. On demande ainsi aux électeurs d'élire leurs députés européens avant même de savoir quelle sera la nouvelle constitution européenne. Pour les deux grands partis, l'UMP et le Parti socialiste, les grandes manoeuvres en vue de la présidentielle de 2007 ont largement pris le pas sur les enjeux européens. Toutefois, le PS, prudent, a renoncé à transformer le scrutin en troisième tour des régionales et appelle, contrairement à l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, à un "vote utile" et non plus à un "vote sanction". La majorité semble pour sa part miser sur l'émiettement sur les petites listes pour empêcher toute lecture du scrutin, qu'une partie de la gauche voudrait pourtant transformer en troisième tour de régionales. BAYROU ET DE VILLIERS EN HAUSSE En attendant, les ténors s'opposent ou s'agitent sur les questions domestiques : l'avenir du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, les chances du ministre des Finances Nicolas Sarkozy, l'éventuel retour de Lionel Jospin qui sème l'émoi au PS, la réforme de la Sécu, le changement de statut d'EDF et le mariage homosexuel. Autre frein, aucune des grandes chaînes de télévision - à l'exception du câble - ne propose d'émissions spéciales en début de soirée. Cet attentisme pourrait se retourner contre les grands partis, à en croire deux récents sondages. Même si le PS reste largement en tête des intentions de vote, devant l'UMP, les deux formations censées constituer les pôles du bipartisme sont en sérieuse perte de vitesse. Selon une enquête BVA pour l'hebdomadaire Marianne, elles recueillent moins de la moitié des intentions de vote avec respectivement 28% et 19%. Dans un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche, le PS est crédité de 25% mais perd trois points en cinq semaines et l'UMP en chute libre n'obtient que 17% des intentions de vote. Or, les listes qui progressent dans les deux enquêtes sont celles qui parlent de l'Europe, en bien ou en mal: l'UDF de François Bayrou (10% à 11% selon les sondages) et les listes souverainistes de Philippe de Villiers (6 à 7%). Toutefois, même avec le renfort du RPF de Charles Pasqua, Philippe de Villiers reste en dessous de "l'exploit" d'il y a cinq ans (13%). Dans la difficile recherche d'un vainqueur, au soir du 13 mai, les Verts (7%) ou le Front national (12%) semblent pour l'instant loin de leurs meilleurs scores. "Dès lors, qui peut profiter de cette consultation opaque ?", se demande Jean-Luc Parodi. Le directeur de recherche à l'Ifop cite éventuellement l'extrême gauche, si l'abstention ne démobilise pas ses partisans, l'UDF qui, même à un niveau limité, serait proche de ses meilleurs scores, et le PS qui, s'il ne continue pas à baisser, atteindrait son meilleur niveau européen.



Le moral des ménages s'est dégradé en mai

 

La confiance des ménages s'est dégradée en mai où l'indicateur résumé s'est établi à -23 (contre -20 confirmé en avril), les perspectives d'évolution du chômage se détériorant nettement, selon l'enquête de conjoncture publiée vendredi par l'Insee. Ce résultat est moins bon que ne l'attendaient les économistes interrogés par Reuters dont le consensus prévoyait un indicateur résumé stable à -20 comme en avril. "Après une amélioration au mois d'avril, les perspectives d'évolution du chômage se détériorent sensiblement en mai" souligne l'Insee dans un communiqué, le solde CVS (NYSE: CVS - actualité) pour cette composante passant de 39 en avril à 60 en mai. Les ménages se déclarent aussi moins confiants sur l'évolution de leur niveau de vie future, le solde relatif à cette composante passant de -22 à -30. Le solde relatif à l'évolution passée du niveau de vie diminue plus légèrement (-55 contre -54). L'opinion des ménages sur l'évolution future de leur situation financière se détériore aussi nettement, le solde correspondant passant de +4 à -1. En revanche, les ménages estiment que l'évolution passée de leur situation financière s'est améliorée. Leur opinion sur l'opportunité d'acheter fléchit elle aussi. Ils se montrent aussi moins enclins à épargner même s'ils indiquent que leur situation financière personnelle est restée stable au mois de mai. Les ménages ont ressenti moins d'inflation en mai. Ils estiment toutefois que cette tendance devrait s'inverser

Un jeune se présente à la police après la mort d'une femme

tuée par balle dans l'Essonne

 

Un jeune homme a été placé en garde à vue dans l'enquête sur le décès d'une femme d'une trentaine d'années mortellement blessée par balle dimanche après-midi dans le quartier du Champtier du Coq, à Evry (Essonne), a-t-on appris lundi de source judiciaire. Le jeune "majeur", âgé de 18 ans, s'est "constitué prisonnier" au commissariat de la ville dans la nuit, se présentant comme l'auteur du coup de feu mortel. Placé en garde à vue, il devrait être présenté au parquet d'Evry mardi matin. Il s'agit d'une "sombre histoire de cyclomoteur", a-t-on expliqué de source judiciaire, en soulignant que la défunte avait été victime d'une balle perdue lors d'une altercation entre deux individus. Au moins deux coups de feu sont partis dimanche vers 15h30, et outre le tir mortel, l'individu auquel s'opposait l'auteur des tirs a été blessé par balle à la jambe, a-t-on précisé de même source. Après s'être présenté au commissariat, le jeune homme a expliqué qu'il avait acheté et même payé un cyclomoteur à l'individu sur lequel il a fait feu. Le 'vendeur' l'aurait appelé pour lui dire qu'il ne pouvait finalement pas lui livrer le cyclomoteur dans la mesure où l'engin avait été entre-temps volé. Le ton serait monté et les deux jeunes auraient commencé à s'invectiver et à s'injurier. L"acheteur', en possession d'une arme de poing fort calibre se trouvait en surplomb par rapport à celui qu'il visait: il a touché le 'vendeur' et ce dernier, blessé à la jambe, est parti dans un véhicule appartenant à un parent. Une jeune femme d'une trentaine d'années a, elle, été mortellement touchée au thorax dans un autre coup de feu. Elle est décédée en dépit de l'intervention rapide du Samu et aucun lien quelconque n'a été établi entre la victime et les assaillants. L'enquête a été confiée à la Direction régionale de police judiciaire (DRPJ) de Versailles (Yvelines). De sources judiciaires, on souligne que le Champtier du Coq est un quartier habituellement calme.

 

Le président Bush, sur la tombe du soldat inconnu, remercie les boys

 

Le président George W. Bush a rendu hommage lundi aux soldats morts en Irak et en Afghanistan, dont le bilan s'aggrave quotidiennement, après avoir déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu au cimetière militaire d'Arlington à l'occasion du Memorial Day. A l'occasion de ce jour férié dédié à la mémoire des soldats américains morts au combat, il a salué leur courage qui rend "l'Amérique plus sûre". "L'Amérique est toujours partie en guerre à contrecoeur, car nous connaissons les coûts de la guerre", a-t-il dit. "Et la guerre contre le terrorisme que nous menons aujourd'hui apporte des coûts importants". "Depuis que notre notre nation a été attaquée, nous avons vu le caractère des hommes et des femmes qui portent l'uniforme de notre pays dans des endroits comme Kaboul et Kandahar (Afghanistan), Mossoul et Bagdad (Irak), nous avons vu leur droitesse et leur esprit courageux", a-t-il ajouté, en référence aux conséquences des attentats du 11 septembre 2001. Le président Bush, visiblement ému, a évoqué plusieurs soldats tués récemment en Irak ou en Afghanistan, lisant des passages de lettres envoyées à leurs proches. Il a cité une lettre du sergent Michael Stack, qui explique son engagement militaire: "Maman, je pars parce que je crois à ce que je fais. Si je ne reviens pas, nous nous retrouverons dans un endroit meilleur", a lu M. Bush. Avant son discours, le président avait écouté l'hymne national, la main sur le coeur, et déposé une couronne de fleurs sur la tombe du soldat inconnu, sous un ciel lourd et une pluie fine. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le chef d'état-major interarmées, le général Richard Myers, étaient présents à la cérémonie solennelle. M. Rumsfeld a été applaudi de façon soutenue, et le président Bush s'est même levé pour rejoindre les applaudissements. Quelques instants plus tard, M. Bush l'a chaleureusement remercié pour le "leadership" dont il fait preuve en tant que secrétaire à la Défense. Cette cérémonie marque la fin d'un week-end consacré aux anciens combattants, après l'inauguration en grande pompe samedi d'un monument dédié aux plus de 400.000 Américains morts pendant la Deuxième guerre mondiale, en plein centre de Washington. John Kerry, l'opposant démocrate de M. Bush à l'élection présidentielle de novembre, s'est rendu lundi matin au mémorial de la guerre du Vietnam, dont il est lui même un ancien combattant. "C'est le symbole même de l'esprit américain, que des soldats citoyens soient prêts à faire ce qu'il faut pour vivre selon nos valeurs", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Et c'est pour ceux qui ont combattu et ceux qui se battent aujourd'hui qu'il est temps de faire ce qu'il faut pour construire une Amérique qui est de nouveau respectée dans le monde", a-t-il ajouté. Plus de 800 soldats américains sont morts en Irak depuis le lancement de la guerre en mars 2003, et 122 militaires en Afghanistan depuis l'automne 2001.

Européennes: ouverture de la campagne officielle

La campagne officielle pour les élections européennes du 13 juin est officiellement ouverte lundi, la campagne audiovisuelle devant durer dix jours. Nouvelle échéance importante pour le gouvernement après son échec aux régionales, les élections européennes seront aussi l'occasion d'un débat entre europhiles et eurosceptiques, représentés par près de 170 listes, à l'heure d'une Europe élargie à 25. Inquiets d'une poussée de l'abstention, les pouvoirs publics ont lancé lundi, simultanément avec l'ouverture de la campagne officielle d'affichage et de diffusion de spots radio-télévisés, une campagne d'incitation au vote par voie d'affiches, d'annonces dans la presse régionale et sur internet. En effet, le risque d'une désaffection face à cette élection est réel : moins d'un Français sur deux s'était déplacé lors du précédent scrutin en 1999. Et selon l'eurobaromètre réalisé en février-mars, seulement 34% des Européens (chez les 15 "anciens") sont sûrs d'aller voter (36% pour la France). 168 listes sont en compétition en France pour envoyer 78 députés à Strasbourg, au lieu de 87 en 1999. Un seul membre du gouvernement, Tokia Saïfi, et une poignée de ténors se sont lancés dans la bataille : Charles Pasqua (RPF, 77 ans), Philippe de Villiers (MPF, 55 ans), Jean-Marie Le Pen (FN, 75 ans), Arlette Laguiller (LO, 64 ans), Michel Rocard (PS, 73 ans), notamment. En lice aussi quelques anciennes ministres telles Roselyne Bachelot (UMP), Margie Sudre (UMP) et Corinne Lepage (Cap 21), ou encore l'acteur Bernard Menez, l'ancien président de Radio France Jean-Marie Cavada et le rameur solitaire Jo Le Guen. Tout l'éventail, de l'extrême gauche avec les listes LO-LCR, à l'extrême droite avec les frères ennemis FN et MNR, est présent. A ces partis traditionnels, s'ajoutent quelques mouvements récents ou d'audience plus modeste, comme "La France d'en bas", le Rassemblement des Contribuables Français de Nicolas Miguet, "Vivre mieux avec l'Europe", issu du milieu associatif, Europe démocratie Esperanto, pour la promotion de l'esperanto, ou "Automobiliste vache à lait", présent seulement dans la circonscription de l'Est. Selon les sondages (BVA, IFOP, SOFRES, CSA et IPSOS) des dernières semaines, le score des formations de gauche (PS, PCF, Verts, PRG) se situe entre 37 et 45% des intentions de vote, tandis que celui de la droite (UMP, UDF, RPF, MPF) et de CPNT oscillerait entre 34,5 et 45%. L'extrême droite obtiendrait de 13 à 15%, contre 5 à 6,5% pour l'extrême gauche (LO-LCR et Parti des travailleurs). Echaudée par sa déroute aux régionales de mars, la droite, et plus particulièrement l'UMP, est sur la défensive pour cette dernière échéance électorale avant les scrutins de 2007. D'où l'appel gouvernemental à une mobilisation et une présence médiatique plus marquée que lors des régionales. Un nouveau revers mettrait Jean-Pierre Raffarin en position délicate, même si comme en mars, il affirme ne pas lier son sort aux résultats. Le PS en tout cas entend bien surfer sur la vague du mécontentement pour faire du 13 juin le "troisième tour" des régionales. Il invite les électeurs à adresser à nouveau un "message au pouvoir". L'UDF et les Verts insistent sur leurs convictions européennes. La première veut utiliser son temps d'antenne pour faire de "la pédagogie sur l'Europe puisque personne ne la fait". Quant aux Verts, ils misent résolument sur la dimension transnationale du scrutin en défendant une plate-forme commune avec leurs homologues des autres pays de l'Union. Le débat entre europhiles et eurosceptiques s'ajoute aux clivages politiques habituels, les uns dénonçant l'UE comme une atteinte à la souveraineté nationale (RPF, MPF et FN notamment), les autres la louant pour les avantages qu'elle procure (l'UDF notamment), tandis que certains (PCF et extrême gauche) stigmatisent son caractère trop libéral. En toile de fond, se développe la discussion autour de l'adoption de la constitution (referendum ou voie parlementaire) et de l'éventuelle entrée de la Turquie.

A l'assaut de la "Forteresse Europe", le 6 juin 1944

 

Le 6 juin 1944 à l'aube, les premières vagues d'assaut touchent le rivage normand. Lorsque le "jour le plus long" s'achève, plus de 155.000 soldats alliés ont établi quatre têtes de pont en France. Pendant des mois, les Alliés ont multiplié les manoeuvres d'intoxication pour tromper l'état-major allemand. Avec succès: l'Abwehr, le service de renseignement de la Wehrmacht, estime au printemps 1944 à plus de 70 divisions, dont huit aéroportées, les forces rassemblées en Grande-Bretagne. C'est le double de la réalité. Aussi, quand le débarquement débute en Normandie, la Wehrmacht hésite à engager toutes ses forces. Elle s'attend à une autre opération d'envergure plus au nord, en baie de Somme ou dans le Pas-de-Calais, menée par une armée qui en fait n'existe pas. Pourtant, depuis mai, Hitler et certains de ses généraux pensent de plus en plus que l'invasion de la "Forteresse Europe" débutera en Normandie. Pour le maréchal Erwin Rommel, chargé de la défense des côtes, il faut à tout prix repousser les Alliés sur les plages, en raison de l'écrasante supériorité aérienne alliée qui rend difficile l'acheminement des renforts allemands. D'autres chefs militaires, comme le commandant suprême à l'Ouest, le général Gerd von Rundstedt, contestent cette thèse et préconisent de laisser l'ennemi s'engager dans les terres pour le prendre ensuite dans une nasse et l'écraser. "UNE LANGUEUR MONOTONE" Entre ces deux conceptions, une solution bâtarde est adoptée: le 84e corps d'armée du général Erich Marcks est renforcé par la 91e division d'infanterie, un régiment de parachutistes, et la 352e division envoyée près de Bayeux. Mais d'excellentes divisions blindées sont déployées dans l'arrière-pays, comme la 12e Panzer SS "Hitlerjugend" et la Panzer-Lehr. Le mauvais temps qui règne sur la région début juin persuade les Allemands que rien n'est à craindre pour les jours à venir. Rommel part en permission en Allemagne, Sepp Dietrich, patron du groupe blindé SS, est à Bruxelles. Le 5 au soir, la BBC diffuse le vers de Verlaine "blessent mon coeur d'une langueur monotone" qui annonce à la Résistance l'imminence du débarquement. Un millier d'opérations de sabotage seront menées durant la nuit en France. Peu après minuit, trois divisions aéroportées touchent le sol normand: la 82e et la 101e américaines à l'ouest du front d'invasion, dans la région de Sainte-Mère-Eglise, la 6e division britannique à l'est, sur la rive droite de l'Orne. Ces 24.000 hommes sont le plus souvent largués loin des points prévus. Certains se noient en mer ou dans les marais. Des groupes isolés vont errer parfois pendant des jours dans les lignes allemandes, en profitant pour y semer la confusion. Au nord de Caen, 200 Britanniques amenés par six planeurs réussissent à prendre les deux ponts de Bénouville afin de protéger le flanc est du front. En mer, 7.000 navires, avec à leur bord plus de 155.000 hommes des troupes d'assaut et 100.000 marins, se dirigent vers les côtes normandes. C'est l'opération Neptune. DRAME À OMAHA Après d'intenses bombardements navals et aériens, la flotte d'invasion met à l'eau les barges de débarquement. A partir de 06h30, les opérations vont se succéder d'ouest en est sur les plages, selon l'heure de la mi-marée - A Utah et Omaha d'abord, les plages américaines, puis sur les plages du secteur britannique plus à l'est, Gold, Juno et Sword. Cinq divisions sont engagées. Les Allemands, qui s'attendaient à un débarquement à marée haute, avaient hérissé les plages d'obstacles minés destinés à détruire les barges. Mais l'opération à mi-marée rend inutiles la plupart de ces dispositifs, le reste étant neutralisé par les chars spécialisés débarqués avec les premières vagues d'assaut. A Utah, les Américains ne rencontrent pratiquement pas de résistance. A l'est du front d'invasion, Britanniques et Canadiens bousculent les défenses de la 716e division d'infanterie allemande et pénètrent de 6 à 8 kilomètres à l'intérieur des terres. Mais à Omaha, la situation est catastrophique. Les Américains se heurtent à la farouche résistance de la 352e division d'infanterie allemande. Les blindés spécialisés, si efficaces sur les autres plages, n'ont pas pu aborder. Les GI's se retrouvent pris sous un feu d'enfer. La plage devient "Omaha la sanglante". Après un nouveau bombardement naval, ils parviennent cependant en début d'après-midi à se dégager et à pénétrer un peu dans les terres. Au prix de 2.500 tués. Au soir du 6 juin 1944, les Britanniques tiennent une bande longue de 35 km et profonde de 11 à 15 km. A Omaha, la situation des Américains n'est guère brillante mais les Allemands n'ont pas amené de renforts et l'arrivée des réserves à Utah permettra de sauver la situation. Les pertes alliées lors du "jour le plus long" s'élèvent à 10.800 hommes, dont 3.500 morts. Mais Rommel a perdu la partie. •

D-Day: un 60e anniversaire
consensuel dans un monde tendu

 

Confrontés à leurs propres divergences dans un contexte international tendu, anciens alliés et ennemis de la Seconde Guerre mondiale ont célébré dans la gravité dimanche le 60e anniversaire du Débarquement en exaltant leurs valeurs communes de tolérance face à l'obscurantisme. "Face aux dangers du temps et du monde, ce monde où la violence et la haine enflamment trop souvent les hommes et les peuples, le message des héros de ce 'Jour le plus long', le flambeau que nos pères ont porté si haut et qu'ils nous ont transmis sont notre héritage commun", a déclaré Jacques Chirac. Sous le ciel bleu de la Normandie, bien loin du mauvais temps qui prévalait le 6 juin 1944 et des nuages qui se sont amoncelés ces derniers temps à l'horizon international, la vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement invités ont tous insisté sur ce qui les unit, et tu ce qui les divise. Lors d'une cérémonie commune avec le président français au cimetière américain de Colleville, George W. Bush a soigneusement évité d'établir, comme il l'avait fait il y a quelques jours aux Etats-Unis, un parallèle, décrié en Europe, entre le combat pour la liberté des GIs de 1944 et celui mené aujourd'hui par l'armée américaine en Irak. La veille, à Paris, les présidents américain et français avaient tenté d'amorcer un rapprochement de circonstance sur la question irakienne, sans toutefois parvenir à gommer leurs divergences fondamentales. Sur les côtes normandes, George W. Bush a estimé que l'alliance forgée entre les Etats-Unis et l'Europe lors du dernier conflit mondial demeurait "forte et nécessaire". UNE RECONCILATION FRANCO-ALLEMANDE "EXEMPLAIRE" Si le besoin s'en faisait sentir, "l'Amérique recommencerait pour ses amis" une autre opération Overlord, a-t-il assuré, sans mentionner la présence en Normandie de Gerhard Schröder, premier chancelier allemand invité aux célébrations. Jacques Chirac a salué au contraire "l'exemplarité" de la réconciliation franco-allemande et a souligné qu'"il n'y a pas d'avenir dans la haine". "Alors que nous commémorons ces moments décisifs de notre histoire, j'ai souhaité que l'Allemagne se souvienne avec nous de ces heures où l'idéal de liberté a de nouveau soufflé sur notre continent", a déclaré le président français lors de la cérémonie internationale à Arromanches, point d'orgue de près de vingt commémorations officielles réparties sur la côte, entre Deauville et Utah Beach. Lors d'une cérémonie franco-allemande prévue en fin de journée au Mémorial de la paix de Caen, Gerhard Schröder, qui n'avait que deux mois au moment du Débarquement, devait mettre en exergue la "conscience allemande" face à la barbarie nazie et souligner que nombre d'Allemands avaient aussi été victimes de la dictature hitlérienne. A deux reprises, à Colleville, puis à Arromanches, Jacques Chirac a insisté sur la dette contractée il y a 60 ans par la France, et par l'Europe en général, vis-à-vis des Etats-Unis. "La France n'oubliera jamais ce qu'elle doit à l'Amérique, son amie et son alliée de toujours. Elle mesure, aujourd'hui comme hier, toute la force, toute l'exigence de ce lien ancien fait d'amitié, de valeurs partagées, de confiance et de respect mutuel", a dit le président français. LES VETERANS VOLENT LA VEDETTE "Elle (la France) sait, comme tous les pays d'Europe, combien l'Alliance atlantique, forgée dans l'épreuve, demeure, face aux menaces nouvelles, un élément fondamental de notre sécurité collective", a-t-il souligné, jettant un voile pudique sur les tensions nées entre de Gaulle et les Etats-Unis lors du 20e anniversaire, en pleine crise franco-américaine, et sur le fossé qui sépare actuellement les Etats-Unis d'une partie de l'Europe. A Arromanches, devant les vestiges du port artificiel construit peu après le Débarquement, Jacques Chirac a évoqué un à un les pays ayant participé à la plus grande opération militaire de tous les temps. "Au coeur des ténèbres, tous ces combattants de la liberté ont subi la même épreuve (...) Cette épreuve que subissaient aussi, sur le front de l'Est, les héroïques soldats de l'Armée rouge, qui (..) avaient ouvert la voie et progressaient de façon irrésistible", a ajouté Jacques Chirac devant le président russe Vladimir Poutine, présent lui aussi pour la première fois aux cérémonies normandes. Les deux hommes devaient se retrouver dans la soirée pour un dîner. Mais tout au long de ce week-end, les véritables vedettes aux yeux du million de visiteurs présents sur les côtes ont été les anciens combattants. Choyés, honorés, applaudis avec ferveur, ces octogénaires, signant force autographes, ont raconté mille fois leur aventure à un auditoire jamais rassasié et conscient que ce 60e anniversaire était pour certains vétérans le dernier pélerinage sur les lieux de leurs actes debravoure et de leur souffrance.

Européennes:

risques d'abstention et de déconvenue pour Raffarin

 

Comme dans nombre d'autres pays de l'Union, les élections européennes du 13 juin risquent d'être marquées en France par un fort taux d'abstention et pourraient entraîner une nouvelle déconvenue pour la majorité et le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. "Il n'y a pas seulement une abstention d'indifférence mais aussi une abstention protestataire. Dans plusieurs pays, dont la France, elle s'annonce même comme le principal geste protestataire de ce scrutin", a souligné la semaine dernière Pascal Perrineau, directeur du Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof). Les derniers sondages indiquent que le nombre de votants risque de ne pas dépasser la barre des 50% dimanche prochain. Le nombre de listes en présence - 168 au total représentant 41 partis et mouvements - ne devrait pas faciliter le choix des électeurs. Pour l'UMP, encore sous le choc de la déroute des régionales, les enjeux sont moindres qu'en mars, un nouveau remaniement gouvernemental étant peu probable avant l'été et l'achèvement de la réforme de l'assurance-maladie, deuxième grand chantier du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, après les retraites. Le parti majoritaire, qui semble s'accorder un répit avant la bataille qui va s'engager pour la succession d'Alain Juppé à sa présidence, au congrès de novembre, compte juste dépasser le maigre score de la liste conduite par Nicolas Sarkozy aux européennes de 1999. RAFFARIN EN MEETING A PARIS JEUDI SOIR "A 14%, c'est une victoire. A 15%, un triomphe. A 16%, c'est l'extase et, au-delà, je ne connais pas", a déclaré François Baroin, secrétaire général délégué de l'UMP. En 1999, la liste emmenée par Nicolas Sarkozy et Alain Madelin n'avait obtenu que 12,8% des voix, contre plus de 13% pour celle de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers, et 9,7% pour celle de François Bayrou. Pour la dernière semaine de campagne, Jean-Pierre Raffarin a prévu de participer à une réunion publique à Paris, jeudi soir, aux côtés d'Alain Juppé. Le populaire ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, candidat potentiel à Matignon et à la présidence de l'UMP, sera la veille au soir à Clermont-Ferrand pour soutenir son lieutenant, Brice Hortefeux. Si les listes des souverainistes Charles Pasqua et Philippe de Villiers ne semblent pas devoir menacer vraiment l'UMP le 13 juin, l'UDF de François Bayrou devrait pouvoir jouer sa carte. La formation centriste, très européenne, est créditée en moyenne de 11% des suffrages. Quant à la gauche, elle espère transformer l'essai des régionales mais aborde le scrutin européen dans une posture plus difficile, socialistes, communistes, Verts et radicaux présentant des listes séparées. Le Parti socialiste peut toutefois espérer dépasser son score des européennes de 1999 - 21%. Prudents, les socialistes ont renoncé à transformer le scrutin en troisième tour des régionales et appellent désormais à un "vote utile" et non plus à un "vote sanction". A l'extrême gauche, les listes LO-LCR comptent rivaliser avec le Parti communiste tandis que le Front national d'extrême droite espère ne pas être pénalisé par la présence des listes souverainistes de droite.


L'Amérique nostalgique de l'ère Reagan

 


L'Amérique porte le deuil de Ronald Reagan, rendant un hommage nostalgique à un président qui lui avait redonné confiance alors qu'aujourd'hui le pays, divisé sur la guerre en Irak, se sent vulnérable face à la menace terroriste. Des funéraillesfunérailles nationales seront organisées dans la cathédrale de Washington vendredi, qui sera déclaré journée de deuil national, a indiqué la famille dimanche. agrandir la photo L'ancien président sera ensuite inhumé le soir même en Californie (ouest), au cours d'une brève cérémonie privée dans sa bibliothèque présidentielle. Les hommages, venus de tous les bords politiques, continuaient de pleuvoir dimanche au lendemain de la mort à 93 ans de l'ancien président, soulignant le lien affectif entre le "grand communicateur" et le peuple américain. agrandir la photo Ronald Reagan, atteint de la maladie d'Alzheimer depuis une dizaine d'années, est mort samedi à l'âge de 93 ans à Los Angeles. Lors de sa mort, l'ex-chef d'Etat avait à son chevet Nancy, son épouse depuis 52 ans et leurs deux enfants Patti et Ron Junior. Les chaînes de télévision américaines ont bousculé leur programme dominical pour retracer la vie de l'ancien acteur d'Hollywood, devenu 40e président des Etats-Unis en 1981. Elles ont quelque peu relégué au second plan les cérémonies du 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie auxquelles participe le président George W. Bush au côté de nombreux autres dirigeants. L'optimisme de Ronald Reagan qui avait promis de redonner confiance à l'Amérique après les années de doute sous l'administration de Jimmy Carter revient comme un leitmotiv dans les hommages qui lui sont rendus par ses partisans ou adversaires politiques. "C'était un éternel optimiste. Le verre était toujours à moitié plein, pas à moitié vide", a écrit sa veuve Nancy Reagan, dans un texte publié dimanche par le magazine Time. "Il n'a jamais oublié de prier en silence au moment du décollage et de l'atterrissage" quand il voyageait en avion, a-t-elle ajouté. "Pendant les années de Ronald Reagan, l'Amérique a laissé derrière elle une ère de division et de doute", avait déclaré samedi le président Bush. Dimanche, il a salué aux cérémonies du Jour J "le soldat de la cause de liberté". "Il a personnifié l'optimisme indestructible du peuple américain", a dit pour sa part l'ancien président démocrate Bill Clinton. Quelle que soit l'ampleur des divergences politiques, John Kerry, le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre, a lui aussi mis l'accent sur "l'amour contagieux pour son pays" qu'avait Ronald Reagan. Les éloges empreints de nostalgie tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger mettent en sourdine les conflits politiques qui ont marqué les deux mandats de 4 ans de sa présidence. L'arrivée au pouvoir d'un acteur hollywoodien, qui avait été seulement gouverneur de Californie, avait alimenté les doutes voire les moqueries à travers le monde et sa fermeté face à l'Union soviétique pendant la crise des euromissiles avait déclenché un vase mouvement pacifiste en Europe. Si les Américains se sentaient proches de Reagan grâce à ses manières simples et son humour jovial, un de ses plus coriaces adversaires politiques de l'époque, Thomas O'Neill, ex-président démocrate de la Chambre des représentants, avait osé dire que "c'était un péché que Ronald Reagan soit jamais devenu président". "Il a été notre pire président mais il aurait fait un roi fantastique", avait ajouté le parlementaire, décédé depuis longtemps. La disparition de Ronald Reagan intervient dans une période d'incertitude pour l'Amérique, traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001 (quelque 3.000 morts) et confrontée à une intervention militaire en Irak de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis. Selon des sondages récents, 65% des Américains pensent que leur pays n'est pas "sur le bon chemin". Le même pourcentage estime que les Etats-Unis sont enlisés en Irak. Désormais une majorité d'Américains (50% contre 46%) estiment que l'invasion de l'Irak était une erreur. L'hommage à Ronald Reagan devrait se prolonger toute la semaine, offrant aux Américains une occasion de se serrer les coudes autour d'un homme dont les convictions fortes ne laissaient pas de place au doute. • Rubrique : Monde Article précédent : Nancy Reagan est triste mais soulagée ( AP) Article suivant : Irak: 39 morts en moins de 48 heures, calme à Najaf et Koufa

 

Mamère suspendu pour un mois pour avoir célébré un mariage gay

 

Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que le maire Verts de Bègles, Noël Mamère, qui a célébré un mariage homosexuel le 5 juin, avait été "suspendu de ses fonctions pour une durée d'un mois". Dans un communiqué, la place Beauvau précise que "cette mesure, prise après avoir reçu les explications de l'intéressé, sera effective dès qu'elle lui aura été formellement notifiée". Dans l'entourage de l'élu écologiste, on a appris en fin d'après-midi que Noël Mamère ne souhaitait pas réagir à cette annonce avant d'avoir reçu la notification formelle de sa suspension. "La sanction infligée au maire de Bègles est motivée par sa décision de ne pas respecter l'interdiction de célébrer une cérémonie de mariage entre deux personnes de même sexe qui lui avait été faite par le procureur de la République", indique le ministère de l'Intérieur. "Lorsqu'il exerce les fonctions d'officier d'état civil, le maire agit en effet au nom de l'Etat et non de la commune. En matière de mariage, il est placé sous l'autorité du procureur de la République. Le maire de Bègles était donc tenu de respecter les instructions qui lui avaient été adressées par le procureur", ajoute-t-il. "En outre, en décidant de ne pas respecter la loi, alors qu'elle lui avait été rappelée clairement à plusieurs reprises et en donnant une publicité très grande à la cérémonie qu'il présidait, le maire de Bègles a volontairement aggravé la faute qu'il commettait", conclut le ministère de l'Intérieur.

 

Des milliers d'agents d'EDF et GDF dans la rue

 

 

Plusieurs milliers d'électriciens et gaziers manifestent mardi à Paris et en province pour exiger le retrait du projet de nouveau statut qui doit être examiné en fin d'après-midi à l'Assemblée nationale. Le cortège parisien, formé d'agents de la région Ile-de-France, s'est ébranlé en milieu de matinée des environs de Port-Royal, à l'appel des syndicats CGT, CFDT, FO et CFTC, pour rejoindre le Palais-Bourbon. "Retrait du projet de loi", proclamait la banderole ouvrant la marche, elle-même précédée de voitures bleues d'EDF et GDF actionnant sirènes et klaxons. "Nous avons beaucoup de monde à Paris dans la rue pour exiger le retrait du projet de loi. Nous sommes déterminés", a déclaré Hervé Bequet, secrétaire général de la CGT Energie-Paris. "On continue à être dans l'action. Les actions se décideront au jour le jour pour gagner qu'EDF reste 100% public", a renchéri Marie-Claire Cailletaud, secrétaire fédérale. Elle a précisé que les organisateurs comptaient sur la présence de 10.000 manifestants, qui devaient converger vers une autre manifestation, celle-ci contre le projet de loi sur l'assurance-maladie à l'appel de la CGT, de la FSU et de l'Unsa. En province, deux rassemblements phares étaient prévus à Lille et à Evreux, parallèlement à de multiples manifestations locales.

Déficit attendu dans toutes les branches de la Sécu en 2004

 

 

 

Pour la première fois depuis 10 ans, les quatre branches du régime général de la Sécurité sociale sont attendues en déficit en 2004, selon le rapport de la Commission des comptes qui sera publié mercredi. La Commission des comptes de la Sécurité sociale se réunira mercredi après-midi après la présentation en conseil des ministres du projet de réforme de l'assurance-maladie qui doit permettre d'en rétablir l'équilibre financier d'ici à 2007. "Le déficit du régime général (salariés) se creuse à un rythme très rapide" et "devrait atteindre en 2004 un niveau sans précédent", indique le rapport, dont Reuters a obtenu une copie. "La dégradation prévue pour 2004 porte sur toutes les branches mais plus particulièrement sur l'assurance-maladie", précise la commission, qui met notamment l'accent sur le ralentissement de la croissance. "Cette dégradation exceptionnelle est en partie liée à la conjoncture économique qui s'est fortement ralentie à partir de 2002", écrit-elle. "L'amélioration de la conjoncture en 2004 devrait être insuffisante pour empêcher la dégradation des résultats des branches, mettant en évidence la responsabilité majeure du rythme d'évolution des dépenses d'assurance-maladie dans la situation financière du régime général." Le rapport confirme les prévisions déjà fournies par le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy. Le déficit du régime général est attendu à 14,0 milliards d'euros en 2004, "le plus haut niveau jamais enregistré", écrit la commission. Le déficit du régime général a atteint 10,2 milliards en 2003, ce solde étant à un niveau similaire à celui de 1995, qui avait constitué le point le plus bas de la décennie 90. Pour la seule branche maladie, le déficit prévisionnel pour 2004 s'établit actuellement à 12,9 milliards d'euros, contre 11,1 milliards en 2003. Les résultats 2003 et les prévisions 2004 montrent une dégradation par rapport aux chiffres sur lesquels a été établie la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2004. La LFSS a été établie sur la base d'un déficit 2004 de 10,9 milliards d'euros pour l'assurance-maladie et de 11,2 milliards pour le régime général. "Après être réapparu en 2002, le déficit du régime général s'est creusé très fortement en 2003 et ce mouvement devrait se poursuivre en 2004", souligne la commission dans son rapport. "Avec une augmentation du déficit de près de sept milliards d'euros, l'année 2003 a vu la plus forte dégradation financière de l'histoire de la Sécurité sociale." En 2002, le déficit du régime général était de 3,5 milliards d'euros et celui de la branche maladie de 6,1 milliards. "STRUCTURELLEMENT DÉFICITAIRE" Pour la première fois depuis 10 ans, les autres branches du régime général sont attendus en déficit en 2004. "En 2004, les quatre branches seraient déficitaires pour la première fois depuis 1994", indique la commission. "Le déficit du régime général reste concentré sur la branche maladie. Mais les résultats des autres branches se dégradent aussi à partir de 2003, sous l'effet de la conjoncture, de la hausse des prestations et des transferts." Le déficit de la branche accidents du travail et maladies professionnelles est attendu à 500 millions d'euros en 2004, comme en 2003, après deux années d'équilibre (contre un déficit de 100 millions prévu par la LFSS 2004). La branche vieillesse est attendue en déficit de 400 millions d'euros (contre -200 millions dans la LFSS), après un excédent de 900 millions en 2003 et de 1,7 milliard en 2002. La croissance des prestations de la branche vieillesse s'accélère en 2004 sous l'effet des mesures de la réforme des retraites d'août dernier, notamment l'entrée en vigueur de la retraite anticipée pour les carrières longues. Le déficit de la branche famille est attendu à 200 millions d'euros en 2004 (contre l'équilibre prévu dans la LFSS), après un excédent de 400 millions en 2003 et de 1,0 milliard en 2002. La croissance des prestations de la branche famille s'accélère en 2004 en raison de l'entrée en vigueur de la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant). Par rapport à la LFSS, la commission revoit à la baisse la croissance des recettes et à la hausse celle des dépenses. Côté recettes, la croissance de la masse salariale a été de 1,9% en 2003 (contre 2,3% prévu), son niveau le plus bas depuis la récession de 1993. Celle de 2004 serait de 2,9% au lieu de 3,1% dans les prévisions de la commission en septembre dernier. Les deux tiers des recettes du régime général sont assises sur la masse salariale et dépendent donc de l'évolution du chômage, dont le taux atteint 9,8% de la population active. Côté dépenses, leur augmentation est due essentiellement à une progression des dépenses maladie supérieure à l'objectif (Ondam) fixé par la loi. La prévision de la commission repose sur l'hypothèse d'une augmentation des dépenses du champ de l'Ondam de 4,6% en 2004 (contre 4,0% prévu par la loi), soit un dépassement de 780 millions d'euros. "L'observation du solde du régime général sur longue période fait apparaître la situation financière du régime général comme structurellement déficitaire", souligne la commission. "Depuis 1990, le solde n'a été excédentaire qu'entre 1999 et 2001, grâce à une conjoncture économique exceptionnelle. Dans ces conditions, un retour durable à l'équilibre, au-delà des variations conjoncturelles, ne peut se faire que par une modification des tendances de fond." Pour la seule branche maladie, le déficit "dépasse de très loin les pires résultats antérieurs", ajoute la commission. En 2004, il représenterait "l'équivalent de 10% des dépenses de la branche". "Cela signifie que le taux de couverture des charges de l'assurance maladie par ses produits est tombé à 90%, ou encore que 10% des dépenses, soit l'équivalent des remboursements de médicaments, n'est pas financé par des ressources permanentes."

Vers un affrontement au sommet au sein de la droite

 

 

 

Après la confirmation de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, au lendemain de la défaite des européennes, et le pas fait en direction de la candidature à la présidence de l'UMP par Nicolas Sarkozy, les éléments se mettent en place à droite pour un affrontement au sommet. A trois ans des échéances majeures de 2007 - présidentielle et législatives - la droite au pouvoir depuis 2002 a subi en moins de trois mois deux défaites électorales lourdes, aux régionales et aux européennes. Le président Jacques Chirac a conforté lundi soir un Premier ministre dont, selon les sondages, une majorité de Français demandaient le départ. "Pour avoir des résultats, l'action gouvernementale doit naturellement (...) s'inscrire dans la durée. C'est déjà une raison tout à fait essentielle pour laquelle le gouvernement doit continuer et continuera sa tâche", a dit le chef de l'Etat. Jean-Pierre Raffarin, qui sera mercredi l'invité du journal de 20 heures sur TF1, avait indiqué dès dimanche soir au Figaro que Jacques Chirac lui gardait sa confiance au moins jusqu'en 2005. Mardi après-midi à l'Assemblée, s'exprimant pour la première fois publiquement depuis le scrutin européen, Jean-Pierre Raffarin a dénoncé la "stratégie de chasse à l'homme" adoptée, selon lui, par le Parti socialiste depuis la double défaite électorale de l'UMP. Il a assuré que son gouvernement poursuivrait "l'action de réforme au service de la France et des Français" puisqu'il disposait toujours de la confiance combinée de Jacques Chirac et de la majorité parlementaire. Pour nombre d'élus de la majorité, le maintien de Jean-Pierre Raffarin s'explique en grande partie par la volonté de Jacques Chirac de ne pas nommer à Matignon celui que les sondages désignent comme le plus populaire à droite: Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Economie, bête noire des chiraquiens, qui n'ont de cesse de dénoncer ses ambitions présidentielles, a de son côté placé sur le pas de tir sa candidature à la présidence de l'UMP. Mardi, Nicolas Sarkozy a reçu à déjeuner à Bercy 237 députés, sénateurs et députés européens UMP et apparentés. "JE SAIS CE QUI VOUS FERAIT PLAISIR" Parmi les déclarations rapportées par les participants, cette critique à peine voilée de la réaction présidentielle aux élections européennes. Nicolas Sarkozy "a dit qu'il n'y avait pas de petit et de grand scrutin puisque les électeurs sont les mêmes et que nos concitoyens, lui semble-t-il, n'aiment pas, lorsqu'ils émettent un signal, qu'on les ignore", a indiqué le député Dominique Paillé. Le ministre de l'Economie a certes invité les participants à faire preuve d'une "loyauté sans faille au président de la République" et d'une "solidarité sans faille à l'égard de l'action du gouvernement" mais aussi à se "saisir de l'avenir de l'UMP dans le cadre d'une véritable confrontation des idées et d'une vraie concurrence", a rapporté Christian Estrosi. La grande majorité des parlementaires présents sont sortis du déjeuner avec la conviction que Nicolas Sarkozy, très applaudi, avait d'ores et déjà pris sa décision concernant sa candidature à la présidence de l'UMP. "Je sais ce qui vous ferait plaisir. Laissez-moi le temps de faire en sorte que ce soit le moment", a simplement dit le ministre, selon le sénateur Roger Karoutchi. Selon le député Alain Marleix, le ministre de l'Economie a dit avoir "une petite idée" de ce qu'il allait faire. "A mon âge, la provocation c'est fini", aurait-il affirmé. Nicolas Sarkozy devrait faire connaître sa décision après le départ d'Alain Juppé de la présidence de l'UMP, programmé pour la mi-juillet, en raison de sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. Le congrès qui désignera le successeur de l'ancien dauphin de Jacques Chirac aura lieu en novembre. Jean-Pierre Raffarin a plusieurs fois manifesté son intention de briguer la présidence du parti chiraquien, officiellement pour empêcher une guerre fratricide au sein du gouvernement, plusieurs ministres ayant fait part de leur intention de se porter candidat. Il s'agirait surtout de barrer la route à Nicolas Sarkozy, une stratégie qui s'appuie aussi sur la création, imminente, de courants au sein de l'UMP. Pour Josselin de Rohan, président du groupe UMP au Sénat, c'est le "droit naturel" du Premier ministre de se présenter "au même titre que Sarkozy ou un autre". Cependant, "pour être président de l'UMP, il faut être à la fois accessible et disponible", explique-t-il dans un entretien que publie mercredi Le Figaro. "Il me paraît quasiment impossible de cumuler cette charge avec celle de ministre". En tout état de cause "s'il y a des candidatures multiples, ce n'est pas une division, c'est la démocratie. La candidature unique n'est pas forcément la meilleure manifestation de la démocratie", insiste Josselin de Rohan. "Si nous sommes avec un candidat naturel, il n'y a pas besoin d'élections. Il me paraît tout à fait légitime que M. Sarkozy soit candidat. Cela me paraît aussi plausible" et dans ce cas, le ministre de l'Economie devra présenter un programme et une équipe conformément aux statuts de l'UMP, rappelle-t-il. Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin font aussi sans doute le pari du retour de la croissance, qui permettrait au locataire de Matignon de se présenter en meilleure forme devant les Français à l'automne, une fois passés l'été et la réforme de l'assurance-maladie. Des observateurs font aussi valoir que le chef de l'Etat garde des cartes en main. Il pourrait ainsi nommer pour les deux dernières années de son quinquennat un nouveau Premier ministre. Parmi les noms qui circulent ceux du ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, un UDF reconverti UMP, et du ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, un fidèle de Jacques Chirac.

Jean-Pierre Raffarin

reste au pouvoir et dénonce la "chasse à l'homme" des socialistes

 

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a dénoncé mardi la "chasse à l'homme" lancée selon lui à son encontre par les socialistes. "Nous poursuivrons l'action de la réforme", a-t-il réaffirmé en excluant de démissionner malgré les mauvais résultats de l'UMP aux européennes de dimanche. "A défaut d'idées, à défaut de projet, à défaut de programme, vous avez choisi une stratégie: la chasse à l'homme. Ce n'est pas ma conception de la démocratie", a lancé M. Raffarin. Il répondait au chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Allez-vous remettre la démission de votre gouvernement au président de la République?", lui avait demandé celui-ci. Jean-Pierre Raffarin a rappelé que "l'action du gouvernement se fonde d'une part sur la confiance du président de la République et sur la confiance du la majorité". Dès lors, "en ce qui concerne le gouvernement de la France, nous écoutons les électeurs, nous félicitons les élus" de dimanche et "nous poursuivrons l'action de réforme au service de la France et des Français". "En bon républicain, je respecte les institutions de la Ve République et je vous invite à en faire de même", a-t-il ajouté à l'intention de M. Ayrault. "Que chacun reste dans son rôle: vous c'est le vacarme des mots, nous c'est le courage de l'action!". M. Raffarin réagissait ainsi pour la première fois au résultat des élections européennes de dimanche, marquées par une nette victoire du Parti socialiste sur l'UMP. Le Premier ministre a déploré le haut niveau d'abstention. "La participation électorale (...) est une grande déception", a-t-il déclaré. "Tout le monde y a sa part de responsabilité. J'assume la mienne". Dans ce contexte, il a souhaité "que nous soyons capables de déboucher sur un accord pour le traité institutionnel" lors du conseil européen des 17 et 18 juin. "Vous ne disposez plus de la confiance et de l'assise nécessaire pour mener l'action de redressement dont la France a besoin", avait estimé dans sa question M. Ayrault. "Vous et votre gouvernement incarnez aujourd'hui l'échec d'une politique", a-t-il ajouté, accusant le gouvernement d'avoir "amplifié la crise civique du 21 avril" 2002. "Vous accrocher à ce qui n'est plus que l'apparence du pouvoir, comme vous le faites depuis les élections régionales, ne peut que précipiter le pays dans une impasse", a affirmé M. Ayrault

Al Qaïda revendique la décapitation d'un otage américain

 

vendredi 18 juin 2004, 20h36 Al Qaïda revendique la décapitation d'un otage américain - Après l'expiration d'un ultimatum lancé au gouvernement saoudien, des activistes du réseau Al Qaïda ont décapité un ingénieur américain pris en otage la semaine dernière, annonce un site internet islamiste qui diffuse également des photos de ce qui paraît être la tête de l'otage. Al Qaïda avait donné jusqu'à vendredi au gouvernement de Ryad pour libérer des militants emprisonnés, faute de quoi Paul Marshall Johnson serait exécuté. "Comme nous l'avions promis aux moudjahidine, nous avons décapité l'otage américain Paul Marshall Johnson après l'expiration de l'ultimatum lancé par les moudjahïdine au tyrannique gouvernement saoudien", peut-on lire dans un communiqué diffusé par le site Al Islah et signé par l'Organisation Al Qaïda dans la péninsule arabique. "Cet acte de représailles vise à réconforter les coeurs des croyants en Palestine, en Afghanistan, en Irak et dans la péninsule arabique", poursuivent les auteurs du texte. Les activistes parlent également de vengeance face aux mauvais traitements infligés à des musulmans dans les prisons d'Abou Ghraïb, en Irak, dans plusieurs prisons saoudiennes et sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba. La mort de Johnson avait été peu avant rapportée par la chaîne de télévision Al Arabia, qui citait son correspondant en Arabie saoudite. Le site internet diffuse également plusieurs photos de ce qui semble être la tête de Johnson, posée sur son corps, ainsi qu'un cliché d'une main soulevant la tête. Johnson était employé par la société américaine d'armement Lockheed Martin, qui fabrique les hélicoptères Apache. Dans son communiqué, Al Qaïda affirme qu'il a été tué à cause "des souffrances infligées aux musulmans par les Apache américains et leurs missiles". Son enlèvement avait été annoncé par Al Qaïda en même temps que la revendication du meurtre, samedi dernier à Ryad, d'un ressortissant américain, Kenneth Scroggs, qui travaillait pour l'armée américaine. Mardi, Al Qaïda avait diffusé sur internet des images de Johnson les yeux bandés en exigeant des autorités saoudiennes la libération de tous ses militants emprisonnés en Arabie dans les 72 heures, faute de quoi l'otage serait exécuté. Les autorités saoudiennes ont dès le lendemain fait savoir qu'elles ne céderaient pas aux exigences des ravisseurs. L'imam de la grande mosquée de La Mecque a condamné vendredi les récents assassinats et prises d'otages étrangers par Al Qaïda dans le royaume wahhabite

 

Explosion d'AZF: enquête sur le signalement d'un islamiste

Un correspondant anonyme avait averti la police de la présence à Toulouse d'un suspect algérien la veille de l'explosion de l'usine AZF en septembre 2001 mais rien n'a permis de démontrer le sérieux de cet appel, a déclaré le parquet de Toulouse. Le procureur Michel Bréard a toutefois ordonné une enquête administrative pour savoir pourquoi cette information n'a été transmise que trois ans plus tard, le 10 juin dernier, aux trois juges chargés de l'instruction. "Le procureur a souligné avoir demandé une enquête administrative il y a trois ou quatre jours pour savoir pourquoi l'information n'était pas remontée", a dit son secrétariat à Reuters. "Il est exact qu'un signalement a été fait à la suite d'un appel anonyme, la veille de la catastrophe, au commissariat de Toulouse. Mais cet appel ne semble pas réellement fiable", a-t-on ajouté, confirmant une information du Figaro daté du 18 juin. A ce stade, aucun lien n'a été établi entre la présence de cet islamiste présumé à Toulouse et l'explosion d'AZF, pour laquelle la justice a privilégié jusqu'à présent la piste accidentelle. Michel Bréard a rappelé vendredi que "nulle part sur le site on a trouvé des traces d'explosifs civils ou militaires après cette explosion". La veille de ce drame, qui a fait 30 morts et plus de 2.000 blessés, un correspondant anonyme a averti la police de la présence dans la 'Ville rose' d'un Algérien issu des milieux islamistes, spécialiste en explosifs qui serait arrivé en France pour "tâter le terrain", écrit Le Figaro. Le quotidien précise que "le mystérieux correspondant livre le nom et l'état civil de l'homme ainsi que l'adresse de sa soeur qui l'héberge durant son séjour à Toulouse". "Ultime précision, l'homme, de nationalité algérienne, dont le père est connu pour entretenir des liens étroits avec les milieux islamistes, est muni d'un passeport et d'un visa apparemment en règle", ajoute Le Figaro. •


Messier, mis en examen dans l'enquête sur Vivendi Universal, se défend

 

 

 

L'ancien président de Vivendi Universal , Jean-Marie Messier, mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi, se défend pied à pied et a déjà remporté une petite victoire face à ses juges en évitant la mise en examen pour délit d'initié. M. Messier, 47 ans, a été mis en examen par les juges du pôle financier Henri Pons et René Cros pour "manipulation de cours, diffusion de fausses informations et abus de biens sociaux". agrandir la photo Ces poursuites ont été assorties d'une caution de 1.350.000 euros et d'un contrôle judiciaire lui interdisant de rencontrer notamment les quatre autres personnes mises en examen. Pugnace face aux enquêteurs de la Brigade financière pendant ses 36 heures de garde à vue, Jean-Marie Messier, documentation à l'appui, s'est de nouveau expliqué dans la nuit de mardi à mercredi pendant plus de trois heures devant les juges. agrandir la photo Assisté de ses avocats, il est parvenu semble-t-il à les dissuader de le mettre en examen pour délit d'inité. De source proche du dossier, on indiquait mercredi qu'au terme de son audition, les juges Cros et Pons se sont isolés pendant plus d'une heure pour finalement lui donner le statut de témoin assisté pour le délit présumé de délit d'initié. Le témoin assisté est un statut hybride entre le mis en examen contre lequel il existe des indices graves et concordants et le témoin simple contre lequel ne pèse aucune charge. Quant à ses chefs de mise en examen, M. Messier, alias "J2M", s'en est expliqué mercredi dans un communiqué détaillé, reprenant les charges qui pèsent contre lui point par point pour mieux les contester. Sa mise en examen pour "manipulation de cours" concerne des rachats massifs d'actions décidés par la direction du groupe après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, qui avaient fait tanguer les marchés boursiers. Ces rachats sont intervenus dans les deux semaines précédant la publication des résultats semestriels de l'entreprise, ce qui est interdit. Sur ce point M. Messier, "rappelle" que le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, avait autorisé après les attentats "le rachat de titres par les sociétés sans limite de volume". Les autorités françaises "avaient parallèlement assoupli, y compris leurs règles impératives, dès le 12 septembre", écrit-il. Il ajoute "qu'il assumait pleinement la décision de réaliser des interventions massives sur le titre de VU durant cette période, dans l'intérêt des actionnaires non spéculateurs et afin de ne pas laisser champ libre aux manifestations excessives des marchés". Sur la qualité de l'information financière publiée par VU, "sont principalement visés les choix de consolidation comptable effectués par VU dans ses activités de télécommunication (Cégétel depuis sa création en 1996, Maroc-Telecom et Elektrim depuis leur entrée chez VU en 2001)", indique le communiqué. Selon M. Messier, ces choix ont été validés "par les visas COB auxquels VU était soumis, ont fait l'objet d'une totale continuité, tant des équipes dirigeantes de 1996 à 2002 que celles nommées en 2002 qui ont intégralement repris les mêmes options comptables", affirme M. Messier. Quant à "l'abus de biens sociaux", la mise en examen "est limitée à la seule signature du protocole de départ de VU (en juillet 2002, ndlr) et ne recouvre aucun paiement ou avantage que ce soit", assure M. Messier. Les prochaines auditions de M. Messier devant les magistrats instructeurs s'annoncent d'ores et déjà longues, techniques et pointilleuses, indiquait mercredi une source proche du dossier.

 

Jean-Christophe Mitterrand libéré sans mise en examen

 

Après un jour de garde à vue, Jean-Christophe Mitterrand est sorti mercredi de la brigade financière de Paris sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui dans l'enquête sur le financement d'une société de pêche en Mauritanie, a annoncé à Reuters son avocat, Me Marc Giommoni. "En raison d'une pratique judiciaire malheureusement bien établie, il est passé d'une qualité de témoin à celle de mis en cause, mais c'était pour rien", a déclaré l'avocat. Le juge financier Philippe Courroye, qui avait ordonné la garde à vue, est chargé d'une enquête pour blanchiment ouverte en mars et qui concerne une société de pêche en Mauritanie, Iwik, contrôlée par le fils aîné de l'ancien président français. Olivier Collonge, ex-associé de Jean-Christophe Mitterrand, a affirmé que ce dernier avait apporté, via son ami Laurent Foucher, plus de 500.000 euros en liquide pour le financement de cette société entre 2001 et 2003, alors qu'il ne pouvait légalement disposer de telles sommes. Aucun élément matériel, en l'état de la procédure, ne vient cependant conforter ces accusations, a-t-on précisé de source judiciaire. Egalement placés en garde à vue depuis lundi dans le même dossier, l'un des avocats de Jean-Christophe Mitterrand, Me Rémy Willner, et l'homme d'affaires Laurent Foucher ont été libérés après audition sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. "Nous n'avons rien à dire sauf que ces accusations ressortent d'un rêve ou de fausses informations livrées à un magistrat dans le but qu'on peut imaginer", a dit Me Giommoni. Le juge Courroye cherche dans cette enquête à savoir si Jean-Christophe Mitterrand a ou non tenté, avec de l'argent d'origine douteuse, de maintenir à flot la société Iwik, son alibi dans un autre dossier judiciaire. Il est en effet mis en examen depuis décembre 2000 dans le cadre de l'enquête sur un trafic d'armes vers l'Angola, notamment pour "complicité de commerce illicite d'armes et recel d'abus de biens sociaux". Cette mise en examen vise les deux millions d'euros versés à Jean-Christophe Mitterrand au milieu des années 1990 sur un compte suisse par Pierre Falcone, maître d'oeuvre des ventes d'armes en Angola. Le fils de l'ex-président a toujours affirmé que cet argent visait à financer sa société mauritanienne, qui semble pourtant n'avoir eu aucune activité jusqu'à une période récente. L'accusation pense que l'argent versé en Suisse a en fait rémunéré une intervention pour les ventes d'armes en Angola. Cette instruction sur l'affaire angolaise est gelée, dans l'attente du règlement d'un problème diplomatico-juridique. En effet, Pierre Falcone a quitté la France après s'être fait délivrer un passeport diplomatique angolais, ce qui lui accorde selon sa version une immunité. Le juge Courroye a néanmoins lancé un mandat d'arrêt international contre lui.

L'UMP vote seule la réforme de l'assurance-maladie

La gauche, très hostile à cette réforme, a mené une longue bataille de procédure puis d'amendements. Quelque 8.000 amendement ont été déposés, les trois-quarts par l'opposition. Il a fallu seize jours pleins de séances pour en venir à bout. "Votre texte est celui de la réforme délaissée, du temps perdu et de la dette reportée mais aussi de l'orientation délétère", a déclaré mercredi le socialiste Jean-Marie Le Guen. "Nous n'avons pas d'hésitation à refuser nos voix à votre texte. Nous le faisons avec la conviction que nous avons pendant ces débats très largement dissipé les illusions et que nous prenons date devant les Français". "Nous votons contre ce texte qui organise la mort de la Sécurité sociale, c'est-à-dire la perte et la fin de l'esprit de 1945 dont le gouvernement s'est prévalu abusivement tout au long des débats", a affirmé de son côté le communiste Maxime Gremetz. "Vous faîtes le choix d'une réforme profondément injuste (...) Vous vous êtes faits les serviteurs du MEDEF et de la fédération française des sociétés d'assurances", a-t-il dit à l'adresse du gouvernement. Au nom des députés Verts, Martine Billard a accusé le gouvernement d'avoir "mis à bas le principe de solidarité de la Sécurité sociale". "Mieux vaudra être riche et ne pas tomber malade dans les années à venir", a-t-elle souligné. Pour l'UDF Jean-Luc Préel, "demain, avec cette réforme, rien ne sera réglé". "Tout sera à reprendre en 2007", a-t-il estimé. "Nous ne pouvons accepter le report du déficit sur nos enfants et petits-enfants", a-t-il poursuivi pour expliquer l'abstention et le "non" des députés centristes. DOSSIER MEDICAL ET MEDECIN TRAITANT En revanche, pour le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, "les débats ont permis de mettre en évidence le caractère structurel de cette réforme, ce qui est un gage de garantie pour l'avenir". Les trois semaines de discussions ont également permis "de mettre en évidence l'absence de toutes contre-propositions de la part de ceux qui ont décidé de ne pas voter cette réforme", a-t-il estimé. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a affirmé mercredi dans l'hémicycle que la réforme qu'il a pilotée était "nécessaire" et "innovante". "Elle est juste parce qu'elle est basée sur trois principes: le partage équilibré des efforts, la responsabilité individuelle, l'équité", a-t-il dit. Ce texte, selon lui, s'inscrit "dans les réformes indispensables à la préservation de notre modèle de Sécurité sociale". La réforme prévoit notamment la création du dossier médical personnel (DMP), la désignation d'un "médecin traitant", l'instauration d'une contribution forfaitaire d'un euro à la charge de l'assuré pour tout acte médical ainsi que l'apposition d'une photographie sur la carte Vitale d'ici 2006. Le texte prévoit également un renforcement du Parlement en matière de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale. Il réforme la "gouvernance" de l'assurance-maladie via la modification des instances dirigeantes de la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS ou CNAM) et la création d'une Union des caisses d'assurance-maladie (UNCAM) et d'une Union nationale des organismes de protection sociale. Le texte, qui renforce les mesures anti-fraudes et le contrôle des arrêts de travail, porte création d'une Haute autorité de santé (HAS) et d'un Institut des données de santé. En matière de financement, il élargit l'assiette de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Côté CSG, la réforme relève de 0,4 point le taux d'imposition des retraités pour le porter à 6,6%, de 0,7 point le taux sur les revenus du patrimoine et sur les revenus de placement et de deux points sur les jeux. Le texte instaure une contribution additionnelle à la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) de 0,03%, relève la contribution sur les dépenses de promotion des fabricants ou distributeurs de dispositifs médicaux et des laboratoires pharmaceutiques. DUREE DE VIE DE LA CADES Il est également prévu de transférer à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES) la charge de financement de la dette de la branche maladie du régime général, notamment la prise en charge des déficits des exercices 2005 et 2006, dans la limite de 15 milliards d'euros. Par ailleurs, la durée de vie de la CADES est prolongée jusqu'à l'achèvement du remboursement de la dette sociale. L'amendement d'Yves Bur (UMP), président de la commission spéciale, qui proposait de relever de 0,5% à 0,65% le taux de la CRDS et de fixer à 2020 l'échéance de la CADES, a finalement été rejeté à la demande du gouvernement . Un amendement présenté par l'UMP et voté par les députés oblige les gouvernements à venir à affecter tout excédent futur de l'assurance-maladie au remboursement de la dette sociale. François Hollande, premier secrétaire du PS, et François Bayrou, président de l'UDF, étaient venus spécialement en séance pour dénoncer ces mesures concernant la CADES. "Ce n'est pas une faute de gestion, c'est une faute morale", avait alors déclaré François Bayrou. "Il est inacceptable que notre génération se défausse sur les vingt années qui viennent de l'incapacité où nous sommes de payer nos feuilles de Sécu". De nombreux amendements adoptés par la commission spéciale mise en place à l'Assemblée ont été retenus notamment celui créant, sous forme d'un crédit d'impôt, une aide à l'acquisition d'une couverture complémentaire santé pour les personnes ayant des ressources légèrement supérieures au seuil fixé pour bénéficier de la protection complémentaire de la CMU. De plus, un amendement adopté prévoit qu'en échange d'une accréditation à l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES), les médecins exerçant en établissement bénéficieront d'une aide financière afin de faire face aux hausses des primes d'assurance en matière de risques médicaux.

 

 

 


 

Jean Christophe Mitterrand, le fils aîné de l'ancien président de la République, comparaît mercredi devant la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, pour répondre des poursuites intentées contre lui pour fraude fiscale en 1998 et 1999. M. Mitterrand, 58 ans, est soupçonné d'avoir omis de déclarer à l'administration fiscale "un peu moins de 600.000 euros", selon son avocat, Me Olivier Schnerb, qui a par ailleurs indiqué n'avoir pas encore pris de décision avec son client sur sa présence à l'audience. Pour ce délit, M. Mitterrand encourt une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, selon le code général des impôts. Les fonds présumés non-déclarés proviendraient des missions de conseil que le prévenu aurait accomplies pour le compte de l'homme d'affaires Pierre Falcone, impliqué dans l'affaire de vente d'armes présumée illégale à l'Angola. Dans cette dernière affaire, M. Mitterrand a été mis en examen en décembre 2000 par le juge Philippe Courroye, notamment pour "complicité de trafic d'armes" et "trafic d'influence". Selon Me Schnerb, M. Mitterrand n'a pas commis de fraude fiscale car il était à l'époque des faits "ressortissant mauritanien". "Il était donc assujetti là-bas et payait ses impôts en Mauritanie", a-t-il souligné. "L'administration doit démontrer que la résidence fiscale est la France", selon Me Schnerb. Pour le conseil de M. Mitterrand, "il n'y a pas de dissimulation". "Si encore, il s'agissait des Bahamas mais là, c'est la Mauritanie, un pays qui a une convention fiscale avec la France pour faciliter la coopération entre les deux pays". Par ailleurs, a-t-il précisé, les sommes perçues sont assimilables à "des bénéfices non commerciaux pour lesquels il n'est pas tenu compte du domicile fiscal mais du centre des intérêts économiques". Or, pour l'avocat, il est évident que l'essentiel des activités de M. Mitterrand se déroulait en Mauritanie et non en France, durant la période visée. Outre les poursuites pour fraude fiscale, sa mise en examen dans l'affaire des ventes d'armes, M. Mitterrand, qui fut conseiller pour les affaires africaines à l'Elysée de 1986 à 1992, est également concerné par une autre enquête judiciaire. Le juge Courroye examine en effet les conditions de financement d'une société de pêche basée en Mauritanie lui appartenant. Dans le cadre de cette affaire, il a été brièvement placé en garde à vue le 22 juin dernier pour être interrogé par les policiers de la brigade financière.

Sénat: les divisions de la droite parisienne peuvent lui coûter un siège

 

La droite parisienne aborde les sénatoriales du 26 septembre dans la division, ce qui risque de lui coûter au moins un siège, en raison d'âpres affrontements au sein de l'UMP. Cinq listes se profilaient à Paris mardi, à trois jours de la clôture du dépôt des candidatures : une UDF et quatre dirigées par des UMP, dont une officielle, menée par le très chiraquien sénateur sortant Roger Romani, adoubée par la commission nationale d'investiture, et trois "dissidentes". L'une de ces listes qui conteste la direction de l'UMP, est menée par le balladurien Philippe Goujon, président de l'UMP-Paris, qui fulmine contre le choix "monod-colore, monod-lithique" de sa direction nationale, pointant ainsi le conseiller de l'Elysée Jérôme Monod. S'estimant en mesure de dépasser la liste "officielle", il se prévaut du soutien explicite de Nicolas Sarkozy, futur président de l'UMP. M. Romani a lui aussi placé sa candidature "dans la ligne de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy", en soulignant que la commission qui l'a investi représente toutes les sensibilités de l'UMP. Fils aîné du sénateur sortant Jacques Dominati, grande figure de la droite parisienne qui ne se représente pas, Philippe Dominati veut lui succéder pour "exprimer une sensibilité libérale et indépendante trop oubliée à l'UMP". Enfin Michel Bulté, conseiller atypique de Paris, affirme qu'il mènera un combat sénatorial "anti star ac", sans élus, avec "une liste d'intérêt général face aux listes d'intérêts particuliers". Des tractations se sont poursuivies pour tenter de recoller ces morceaux, - dont une rencontre secrète de MM. Romani et Goujon dans le bureau du ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy lundi. En vain. Scellant la division, Philippe Goujon a déposé sa liste mardi. Majoritaire au Sénat sortant avec 7 des 12 sièges parisiens, la droite savait que sa défaite aux municipales de 2001 la condamnait à une inversion de ce rapport droite-gauche. Mais pour garder cinq de ces sept sièges, il lui aurait fallu se présenter unie. UMP et UDF faisant route séparée, ces espérances ont été ramenées à quatre fauteuils. Malgré ses déchirements, la droite continue à tabler sur quatre sièges, grâce à la division à gauche (le sénateur sortant MRC Jean-Yves Autexier a déposé sa liste mardi, défiant la liste PS-Verts-PCF). Mais un responsable UMP n'excluait pas que ce chiffre descende à trois. Même à l'UDF, des fractures sont apparues et le candidat officiel Yves Pozzo di Borgo pourrait ne pas faire le plein des grands électeurs centristes. C'est donc une nouvelle épreuve qui attend la droite parisienne, harassée par ses échecs aux municipales, législatives et régionales. "Tout reste à faire", commentait un UMP en relevant que la droite n'aura pas trop des trois ans qui la séparent des municipales pour renaître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UMP : deux concurrents pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy devrait finalement avoir deux concurrents dans l'élection à la présidence de l'UMP. Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan ont affirmé jeudi avoir déposé dans les délais au siège du parti les 3.400 parrainages de militants nécessaires pour se présenter. La commission de contrôle des opérations électorales a maintenant 15 jours pour valider les trois candidatures. Elle devrait cependant rendre son verdict dès le 21 septembre, a-t-on appris auprès de l'UMP. Le suspense a duré jusqu'à mercredi soir, date limite fixée par l'UMP pour le dépôt des signatures de parrainage. Finalement, il devrait bien y avoir trois candidats à la succession d'Alain Juppé. Archi-favori pour l'élection, dont le premier tour aura lieu du 15 au 21 novembre, Nicolas Sarkozy n'a eu aucun mal à réunir 31.665 parrainages. Le ministre de l'Economie a confirmé jeudi sur Europe-1 que ses deux colistiers seraient Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie. Tout deux s'étaient prononcés durant l'été en faveur de sa candidature. Le maire de Marseille, issu de Démocratie libérale, restera donc vice-président de l'UMP. Pierre Méhaignerie représentera quant à lui les centristes au sein de la nouvelle direction, en tant que secrétaire général. Il succédera à ce poste à Philippe Douste-Blazy, qui a préféré rester au gouvernement. Nicolas Sarkozy a également confirmé que François Fillon ferait partie de cette "petite équipe". Mais il n'a pas précisé le rôle que jouerait auprès de lui le ministre de l'Education nationale. "Ensemble, on n'a pas toujours pensé la même chose mais on fait le même diagnostic et on a envie que ça change dans notre formation politique", a expliqué Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Economie devrait finalement avoir deux concurrents mais aucun d'entre eux ne paraît en mesure de l'inquiéter. L'ex-candidate à la présidentielle Christine Boutin a fait déposer mercredi soir "plus de 4.000 bulletins de soutien", selon son entourage. La députée des Yvelines et ancienne égérie anti-PACS veut "présenter un projet qui remette l'homme -en l'occurrence le militant- au coeur de la politique, ainsi que redonner aux Français l'envie de s'engager en politique". Nicolas Dupont-Aignan a affirmé de son côté jeudi matin sur RTL avoir obtenu "à l'arraché" les 3.400 signatures. Modeste, le député souverainiste de l'Essonne, déjà candidat en 2002 contre Alain Juppé (15% des voix), n'a "pas la prétention d'être élu à la place de Nicolas Sarkozy", ni même de "faire un score". "Tout le monde sait que Nicolas Sarkozy sera le capitaine du bateau", a reconnu M. Dupont-Aignan. Le député de l'Essonne, qui entend simplement "peser sur le débat", fera campagne sur "l'unité de la République", "le refus des communautarismes" et la Constitution européenne, à laquelle il est opposé. Sa candidature, comme celle de Christine Boutin, restait cependant incertaine jeudi. La commission de contrôle des opérations électorales de l'UMP, présidée par l'ancien ministre Robert Pandraud, pourrait en effet annuler un certain nombre de parrainages, et en particulier les doubles parrainages. Dans l'hypothèse où un adhérent a donné sa signature à deux candidats, c'est la plus récente qui sera validée

 

Pour Hollande, les militants du PS jouent l'avenir de l'Europe

 

 

 

 

Au-delà des querelles internes au parti, les militants socialistes doivent prendre conscience qu'ils décideront de l'avenir de la construction européenne en votant "oui" ou "non" au projet de Constitution, estime François Hollande. Les socialistes "doivent prendre conscience qu'ils doivent décider de l'avenir de la construction européenne à travers ce futur traité constitutionnel", a déclaré le Premier secrétaire du PS sur France Inter. "Décisif" et "fondamental", le débat ne doit pas se réduire "à savoir qui d'untel ou d'un autre sera le victorieux ou le défunt", a-t-il estimé. "Si nous répondons 'oui', les socialistes français, on sait bien que ce référendum sera gagné, et que la Constitution européenne verra le jour", a expliqué François Hollande, qui est favorable au traité constitutionnel, contrairement au numéro deux du parti, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. "Si nous répondons 'non', et les militants socialistes en ont parfaitement la possibilité aujourd'hui (...), nous savons bien que le référendum sera repoussé et qu'il n'y aura pas de nouvelle Constitution européenne, qu'il n'y aura pas ces avancées, qu'il n'y aura pas cette étape nouvelle". "L'Europe c'est un compromis, ce n'est jamais terminé. Si on veut faire cette alternative au libéralisme, si on veut construire une puissance européenne face à l'hyperpuissance américaine, il faudra le faire avec les Européens", a-t-il insisté. De l'avis de François Hollande, le "non" provoquerait "une crise" que l'Europe ne saurait pas "dénouer". "C'est facile de dire non mais le rôle d'un responsable politique, c'est, à un moment, de savoir ce qui se passe le jour d'après et de dire comment on sort, on dénoue une crise", a-t-il poursuivi. Sur un sujet "de cette importance", François Hollande souhaite que Lionel Jospin s'exprime, "comme ancien Premier ministre". "Je sais qu'il va le faire, il l'a lui-même annoncé, et c'est normal", a dit le Premier secrétaire du PS. "Mais je ne vous dirai pas ce qu'il va dire parce que ça, c'est sa liberté".

 

UMP : Juppé abandonne son mandat de député

 

Le député-maire (UMP) de Gironde, Alain Juppé, a annoncé jeudi à Bordeaux qu'il démissionnait de son mandat de député à compter du 30 septembre. Le maire de Bordeaux avait annoncé qu'il quitterait l'Assemblée nationale avant la rentrée parlementaire, fixée au 2 octobre, dans la perspective de son procès en appel dans l'affaire des emplois fictifs du RPR. Les audiences sont prévues du 13 au 29 octobre devant la cour d'appel de Versailles. En première instance, Alain Juppé avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis, une peine assortie d'inéligibilité. Son départ du Palais Bourbon donne le coup d'envoi d'une nouvelle campagne électorale à Bordeaux. Le code électoral prévoit en effet que l'élection législative partielle doit être organisée dans un délai de trois mois maximum après une démission. M. Juppé, qui avait démissionné de la présidence de l'UMP en juillet, avait annoncé un moment son intention de "quitter la vie publique, pour une césure provisoire ou définitive". Il semble dorénavant décidé à rester à la mairie de Bordeaux, jusqu'à la décision de la cour d'appel de Versailles. •

 

Sarkozy présente un budget 2005 en forme de testament provisoire

 

Nicolas Sarkozy a transformé mercredi la présentation du projet de budget 2005 en testament politique provisoire, deux mois avant de prendre la présidence de l'UMP et de quitter ses fonctions de ministre de l'Economie. "Ce projet est le reflet d'une volonté politique, de choix que j'assume et que je revendique", a déclaré le ministre de l'Economie à la presse. "C'est un élément essentiel de la politique économique que je mets en oeuvre depuis six mois." "C'est un budget politique, c'est incontestable", a-t-il reconnu un peu plus tard devant quelques journalistes. Tout au long d'une conférence de presse de plus d'une heure et demie, il a défendu point par point ce projet, y compris ses aspects les plus contestés jusqu'au sein de la majorité, comme le remplacement du prêt à taux zéro par un crédit d'impôt pour l'achat d'un premier logement ou l'augmentation de 50% des réductions d'impôt associées aux emplois à domicile. Il a également assuré qu'il assumait pleinement la priorité donnée à la réduction des déficits publics. Pour la troisième année consécutive, les dépenses de l'Etat, fixées à 288,5 milliards d'euros (288,8 milliards à structure constante) ne progresseront que dans la limite de l'inflation, évaluée à 1,8% en moyenne pour 2005. Nicolas Sarkozy s'est félicité d'avoir pu trouver, malgré cette absence de marge budgétaire, 17 milliards d'euros pour réduire le déficit budgétaire de 10,2 milliards d'euros par rapport à la loi de finances initiale 2004 et consacrer cinq milliards d'euros aux priorités de l'Etat et deux milliards à des mesures fiscales et des allègements de charges. Ces allègements de charge permettront notamment de revaloriser le smic de 3,7 points de plus que l'inflation, c'est-à-dire de 5,5%, au 1er juillet 2005, a-t-il souligné. La reprise plus vigoureuse qu'initialement prévu de la croissance en 2004 a facilité la tâche du ministre de l'Economie. Grâce à elle, le déficit budgétaire 2004 ne sera que de 49,1 milliards d'euros au lieu de 55 milliards prévus par la loi de finances initiale, a révélé mercredi Bercy. La réduction du déficit budgétaire à 44,9 milliards d'euros prévue pour 2005 n'est donc en réalité que de 4,2 milliards d'euros, moins spectaculaire que les 10,2 milliards annoncés. Nicolas Sarkozy, qui a retenu une hypothèse de croissance de 2,5% du PIB pour 2005, s'est félicité de ce que la France ait aujourd'hui une croissance supérieure à celle de la zone euro (2,6% à 2,7% en 2004 selon les dernières prévisions de l'OCDE). Il en a largement imputé le mérite à sa politique. SARKOZY VEUT CONTINUER A PESER SUR LE DEBAT POLITIQUE Il a également défendu le recours à la soulte de 6,9 milliards d'euros que versera l'EDF en échange de la prise en charge de son régime de retraite par le régime général pour réduire le déficit public et le ramener à 2,9% du PIB, comme la France s'y est engagée auprès de ses partenaires européens. "C'est l'avantage des soultes et aussi leur magie. Cela permet de franchir une étape", a-t-il déclaré. Il n'a déploré qu'un "point noir" : le taux de chômage, qui se maintient à 9,8% de la population active, "un véritable mal français". Il a reconnu que la préparation du budget avait donné lieu à des "moments de tension", mais pour les dédramatiser et paraître minimiser le rôle du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. "Les priorités du Premier ministre sont celles du président de la République (Jacques Chirac)", a-t-il déclaré. "Le Premier ministre met en oeuvre la politique du président (...) Il n'y avait pas d'un côté les instructions du Premier ministre, de l'autre les priorités du président de la République ; il y avait des priorités présidentielles, et puis il y avait les contraintes européennes qui avaient fait l'objet d'engagements." Prié de dire s'il aurait pris les mêmes décisions dans une autre configuration politique, il a répondu : "Sur les grandes lignes, oui. Je crois dans ce budget et je veux dire d'ailleurs que sur les grandes lignes de ce budget, j'ai eu une très grande liberté (...) Il y a eu des débats entre nous, ce n'est un mystère pour personne (...) Mais au final c'est un document dans lequel je crois que chacun d'entre nous se reconnaît." Le successeur de Nicolas Sarkozy, qui aura à assumer l'exécution du budget, n'est toujours pas connu. "Quel que soit le ministre des Finances, ça ne peut que bien se passer", a cependant assuré Nicolas Sarkozy, qui a précisé qu'il entendait également continuer à peser sur les débats politiques lorsqu'il ne serait plus au gouvernement. "Dans la vie politique, on peut agir pas simplement en étant ministre. Il ne faut pas être prisonnier de ses responsabilités et de son statut", a-t-il déclaré. "J'ai bien l'intention, à la tête d'un grand mouvement politique, d'agir (...) pour peser sur le débat d'idée, pour l'encourager." "Il faudra faire avancer les choses (...) Rendez-vous le 28 novembre", a-t-il ajouté en faisant allusion au congrès de l'UMP lors duquel il devrait être porté à la tête du parti chiraquien.

Irak: un groupe islamiste revendique l'exécution des deux italiennes

moins 20 personnes, tandis que la situation des otages se tendait un peu plus après qu'un groupe islamiste affirme avoir "exécuté" les deux Italiennes enlevées le 7 septembre. Un groupe islamiste se faisant appeler "l'Organisation du Jihad" a affirmé, dans un communiqué diffusé jeudi avant l'aube sur un site islamiste, avoir "exécuté" les deux Italiennes. "Nous, l'Organisation du Jihad en Irak, annonçons que le verdict de Dieu a été appliqué sur les deux prisonnières italiennes qui ont été exécutées", affirme le communiqué dont l'authenticité ne peut être vérifiée. agrandir la photo Se référant, sans les nommer, à Simona Pari et Simona Torretta, 29 ans, employées de l'ONG "un pont pour Bagdad", il affirme qu'elles ont été exécutées "après que le gouvernement italien dirigé par l'ignoble (Premier ministre italien Silvio) Berlusconi n'eut pas écouté notre seule condition (pour les libérer) et qui était de se retirer d'Irak". Les autorités italiennes ne disposent d'aucune information permettant de confirmer les informations sur la mort des deux otages, ont indiqué des sources proches de la Présidence du conseil, citées par l'agence Ansa. agrandir la photo Après la décapitation de deux otages américains, un homme semblant être l'otage britannique Kenneth Bigley, retenu en otage par le groupe "Tawhid wal jihad" lié à Al-Qaïda, a été montré mercredi sur un site islamiste, implorant le Premier ministre britannique Tony Blair de lui sauver la vie en libérant les prisonnières irakiennes en Irak, comme l'exigent les ravisseurs. "C'est probablement ma dernière chance de vous parler", dit l'homme à l'adresse de M. Blair la voix entrecoupée de sanglots, dans la vidéo. La famille Kenneth Bigley a lancé mercredi soir un ultime appel à ses ravisseurs pour qu'il fasse preuve de "clémence" et le libère sain et sauf, alors que l'inquiétude grandit en Grande-Bretagne sur son sort. Craig Bigley, le fils de l'otage, a lu un bref communiqué adressé directement aux ravisseurs, quelques heures après la diffusion d'une vidéo par un site islamiste, montrant un homme, semblant être son père, en train d'implorer le Premier ministre britannique Tony Blair de lui sauver la vie. Seules nouvelles positives sur le front des otages, une Canadienne de 38 ans, d'origine irakienne, Fairuz Yamucky, qui avait été kidnappée en Irak, a été libérée mardi soir dans le nord du pays par une unité américaine de la Garde nationale après 16 jours de captivité, a indiqué mercredi le gouvernement canadien. Un Jordanien enlevé en Irak a également été libéré. Un autre film diffusé mercredi soir montre Jack Hensley, le second otage américain, en train d'être décapité par un homme armé masqué, et sa tête posée sur son dos. George W. Bush, en pleine campagne pour l'élection présidentielle américaine du 2 novembre, où l'engagement américain en Irak est l'un des principaux sujets de polémique, a condamné mercredi les décapitations d'otages en Irak, en affirmant que celles-ci ne décourageraient pas les Etats-Unis de poursuivre leur action dans ce pays. "Ces terroristes ne battront pas nos troupes. Ils ne peuvent pas battre nos troupes. La seule chose qu'ils peuvent faire est de décapiter les gens et tenter d'ébranler notre volonté", a déclaré M. Bush lors d'une réunion électorale à Latrobe (Pennsylvanie, est). Son adversaire démocrate, le sénateur John Kerry a indiqué pour sa part que s'il était élu à la Maison Blanche, il n'entendait pas accroître le nombre de soldats américains déployés en Irak, actuellement autour de 140.000. Dans un entretien à la radio publique NPR, M. Kerry a cependant précisé que les Etats-Unis ne pouvaient quitter l'Irak en l'état. "Ne pas avoir un Etat décomposé en Irak est important, à mes yeux, pour notre pays", a-t-il dit. Sur le terrain, deux soldats américains ont été tués mercredi dans des attaques contre leurs patrouilles dans le nord de l'Irak, portant à 1.037 le nombre de GI's tués depuis le début de la guerre en mars 2003, selon un bilan américain. A Bagdad, sept personnes irakiennes ont été tuées et 53 blessées dans un attentat suicide à la voiture piégée. Par ailleurs, treize Irakiens, dont plusieurs femmes et enfants, ont été tués et 149 blessés dans une opération lancée mardi soir par l'armée américaine et qui se poursuivait mercredi, selon des sources hospitalières. Dans le même temps à Bruxelles, les ambassadeurs de l'Otan "se sont mis d'accord pour donner instruction aux militaires d'élargir la mission d'assistance et de formation" de l'Alliance en Irak. L'un des principaux éléments de cet accord prévoit que l'Otan appuie la création en Irak d'un centre pour former les cadres de l'armée irakienne. L'Otan avait accepté fin juin le principe d'aider Bagdad à former ses forces de sécurité mais sans en définir les modalités. Celles-ci ont ensuite fait l'objet de longues négociations, souvent houleuses. Paris, Berlin, Bruxelles et Madrid -- pour les trois premiers, opposants de la première heure à la guerre en Irak -- ont exclu d'envoyer eux-mêmes des soldats en Irak dans le cadre de cette mission, soutenue par les Etats-Unis. •

 

Journées parlementaires de l'UMP Pas de « ola » pour Raffarin et Sarkozy

 



 

LES DÉPUTÉS UMP ont déstabilisé Nicolas Sarkozy. Quand le futur président du parti chiraquien achève son discours, hier midi, à Argenteuil, (Val-d'Oise) lors des journées parlementaires de l'UMP, les élus sont chiches en applaudissements. L'accueil est poli, sans plus. Loin des triomphes que connaît habituellement le populaire patron de Bercy auprès des militants. Le numéro deux du gouvernement ne s'est pourtant pas économisé pour séduire des parlementaires encore très attachés à Jacques Chirac. « Nous n'échangeons pas assez, nous ne parlons pas assez, nous ne cherchons pas assez. Au final, nous ne débattons pas assez », constate-t-il devant des élus qui l'écoutent sans broncher. La salle se réveille quand il évoque sa relation avec Jacques Chirac : « J'appelle à ce que nous établissions entre nous ce que j'ai pu rétablir moi-même avec le président de la République : un climat apaisé et confiant. » Il livre ensuite un long exposé du fonctionnement de la future UMP : sans courants, « audacieuse » dans les débats, capable d'accepter en son sein des opinions contraires comme, par exemple, ceux qui prôneront le non à la Constitution européenne. S'exprimant presque exclusivement à la première personne, il conclut : « Je voudrais dire quelque chose de très personnel. Je me sens prêt, sans doute comme jamais je ne l'ai été. » La confession tombe à plat. « La prétention, c'est le péché mortel » A l'heure du déjeuner, chacun commente la prestation. « Ce n'était pas un accueil méfiant. Simplement normal », explique Dominique Dord, député de Savoie. « Il s'est trompé de public. Il a fait un discours pour les militants », confie un ministre proche de Raffarin. Comble du paradoxe : les chiraquiens Frédéric de Saint-Sernin et François Baroin viennent à sa rescousse : « Pas de polémique sur cet accueil. » Le ministre des Finances, lui, cherche des explications. « C'est parce que les sénateurs n'étaient pas là », dit-il drôlement, avant de partir pour Marseille, où il va assister à la « première » de la comédie musicale de Didier Barbelivien « les Enfants du soleil ». L'après-midi traîne un peu en longueur. Michel Barnier, Dominique Perben ou encore Edouard Balladur défilent à la tribune. Pendant ce temps, le député européen et bras droit de Sarkozy, Brice Hortefeux, reçoit les offres de candidature de ceux qui veulent intégrer la future direction. Les conseillers de Matignon, déjà présents, se réjouissent à l'idée que leur champion n'arrive pas dans une salle totalement acquise au numéro deux du gouvernement. Désireux de faire oublier devant le même auditoire sa piètre prestation de l'an passé à Nancy et son « agenda 2006 », Jean-Pierre Raffarin vient cette fois présenter son « contrat 2005 ». Il promet que le chômage va baisser l'an prochain, annonce une loi sur l'école et une autre sur la recherche applicables dès la rentrée 2006... Pour lui aussi, l'accueil est seulement poli. Face au nouveau paysage de la majorité, il n'en oublie pas de faire de la politique : « L'union passe par un carré qui devient magique quand chacun assume son rôle et respecte celui de l'autre. » Dans « Paris Match », Raffarin se fait moins consensuel, visant sans le nommer Sarkozy : « J'ai vu des hommes disjoncter et souffrir, des talents immenses se perdre dans les sables. La prétention, c'est la faute, le péché mortel. » ARGENTEUIL (VAL-D'OISE), HIER. Jean-Pierre Raffarin a présenté son « contrat 2005 » devant les députés UMP.

 

L'inégibilité réduite de Juppé relance le face-à-face avec Sarkozy

 

Les éditorialiste de la presse française de ce jeudi ont grandement commenté la condamnation réduite en appel d'Alain Juppé dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à la mairie de Paris, qui pourrait relancer sa carrière politique.Avec cet éventuel retour d'Alain Juppé sur le devant de la scène, les éditorialistes mettent surtout en exergue la rivalité qui pourrait opposer l'ancien Premier ministre à Nicolas Sarkozy, élu dimanche à la tête de l'UMP."Le temps d'une année, et le duc d'Aquitaine (ndlr Juppé) se retrouvera en position de disputer au comte de Neuilly (ndlr Sarkozy) l'allégeance de grognards soudain tentés de revenir à leur premier général", explique Charles Lambroschini dans les colonnes du Figaro. Car, selon lui, "Juppé, peut-être plus attaché à la revanche en 2006 qu'à la victoire en 2007, fera sien mon précepte. Traitant la politique comme la guerre, il choisira alors d'endormir une aile pour battre l'autre".Plus sobrement, Bruno Bruno Frappat dans le quotidien catholique La Croix estime que "la justice, dans un second mouvement, en appel, lui rouvre les portes, sinon d'un destin, du moins de la carrière". En "Une" France Soir voit un "Juppé ressuscité" et souligne que "Chirac est content".Dans la presse de gauche, Jean-Michel Thénard (Libération) explique que "s'il en a terminé avec la justice, Juppé n'en est pas quitte avec l'opinion, qui l'a condamné à des records d'impopularité". "A elle de la juger en dernière instance et de dire s'il peut s'il peut être pour la droite un meilleur candidat que Sarkozy en 2007", souligne l'éditorialiste.De son côté, Claude Cabanes écrit dans l'Humanité "qu'hier à l'Élysée, on est resté muet comme une carpe, prétendant ne pas commenter une décision de justice, ce qui prête à rire, puisque la première décision avait été l'objet de commentaires à satiété."Dans la presse quotidienne régionale, Dominiqe Valès (La Montagne) estime "qu'un avenir politique lui est à nouveau ouvert. A la tentation de Venise, symbole d'un retrait de la vie publique, pourrait donc se substituer la tentation de l'Elysée", dit-il. Olivier Picard (Dernières Nouvelles d'Alsace) explique que "cette année 2005, hors du champ politique lui offre la possibilité de se ressourcer, de se faire oublier et de rebâtir un début de popularité d'autant plus facilement qu'il aura quitté la scène (...) Alain Juppé pourra donc revenir vite et avec une bien meilleure image que celle qu'il aurait s'il restait dans la course."Philippe Waucampt (Le Républicain Lorrain) écrit "qu'une chose est cependant certaine: c'est moins la tentation de Venise qui risque de le travailler désormais que celle de l'Élysée". "Peut-être pas comme candidat en 2007 car la condamnation, même minime, sera encore trop fraîche. Mais en tant qu'élément central du dispositif chiraquien aménagé pour freiner la montée en puissance de Nicolas Sarkozy, que Jacques Chirac prétende à un renouvellement de son bail à l'Élysée ou non", affirme-t-il.

 

La survie judiciaire du maire de Bordeaux redonne une arme de poids à la Chiraquie.

 

 

Vanessa SCHNEIDER jeudi 02 décembre 2004 (Liberation - 06:00) auvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy. Il pensait Alain Juppé, son ennemi juré, rangé à la casse. Ce n'est plus évident. Trois jours après son accession à la tête de l'UMP et 48 heures après le mini-remaniement du gouvernement, le candidat non déclaré à la présidentielle ne peut plus avoir le moindre doute : la Chiraquie est prête à tout pour se lever à nouveau contre lui. «Officiellement, on ne commente pas», explique un de ses proches. Sarkozy ne veut pas avoir l'air de s'acharner sur son rival. Lors de son intronisation dimanche, il lui avait d'ailleurs rendu hommage en assurant qu'il avait des «projets» avec lui. Il lui aurait proposé la présidence de la fondation proche de l'UMP. Avec la même hypocrisie, son lieutenant, le député Christian Estrosi, a expliqué hier qu'il était «heureux que l'avenir reste ouvert pour celui d'entre nous qui est le plus brillant». Mais, sous couvert de l'anonymat, les sarkozystes se déchaînent. «De toute façon, cela ne change rien pour Juppé politiquement, explique un des amis de l'ex-ministre de l'Economie. Il a perdu l'UMP, il n'est plus député, il va devoir démissionner de la mairie de Bordeaux et le changement de Premier ministre aura eu lieu avant son retour en politique. Le temps qu'il reconquière ses mandats, la campagne présidentielle sera lancée. C'est trop tard pour lui.» Et quand bien même, son entourage souligne que les ennuis judiciaires de Juppé ne sont pas son seul problème : il est assez impopulaire pour échouer face à leur chef. Pudeur soudaine. L'Elysée, qui, par la voix même du chef de l'Etat, avait une nouvelle fois réitéré son soutien à Juppé dimanche, a été pris d'une pudeur soudaine en refusant de «commenter une décision de justice». Même discrétion à Matignon, alors que Jean-Pierre Raffarin avait fait une déclaration télévisée outrée après le premier jugement. Cette fois, il va écrire à Juppé. L'entourage du Premier ministre fait savoir qu'il s'agit d'une «bonne nouvelle», mais refuse d'anticiper sur l'avenir politique du maire de Bordeaux : «Il ne faut pas aller plus vite que la musique, c'est trop tôt pour dire quoi que ce soit.» Les ministres n'ont pas eu la même retenue. Au moins six d'entre eux ont commenté la décision de justice. A peine le verdict connu, les ministres chiraquiens ­ fait rare ­ se sont précipités dans la salle des Quatre-Colonnes de l'Assemblée pour tresser des lauriers au condamné. Eric Woerth, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ami de Juppé, a souhaité qu'il «reprenne une place importante dans la vie politique française». «Nous avons besoin de lui», a renchéri son ministre de tutelle Renaud Dutreil, en précisant que c'était le «militant UMP» qui parlait. Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé, a déclaré, comme pour narguer le nouveau patron de l'UMP : «Chacun le sait, ses amis comme ses ennemis, c'est un homme d'Etat.» Dans ce concours de louanges, Hervé Gaymard, le nouveau ministre de l'Economie, a fait le voeu que le chouchou du Président «reprenne très vite une place éminente dans notre vie politique pour continuer à faire profiter notre pays de son talent». «Géométrie variable». Les députés n'ont pas été en reste. Même le président du groupe UDF, Hervé Morin, pense que Juppé peut redevenir Premier ministre en 2005. Hors micros, les députés de droite sont nettement moins enthousiastes. «Le retour de Juppé ? Je n'y crois pas, je ne le souhaite pas, il ne sera jamais président», a estimé l'un d'eux. A gauche, le Vert Noël Mamère a fustigé une «justice à géométrie variable qui permet à la France chiraquienne de repartir au combat». Le premier secrétaire du PS, François Hollande, s'est, lui, contenté de «prendre acte» de la décision de justice. (publicité)

Manuel Valls (partisan du "non") quitte la direction du PS

Le numéro 4 du PS Manuel Valls, qui avait fait campagne pour le "non" à la Constitution européenne, a annoncé qu'il quittait la direction du parti, peu avant l'ouverture du Conseil national samedi à Paris. Le député-maire d'Evry, chargé de la coordination au secrétariat national, a indiqué qu'il avait accepté le choix du premier secrétaire François Hollande de l'écarter de la nouvelle direction. "Il n'y a pas de problème entre nous", a-t-il affirmé. "Je trouve normal" de quitter le secrétariat national, compte tenu des divergences de vues sur la question européenne, a indiqué Manuel Valls, interrogé par l'AFP. "François Hollande me l'a proposé, ce n'était pas à moi d'annoncer mon départ avant qu'il ne m'ait fait connaître sa position", a-t-il poursuivi. L'ex-collaborateur de Lionel Jospin à Matignon a affirmé n'avoir "ni regrets, ni amertume". "Je me suis battu avec conviction", a-t-il dit. Le fait de partir, alors que Laurent Fabius et quelques-uns de ses amis restent à la direction, "prouve que je suis un homme libre et qui n'a pas besoin d'être protégé", a conclu Manuel Valls.

 

Hollande a annoncé à Fabius des "ajustements" à la direction du PS

 

 

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a "prévenu Laurent Fabius qu'il y aurait des ajustements dans l'organisation de la direction", a-t-il indiqué à l'AFP après une rencontre avec le numéro 2 socialiste, vendredi au siège du parti. Après la victoire du oui à la Constitution européennee lors du référendum interne, les deux hommes se sont entretenus en tête-à-tête pendant une heure dans une atmosphère "claire sur la démarche, ferme sur les principes de travail et ouverte au rassemblement", a indiqué M. Hollande. Ils ne s'étaient pratiquement pas parlé depuis plusieurs semaines, le patron du PS battant la campagne pour le oui et l'ex-Premier ministre pour le non. "La leçon du vote s'impose à tous", a rappelé le premier secrétaire qui a demandé "la discrétion de ceux du camp du non" pendant la campagne pour le référendum national. Pour autant, a-t-il précisé, "ce qui a été décidé au congrès de Dijon demeure", c'est-à-dire que Fabius devrait conserver sa place de numéro 2 acquise lors du congrès de 2003. Confirmant ses déclarations pendant la campagne, M. Hollande a fait part de sa volonté de rassembler tout le parti pour combattre la droite et préparer le projet du PS pour les échéances électorales de 2007. A sa sortie de cette rencontre, Laurent Fabius a simplement déclaré: "ce qui est important pour moi, c'est l'unité du PS et le maintien de son ancrage à gauche"

 

Hervé Gaymard veut faire oublier Sarkozy en jouant collectif

 

Les premiers pas d'Hervé Gaymard à Bercy ont marqué clairement la volonté de faire oublier le style Sarkozy et de ramener l'économie au rang d'instrument d'une politique gouvernementale tournée vers le social et l'emploi. Ministre plutôt jeune (44 ans), réputé intelligent et consciencieux, déjà familier des Finances par sa formation après l'ENA et par une étape de secrétaire d'Etat aux Finances voici neuf ans, M. Gaymard semble pour l'instant privilégier sa fidélité au président Jacques Chirac à la tentation de briller seul. agrandir la photo Vidéo: cliquez ici pour voir la vidéo Ainsi, il est entré sans problème apparent dans le jeu de rassemblement gouvernemental ostensible, en vigueur depuis le départ de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP. La manifestation la plus frappante en a été, vendredi matin, son petit-déjeuner chez le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, un rendez-vous qui se renouvellera désormais chaque premier mercredi matin du mois. agrandir la photo M. Borloo en jubile: cette visite "coupe l'image d'un ministère des Finances dominateur, et donne au contraire l'image que ce ministère est à l'écoute des membres du gouvernement et du pays". Dans son propre ministère, M. Gaymard veut marquer le même esprit collectif, indiquant qu'il travaillera en "quatuor" avec ses trois ministres délégués, là où M. Sarkozy n'avait guère laissé d'espace aux autres ministres de Bercy. Autre virage radical, le retour en grâce marqué de l'axe économique franco-allemand cher à M. Chirac. M. Sarkozy n'avait fait connaissance du ministre de l'Economie Wolfgang Clement que fin octobre, et, en privé, ne cachait pas qu'il trouvait "trop laborieux" le style du ministre des Finances Hans Eichel. Les Allemands avaient reproché au Français son interventionnisme dans les dossiers Alstom et . La première visite à l'étranger de M. Gaymard, trois jours après sa nomination, aura été jeudi pour les deux hommes, avec lesquels il a annoncé son intention de mener "une coopération très étroite". Le geste a visiblement été apprécié à Berlin, où M. Gaymard s'est exprimé en allemand, contrairement à son prédécesseur, peu porté sur les langues étrangères. Tout en marquant la différence, le nouveau ministre des Finances s'est gardé de critiquer M. Sarkozy. Il a préféré banaliser son action en faisant plusieurs fois allusion à l'action globale menée depuis 2002, par celui-ci et son prédécesseur Francis Mer, "sous l'autorité du Premier ministre". M. Gaymard semble avoir cependant décidé de garder de M. Sarkozy au moins le "volontarisme" qu'il a salué lors de la passation de pouvoir. Il a assuré qu'il voulait "donner toute son énergie au pays", et a déjà fait preuve du même souci de rigueur budgétaire. En particulier, la baisse des impôts devra continuer, mais "sans gonflement du déficit". Reconnaissant lui-même qu'il "n'est pas encore apte à s'exprimer dans le détail sur tel ou tel sujet", M. Gaymard a néanmoins assuré qu'il y parviendrait "rapidement". Après Berlin jeudi, la rue de Grenelle vendredi matin, il devait se rendre vendredi après-midi au Génopole d'Evry, alors que débute le week-end du Téléthon. Il a confirmé un engagement antérieur samedi au centenaire de l'usine Cézus (filiale d'Areva (d'Ugine (Savoie), avant de faire plus ample connaissance avec ses collègues européens à l'Eurogroupe-Ecofin, lundi et mardi à Bruxelles.

 

L'Assemblée planche sur la révision de la Constitution française

 

La France entre en pré-campagne pour le référendum sur la Constitution européenne, avec l'examen ce mardi à l'Assemblée du projet de loi révisant la Constitution française, mais le climat social et la question turque font peser une incertitude sur l'issue du scrutin. Même si les sondages donnent actuellement une large avance au "oui" pour le référendum, qui sera sans doute organisé en juin, l'inquiétude gagne les pro-européens. Le Monde du 18 janvier citait le directeur de l'institut CSA-Opinions, Stéphane Rozès, pour qui "on ne sait pas si les électeurs vont, ou non, instrumentaliser les échéances électorales pour exprimer leur mécontentement". "Ils l'ont fait pendant les régionales (NDLR: de mars 2004). Vont-ils le faire lors du référendum ?" ajoutait-il. Un climat atone - la presse se fait l'écho depuis plusieurs jours de la "sinistrose" dont seraient atteints les Français - fait bien sûr redouter une nouvelle révolte dans les urnes, d'autant que le front du "oui" à la Constitution s'est quelque peu fissuré ces derniers jours. Aux opposants déclarés au nouveau traité de Rome - extrême gauche, communistes, souverainistes de droite, extrême droite - sont venues se mêler les interrogations des présidents de l'UMP et de l'UDF, Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Le président de l'UMP souhaitait soumettre au vote des cadres de son parti une question sur l'entrée de la Turquie dans l'Union. Il a dû faire machine arrière, après un tir de barrage du camp chiraquien, qui a vu dans cette initiative une nouvelle attaque de Nicolas Sarkozy contre Jacques Chirac, partisan déclaré d'une entrée de la Turquie dans l'Union. Nicolas Sarkozy proposera tout de même au vote de l'UMP le 6 mars un texte "réaffirmant notre volonté d'une Europe politique puissante et intégrée, demandant à l'UMP de voter 'oui' et de s'engager fortement dans la campagne référendaire et s'opposant à l'adhésion de la Turquie en lui préférant la formule de partenariat privilégié". Ce week-end, lors du congrès de l'UDF, François Bayrou et ses amis ont joué quasiment la même partition. Le président de l'UDF a appelé la majorité à s'engager "sans réticences et sans se voiler la face" dans la campagne pour le "oui" mais aussi à "dire clairement ce que sont les questions, n'en éviter aucune". Pour le député UDF Maurice Leroy, ne pas parler de la Turquie serait offrir un "tapis rouge" au président du Mouvement pour la France et avocat du "non", Philippe de Villiers. "RÉGLER SON COMPTE À CHIRAC" Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, est allé plus loin en appelant Jacques Chirac à "engager sa responsabilité" sur ce scrutin "à haut risque", qui pourrait être "le moyen pour nos compatriotes de donner une baffe à la classe dirigeante". "Le président de la République doit engager sa responsabilité sur cette question comme le faisait le général de Gaulle à chaque référendum, à chaque élection législative", a-t-il dit dimanche à la tribune du congrès de l'UDF. Le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, partisan du "oui", a aussitôt dénoncé "le syndicat de la confusion" qui est, à ses yeux, en train de se constituer à droite pour "régler son compte" à Jacques Chirac. "Le sentiment qui s'installe est que certains rêvent à 1969, c'est-à-dire rêvent de faire de ce référendum la même chose qu'on avait fait au général de Gaulle, c'est-à-dire de créer les conditions d'une censure de ce gouvernement. Ce serait un très mauvais service rendu à l'Europe et aussi à la France", a-t-il souligné sur Europe 1. Le général de Gaulle avait quitté le pouvoir en 1969 à la suite d'un référendum perdu sur la réforme des régions et du Sénat. "Nous aurions pu avoir la même attitude (...) Ça a été difficile d'expliquer aux militants (socialistes) que ce que nous voulions, c'était d'abord faire prévaloir l'intérêt de l'Europe, au regard de ce que nous avions à reprocher à Jacques Chirac. Nous demandons que cette responsabilité que nous avons eue, les responsables de droite, et c'est un minimum, l'aient aussi à l'égard du pays, du peuple français", a dit Julien Dray. Si Jacques Chirac liait son sort à l'issue du référendum, a poursuivi le porte-parole du PS, "ce serait une difficulté supplémentaire" pour les socialistes, qui restent divisés sur la question européenne en dépit de la victoire du "oui" au référendum interne de décembre. Le porte-parole du PS a souhaité une nouvelle fois que le Premier ministre, qui conduit "une politique impopulaire", se tienne "en retrait" durant la campagne référendaire. Invité de "Vivement Dimanche", sur France 2, Jean-Pierre Raffarin a confirmé son refus de politiser le référendum. "Je ne souhaite pas une campagne hiérarchique, avec un directeur de campagne, un organisateur puisqu'il y a plusieurs 'oui' possibles", a souligné le Premier ministre. La pré-campagne référendaire connaîtra un nouvel épisode jeudi soir quand Philippe de Villiers, qui estime qu'il y a "une vraie chance que le 'non' l'emporte" et prédit un "vote d'humeur" en raison du climat social, sera opposé sur France 2 au ministre chiraquien de l'Intérieur, Dominique de Villepin, farouche partisan du "oui" à la Constitution européenne.

68 interpellations en France pour pédophilie sur internet

La police a procédé à une série d'interpellations à travers toute la France dans les milieux pédophiles, a-t-on appris auprès du procureur de la République de Colmar, Pascal Schultz. Ils agissaient sur commission rogatoire du juge d'instruction de Colmar Stéphane Galland. "Soixante-huit personnes ont été interpellées et placées en garde-à-vue un peu partout en France et quelques unes en Alsace", a-t-il déclaré à Reuters. "Cette opération a permis de saisir des films et des images pédophiles sur des ordinateurs", a-t-il ajouté en précisant que les personnes interpellées appartenaient à "tous les milieux sociaux". La gestion de cette enquête par un juge d'instruction de Colmar découle d'une précédente affaire de pédophilie sur internet dans laquelle ce même juge avait mis en examen un cadre d'entreprise et un militaire au printempsdernier

Sept interpellations à Paris dans une "filière irakienne"

 

- Sept personnes ont été interpellées à Paris lors d'une opération contre une "filière irakienne" de jeunes Français partis combattre au sein de la rébellion, a-t-on appris mardi de source proche du dossier. Ces interpellations ont été effectuées lundi dans plusieurs lieux du XIXe arrondissement de Paris, où des jeunes liés aux milieux islamistes radicaux semblent avoir leurs habitudes, a-t-on précisé de même source. "Ce coup de filet a permis de casser totalement cette filière. C'est une première dans ce secteur et c'est une opération importante", a-t-on souligné de source proche du ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin. "La lutte contre les milieux islamistes radicaux est l'une des priorités du ministre de l'Intérieur", a-t-on ajouté. Ces interpellations sont l'aboutissement d'une enquête de longue haleine. Une information judiciaire avait été ouverte en France après la mort, en Irak, de plusieurs jeunes Français enrôlés parmi les combattants de la "guerre sainte". En décembre dernier, le quotidien le Monde écrivait que les services français avaient identifié cinq Français mais que la filière française restait "marginale" alors qu'une quarantaine d'étrangers ont été recensés par les Américains sur les 2.000 combattants faits prisonniers à Falloudja. L'un des Français est en prison à Damas depuis le mois d'août, deux ont été tués en septembre et octobre et un autre, "émir Fawzi D.", commande un groupe d'une vingtaine de combattants, selon le quotidien. La famille de ce dernier, salafiste convaincu, résiderait dans l'ouest de la France. "Fawzi D." compterait parmi ses proches un boxeur anglais. Les deux Français tués, qui connaissaient l'homme emprisonné en Syrie, seraient originaires du XIXe arrondissement de Paris où les enquêteurs estiment être en présence d'une "poussée djihadiste de quartier". Le nombre des volontaires étrangers serait difficile à évaluer mais des services de renseignement avancent le chiffre de 1.000 et 2.000, venus de Jordanie, de Syrie, d'Arabie Saoudite, du Yémen ou du Koweït.

Les chercheurs français à nouveau dans la rue

Un an après leurs grandes manifestations pour la défense de leur secteur en France, les chercheurs descendent à nouveau dans la rue ce vendredi pour dénoncer le projet de loi que prépare le ministère délégué à la Recherche, et dont certains éléments ont déjà filtré. Les organisations syndicales de chercheurs et le mouvement "Sauvons la Recherche" (SLR) ont appelé "les personnels et étudiants de l'enseignement supérieur et de la recherche à exprimer massivement leur opposition au projet de loi" lors de manifestations à Paris et en région. agrandir la photo Un document de travail du ministère, ébauche du texte définitif, a provoqué en janvier une levée de bouclier du monde de la recherche. Celui-ci estime en effet que ses demandes, exprimées notamment lors des Etats généraux de la Recherche de Grenoble en octobre dernier, ne sont pas prises en compte. Le ministre délégué à la Recherche François d'Aubert a récemment réaffirmé le déblocage de 6 milliards d'euros cumulés sur trois ans, soit "une hausse d'environ 10% par an", et annoncé "un plan pluriannuel de l'emploi scientifique" qui "portera jusqu'en 2010". Mais le monde scientifique dénonce un texte "tourné vers la recherche appliquée, (qui) privilégie le financement de la recherche sur projets". Quant à la question du financement, les syndicats soulignent que "le milliard d'euros supplémentaire promis servira plus à réduire l'impôt des entreprises qu'au financement des laboratoires publics". Le ministère de la Recherche a fait savoir mardi que le projet de loi d'orientation et de programmation, qui devait être présenté en février au Conseil des ministres, ne le serait qu'au printemps pour permettre de nouvelles rencontres avec le monde de la recherche. Il devrait être ensuite présenté au Parlement "lors de la session de printemps", soit avant fin juin, ajoutait-il. Mais pour "Sauvons la Recherche", à l'origine du mouvement l'an dernier, "le fait que (le gouvernement) retarde le calendrier de discussion de la loi ne saurait tenir lieu de réponse" aux revendications des chercheurs. Outre les manifestations, les syndicats de chercheurs ont appelé à une semaine d'action, du 31 janvier au 5 février, avec notamment la tenue d'assemblées générales dans les universités et laboratoires de recherche. Déjà, le conseil scientifique de l'université Paris I-Panthéon Sorbonne a voté lundi une motion qui "dénonce avec fermeté" le projet de loi, estimant que les moyens seront "insuffisants" et qu'il risque de "démembrer les universités". Les membres des trois conseils de l'université de Poitiers ont également "dénoncé certaines orientations" du texte, qu'ils "considèrent comme inacceptables". La semaine dernière, l'université de Nantes avait adopté à l'unanimité une motion contre le projet qui, selon elle, "menace la recherche fondamentale". La Conférence des présidents d'université (CPU) a également estimé que leurs revendications n'étaient pas prises en compte dans le texte actuel du gouvernement. SLR a annoncé qu'elle ferait signer dans la rue vendredi un nouvel appel, "Nous sauverons la recherche !", qualifié "d'interpellation au gouvernement".

 

Douste-Blazy annonce un plan "massif" pour la psychiatrie

Philippe Douste-Blazy a annoncé vendredi le lancement d'un programme "massif" d'aide pour le secteur psychiatrique d'un montant de 750 millions d'euros sur six ans. Le ministre de la Santé a précisé lors d'une conférence de presse à Paris que, selon le principe du plan Hôpital 2007, les 750 millions d'aide permettraient au total 1,5 milliard d'investissement supplémentaire sur la période 2005-2010. "Il faut rompre avec le cercle vicieux du désinvestissement chronique, afin de répondre à la souffrance des malades et aux difficultés des personnels", a-t-il déclaré. Le ministre de la Santé a également annoncé l'augmentation du numerus clausus d'internes en psychiatrie, des mesures financières pour la création de nouveaux postes médicaux et non médicaux en centres psychiatriques ainsi qu'une aide à la formation des psychiatres. Il a créé vendredi un comité d'évaluation et de suivi qui se réunira tous les six mois. Ces mesures seront soumises pour concertation aux professionnels du secteur "dès la semaine prochaine", a précisé Philippe Douste-Blazy.

 

Fragile unité syndicale à la veille des manifestations de samedi

L'unité syndicale qui sera affichée ce samedi pour la défense des 35 heures apparaît fragile, d'autant que certains syndicats craignent que la contestation contre la politique sociale du gouvernement Raffarin ne renforce le camp du "non" au traité sur la Constitution européenne. De la réussite des manifestations de samedi, élargies aux salariés du privé et organisées à l'appel de toutes les organisations hormis celle des cadres CFE-CGC, dépendra le rapport de forces avec le gouvernement et la capacité des syndicats à inscrire leur stratégie dans la durée. Mais au-delà de la démonstration de l'exaspération du monde salarial, un succès sera interprété comme un indicateur de la mobilisation pour le "non" au référendum constitutionnel prévu avant l'été. Conscient du danger, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque a mis en garde vendredi contre "des risques de confusion entre le climat social dans notre pays et le débat sur le traité constitutionnel". "Le risque de la politisation a été choisi par le gouvernement" qui a engagé le débat sur les 35 heures au Parlement et non avec les partenaires sociaux, a-t-il déploré sur LCI. "Nous sommes pour le traité mais contre cette loi. Le débat politique doit bien distinguer les deux choses." François Chérèque a enfoncé le clou dans Le Monde en déclarant : "L'unité syndicale doit se faire sur des sujets précis, et en étant clair sur des revendications. (Elle) est un moyen de faire avancer nos revendications, elle ne constitue pas un but en soi." A l'autre pôle du syndicalisme français, la CGT espère au contraire globaliser les manifestations de mécontentement. "Si on est à un niveau de mobilisation qui confirme une nouvelle phase du climat social, s'il y a du répondant samedi, nous devrons envisager des suites", a déclaré au Monde le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. "Il faut parvenir à créer un rapport de forces face au gouvernement. Et ne pas se laisser enfermer dans des négociations partant uniquement des revendications patronales." DIVISÉS SUR LA CONSIGNE DE VOTE "Aujourd'hui, on ne peut pas penser la durée du travail sans penser à l'emploi, sans penser au salaire", a renchéri Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, sur BFM. "Et on a besoin de montrer que, lorsque les salariés défendent leurs droits, ils agissent aussi pour le progrès social pour la croissance économique et surtout pour résorber le chômage dans notre pays", a-t-elle ajouté. Durablement divisé, le mouvement syndical français apprécie aussi différemment le traité constitutionnel européen. Alors qu'elles hésitaient à donner à leurs militants une consigne de vote pour le prochain référendum, la plupart des organisations sont aujourd'hui amenées à prendre position. La crise déclenchée à la CGT par l'appel à voter "non" - décidé par le "parlement" de la confédération en dépit de la ligne de non-consigne de vote souhaitée par sa direction - témoigne des désaccords qui agitent les syndicats sur le sujet. Même à la CFDT, qui s'est déclarée à une large majorité "en faveur de la future Constitution en raison des progrès sociaux qu'elle permettra de réaliser", des adhérents ont décidé de militer contre le traité dans certaines régions ou dans certaines fédérations. Très critique sur la construction européenne, Force ouvrière a choisi de tenir sa "ligne d'indépendance syndicale" et de ne pas donner de consigne de vote, comme il l'avait fait pour le traité de Maastricht en 1992 et lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002, alors que toutes les autres organisations appelaient à contrer le Front national. A la FSU, en "profond désaccord" avec le projet, la question de savoir s'il faut ou non donner une consigne de vote fait toujours débat et sera reposée en avril. A l'Unsa, globalement favorable au traité, la question de la consigne de vote pourrait être tranchée en congrès, en mars. Quant à la CFTC, elle a choisi de dire clairement "oui au progrès social", en jugeant que le traité proposé "apporte un certain nombre d'avancées pour les salariés en matières sociale et économique". En octobre, la Confédération européenne des syndicats (CES) a voté en faveur du traité, avec le soutien de la CFDT et de l'Unsa. La CGT et la CFTC s'étaient abstenues et FO avait voté contre.

 

56% des internautes ne souhaitent pas que Jacques Chirac engage sa responsabilité lors du référendum sur la constitution européenne

 

S'ils pensent que la victoire du Oui nécessite une campagne active du président de la République, les internautes qui se sont exprimés* ne souhaitent pas qu'elle se cristallise sur des enjeux de politique intérieure. Demandant il y a peu au chef de l'Etat d'engager sa responsabilité lors du référendum sur la Constitution européenne, le président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, Hervé Morin, ne rencontre pas les attentes du public. Certes, la moitié des internautes (48%) considère que, pour favoriser la victoire du oui, il vaut mieux que le président mène une campagne active, contre un tiers (32%) qui pense qu'une campagne discrète serait plus adéquate. Mais, à leurs yeux, cela n'implique en rien la mise en jeu de son titre présidentiel : seuls 32% souhaitent qu'il donne sa démission en cas de victoire du " Non " alors qu'ils sont plus de la moitié(56%) à y être hostiles. Parmi les internautes qui se sont exprimés, ce sont les partisans de la Constitution européenne qui sont les plus réticents à une telle personnalisation de l'enjeu du scrutin, une entreprise qui pourrait se révéler contre-productive. Une telle politisation du débat serait susceptible d'accroître les chances du Non en surfant sur les difficultés du gouvernement. François Kraus

Constitution européenne: près d'un Français sur deux est indécis

 

Près d'un Français sur deux serait indécis pour le prochain référendum de ratification du projet de constitution européenne. Selon ce sondage Ifop à paraître dans le Journal du Dimanche, réalisé les 3 et 4 février, 46% des personnes interrogées estiment qu'elles "ne savent pas encore" si elles diront "oui" ou "non" au traité (contre 58% lors d'un sondage similaire les 7 et 8 octobre 2004). Elles sont 25% à répondre qu'elles voteront "plutôt pour le oui" (18% en octobre) et 20% "plutôt pour le non" (15%). Le pourcentage des personnes interrogées qui pensent s'abstenir est stable à 9%. Sur les 46% de personnes encore indécises, 44% disent pencher "au fond d'elles-mêmes" pour le "oui" et 28% pour le "non"; 28% penchent pour "l'abstention, le vote blanc ou le refus de se prononcer". Interrogées sur la "hiérarchie des éléments influant sur leur vote", 56% donnent la priorité à "la situation économique et sociale de la France" à égalité avec "le contenu de la Constitution". Pour les électeurs ayant l'intention de voter "oui" au référendum, c'est "l'importance pour l'Europe de se doter d'une Constitution" qui a la priorité (70%), devant "le contenu de la Constitution" (64%) et "l'avancement de la construction européenne" (63%). Pour ceux qui ont l'intention de voter "non", "la crainte d'une Europe trop libérale" vient en tête (66%), juste devant "la situation économique et sociale de la France" et "le débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne" (54%). Le sondage a été réalisé par téléphone selon la méthode des quotas, auprès d'un échantillon national représentatif de 879 personnes âgées de 18 ans et plus.

Jean-Pierre Raffarin affiche sa fermeté face à la grogne sociale

 

Jean-Pierre Raffarin affiche sa fermeté face à la grogne sociale sur les 35 heures et le pouvoir d'achat et met en garde les Français contre "une secousse terrible" en cas de victoire du "non" au référendum sur la Constitution européenne. Le Premier ministre, qui était l'invité de France Inter, s'est dit "à l'écoute" des centaines de milliers de manifestants qui ont défilé samedi en France pour la défense du pouvoir d'achat et des 35 heures. "Le mépris n'est pas dans ma nature", a-t-il dit en réponse aux critiques des syndicats, qui l'ont accusé de rester sourd aux revendications exprimées samedi. Mais il a aussitôt précisé: "Je suis à l'écoute, je reste ouvert mais nous sommes dans une démocratie. Je ne méprise pas les manifestations mais je demande aux leaders syndicaux de ne pas mépriser le Parlement, le débat se poursuit selon le calendrier prévu, c'est cela la vie démocratique". L'Assemblée nationale doit adopter mardi en première lecture la proposition de loi UMP assouplissant les 35 heures. Au passage, le Premier ministre a précisé que le gouvernement harmoniserait d'ici trois ans le taux de rémunération des heures supplémentaires dans les entreprises, mettant fin au régime dérogatoire des plus petites. "J'ai proposé un moratoire de trois ans pour les entreprises de moins de 20 salariés, et au bout de trois ans, nous rapprocherons toutes les entreprises avec un même taux de rémunération des premières heures supplémentaires, soit 25%". Jean-Pierre Raffarin a reconnu qu'"il y avait du monde" aux manifestations de samedi. "Mais, a-t-il ajouté, les chiffres avaient été annoncés à l'avance, la mobilisation programmée est celle qui a existé". "Je regrette simplement que le Parti socialiste ait quelque peu coupé la parole des syndicats en prenant la tête des manifestations partout en France, avec pour effet que les messages partisans ont eu plus de force que les messages sociaux", a-t-il souligné. "RÉPONDRE AUX QUESTIONS DU 'NON'" Délibérément serein, il a voulu minimiser la reprise du mouvement social des chercheurs, soulignant que "les éléments sont réunis pour qu'il y ait, à l'issue du débat, un accord avec les chercheurs pour que la recherche fondamentale soit une priorité de notre pays". Interrogé sur la fronde des enseignants face au projet de réforme de l'école de François Fillon, il a répété qu'il était "normal, dans un débat démocratique, que les uns et les autres défendent leurs positions". Mais il a regretté que les syndicats soient 'd'accord pour une union du non, une 'negative attitude'". Le Premier ministre a implicitement reconnu que le climat social actuel risquait de peser sur l'issue du référendum sur la Constitution européenne, qui doit avoir lieu avant l'été en France. "Il faut que le 'non' existe pour que le 'oui' l'emporte, il faut répondre aux questions du 'non'. Il y a la grogne sociale que j'entends, il y a des inquiétudes importantes sur l'emploi, sur la mondialisation, sur l'identité nationale. Il faut que ces expressions d'inquiétude puissent être débattues dans le pays". "J'ai demandé à mes ministres de participer sur le terrain à des débats avec les tenants du 'non'", a-t-il précisé. "Le 'non' est estimable, ce n'est pas un vote ou une perspective de vote que nous devons mépriser, nous devons y être attentifs". Jean-Pierre Raffarin a dit toutefois croire à "un vote d'histoire et pas un vote d'humeur". Pour lui, une victoire du "non" serait "une secousse terrible, la remise en cause d'un processus qui a commencé au lendemain de la guerre avec le 'plus jamais ça'". "C'est comme le Tour de France, si vous abandonnez une étape, vous abandonnez la course et la Chine et l'Inde n'attendent pas l'Europe. Il y a une compétition internationale", a-t-il insisté. Jean-Pierre Raffarin a aussi appelé à "arrêter la campagne sur le pessimisme, la croissance incertaine" en France. "Le climat politique est parfois tendu mais, globalement, quand vous regardez les indicateurs, (...) la bouteille est en partie pleine".

Le gouvernement refuse de céder à la pression de la rue

 

La réforme des 35 heures ira à son terme: malgré le sérieux avertissement lancé samedi par plus de 300.000 manifestants, plusieurs ministres sont montés au créneau dimanche pour opposer une fin de non-recevoir à la gauche et aux syndicats, qui comptent donner suite à cette journée de mobilisation. Ce climat social tendu inquiète pourtant le gouvernement à quelques mois du référendum sur la constitution européenne. Si Jean-Pierre Raffarin réservait sa réaction pour son intervention lundi matin sur France-Inter, plusieurs ministres se sont chargés de faire savoir que le gouvernement ne céderait pas. "Au nom de quoi on retirerait un projet de loi qui accorde une liberté supplémentaire?", a répondu le ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. Samedi, François Hollande avait notamment réclamé le retrait du texte pour mettre fin à une "régression sociale". Au sein du gouvernement, on relativisait dimanche l'ampleur des manifestations -les plus importantes depuis la réforme des retraites- et la mobilisation du secteur privé, seul concerné par la réforme. "La participation correspond à ce qui était prévu" et les salariés du privé "étaient relativement peu nombreux", a tempéré M. Copé. "Le plus grand nombre des manifestants était issu de la fonction publique", a ajouté la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie sur Europe-1. "Il y avait des salariés du privé", a répliqué le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly au "Grand Jury-RTL-Le Monde-LCI". Derrière cette fermeté, le gouvernement laissait toutefois percer une pointe d'inquiétude face à une possible détérioration du climat social avant le référendum sur le traité constitutionnel européen. Il faut dire que les syndicats n'entendent pas rendre les armes après cette démonstration de force. Les quatre confédérations à l'origine de cette journée (CGT, FO, CFDT et CFTC) doivent se revoir dans la semaine. Bernard Thibault (CGT) propose déjà que les salariés se réunissent "dès lundi" pour "discuter des formes que cette suite devra prendre". Pour Jean-Claude Mailly (FO), qui plaide pour des grèves interprofessionnelles, "il faut que le gouvernement comprenne qu'il ne peut pas rester sourd". Or, un sondage Ifop publié dans "Le Journal du Dimanche" montre que si le "oui" à la Constitution européenne progresse, 56% des Français se détermineront en fonction de la situation économique et sociale. Une épine dans le pied du gouvernement, qui s'est empressé de renvoyer la balle au PS, l'accusant de vouloir se refaire une santé en soutenant les appels à manifester et de fragiliser les chances de victoire du "oui". Avouant craindre une "coagulation des mécontentements", le ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian a ainsi accusé le Premier secrétaire du PS de "jouer avec le feu lorsqu'il attise les manifestations". "Cette campagne sera une campagne difficile", "les jeux ne sont pas faits à l'avance", a prévenu M. Copé, pour qui "il y avait beaucoup de militants du PS dans la manifestation". A charge pour le ministre des Transports Gilles de Robien, père de la première loi française sur la réduction du temps de travail, d'accuser une gauche "en proie à la division et enfermée dans ses contradictions" de chercher "à retrouver son unité". Lundi, les députés poursuivront leurs travaux sur la proposition de loi UMP apportant de nouveaux aménagements aux 35 heures, dans une ambiance qui s'annonce électrique. Ils se pencheront sur le troisième et dernier article de fond, qui prolonge de trois ans le régime dérogatoire dont bénéficient les petites entreprises et leur permet de payer les heures supplémentaires 10% de plus, et non 25%. La semaine passée, ils avaient adopté au forceps deux articles qui assouplissent le compte épargne-temps et autorisent les salariés qui le souhaitent à travailler jusqu'à 48 heures par semaine. Le vote en première lecture doit avoir lieu mardi à l'Assemblée, avant l'examen du texte au Sénat du 1er au 3 mars. AP

Gaymard Donnera Mardi Ses Premières Orientations Stratégiques

 

Hervé Gaymard renouera mardi, après son prédécesseur à Bercy Nicolas Sarkozy, avec la tradition des conférences de presse solennelles pour évoquer "les grandes orientations de la politique économique française dans les trente mois à venir". Cette volonté d'inscrire son action dans la durée est un des points sur lesquels le ministre de l'Economie insistera, deux mois après son arrivée à ce poste, souligne son entourage. Une façon, pour ce fidèle du président Jacques Chirac de marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy, qui a quitté Bercy pour la présidence de l'UMP six mois après sa nomination. De même, entend-il rompre avec l'exercice solitaire de la conférence de presse et lui donner une tournure collégiale en laissant s'exprimer ses ministres délégués à l'Industrie, au Budget et au Commerce extérieur, Patrick Devedjian, Jean-François Copé et François Loos. Sur le fond, il fera un diagnostic des "blocages de l'économie française" et proposera "les moyens de déverrouiller dans la durée ces blocages qui freinent l'emploi et la croissance" en France, précise-t-on de même source. Le quotidien Les Echos faisait ainsi état jeudi de la volonté d'Hervé Gaymard de libéraliser certaines professions très réglementées. Mais on refusait vendredi à Bercy de confirmer ce point et de donner le moindre indice sur les annonces qu'il pourrait faire mardi. "Toutes les actions qui seront évoquées seront orientées vers l'emploi, la croissance et la confiance" et "il s'inscrira clairement dans le cadre de la feuille de route qui a été fixée par le président de la République lors de ses voeux aux forces vives de la nation le 4 janvier", se bornait-on à déclarer. UN CONTEXTE INCERTAIN Jacques Chirac a souhaité le 4 janvier une reprise de la baisse de l'impôt sur le revenu en 2006 et la suppression des charges sociales des entreprises pour les salariés payés au smic d'ici trois ans. Il a également annoncé la création d'une "agence de l'innovation industrielle" pour relancer les grands programmes de recherche. Autant de thèmes qu'Hervé Gaymard devrait évoquer mardi, avec notamment un volet industriel "important". De façon plus générale, il devrait articuler la présentation de son action autour de trois grandes orientations, affirme son entourage : le soutien à l'emploi par la baisse des impôts et des charges ; comment doper les entreprises pour soutenir la croissane et l'emploi ; la maîtrise des finances publiques. Le contexte est cependant loin d'être serein. Les économistes ne croient ni dans l'hypothèse d'une croissance de 2,5% du PIB retenue par le gouvernement pour bâtir son budget ni à l'objectif d'une baisse du chômage de 10% en 2005 affiché par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Chômage élevé et mollesse du pouvoir d'achat nourrissent une morosité qu'Hervé Gaymard a lui-même reconnue le 24 janvier en affirmant que la France souffrait de "dépression nerveuse. Les organisations syndicales ont refait leur unité contre la réforme de la semaine de 35 heures et pour la défense du pouvoir d'achat, deux thèmes qui ont mobilisé samedi plus de 300.000 manifestants dans toute la France, selon les chiffres de la police. A quelques mois d'un référendum sur la Constitution européenne, le débat entre partisans du "oui" et du "non" contribue à ce climat incertain. Le "oui" l'emporte toujours dans les sondages mais le camp du "non" a enregistré cette semaine le ralliement de la CGT, contre l'avis de son secrétaire général Bernard Thibault - une crise qui sera mardi au centre d'une réunion de la Commission exécutive confédérale de l'organisation syndicale. Des économistes ont pour leur part remis au goût du jour l'idée que le fonctionnement actuel de l'Union européenne privait ses pays membres des instruments de politique économique qui leur seraient nécessaires pour relancer la croissance molle dans laquelle semble engluée la zone euro. Autant de sujets sur lesquels Hervé Gaymard pourrait aussi être amené à s'exprimer mardi.

Abbas et Sharon s'engagent à un arrêt total des violences

 

CHARM EL CHEIKH,

- Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ariel Sharon ont proclamé un cessez-le-feu formel après quatre ans de violences qui ont fait plus de 4.300 morts. L'annonce de cette suspension des hostilités a été faite au terme d'une rencontre entre les deux hommes dans la station balnéaire égyptienne de Charm el Cheikh, sur les rives de la mer rouge, en présence du président Hosni Moubarak, hôte du sommet, et du roi Abdallah de Jordanie. "Nous sommes convenus avec le Premier ministre Ariel Sharon de cesser tous les actes de violence contre les Israéliens et les Palestiniens où qu'ils soient", a déclaré Abbas (Abou Mazen), élu début janvier à la tête de l'Autorité palestinienne en remplacement du défunt Yasser Arafat. "Lors de ma rencontre aujourd'hui avec le président Abbas, nous sommes tombés d'accord pour que les Palestiniens cessent partout tous les actes de violence contre des Israéliens et, parallèlement, pour qu'Israël cesse partout ses activités militaires contre les Palestiniens", a confirmé Sharon. "Le calme qui prévaudra sur nos territoires à compter d'aujourd'hui est le commencement d'une nouvelle ère", a assuré Abbas, qui avait obtenu quelques jours après son élection une trêve de facto des mouvements radicaux palestiniens partisans de la poursuite de l'intifada. "Pour la première fois depuis longtemps, il existe dans notre région un espoir en un avenir meilleur pour nous et nos petits-enfants", lui a fait écho le chef du gouvernement israélien. Le sommet de Charm el Cheikh est la première réunion au plus haut niveau entre les deux parties depuis le début de l'intifada, fin septembre 2000. Il a été préparé ces derniers jours par des rencontres bilatérales qui laissaient espérer un cessez-le-feu officiel. Israël, qui a multiplié les gestes de bonnes volonté après avoir constaté que la trêve de facto tenait bon, souhaitait que la rencontre se concentre sur les problèmes de sécurité, tandis que la partie palestinien espérait qu'elle débouche aussi sur la relance de la "feuille de route" internationale pour la paix. On ignore pour le moment si des progrès ont été réalisés sur cette voie, où les deux parties ont été invitées à s'engager par les Etats-Unis, dont le nouveau secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a rencontré ces dernières 48 heures Sharon et Abbas. Mais, de source palestinienne autorisée, on déclare que ces derniers ont prévu de nouvelles rencontres au cours des prochaines semaines pour poursuivre leur dialogue. En Italie, où elle se trouvait mardi, Rice s'est montrée optimiste en déclarant : "J'ai constaté que ces deux dirigeants avaient compris que le moment était venu d'avancer".

Dassault Systèmes révise à la baisse son objectif 2005

 

Dassault Systèmes a publié un bénéfice par action de 0,52 euro au quatrième trimestre, soit un centime de plus qu'il y a un an et a, comme prévu, revu en baisse sa prévision de chiffre d'affaires pour cette année en raison de la faiblesse du dollar. L'éditeur de logiciels de conception et de fabrication assistée par ordinateur (CAO/FAO) a dégagé un résultat d'exploitation (avant coûts d'acquisition, comme le BPA) de 88,4 millions d'euros, contre 90,8 millions il y a un an et un chiffre d'affaires de 239,9 millions, soit une hausse 5% (+9% à taux de change constants). Les analystes interrogés par Reuters attendaient en moyenne des ventes de 238,2 millions d'euros, un bénéfice d'exploitation avant coûts d'acquisition de 89,3 millions d'euros et un bénéfice par action (toujours avant coûts d'acquisition) de 0,51 euro. Les experts avaient tous anticipé une révision à la baisse de la prévision de chiffre d'affaires pour l'ensemble de cette année, suite à la baisse du dollar par rapport à l'euro. Dassault Systèmes réalise quelque 30% de ses ventes aux Etats-Unis. Le groupe a confirmé son objectif de croissance d'une hausse de 11% à 12% de son chiffre d'affaires à taux de change constants en 2005 ainsi que celui d'une marge d'exploitation (avant coûts d'acquisition) d'environ 29% (inchangée par rapport à 2004). Mais, en données publiées, Dassault Systèmes a ramené sa fourchette pour le chiffre d'affaires 2005 de 875-885 millions d'euros à 865-875 millions. S'agissant du bénéfice net par action (avant coûts d'acquisition), le groupe prévoit un chiffre compris entre 1,45 et 1,47 euro contre 1,36 sur l'ensemble de 2004. "Nous ajustons notre objectif de chiffre d'affaires (...) afin de prendre en compte l'effet négatif d'un taux de change de 1,30 dollar contre un euro, contre 1,25 dollar précédemment", a déclaré Thibault de Tersant, directeur financier du groupe, lors d'une conférence téléphonique. Pour le seul premier trimestre de l'exercice en cours, il a dit tabler sur une croissance des ventes, à taux de change constants, comprise entre 9% et 12%, sur un chiffre d'affaires publié compris entre 190 et 195 millions d'euros et sur un bénéfice par action de 0,25 à 0,26 euro. Sur l'ensemble de l'année 2004, le chiffre d'affaires de Dassault Systèmes a progressé de 6% (+9% à taux de change constants) à 796,6 millions d'euros, le résultat d'exploitation a également enregistré une hausse de 6% à 231,2 millions.

Conseils des ministres Bilan à mi-parcours de la session parlementaire et perspectives pour le travail parlementaire


Le ministre délégué aux relations avec le Parlement a présenté une communication relative au bilan à mi-parcours de la session parlementaire et aux perspectives pour le travail parlementaire. Les quatre premiers mois de la session ont permis de poursuivre la mise en œuvre d’un programme législatif ambitieux au service des Français. La première partie de la session 2004-2005 a été principalement consacrée : à l’examen des textes financiers : loi de financement de la sécurité sociale a pour objectif de maintenir une offre de soins de qualité, accessibles à tous, d’amorcer le redressement des comptes et d’améliorer la cohésion sociale et la loi de finances pour 2005 permettra la réduction du déficit budgétaire et le soutien de la croissance et de l’emploi ; à l’examen de textes sociaux majeurs : la loi de programmation pour la cohésion sociale a prévu un engagement financier sans précédent pour l’emploi, le logement social et l’égalité des chances ; la loi en faveur des personnes handicapées leur a reconnu un véritable droit à compensation et facilite leur insertion dans la société. Le Parlement a également créé la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Par ailleurs, la loi tendant à conforter la confiance et la protection du consommateur, la loi relative au statut et aux retraites des maîtres de l’enseignement privé sous contrat et la loi relative aux compétences des juges de proximité ont reconnu de nouveaux droits aux citoyens. Leur adoption, sur initiative parlementaire, traduit la volonté du Gouvernement de prendre en compte les souhaits des assemblées. Le Parlement poursuivra l’examen de nouvelles réformes ambitieuses, selon quatre orientations fondamentales : permettre à la France de tenir sa place dans l’Europe. La révision constitutionnelle, dont l’adoption doit précéder la ratification du Traité constitutionnel européen, vient d’être votée par l’Assemblée nationale et sera examinée par le Sénat dès la semaine prochaine. L’examen régulier des projets de loi destinés à assurer la transposition rapide des directives communautaires sera également poursuivi ; adapter la société française aux défis futurs grâce au projet de loi d’orientation pour l’avenir de l’école et au projet de loi d’orientation et de programmation sur la recherche et l’innovation ; protéger notre environnement : un projet de loi sur l’eau et les milieux aquatiques et un projet de loi sur les parcs nationaux seront soumis au Parlement. Les deux assemblées réunies en Congrès se prononceront sur l’adoption la Charte de l’environnement ; permettre à notre économie d’affronter la concurrence internationale : le projet de loi relatif à la sauvegarde des entreprises et le projet de loi sur le développement de l’économie et des entreprises seront soumis au Parlement. La proposition de loi portant réforme de l’organisation du temps de travail dans l’entreprise réserve une place plus importante à la négociation collective et permet aux salariés qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus. Après le rétablissement de l’autorité publique en 2002, la réforme des retraites en 2003 et celle de l’assurance maladie en 2004, le Gouvernement et sa majorité œuvrent résolument pour rendre confiance à la France et la préparer à faire face aux défis de demain.

La réforme des 35 heures adoptée à l'Assemblée

Les députés ont adopté en première lecture, par 370 voix contre 180, la proposition de loi UMP visant à assouplir les lois sur les 35 heures. Sur 550 votants il y a eu 550 suffrages exprimés. Les groupes UMP et UDF ont voté le texte. Mais onze élus UDF, hostiles aux dispositions concernant les petites entreprises, n'ont pas participé au scrutin. Les groupes PS et PCR et les élus Verts ont voté contre la proposition de loi que le Sénat examinera à partir du 1er mars. La gauche, vivement opposée à cette réforme, a mené une bataille d'amendements et de procédures, parfois dans un climat tendu, qui a considérablement retardé les débats. L'examen du texte, engagé le 1er février, devait initialement s'achever jeudi dernier. Il s'est seulement terminé mardi soir. Samedi dernier, des centaines de milliers de manifestants ont défilé dans les principales villes de France pour la défense du pouvoir d'achat et des 35 heures. Jean-Pierre Raffarin a assuré lundi "être à l'écoute" des salariés du public et du privé mais il a souligné que l'examen de la réforme se poursuivrait "selon le calendrier prévu". La proposition de loi déposée par quatre députés UMP - Hervé Novelli, Pierre Morange, Patrick Ollier et Jean-Michel Dubernard - complète la loi Fillon de janvier 2003 et reprend les aménagements aux lois sur les 35 heures annoncés le 9 décembre dernier par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Le premier article du texte élargit les possibilités d'abondement et d'utilisation du compte épargne temps (CET). Le deuxième autorise les salariés qui le souhaitent à effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent de 220 heures par an. Enfin, le troisième proroge de trois ans - jusqu'au 31 décembre 2008 - le régime spécial des heures supplémentaires des entreprises de moins de vingt salariés. Quelques amendements ont été retenus, comme celui du gouvernement qui précise que le CET pourra désormais être utilisé pour le rachat d'annuités manquantes de cotisations retraite, notamment pour les années d'études. "NOUS REVIENDRONS SUR TOUS CES POINTS" "Nous sommes résolument et farouchement opposés à ce texte", a dit Gaëtan Gorce, porte-parole du groupe socialiste. "D'abord parce qu'il n'a été précédé d'aucune concertation, ensuite parce que les dispositions qu'il contient sont extrêmement dangereuses". "Le groupe socialiste en livrant bataille avec les moyens qui sont les siens a fait son devoir d'explication, d'opposition, de proposition aussi car nous reviendrons sur tous ces points quand la responsabilité nous en sera à nouveau confiée", a averti celui qui fut le rapporteur des lois Aubry. Maxime Gremetz, porte-parole du groupe PCR, a dénoncé le "démantèlement des 35 heures". "Vous proposez une véritable supercherie aux salariés, qui pourront travailler plus pour gagner moins", a-t-il poursuivi avant de fustiger "la soumission" du gouvernement et de sa majorité "devant le diktat du patronat". "Cette loi est une étape de plus dans la casse du droit du travail que la majorité UMP-UDF offre au Medef depuis 2002", a affirmé Martine Billard (Verts). "Nous votons cette proposition de loi pour saluer les quelques assouplissements qu'elle introduit, même s'ils sont insuffisants, sans toutefois se faire d'illusions quant à sa portée économique et sociale", a déclaré pour sa part l'UDF Nicolas Perruchot. Hervé Novelli s'est dit "fier" de son texte. "En adoptant ce texte, nous disons oui à une augmentation des salaires, oui au dialogue social, oui aux libertés supplémentaires, gage d'un meilleur épanouissement personnel". Gérard Larcher, ministre délégué aux Relations du travail, qui a souligné que la durée légale du temps de travail hebdomadaire restait "bien à 35 heures", s'est félicité d'un texte qui "crée de nouveaux droits pour les salariés, augmente leur pouvoir d'achat en même temps qu'elle donne aux entreprises les moyens de relever le défi de la croissance".

Loi sur l'école: l'Assemblée vote le socle commun de connaissances

 



Les députés ont voté jeudi soir en première lecture la mesure phare du projet de loi sur l'avenir de l'école, qui définit le "socle commun de connaissances et de compétences" à acquérir par les élèves au cours de la scolarité obligatoire (primaire et collège). Les députés ont adopté l'article 6 du texte, amendé notamment par Pierre-André Périssol (UMP), qui stipule que "la scolarité obligatoire doit garantir au moins l'acquisition par chaque élève d'un socle commun constitué d'un ensemble de connaissances et de compétences qu'il est indispensable de maîtriser pour poursuivre et réussir sa scolarité, conduire sa vie personnelle et professionnelle et sa vie de citoyen". Selon cet article, ce socle commun comprend "la maîtrise de la langue française" et des "principaux éléments de mathématiques, une culture humaniste et scientifique permettant l'exercice libre de la citoyenneté, la pratique d'au moins une langue vivante étrangère, la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication". "Ces connaissances et compétences sont précisées par décret pris après avis du Haut conseil de l'éducation", ajoute l'article 6. Le ministre de l'Education François Fillon a affirmé que "cette notion de socle est au coeur de la réforme". "Une grande partie des élèves perdent pied parce qu'ils ne maîtrisent pas un ensemble de connaissances et de compétences qui sont absolument nécessaires pour poursuivre leur scolarité avec succès", a-t-il dit. L'Assemblée a voté un amendement stipulant que le "gouvernement présente tous les 3 ans au Parlement un rapport sur la manière dont les programmes prennent en compte le socle commun et sur la maîtrise acquise par les élèves au cours de leur scolarité obligatoire". Les députés PS et UDF ont défendu, en vain, des amendements afin d'ajouter l'enseignement artistique et la pratique sportive à ce socle. Guy Geoffroy (UMP) a fait valoir que le groupe UMP allait proposer plus tard dans le débat un amendement proposant d'intégrer les résultats de l'enseignement d'éducation physique et sportive au diplôme national du brevet. La gauche a accusé la majorité de vouloir réduire pour certains élèves la scolarité à ce socle. "Il y a une véritable dérive de la majorité qui consiste à réduire les ambitions pour l'école de la République", a critiqué Jean-Pierre Blazy (PS).

 

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard a été désigné "révélation politique de l'année" et son collègue de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo "ministre de l'année", lors de la cérémonie de remise des Prix du Trombinoscope 2004 jeudi soir dans les salons du Sénat. M. Gaymard, de retour de Bruxelles où il a participé mercredi et jeudi à une réunion des grands argentiers européens, n'a pas pu assister à la remise de ce prix, a indiqué son entourage. agrandir la photo Cette distinction intervient alors que le ministre est confronté à une polémique à propos de son appartement de fonction. Le Canard Enchaîné a révélé mercredi qu'il logeait avec sa famille dans un duplex de 600 m2, pour 14.000 euros par mois payés par l'Etat. M. Gaymard a annoncé dans la foulée son déménagement. M. Borloo était en revanche présent à la cérémonie, de même que François Hollande, Premier secrétaire du PS, distingué comme "Personnalité politique de l'année", en présence du président du Sénat Christian Poncelet. Au palmarès 2004 du prix décerné par le Trombinoscope, annuaire de la politique et des élus, figurent également les noms de Nadine Morano (UMP, Meurthe-et-Moselle) et Gaëtan Gorce (PS, Nièvre), "députés de l'année", ainsi que celui de Bariza Khiari (PS, Paris), "sénateur de l'année". Le prix de "l'élu local de l'année" est allé à Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile-de-France, celui de "l'Européen de l'année" à l'eurodéputé Bronislaw Geremek, ancien ministre polonais des Affaires étrangères. Le prix de la presse étrangère, décerné par un jury de journalistes étrangers en poste en France, est revenu au ministre des Affaires étrangères Michel Barnier

Hervé Gaymard ne "savait pas le prix" du loyer de son logement de fonction

 

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard a affirmé jeudi soir qu'il ne "savait pas le prix" du loyer de l'appartement de fonction qu'il occupait, un duplex de 600 mètres carrés payé 14.000 euros par mois par l'Etat. L'affaire de son logement de fonction qu'il a décidé de quitter après les révélations du "Canard Enchaîné" a donné lieu à de vifs échanges avec Dominique Strauss-Kahn, qui était l'invité principal de l'émission "Cent minutes pour convaincre" de France-2. "La seule question que je me pose, c'est comment se fait-il que vous ne vous soyez pas rendu compte (...) que le fait de louer un appartement, qui valait 10 fois le SMIC par mois, était quelque chose qui était inacceptable?", s'est interrogé le député socialiste. Il "y a un problème d'éthique personnelle là-dessus", a-t-il lancé. Après avoir répété qu'il ne s'était pas occupé "personnellement" de son logement de fonction, Hervé Gaymard a reconnu qu'il "ne savait pas le prix de cet appartement quand (il est) rentré dedans". "Dès que je l'ai su, je me suis dit que je n'allais pas y rester, c'est la décision que j'ai prise", a ajouté le ministre de l'Economie. "Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, il est très facile, sur ce sujet, de désigner quelqu'un sans rappeler tous les éléments qui font la vie des ministres qui se succèdent sous des gouvernements de droite comme de gauche", a-t-il noté. Ce à quoi Dominique Strauss-Kahn a répondu sèchement que lorsqu'il était en fonction à Bercy, il "habitait chez lui". Le ministre de l'Economie a tenté de calmer les esprits. "J'espère que cette histoire" permettra "de définir des règlements pour recréer la confiance entre les Français et ceux qui les représentent". Cette affaire, selon lui, a révélé que "la démocratie n'est pas encore assez adulte" en France et qu'il n'y a "pas assez de transparence, pas non plus assez de connaissance de ce que sont les responsabilités publiques", a conclu Hervé Gaymard. AP

Raffarin espère avoir endigué la polémique

 

L'affaire de l'appartement d'Hervé Gaymard a écorné l'image du gouvernement, même si Jean-Pierre Raffarin espère avoir limité les dégâts et endigué la polémique en édictant sans tarder de nouvelles règles pour les logements de fonction ministériels. A trois mois d'un référendum sur l'Europe au résultat jugé incertain, le Premier ministre se serait bien passé d'une affaire aussi sensible aux yeux de l'opinion. D'autant qu'elle intervient au moment où un autre poids lourd du gouvernement, François Fillon, est affaibli par la forte mobilisation des lycéens et des enseignants contre sa réforme de l'école. agrandir la photo Le Canard Enchaîné a dévoilé mercredi que le ministre de l'Economie, son épouse et leurs huit enfants étaient logés aux frais de l'Etat, pour 14.000 euros pas mois, dans un duplex de 600 m2 situé dans un quartier huppé de Paris. L'onde de choc de ces révélations a contraint M. Gaymard à annoncer le soir même qu'il déménageait tandis que, dans la foulée, M. Raffarin, d'ordinaire critiqué pour son manque d'autorité, limitait à 80 m2, plus 20 m2 par enfant à charge, la prise en charge par l'Etat des appartements des ministres ne disposant pas de logement de fonction. Il a donné deux mois à son équipe pour se conformer à cette règle, chaque ministre concerné devant déménager ou payer lui-même les mètres carrés en trop. Saluant une "décision de transparence", le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, lui-même concerné, a annoncé qu'il règlerait sa part, "mètre carré par mètre carré", comme son collègue Frédéric de Saint-Sernin (Aménagement du territoire). Laurent Hénart (Insertion professionnelle des jeunes) a quant à lui décidé de déménager dans un appartement plus petit. La célérité de M. Raffarin s'explique certainement par le traumatisme pour la droite du scandale autour de l'appartement d'Alain Juppé, en 1995. L'ancien Premier ministre avait loué, pour lui et ses enfants, des appartements du domaine privé de la Ville de Paris pour un loyer inférieur au prix du marché, et cette affaire lui avait empoisonné la vie pendant des mois. L'actuel locataire de Matignon ne voulait pas que la polémique prenne de l'ampleur, d'autant plus que selon Libération, son directeur de cabinet, Michel Boyon, avait donné son feu vert à l'appartement des Gaymard malgré les réserves du Secrétariat général du gouvernement, chargé de la gestion de tels logements. Mais la principale victime de cette affaire est bien le ministre de l'Economie lui-même, qui avait construit son image sur la modestie. A 44 ans, tout juste promu à Bercy, ce discret Savoyard apparaissait comme un premier ministrable. Malheureuse coïncidence, il a reçu jeudi le prix de la "révélation politique de l'année". Visiblement secoué, Hervé Gaymard a pu paraitre maladroit dans son mea culpa. Il a reconnu un manque de "vigilance", imputé au fait qu'il "travaille 120 heures par semaine". Jeudi soir, face au socialiste Dominique Strauss-Kahn sur France 2, il a semblé encore plus mal à l'aise en assurant qu'il ne "savait pas le prix" de l'appartement. Après de sévères critiques, le PS a souligné vendredi, par la voix de François Hollande, qu'il ne fallait pas "accabler les personnes" et s'est contenté de réclamer "la transparence", craignant peut-être qu'une telle affaire ne développe le réflexe du "tous pourris" dans l'opinion.

Jean-Charles Marchiani remis en liberté

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a ordonné vendredi la remise en liberté sous caution de Jean-Charles Marchiani, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Jacques Trémolet de Villers. Le paiement de la caution de 500.000 euros doit être effectué avant la libération effective de l'ancien préfet du Var. "Je pense qu'il paiera assez vite", a souligné Me Trémolet qui espère voir son client sortir dans les prochains jours. Il sera alors assigné à résidence à Toulon et devra "pointer" une fois par semaine au commissariat de la ville où il a longtemps occupé la fonction de préfet, a-t-on précisé de sources judiciaires. Par ailleurs, Jean-Charles Marchiani sera obligé de remettre son passeport et sa carte d'identité à la justice avant de quitter la prison de la Santé, son contrôle judiciaire lui interdisant de quitter la France ou de se rendre en Ile-de-France, sauf pour voir les juges d'instruction, a-t-on ajouté de mêmes sources. Ce proche de Charles Pasqua était encore détenu dans le cadre d'un dossier portant sur un contrat entre le ministère de la Défense et une société allemande qui fournissait les boîtes de vitesse des chars Leclerc. Incarcéré depuis août dernier, il avait déjà bénéficié d'une remise en liberté dans deux autres dossiers: le premier concerne le blanchiment d'une partie de l'éventuelle rançon destinée à libérer des otages français retenus au Liban en 1988; le deuxième dossier porte sur un contrat entre Aéroports de Paris (ADP) et une société néerlandaise fabriquant des tapis roulants, Vanderlands SA. Agé de 61 ans, Jean-Charles Marchiani a été mis en examen le 2 août dernier, notamment pour "recel d'abus de biens sociaux", dans le cadre de ces trois dossiers instruits par le juge Courroye. Ce dernier a d'ores et déjà terminé son enquête sur le dossier ADP et dans l'affaire des chars Leclerc. La justice suspecte M. Marchiani d'avoir perçu des commissions indues qui s'élèvent à 9,7 millions de FF (1,4 million d'euros) entre 1991 et 1994 pour avoir favorisé la signature d'un contrat entre ADP et Vanderlands SA. Claude Marchiani, frère du député, et Claude Pasqua, cousin germain de Charles Pasqua, ont également été mis en examen dans ce dossier en décembre 2002 pour "recel d'abus de biens sociaux" et "complicité et recel d'abus de biens sociaux". Présenté par son frère, Claude, à Albert Montluc, qui s'occupait de ce marché pour ADP, Jean-Charles Marchiani serait ensuite intervenu auprès de Claude Pasqua, directeur commercial de Vanderlands, pour que le contrat soit conclu. Une autre commission de 1,2 million d'euros aurait été versée à l'ancien préfet du Var en marge du contrat entre le ministère de la Défense et la société allemande qui fournissait les boîtes de vitesse des chars Leclerc. Enfin, selon une note de la Direction de la surveillance du territoire transmise à la justice en 2001, Jean-Charles Marchiani aurait reçu d'un homme d'affaires, Iskandar Safa, des sommes d'argent provenant d'une partie de la rançon des otages du Liban. Il est soupçonné d'avoir recelé près de 58 millions de FF (8,8 millions d'euros) sur ses comptes bancaires. Outre les dossiers du juge Courroye, Jean-Charles Marchiani était déjà mis en examen dans deux autres dossiers. L'un concerne les ventes d'armes à l'Angola où il est poursuivi pour "recel d'abus de biens sociaux", "trafic d'influence", "recel du produit du commerce illicite d'armes" et "recel d'abus de biens sociaux"; l'autre, où il est mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux", concerne des commissions versées par Elf en marge d'un contrat au Nigeria où il aurait perçu cinq millions de dollars (3,8 millions d'euros

"Oui" massif au référendum en Espagne mais faible participation

 

Les électeurs espagnols qui se sont rendus aux urnes, dimanche, à l'occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen, se sont prononcés à une très large majorité en faveur du texte, mais la mobilisation n'a pas été à la hauteur de cette déferlante. agrandir la photo Après dépouillement de 83% des bulletins, le "oui" obtenait 77% des suffrages, tandis que le "non" était crédité de 17%. Avec 42,4%, la participation reste quant à elle nettement inférieure à celle des législatives européennes de juin (45,9%). Ce résultat pourrait affecter le prestige et la crédibilité du président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, qui avait personnellement invité les Espagnols à se mobiliser, craignant qu'une forte abstention à l'occasion de cette première consultation populaire au sein de l'Union ne donne un signal négatif, notamment en France et en Grande-Bretagne, où l'issue des référendums s'annonce beaucoup plus incertaine. "Vous devez reconnaître la réalité", a lancé Angel Acebes, numéro deux du Parti Populaire, principale formation de l'opposition, s'adressant à Zapatero. "Lorsque les Espagnols sont beaucoup plus nombreux à ne pas voter (...), il s'agit d'un échec pour celui qui a convoqué le référendum, c'est à dire le président du gouvernement", a-t-il ajouté. Conscient de l'apathie de l'électorat, due à la fois à l'absence de suspense et au caractère consultatif du scrutin, le gouvernement avait fait savoir qu'il se satisferait d'une participation supérieure à un tiers de l'électorat. Joaquim Almunia, commissaire européen aux Affaires monétaires, a quant à lui jugé cette participation "plus qu'acceptable". Près de 35 millions d'inscrits étaient appelés à répondre à la question: "Approuvez-vous le traité établissant une Constitution pour l'Europe?". PRECIPITATION A quelques jours du vote, neuf Espagnols sur dix disaient ignorer l'essentiel des 350 pages de la Constitution, selon plusieurs sondages. Mariano Rajoy, chef de file du Parti populaire qui appelait aussi à voter "oui", a une nouvelle fois dénoncé dimanche l'attitude des socialistes, responsables selon lui du manque d'intérêt des Espagnols. Ce référendum "a été organisé précipitamment. Il n'y pas eu assez de publicité", a déploré Mariano Rajoy après avoir voté. Malgré tout, en Espagne, pays qui a largement profité des subventions de Bruxelles depuis son adhésion en 1986, l'UE demeure pour beaucoup synonyme de croissance économique et les sondages laissaient entendre que seul un électeur sur 20 rejetterait la constitution. "Je vais voter 'oui'", affirmait devant un bureau de vote Raul Rodriguez, un avocat de 39 ans. "C'est un moment historique, même si nous ne le réalisons pas. Quand l'Europe parle d'une seule voix, c'est la puissance la plus forte du monde." En dépit de la faible participation, les tenants du "oui" espèrent que le résultat du scrutin espagnol aura un effet d'entraînement dans les autres Etats qui ont opté pour la voie référendaire, à commencer par le Portugal, qui se prononcera le 10 avril, suivi par puis la France, où le scrutin devrait avoir lieu "fin mai, début juin". Appelé à entrer en vigueur le 1er novembre 2006, le traité constitutionnel européen, signé par les chefs d'Etat et de gouvernement le 29 octobre dernier à Rome, doit être ratifié par les Vingt-Cinq, par voie parlementaire ou référendaire. A ce jour, trois pays l'ont ratifié: la Lituanie, la Hongrie et la Slovénie, qui avaient opté pour la ratification parlementaire, a priori moins risquée.

Le PS portugais en passe d'obtenir une majorité au parlement

 

L'opposition socialiste conduite par José Socrates semble était en passe de remporter la majorité absolue au parlement portugais au terme des élections législatives anticipées qui se sont déroulées dimanche, à en croire plusieurs sondages réalisés à la sortie des urnes. Un sondage réalisé pour le compte de la chaîne de télévision SIC crédite ainsi la formation de l'ancien ministre de l'Environnement de 46,9 à 50,7% des suffrages. Le Parti social-démocrate (PSD) du Premier ministre sortant Pedro Santana Lopes, aux affaires depuis seulement sept mois, recueillerait quant à lui entre 23,3 et 27,8% des voix, suivi par le Parti Communiste (7,5 à 9,3%). Un deuxième sondage réalisé pour la chaîne TVI, situe le PS dans une fourchette de 44,2 à 48,2% et le PSD, entre 26,1 et 30,1%. Les instituts de sondage évaluent à 45% des suffrages le seuil requis pour contrôler le Parlement, ce qu'aucune formation n'est parvenue à réaliser depuis plus de dix ans. QUATRIÈME GOUVERNEMENT EN TROIS ANS Appelé à formé le quatrième gouvernement portugais en l'espace de trois ans, Socrates, 47 ans, s'est engagé à porter la croissance annuelle à 3% et à créer 150.000 emplois dans ce pays de 10,4 millions d'habitants en mettant l'accent sur les formations technologiques et l'investissement. Le Portugal, membre de l'Union européenne depuis 1986, se remet avec peine d'une récession qui a fait de lui en 2003 le dernier des 30 pays de l'OCDE en matière de croissance. Le chômage a atteint l'an dernier 7,1% de la population active, un sans précédent depuis sept ans. Ancien maire de Lisbonne, Pedro Santana Lopes avait succédé en juillet dernier à José Manuel Barroso, appelé à assumer la présidence de la Commission européenne. Il a choisi ensuite de faire fi des recommandations de Sampaio sur le maintien du cap fixé par Barroso, en déviant notamment du programme d'austérité mis en place par son prédécesseur pour réduire un déficit budgétaire qui avait mis le Portugal en infraction vis-à-vis de l'UE en 2001. Le bref mandat de Santana Lopes a été marqué par la cinglante démission d'un ministre, par une chute vertigineuse dans les sondages et par des accusations d'ingérence dans les médias. Le Premier ministre sortant, qui proposait de réduire les dépenses publiques de 48 à 40% du PIB, a reçu dans la dernière semaine de campagne le soutien de Barroso.

Jacques Chirac mardi 22 février 2005 à Bruxelles

 

George W. Bush et ses alliés de l'Otan ont resserré les rangs sur l'Irak mardi à Bruxelles, mais le président américain a jeté une ombre sur la réconciliation transatlantique en s'inquiétant du projet de levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine. Le président français Jacques Chirac, principal avocat d'une telle levée au sein de l'Union européenne, s'est efforcé de rassurer le locataire de la Maison Blanche en prônant une levée négociée avec Washington. "Il y a dans notre pays une profonde préoccupation à l'idée qu'un transfert d'armes constituerait un transfert de technologie à la Chine qui changerait l'équilibre des relations entre la Chine et Taïwan", a déclaré M. Bush. Le président américain s'exprimait à l'issue d'un sommet extraordinaire de l'Otan et avant de retrouver les dirigeants de l'UE pour une réunion similaire. Il a confirmé qu'il avait abordé la question lundi soir lors de son dîner avec M. Chirac. "On m'a dit qu'ils avaient entendu les préoccupations des Etats-Unis", a-t-il dit. "Nous verrons", a-t-il ajouté, laconique. L'embargo sur les livraisons d'armes à Pékin avait été décrété en 1989 par les dirigeants européens, pour protester contre la sanglante répression de la place Tiananmen. L'UE souhaite désormais le lever. Mais les Etats-Unis craignent qu'une telle décision permette à la Chine d'acquérir un savoir-faire militaire et une puissance de feu qui menacerait Taïwan et modifierait l'équilibre des forces en Asie. Visiblement soucieux de répondre à cette inquiétude, Jacques Chirac a réaffirmé que l'embargo "ne se justifie plus", mais qu'il devait être levé "dans des conditions que l'Europe et les Etats-Unis devront définir ensemble". Malgré le contentieux chinois, le président américain a continué à marquer à Bruxelles sa volonté d'ouvrir une nouvelle ère dans les relations transatlantiques en passant l'éponge sur les désaccords de la guerre en Irak. "Nous avons libéré l'Irak et cette décision a été prise, c'est fini et il est temps maintenant de nous unir pour la cause de la paix", a déclaré M. Bush à l'issue du sommet de l'Otan. Il s'est dit "reconnaissant" des contributions que les 26 pays de l'Alliance atlantique ont, dans une déclaration commune, confirmé vouloir apporter d'une manière ou d'une autre à l'"importante mission" de formation des forces de sécurité irakiennes conduite par l'organisation. "En Irak, tous les 26 pays membres travaillent ensemble pour répondre à la demande du gouvernement irakien", s'est félicité le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer. Les dirigeants de l'Alliance se sont également engagés à "renforcer le rôle de l'Otan" sur les questions stratégiques et politiques. "L'Europe et les Etats-Unis sont de vrais partenaires. Il nous faut donc dialoguer et nous écouter davantage", a souligné le président Chirac, doyen du cénacle, dans une allusion au récent discours de M. Schroeder lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, mi-février. Le chancelier allemand avait alors estimé que l'Otan "n'est plus le lieu principal où les partenaires transatlantiques discutent et coordonnent leurs stratégies". Il avait provoqué l'irritation de Washington en proposant une réforme en profondeur de l'organisation. Les dirigeants de l'Otan ont également eu mardi une première rencontre avec le nouveau président de l'Ukraine, Viktor Iouchtchenko, venu chercher à Bruxelles le soutien des alliés à un rapprochement avec l'Alliance. Le président ukrainien, qui a brièvement rencontré George W. Bush, a réaffirmé le souhait de son pays "d'intégrer l'Union européenne et l'Otan". Le sommet en fin d'après-midi entre le président américain et ses homologues de l'UE devait notamment offrir l'opportunité aux protagonistes de se concerter sur le règlement du conflit au Proche-Orient, que M. Bush avait présenté la veille comme un "but immédiat" des Etats-Unis et des Européens. Le Premier ministre britannique Tony Blair, qui devait intervenir sur le sujet, a déclaré mardi qu'il voyait "toutes les possibilités maintenant" pour parvenir à la paix. Le président Bush doit poursuivre mercredi sa tournée européenne en Allemagne, puis retrouver à Bratislava jeudi le président russe Vladimir Poutine.

Une maison à 100.000 euros pour les ménages modestes

Jean-Louis Borloo prépare un projet de loi qui permettra aux ménages les plus modestes d'accéder à la propriété grâce à des avantages fiscaux et d'acquérir "une maison à 100.000 euros tout compris". "Nous préparons avec Marc-Philippe Daubresse (ministre délégué au Logement) une loi pour faciliter l'accession à la propriété, au travers d'avantages particuliers sur la TVA, le coût du terrain, la simplification des procédures...", déclare le ministre de la Cohésion sociale dans un entretien au Parisien de mercredi. "Au-delà, des élus locaux dont le Maire de Montereau, Yves Jego, travaillent sur un produit auquel je crois beaucoup: un projet de maison à 100.000 euros tout compris", précise-t-il. Le ministre ajoute que le Crédit Foncier est associé à ce projet et qu'il est encore trop tôt "pour préciser les détails". "Nous en reparlerons dans deux mois", dit-il.

 

Le couple Gaymard serait propriétaire de 235 m² à Paris

Le ministre de l'Economie et des Finances, Hervé Gaymard et son épouse Clara, qui ont dû quitter en pleine polémique un duplex de 600 m² mis à leur disposition par Bercy, sont propriétaires d'un appartement de 235 m² à Paris, affirme mercredi Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire satirique, à l'origine la semaine dernière de la polémique sur le logement du ministre et de sa famille nombreuse, conteste également les explications d'Hervé Gaymard, qui a affirmé ne pas s'être "personnellement occupé de ce dossier". "Le duplex a été choisi par Clara Gaymard soi-même, sur proposition du chef de cabinet de son mari, Jean-Français Tricaud", assure le journal qui ajoute que le ministre des Finances "est venu visiter le duplex au lendemain même de la signature du bail, le 10 janvier 2005". La remise en état des deux appartements réunis pour constituer ce duplex coûtera elle quelque 20.000 euros à Bercy. En révélant la semaine dernière que la famille Gaymard était logée depuis le 1er février dans un duplex de 600 m² pour un loyer mensuel de 14.000 euros pris en charge par l'Etat, Le Canard enchaîné a déclenché une intense polémique sur le logement des ministres. Hervé Gaymard a renoncé à occuper cet appartement tandis que Jean-Pierre Raffarin modifiait les règles encadrant les conditions de logement des membres du gouvernement. Désormais, la prise en charge par l'Etat des appartements occupés par des membres du gouvernement ne pourra excéder une superficie de 80 m² à laquelle s'ajouteront 20 m² par enfant à charge. Soit, dans le cas du couple Gaymard, parents de huit enfants mineurs, une surface de 240 m². Or, écrit Le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi, "le couple possède un appartement de 235 m² en rez-de-chaussée, boulevard Saint-Michel, à Paris". Cet appartement serait prêté "bénévolement" depuis plus de deux ans à un ami haut fonctionnaire au Contrôle général de la Marine, ajoute l'hebdomadaire. Le Canard écrit par ailleurs que le ministre aurait proposé la semaine dernière sa démission à Jacques Chirac, que le président aurait "mollement" repoussée.

JO 2012 et grève: Hervé Gaymard espère que "la raison l'emportera"

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard a espéré mercredi que "la raison l'emportera" pour que les syndicats renoncent à manifester le 10 mars prochain, jour de la visite de la commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO). "L'initiative de M. Chérèque (CFDT)", qui a proposé de déplacer la journée interprofessionnelle d'action, "est la bonne", a estimé Hervé Gaymard sur BFM. "Attendons de voir ce que disent les autres". "J'espère que la raison l'emportera", a lancé le ministre de l'Economie. "C'est quand même plus agréable de venir dans une ville qui n'est pas bloquée que dans une ville bloquée, c'est clair", a conclu Hervé Gaymard.

Affaire de l'appartement: Gaymard "discrédité" selon des responsables politiques

 

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard est "discrédité", selon de nombreux responsables politiques, par l'affaire de son appartement qui a pris de l'ampleur après les nouvelles révélations du Canard enchaîné, au point que certains souhaitent sa démission. Mais Bercy a mis les points sur les i: une démission n'est "pas du tout à l'ordre du jour", a-t-on affirmé à la mi-journée au cabinet de M. Gaymard tandis qu'un peu plus tard, l'entourage de Jean-Pierre Raffarin a déclaré à l'AFP qu'il "n'a jamais été question de la démission d'Hervé Gaymard". Le Premier ministre lui a exprimé "son amitié et sa confiance", a-t-on marqué alors que la presse et nombre de responsables politiques jugent que M. Gaymard est fragilisé. Néanmoins il apparaît que cette affaire embarrasse au plus haut point le gouvernement. "Comment Hervé Gaymard a-t-il pu compromettre à ce point sa carrière ? Il en a pour vingt ans à se remettre", s'exclamait un ministre en demandant l'anonymat pour ses propos. Selon lui, "l'ambiance au gouvernement est exécrable" depuis le début de cette affaire, il y a une semaine. Toutefois, et comme c'est l'usage en pareil cas, le sujet n'a pas été évoqué autour de la table du Conseil des ministres, selon un membre du gouvernement. "J'ai discuté avec Hervé Gaymard avant le conseil. Il ne parlait pas de démissionner mais plutôt d'être actif sur le terrain pour ramener l'attention sur ses dossiers", a ajouté cette source. Mais "je ne vois pas comment il peut paraître crédible quand il parle de maîtrise des dépenses publiques", observait un responsable chiraquien. "Il plombe tout le gouvernement", ajoutait cet élu, en pointant "le divorce entre l'image de modestie que veut donner M. Gaymard et la réalité des faits". "C'est très difficile pour lui de rester dans sa fonction", estimait pour sa part un cadre de l'UMP. Pour un député UMP, M. Gaymard est pourtant un homme "honnête et droit". Cette histoire montre surtout qu'il "n'a aucun sens politique", a-t-il déploré. "Dans n'importe quelle autre démocratie, il aurait dû démissionner", estimait un autre élu de la majorité. A gauche, seul le député PS Arnaud Montebourg a réagi publiquement, sommant M. Gaymard de "s'expliquer" ou de "démissionner". Mercredi dernier, le Canard enchaîné avait révélé que M. Gaymard, son épouse Clara, présidente de l'Agence française pour les investissements étrangers, et leurs huit enfants occupaient un duplex de 600 m2 à deux pas des Champs-Elysées à Paris, pour 14.000 euros par mois payés par l'Etat. M. Gaymard avait décidé le jour même de déménager tandis que Jean-Pierre Raffarin édictait de nouvelles règles pour le logement de fonction de ses ministres. Une semaine plus tard, l'hebdomadaire a enfoncé le clou en affirmant que des travaux de près de 150.000 euros ont été effectués pour remettre le duplex en état et installer un escalier entre les deux étages. De plus, selon ce journal, les Gaymard possèdent un appartement de 235 m2 sur la rive gauche de la Seine, qui serait "prêté bénévolement" à un ami haut fonctionnaire. Dans une mise au point, M. Gaymard a précisé que son appartement personnel, de 200 m2 en fait, est loué pour 2.300 euros par mois, et que le bail de trois ans expire en août prochain. Le ministre a aussi annoncé qu'il rembourserait "personnellement tous les frais" liés à son occupation du duplex, travaux et loyers. Selon lui, le montant des travaux engagés pour l'escalier est de 31.800 euros.

Ecoutes de l' Elysées

Le jugement de l'affaire dite des écoutes de l'Elysée a été mis en délibéré au 20 avril à l'issue de la dernière plaidoirie de la défense, celle de Christian Prouteau dont l'avocat a demandé la relaxe. Le procureur a requis mercredi 10 mois d'emprisonnement avec sursis contre Christian Prouteau, le responsable de la cellule, et Gilles Ménage, directeur de cabinet de François Mitterrand. Et des peines allant d'un à six mois avec sursis à l'encontre de neuf autres prévenus et demandé la relaxe de Paul Barril. Les prévenus, jugés par le tribunal correctionnel de Paris pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" de personnalités, avocats, journalistes, écrivains, tous placés sur écoutes entre 1983 et 1986, encourent jusqu'à un an d'emprisonnement .

Thierry Breton remplace Hervé Gaymard à Bercy

Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin se sont montrés déterminés à tourner sans attendre la page de l'affaire Gaymard en nommant dès vendredi soir le P-DG de France Télécom, Thierry Breton, ministre de l'Economie. L'Elysée a annoncé la nomination de Thierry Breton dans les minutes qui ont suivi la fin d'une intervention du ministre démissionnaire sur TF1. agrandir la photo Le nom du PDG de France Télécom avait déjà été cité l'automne dernier, lorsqu'il s'était agi de trouver à Bercy un remplaçant à Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de l'UMP. Pris depuis neuf jours dans une tourmente politique et médiatique déclenchée par les révélations sur son logement de fonction et son patrimoine immobilier, Hervé Gaymard a présenté dans l'après-midi sa démission au Premier ministre, moins de trois mois après sa nomination le 29 novembre. Jean-Pierre Raffarin a annoncé peu après 17h20 qu'il acceptait cette démission. Il est ensuite allé à l'Elysée où il a eu un entretien de plus d'une heure avec Jacques Chirac en début de soirée. Selon une source gouvernementale, le Premier ministre "voulait beaucoup que ce soit Thierry Breton" qui remplace Hervé Gaymard. "C'est vrai, j'ai commis une erreur qui a choqué beaucoup de Français", a déclaré le ministre de l'Economie démissionnaire sur TF1. "J'en ai d'ailleurs tiré toutes les conclusions." "Si aujourd'hui j'ai décidé de présenter ma démission au Premier ministre, c'est d'abord parce que j'ai le sens de l'Etat, le respect de la fonction qui m'avait été confiée et que j'avais prise à bras le corps et avec enthousiasme", a-t-il poursuivi. "Mais compte tenu du niveau de l'intensité de la polémique (...), je ne pouvais plus l'assumer efficacement." Il a souligné qu'il avait subi "comme tout le monde" des épreuves dans sa vie. "Mais ce que je ne peux plus supporter, c'est le harcèlement que subit ma famille." QUATRIEME MINISTRE DES FINANCES SOUS RAFFARIN Le Parti socialiste estime que "ce ne sont pas les explications d'Hervé Gaymard et la nomination à l'improviste de Thierry Breton qui vont pouvoir redorer le blason terni du gouvernement". "Remplacer un homme politique par un homme d'affaires est un retour à la case départ. La tentative n'est pas inédite et a déjà échoué", ajoute-t-il dans un communiqué. Le Parti socialiste demande en outre "au président de la République d'expliquer le choix qu'il fait de diriger la France avec un tel gouvernement". La polémique était partie de révélations du Canard enchaîné sur le duplex de 600 m2 dans lequel le ministre s'était installé avec sa famille et que l'Etat louait 14.000 euros par mois, alors qu'il avait fait de la nécessité de se "désintoxiquer de la dépense publique" un de ses mots d'ordre. Selon un haut fonctionnaire de Bercy, Hervé Gaymard a cru jusqu'à jeudi après-midi qu'il pouvait sauver son portefeuille mais le climat s'est brusquement alourdi après la publication par Paris Match de propos du ministre laissant entendre qu'il n'avait pas les moyens d'être propriétaire d'un logement, alors que son patrimoine comprend plusieurs maisons et appartements. "Hier, il travaillait encore un peu mais aujourd'hui il ne peut plus", disait ce haut fonctionnaire en fin de matinée, quelques heures avant qu'Hervé Gaymard mette fin au suspense en annonçant dans un communiqué sa décision de démissionner. Son entourage affirmait vendredi soir ignorer s'il y aurait une passation de pouvoir entre Hervé Gaymard et Thierry Breton, comme c'est traditionnellement le cas. Thierry Breton est le quatrième ministre des Finances de Jean-Pierre Raffarin depuis son arrivée à Matignon en 2002, après Francis Mer, Nicolas Sarkozy et Hervé Gaymard. • Rubrique : À la une Article précédent : Nombreux blessés dans une explosion à Tel Aviv ( Reuters) Article suivant : Trois morts dans un attentat suicide à Tel Aviv ( Reuters) • Dossier : Raffarin : toute l'actu sur le gouvernement Article précédent : Gaymard justifie sa démission sur TF1 ( AFP) Article suivant : Hervé Gaymard démissionne de Bercy et est remplacé par Thierry Breton ( AFP) Envoyer cette page · Pages les plus envoyées · Imprimer cette page (Publicité) • Bons Plans voyages avec Partirpascher.com • Découvrez les soins Dr. Pierre Ricaud à -50% • Livraison à prix cassés sur auchandirect.fr • Anyway : Tous les vols à prix réduits • Disneyland® Resort Paris, c'est gratuit pour les enfants !

Enquête préliminaire sur Jacques Barrot et Martine Aubry

Le parquet de Paris a ouvert au début de l'année une enquête préliminaire sur d'éventuels avantages indus accordés au commissaire européen Jacques Barrot et à Martine Aubry, maire socialiste de Lille, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Lors d'une instruction pour "trafic d'influence" visant le groupe hôtelier Accor, le juge d'instruction parisien Philippe Courroye avait découvert fin 2004 des faits qui n'étaient pas dans sa saisine. "Il a alors saisi le parquet qui a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire", a-t-on précisé de même source. Les policiers auraient découvert lors d'une perquisition au siège d'Accor une liste de personnalités susceptibles d'avoir bénéficié de réductions sur des séjours dans des hôtels du groupe. L'enquête viserait à savoir si ces réductions ont donné lieu à des contreparties. A l'automne dernier, l'entourage de Martine Aubry avait démenti que celle-ci ait bénéficié d'avantages indus. Jacques Barrot, commissaire européen aux Transports, s'était vu reprocher peu après sa nomination à la commission de Bruxelles de ne pas avoir informé les députés de l'existence d'une condamnation - amnistiée - pour financement occulte d'un parti. Les juristes de l'UE ont fini par conclure qu'il n'était pas obligé de faire état de son passé judiciaire, ces faits étant amnistiés.

Prescription pour Roland Dumas dans la succession Giacometti

 

Le tribunal correctionnel de Paris a déclaré les faits prescrits dans le dossier de la succession du sculpteur Alberto Giacometti, où l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas était poursuivi pour "complicité d'abus de confiance aggravé". Roland Dumas, 82 ans, échappe à une condamnation, alors que le parquet avait réclamé contre lui douze mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende à l'audience en décembre. Le commissaire-priseur Jacques Tajan est relaxé de la prévention de "subornation de témoin" et voit les faits "d'abus de confiance" déclarés prescrits. Il est cependant condamné à 10.000 euros d'amende pour "faux en écritures publiques". Le parquet avait requis contre lui trente mois de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende. Le dossier portait sur l'exécution après 1994 du testament d'Alberto Giacometti, décédé en 1966, qui avait confié à Roland Dumas son patrimoine, estimé à 122 millions d'euros, à charge pour lui de créer une fondation. Roland Dumas avait choisi Me Tajan pour mener cette mission. La création de la fondation a pris dix ans et 1,369 million d'euros provenant d'une vente aux enchères a été conservée plusieurs années sur les comptes de la société du commissaire-priseur. Dans ses attendus, le tribunal, sans se prononcer clairement sur le fond, relève que Jacques Tajan n'a jamais caché qu'il avait conservé ces fonds, qu'il les a toujours gardés à disposition et a agi conformément à la volonté de son mandant, Roland Dumas. L'ancien ministre a en outre été relaxé vendredi par le tribunal d'une autre poursuite engagée pour diffamation par le procureur dans cette affaire, Jean-Pierre Champrenault, que Roland Dumas avait comparé dans un livre aux magistrats des "sections spéciales" mises en place sous l'Occupation.

L'Europe en vedette au Salon de l'Agriculture

L'Europe sera à l'honneur au 42e Salon international de l'Agriculture qui ouvre ses portes samedi à Paris, inauguré par son plus fidèle visiteur, Jacques Chirac. La plus grande ferme du monde n'attend pas moins de 700.000 visiteurs du 26 février au 6 mars au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Avec ses 4.000 animaux et un hall entier consacré aux productions végétales, le Salon confirme son ambition de réconcilier la ville et la campagne. Ouvert à la diversité, au métissage et à l'exotisme, ce rendez-vous du savoir-faire français, qui s'étend sur plusieurs dizaines de milliers de m2, est axé cette année sur l'élargissement de l'Union européenne. Le ministère de l'Agriculture consacre ainsi 700 m2 sur son stand principal à "L'Europe agricole et alimentaire". "Cette orientation s'inscrit pleinement dans le cadre de l'élargissement de l'Union européenne et de la mise à l'honneur des dix nouveaux Etats membres au Sia cette année", expliquent les organisateurs du Salon. La Commission européenne, pour célébrer l'élargissement, abrite sous son pavillon les stands et les représentants des dix nouveaux Etats membres. L'objectif est de faire connaître aux visiteurs "la physionomie, les traditions et l'agriculture" des nouveaux membres. LA FNSEA DEMANDE A CHIRAC "UN CAP CLAIR" A l'heure où le "non" à la Constitution européenne semble gagner du terrain en France, le Salon constitue l'une des meilleurs vitrines pour les tenants du "oui". Reçu jeudi par Jacques Chirac, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a souligné le malaise des agriculteurs français face à la réforme de la Politique agricole commune. "L'ambiance actuelle dans les campagnes est faite de beaucoup d'interrogations à l'égard de l'Europe", a-t-il dit en demandant au chef de l'Etat de fixer un "cap clair" pour les agriculteurs qui croulent, selon lui, sous les circulaires administratives et les nombreux contrôles liés à l'octroi des aides de Bruxelles. Seconde exportatrice mondiale de produits agricoles et alimentaires, derrière les Etats-Unis, la France compte moins d'un million de paysans et sa surface agricole couvre 30 millions d'hectares, soit 54% du territoire national. Mais le Salon de l'agriculture est aussi une rencontre avec le grand public à travers des divertissements, des odeurs et des saveurs. Un "village-nature-passions" réunit pour la première fois des exposants. L'"Odyssée végétale" créera également l'événement avec un "Orchestre végétal" composé de musiciens viennois, jouant exclusivement avec des instruments sculptés à partir de carottes, céleris, citrouilles, graines et autres plantes. Outre le traditionnel concours où rivalisent les vedettes de l'élevage, un combat de vaches de la race d'Hérens, originaires des Alpes, sera organisé pour la première fois au salon. Parmi les nouveaux invités du Salon, on note la présence du Brésil et de la Chine, représentée par la province du Jiangsu, "pays du riz et du poisson".

LE CONGRÈS À VERSAILLES POUR RÉVISER LA CONSTITUTION

Le Congrès du Parlement se réunit ce lundi

 

à Versailles, pour la 13e fois depuis les débuts de la Ve République, afin d'entériner deux nouvelles révisions de la Constitution, celle préalable au référendum de ratification de la Constitution européenne et celle qui introduit la Charte de l'environnement dans la loi fondamentale. Députés et sénateurs, respectivement au nombre de 576 (un siège est vacant) et 331, se réunissent à partir de 14h00 (13h00 GMT) pour adopter définitivement deux textes qui ont été votés dans les mêmes termes par les deux assemblées. La séance, qui devrait s'achever avant 19h00 (18h00 GMT), s'ouvrira par une intervention d'une dizaine de minutes du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avant les explications de vote, pendant cinq minutes, de chacun des orateurs des cinq groupes du Sénat et des quatre groupes de l'Assemblée. Le vote, dans les salons près de l'hémicycle, durera une quarantaine de minutes. Les cartes de vote étant électroniques, le résultat sera quasi immédiat et les parlementaires engageront dans la foulée l'examen de la Charte de l'environnement. Le déroulé de la séance sera le même pour l'autre texte. Comme le prévoit la Constitution, les deux projets de loi doivent chacun recueillir la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le premier texte examiné par le Congrès, celui révisant la Constitution française, préalable nécessaire à la ratification de la Constitution européenne, sera sans surprise massivement approuvé. Les groupes UMP, PS et UDF y sont favorables. Seuls les communistes et une poignée de "souverainistes" de l'UMP y sont hostiles. Plusieurs dizaines de socialistes, comme le député Laurent Fabius ou le sénateur Jean-Luc Mélenchon, devraient s'abstenir. L'Assemblée l'avait adopté par 450 voix contre 34, le Sénat par 263 voix contre 27. Ce texte comporte quatre articles. Le premier ajoute à l'article 88-1 de la Constitution un second alinéa qui vise à lever les obstacles constitutionnels à la ratification du traité. Le second prévoit d'ajouter un article 88-5 qui dispose que les projets de loi autorisant la ratification des traités d'adhésion seront obligatoirement soumis à référendum. "ENVIRONNEMENT ÉQUILIBRÉ" L'article 3 réécrit entièrement le titre XV de la Constitution intitulé "de l'Union européenne" afin de l'adapter au nouveau traité. Enfin l'article 4, qui n'est pas destiné à s'insérer dans la Constitution, définit les conditions d'application de la réforme. Il précise que la consultation référendaire ne s'appliquera pas pour les pays dont l'adhésion à l'Union a été décidée avant le 1er juillet 2004, c'est-à-dire la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie. Une fois cette réforme entérinée, la voie sera ouverte pour le référendum de ratification de la Constitution européenne qui pourrait avoir lieu le 29 mai ou le 5 juin. L'adoption du second texte, la Charte de l'environnement, s'annonce plus périlleuse si les socialistes maintiennent leur décision de voter contre. Ils doivent se réunir lundi matin pour arrêter leur position. A l'Assemblée, le 1er juin dernier, ce projet de loi constitutionnelle relatif à la Charte de l'environnement avait été adopté par 328 voix contre 10. Les groupes UMP et UDF, à une dizaine de députés près, l'avaient voté. Les socialistes et les communistes s'étaient abstenus. Au Sénat, le 24 juin, les groupes UMP et UDF avaient voté pour, les communistes s'abstenant. Mais les socialistes, à l'appel de Robert Badinter, avaient voté contre. Le texte avait finalement été voté par 173 voix contre 92. Ce texte comporte deux articles. Le premier complète le premier alinéa du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, le second ajoute au bloc de constitutionnalité une Charte de l'environnement, composée de sept considérants et de dix articles, qui dispose que "chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé". Par voie d'amendements ont été ajoutées plusieurs précisions comme celle qui stipule que les autorités publiques (Etats, collectivités locales) ne pourront appliquer le principe de précaution que dans des domaines qui relèvent de leurs attributions respectives. De même, lorsque "la réalisation d'un dommage (...) pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution, à la mise en oeuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin d'éviter la réalisation du dommage".

Le Congrès entérine la charte sur l'environnement

Le Parlement réuni en Congrès à Versailles a entériné, par 531 voix contre 23, le projet de loi constitutionnelle relatif à la Charte de l'environnement. Sur 665 votants, il y a eu 554 suffrages exprimés. La majorité requise était de 333 voix. Les groupes UMP et UDF ont voté ce texte, à l'exception de quelques uns de leurs membres. Les sept élus Verts (quatre sénateurs, trois députés) ont également voté pour. Les communistes et apparentés se sont abstenus. Les socialistes avaient décidé de ne pas participer au scrutin. La majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés est requise pour l'adoption définitive d'un texte soumis au Parlement réuni en Congrès. Le 1er juin, l'Assemblée avait adopté cette réforme par 328 voix contre 10. Les groupes UMP et UDF avaient voté pour. Les groupes socialiste et communiste s'étaient abstenus ainsi que les élus Verts. Le 24 juin, le Sénat avait voté le texte par 173 voix contre 92. Les groupes UMP et UDF avaient voté pour. Les communistes s'étaient abstenus alors que le groupe socialiste avait voté contre, comme le souhaitait Robert Badinter. Une partie du groupe UMP étant à l'origine défavorable au texte, notamment à propos de la mesure qui introduit le principe de précaution, l'examen de ce texte avait été reporté à diverses reprises. Mais Jacques Chirac, qui avait fait de la défense de l'environnement l'un des thèmes de sa campagne présidentielle de 2002, a pesé de tout son poids pour que le projet de loi soit débattu et pour qu'il soit soumis au Congrès pour adoption définitive. "Ce que je vous propose aujourd'hui, en adossant la Charte de l'environnement à notre Constitution, ce n'est pas une réaction de peur devant l'avenir, c'est un acte de responsabilité", a dit le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, aux députés et sénateurs. "PASSER EN FORCE" "Il n'est pas acceptable de confondre les enjeux, ni de vouloir passer en force", a estimé la sénatrice socialiste Catherine Tasca, pour qui la Charte "n'est pas un texte satisfaisant". "Pour autant, la cause de l'environnement ne doit pas payer les inconséquences de l'action gouvernementale. Nous ne ferons donc pas obstacle à l'adoption de cette Charte. Pour cette raison nous ne prendrons pas part au vote", a-t-elle ajouté. "La majorité d'entre nous votera la Charte malgré toutes les réserves exprimées", a déclaré François Sauvadet au nom du groupe UDF de l'Assemblée. "L'important, c'est qu'il y ait un chemin, une voie, une prise de conscience pour assurer l'avenir de nos enfants". "C'est un texte historique, ce devrait être un texte d'union", a plaidé la députée UMP Nathalie Kosciusko-Morizet. "Cette Charte est incontournable et indispensable. Elle répond aux grand impératifs écologiques", a affirmé la rapporteure du texte à l'Assemblée. "Que s'inscrive dans la Constitution la Charte de l'environnement est une reconnaissance de l'écologie", ont déclaré, dans un communiqué, les élus Verts. "C'est aussi grâce au principe de précaution un outil juridique contre des scandales meurtriers comme celui de l'amiante. C'est pourquoi nous votons oui". "Au regard des imperfections de cette Charte et du contexte dans lequel elle nous est soumise, les députés communistes et républicains sont conduits à s'abstenir sur ce projet de loi constitutionnelle", a expliqué le député André Chassaigne (PCR). Le projet de loi constitutionnelle comprend deux articles. Le premier complète le premier alinéa du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, le second ajoute au bloc de constitutionnalité une charte de l'environnement composée de sept considérants et de dix articles et qui indique notamment que "chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé".

CHIRAC ENTRE EN SCÈNE SUR LE REFERENDUM

Après le feu vert du Congrès à la révision constitutionnelle préalable au référendum sur la Constitution européenne, Jacques Chirac est entré en scène lundi pour appeler les Français à saisir cette "chance" pour la France et pour l'Europe. Le chef de l'Etat recevra à partir de mardi à l'Elysée les responsables des partis politiques représentés au Parlement pour évoquer "l'organisation démocratique de cette consultation". "Cela va de soi", a-t-il précisé, il ne donnera pas la date du scrutin avant la fin de ces consultations, prévue jeudi en fin de matinée. Le gouvernement est "techniquement" prêt pour un référendum dès le début mai, une campagne courte devant permettre aux yeux des stratèges du "oui" de contrer la montée du "non" enregistrée dans les sondages ces dernières semaines. Jacques Chirac et son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, redoutent un vote-sanction alimenté par les conflits sociaux mais aussi par l'affaire Gaymard. "Je prendrai part, naturellement, et toute ma part, à ce débat pour expliquer aux Françaises et aux Français pourquoi cette Constitution est une chance pour la France et une chance pour l'Europe", a dit le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse concluant le premier sommet franco-polonais, lundi à Arras (Pas-de-Calais). "La Constitution européenne engage tout notre avenir et l'engage fortement. C'est pourquoi j'ai voulu que les Françaises et les Français se prononcent à ce sujet de façon personnelle, directement, par référendum", a rappelé Jacques Chirac. "Il est essentiel que le débat qui s'engage soit conduit dans un esprit de dialogue mais aussi de responsabilité car il en va de l'avenir de notre pays, de la vie quotidienne des Françaises et des Français", a-t-il ajouté. Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, sera le premier reçu par Jacques Chirac, mardi à 16h30. Il sera suivi à 18h15 par le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. Mercredi, le chef de l'Etat recevra le président de l'UDF François Bayrou à 16h30, puis le secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, à 17h15, et le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, à 18h00. "LA BONNE RÉPONSE, C'EST LE 'OUI'" Jeudi, Jacques Chirac recevra la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet à 09h30, puis Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), à 10h15, et Georges Sarre, qui représentera Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), à 11h30. Lundi après-midi, le Parlement réuni en Congrès à Versailles a entériné par 730 voix contre 66 le projet de loi qui révise la Constitution française, préalable nécessaire à la ratification du traité constitutionnel européen. Sur 892 votants, il y a eu 796 suffrages exprimés. La majorité requise au Congrès - les trois cinquièmes des suffrages exprimés - était de 478 voix. Les groupes UMP, UDF et PS ont voté la réforme. Les communistes ont voté contre, de même que quelques élus "souverainistes" de l'UMP. Plusieurs dizaines de socialistes, comme Laurent Fabius, se sont abstenus. Un député PS, Marc Dolez, a voté contre. En ouvrant la séance, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a affirmé que l'Europe était "la bonne réponse aux défis du XXIe siècle". "L'Europe n'est pas de droite, l'Europe n'est pas de gauche, l'Europe c'est notre avenir, c'est notre destin", a lancé le chef du gouvernement. "Il n'y a pas de projet de rechange (...) Sincèrement, la bonne réponse, c'est le oui." "Comment imaginer que notre pays puisse tourner le dos à l'Europe ?", a dit Jack Lang au nom des députés socialistes. "Le 'non' serait une négation de nous-mêmes, il reviendrait à effacer notre histoire, à briser ce que nous avons bâti depuis 50 ans", a-t-il dit. Anne-Marie Comparini, députée UDF, a assuré que le parti de François Bayrou participerait "avec énergie et conviction" à la campagne du "oui" au référendum sur la Constitution européenne mais a souhaité que Jacques Chirac "n'accélère pas le calendrier" car il risquerait ainsi de "desservir l'Europe". Dans le camp du "non", la communiste Marie-George Buffet a affirmé ne pouvoir accepter ces modifications constitutionnelles car "elles préjugent de l'opinion de notre peuple". "Notre 'non' porte sanction des politiques libérales, notre 'non' est un vote d'espoir. En votant 'non', nous voulons ouvrir la porte à des changements en France et en Europe", a lancé la secrétaire nationale du PCF.

Les intentions de vote au référendum

 

Sarkozy veut "du temps" avant le référendum, Hollande espère mai

 

François Hollande a estimé mardi que le référendum sur la Constitution européenne se tiendrait "sans doute au mois de mai" tandis que Nicolas Sarkozy demandait "un peu de temps" pour la campagne. Le premier secrétaire du Parti socialiste, reçu dans la foulée du président de l'UMP à l'Elysée, où Jacques Chirac a entamé ses consultations sur "l'organisation démocratique" du référendum, "considère qu'il faut avoir maintenant rapidement une date". "Cette date doit se trouver nécessairement au milieu du mois de mai, à une semaine près", a-t-il déclaré à la presse après plus d'une heure d'entretien avec le chef de l'Etat. "Sur la date, j'ai senti qu'il allait faire son choix, que ce serait sans doute au mois de mai, à une date qu'il déterminera. Je pense qu'il n'a pas d'obstacle pour que ce soit au cours du mois de mai". "Ce qu'il faut, a souligné François Hollande, c'est qu'il y ait une durée de campagne qui permette la confrontation des points de vue et surtout l'information de nos concitoyens". Nicolas Sarkozy, partisan du "oui" comme le premier secrétaire du PS, a estimé pour sa part qu'il fallait "un peu de temps" pour la campagne. "Je lui ai indiqué que je souhaitais que l'UMP fasse résolument campagne pour le 'oui' et que je pensais qu'il fallait qu'il y ait un peu de temps pour expliquer les enjeux aux Français", a-t-il déclaré après une heure d'entretien avec le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a souligné que le référendum sur la Constitution européenne était "un rendez-vous extrêmement important". François Hollande s'est "réjoui" de son côté d'avoir constaté une "évolution" de Jacques Chirac sur la question du financement public de la campagne. "UNE CHANCE POUR LA FRANCE" Pour le dirigeant socialiste, "il faut qu'il puisse y avoir financement public de la campagne référendaire, aussi bien pour les partis appelant au 'oui' que pour les formations pouvant appeler au 'non'". Jacques Chirac ne donnera pas la date du scrutin avant la fin des consultations des dirigeants des formations représentées au Parlement, prévue jeudi en fin de matinée. Le gouvernement est "techniquement" prêt pour un référendum dès le début mai, une campagne courte devant permettre aux yeux des stratèges du "oui" de contrer la montée du "non" enregistrée dans les sondages ces dernières semaines. Jacques Chirac et son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, redoutent un vote-sanction alimenté par les conflits sociaux mais aussi par l'affaire Gaymard. Le chef de l'Etat a déjà annoncé qu'il prendrait toute sa part au débat "pour expliquer aux Françaises et aux Français pourquoi cette Constitution est une chance pour la France et une chance pour l'Europe". "La Constitution européenne engage tout notre avenir et l'engage fortement. C'est pourquoi j'ai voulu que les Françaises et les Français se prononcent à ce sujet de façon personnelle, directement, par référendum", a rappelé Jacques Chirac à l'issue du sommet franco-polonais de lundi, à Arras. "Il est essentiel que le débat qui s'engage soit conduit dans un esprit de dialogue mais aussi de responsabilité car il en va de l'avenir de notre pays, de la vie quotidienne des Françaises et des Français", a-t-il ajouté. Lundi après-midi, le Parlement réuni en Congrès à Versailles a entériné par 730 voix contre 66 le projet de loi qui révise la Constitution française, préalable nécessaire à la ratification du traité constitutionnel européen. Les groupes UMP, UDF et PS ont voté la réforme. Les communistes ont voté contre, de même que quelques élus "souverainistes" de l'UMP. Plusieurs dizaines de socialistes, comme Laurent Fabius, partisan malheureux du "non" lors du référendum interne du PS en décembre, se sont abstenus. Un député PS, Marc Dolez, a voté contre.

Le déficit public de la France s'élève à 3,7% du PIB pour 2004

 

Le déficit public de la France s'est élevé à 3,7% du PIB en 2004, selon les estimations de l'Insee communiquées à la Commission européenne. Dans un communiqué publié mardi soir, l'Institut national de la statistique précise avoir révisé le déficit public 2003 à 4,2% du PIB, contre 4,1% estimé auparavant. En 2004, le ratio de la dette a atteint 65,6% du PIB, après 63,9% en 2003 (auparavant 63,7%), ajoute l'Insee. Pour la troisième année consécutive, la France n'a donc pu respecter le pacte de stabilité européen qui impose de ne pas dépasser pour le déficit public 3% du PIB, mais Paris a promis de passer sous cette barre en 2005. L'Insee souligne dans son estimation que le déficit d'Etat s'élève en 2004 à 51,5 milliards d'euros, contre 62,3 milliards en 2003, et le déficit "au sens de Maastricht" à 59,8 milliards d'euros, contre 65,8 milliards en 2003. Le 25 janvier dernier, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, avait évalué le déficit d'Etat à "environ 3,6% du PIB" pour 2004. Le léger décalage avec les 3,7% de l'Insee s'explique par le coût plus élevé des administrations publiques locales, a-t-on souligné auprès de l'Institut. "Notre objectif pour 2005 est d'ancrer le retour sous les 3%" de PIB, conformément aux engagements européens de la France, avait dit Jean-François Copé le 25 janvier.

Ouverture à Angers d'un procès pour pédophilie avec 66 accusés

 

Le plus grand procès jamais organisé en France dans une affaire de pédophilie, avec 66 accusés, s'ouvre ce jeudi devant la cour d'assises du Maine-et-Loire à Angers. Trente-neuf hommes et 27 femmes sont accusés d'agressions sexuelles, de viols, de proxénétisme et de délits connexes entre janvier 1999 et février 2002, aux dépens de 45 enfants. L'accusation pense avoir mis au jour un vaste réseau de prostitution infantile. Les faits se seraient principalement déroulés dans le logement d'un couple du quartier Saint-Léonard, dans les faubourgs d'Angers, mais aussi dans une quinzaine d'autres endroits. Les débats s'ouvrent quelques mois après le choc provoqué par une autre affaire de pédophilie, celle d'Outreau, où le procès devant la cour d'assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais) avait tourné à la confusion du système judiciaire, avec sept acquittements en juillet dernier. A Angers, selon le parquet, une quinzaine de couples aux revenus modestes auraient accepté, en échange de petites sommes d'argent ou de colis alimentaires, de prostituer leurs enfants. Le ministère public annonce un "anti-Outreau" et estime que le dossier et l'instruction sont cette fois solidement bouclés. Parmi les accusés, 39 personnes, dont 13 femmes, sont poursuivis pour viols sur mineurs ou proxénétisme aggravé. Détenus depuis deux ans et demi à trois ans, ils encourent jusqu'à vingt ans de réclusion. Les 27 autres - 13 hommes et 14 femmes - comparaîtront libres pour les délits connexes "d'agression sexuelle sur mineurs de (moins de) quinze ans", passible de dix ans de prison, "corruption de mineurs (de moins de) quinze ans", puni de sept ans de prison, et "non-dénonciation de crimes et de délits", puni de trois ans de prison. Les 45 victimes présumées, 19 garçons et 26 filles, étaient âgées de quelques mois à 12 ans au moment de faits. PAS DE PREUVES MATERIELLES Parmi les 66 accusés, au moins une vingtaine nient depuis le départ toutes les accusations et d'autres se sont rétractées au fil de l'instruction. La police est remontée au réseau supposé en surveillant en 2001 un homme déjà condamné pour pédophilie. Le dossier s'est ensuite construit sur les mises en cause mutuelles des suspects, mais les preuves matérielles font défaut. Ainsi, les supposées photographies et films pornographiques mettant en scène des mineurs, mentionnés dans plusieurs dépositions, n'ont jamais été découverts lors des perquisitions. La juge d'instruction Valérie Parent a décidé de poursuivre ses investigations sur ce point, ainsi que sur les "hommes en cagoule", la "femme tatouée" et l'"homme portant un caducée au revers de sa veste" mentionnés dans des dépositions comme auteurs de viols et jamais identifiés. Chez les victimes présumées de viols, dans la plupart des cas, aucune trace d'abus sexuel n'a été attestée médicalement. Pour un million d'euros, une salle spéciale de 400 m2 a été aménagée au palais de justice d'Angers pour le procès, auquel participeront environ 60 avocats et 150 témoins. Les débats ne commenceront que le 10 mars, après les phases de pure procédure. Au moins une des parties civiles, le Conseil général de Maine-et-Loire, demandera le huis clos à l'ouverture du procès, demande sur laquelle la cour se prononcera le jour même. Le dossier d'Outreau, dénué aussi de preuves matérielles et fondé sur des déclarations, présentait nombre de similitudes avec celui d'Angers. La thèse d'un "réseau" pédophile s'était effondrée à l'audience. Outre les sept acquittés, six autres accusés, partiellement blanchis mais qui clament leur innocence totale, ont fait appel et seront rejugés en mai à Paris. Le 8 février, le ministre de la Justice Dominique Perben a annoncé une réforme de la procédure pénale et du régime des expertises. Il envisage aussi de revoir les procédures d'auditions des enfants qui se déclarent victimes.

LE PREMIER MINISTRE DEMANDE

À LA DGSE DE PRENDRE CONTACT AVEC DIDIER JULIA

Jean-Pierre Raffarin a demandé à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de prendre contact avec Didier Julia afin de "recueillir toutes les informations nécessaires" pouvant mener à la libération de Florence Aubenas. Le Premier ministre a également annoncé devant l'Assemblée nationale qu'il va réunir jeudi les présidents des groupes parlementaires et les dirigeants des partis politiques pour faire le point sur la disparition de l'envoyée spéciale de Libération le 5 janvier en Irak. "Toute personne qui croirait détenir des informations sérieuses sur la situation de Florence Aubenas a le devoir de les porter immédiatement et sans condition à la connaissance des autorités", a déclaré le Premier ministre devant l'Assemblée nationale. "J'ai demandé au directeur général de la sécurité extérieure de prendre contact avec lui, avec vous M. le député (Julia), pour recueillir toutes les informations qui pourraient être nécessaires pour que les services de notre République puissent agir, pour que nous puissions faire en sorte que la République agisse d'une seule direction, sous une seule autorité, sans accepter aucune diplomatie parallèle", a dit Jean-Pierre Raffarin.

Logement:
"ma situation est très claire et très simple", affirme Jean-François Copé

Le ministre délégué au Budget Jean-François Copé a affirmé que sa situation en matière de logement était "très simple et très claire", alors que "Le Canard enchaîné" l'accuse dans son édition de mercredi d'avoir dissimulé une partie de la surface de son appartement de fonction et de celui qu'il a acquis. "Dès lors que je serai en situation d'habiter dans mon logement (personnel, NDLR), j'y habiterai", a-t-il affirmé lors du compte-rendu du conseil des ministres "Ma situation est très simple et très claire: j'ai un logement de fonction dans le cadre de mes activités ministérielles. J'ai acquis il y a quelques semaines un appartement, à titre bien entendu privé". "J'ai quelques travaux à faire dedans avant d'emménager", mais "lorsque mon épouse aura accouché, j'emménagerai dans cet appartement", a assuré M. Copé. "Je demande juste une chose: il se trouve que ma femme est enceinte et que d'ici quelques semaines elle va accoucher. Je pense que chacun peut comprendre que ce n'est pas forcément une période idéale pour faire des travaux",

Sondage: 85% des Français

prêts à élire une femme à la présidence de la République

Une très large majorité des Français (85%) se dit prête à élire une femme à la présidence de la République, selon un sondage sur la parité hommes-femmes, réalisé par BVA pour le mensuel "Acteurs publics". Ils sont 13% à dire qu'ils ne sont pas prêts à élire une femme au sommet de l'Etat, tandis que 1% jugent que le sexe n'est pas déterminant pour cette question. D'une façon générale, la majorité des Français pense qu'il y a eu des progrès sur le plan de l'égalité des hommes et des femmes. Mais ils sont plus nombreux à constater une évolution sur le plan politique (67%) que sur le plan professionnel et celui des salaires (57%). Pour faire avancer les choses sur le plan politique, les Français préfèrent ne pas s'en remettre aux partis: c'est aux associations de défense des droits des femmes (46%) et aux femmes politiques (38%) qu'ils font le plus confiance. Les partis politiques ne recueillent que 18%. Enfin, à la question "inciteriez vous votre fille à faire de la politique", 39% (contre 58%) répondent "oui" sur un échantillon de 499 personnes. En revanche, ils ne sont plus que 25% (contre 72%) à répondre "oui" lorsqu'on leur demande s'ils inciteraient "leur enfant" à faire de la politique sur un échantillon de 460 personnes. Ce sondage est publié dans le numéro de mars du mensuel "Acteurs publics", ainsi que dans l'édition de vendredi du quotidien "Métro", et diffusé jeudi soir dans l'émission "L'Opinion en question" sur la chaîne parlementaire LCP. - sondage réalisé par téléphone les 4 et 5 février auprès d'un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et constitué selon la méthode des quotas

Le référendum sur la Constitution européenne aura lieu le 29 mai

 

L'Elysée a annoncé que le référendum sur la Constitution européenne aurait lieu le 29 mai en France. "Le président de la République a décidé que le référendum sur la Constitution européenne aura lieu le 29 mai 2005", indique un communiqué de la présidence de la République

 

Réactions contrastées à l'annonce du retrait progressif syrien

 

Des milliers de manifestants agitant des drapeaux rouge et blanc ont laissé éclater leur joie, samedi soir dans le centre de Beyrouth, après l'annonce par le président syrien Bachar el Assad d'un retrait militaire progressif du Liban. La foule, qui a suivi le discours d'Assad sur des écrans géants, scandait "la Syrie dehors" et "Liberté, Souveraineté, Indépendance", des slogans coutumiers des manifestations de l'opposition depuis l'assassinat le 14 février de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Le chef de file de l'opposition, le dirigeant druze Walid Joumblatt, a salué le discours du président syrien, tout en réclamant un calendrier pour le retrait syrien. "C'est un début positif (...) Nous tendons nos mains avec insistance pour obtenir un calendrier pour le retrait", a-t-il dit à la chaîne de télévision libanaise LBC. Deux jours après la mort d'Hariri, les funérailles de l'ancien Premier ministre, auxquelles assistaient plus de 150.000 personnes, s'étaient spontanément transformées en manifestations publiques antisyriennes. Depuis, faisant fi parfois d'interdictions gouvernementales, l'opposition a organisé plusieurs rassemblements importants à Beyrouth, notamment sur la place des Martyrs, pour réclamer le départ des troupes syriennes. PARIS RESTE FERME La France a dit attendre samedi un retrait total des troupes et services syriens du Liban après l'annonce par le président syrien de sa décision d'appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité des nations unies. "Nous prenons acte de l'annonce par le président de la république syrienne de sa décision d'appliquer la résolution 1559", a déclaré Hervé Ladsous, porte-parole du Quai d'Orsay. "Nous attendons donc qu'il retire intégralement ses troupes et ses services du Liban dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté dans un communiqué. Paris attend également un "appui sans réserve des autorités syriennes et libanaises" à la mission d'enquête des Nations unies sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Enfin, la France souhaite la "mise en place rapide au Liban d'un gouvernement" et la tenue d'élections "libres et transparentes sous le contrôle d'observateurs internationaux". Le président syrien Bachar el Assad a annoncé samedi un retrait progressif des troupes syriennes au Liban. /GB PRUDENCE DE L'UE De son coté, l'Union européenne a accueilli avec prudence samedi l'annonce par le président Bachar el Assad d'un retrait syrien progressif du Liban, qualifiée à Bruxelles de "développement positif". "Cette annonce est un développement positif s'il s'agit d'une mesure menant à un retrait complet parce que ce serait très important pour la paix et la stabilité de la région", a déclaré une porte-parole de l'UE. "Le retrait devrait avoir lieu aussi rapidement et calmement que possible", a-t-elle ajouté. LES ETATS UNIS INSATISFAITS Le département d'Etat américain a déclaré samedi que l'annonce par la Syrie du retrait progressif de ses troupes du Liban ne suffisait pas. "L'annonce du président (Bachar) el Assad ne suffit pas", a déclaré Darla Jordan, porte-parole du département d'Etat. "La communauté internationale a bien dit que la Syrie devait retirer complètement et immédiatement toutes ses forces militaires et ses services de renseignement du Liban conformément à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'Onu". Auparavant, la Syrie avait fait savoir que ses forces partiront le plus tôt possible. Les forces syriennes se retireront du Liban "le plus tôt possible" dans le cadre du plan de redéploiement annoncé samedi, a assuré la ministre syrienne Boussaina Chaaban à la télévision libanaise LBC. "L'armée syrienne veut se retirer rapidement (...) le plus tôt possible d'un point de vue logistique", a-t-elle dit. "La décision politique d'un retrait complet a été prise". Elle a ajouté que les présidents des deux pays réunis lundi à Damas arrêteraient les modalités du retrait, y compris l'échéancier. CRITIQUE D'ISRAEL Pour sa part, le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres a qualifié samedi de "dérobade" l'annonce par la Syrie de son retrait progressif du Liban. Dans un fax adressé à Reuters, Peres juge que l'annonce du président syrien Bachar el Assad "constitue une dérobade et non pas une réponse" à la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant le départ de toutes les forces étrangères du Liban. Le Premier ministre israélien a récemment fixé le retrait de la Syrie du Liban comme nouvelle condition à une reprise de discussions de paix avec Damas, rompues en 2000. Sharon n'a pas réagi dans l'immédiat au discours d'Assad. En dépit de ses critiques, Peres chef du Parti travailliste, qui a récemment rejoint le gouvernement de coalition de Sharon, a déclaré qu'un retrait total des Syriens du Liban pourrait déboucher sur des discussions de paix entre Israël et le Liban. "Si la Syrie retire ses forces du Liban, alors Israël pourra ouvrir des discussions avec le Liban car Israël n'a aucun différend territorial ou de partage des eaux avec le Liban", a dit Peres. Israël a retiré ses forces du sud du Liban en 2002, mettant fin à 22 ans d'occupation, mais il reste un différend sur le tracé de la frontière dans la zone dites des "Fermes de Chebaa".

Début de la campagne du référendum sur fond de mobilisation syndicale

Désormais fixé au dimanche 29 mai, le référendum sur la Constitution européenne va continuer à alimenter le débat politique à droite et à gauche, sur fond de mobilisation syndicale et de manifestations, jeudi à travers la France. Dès mercredi, le Conseil des ministres doit lancer la procédure référendaire et apporter des précisions quant à ses modalités d'organisation. Lundi, l'Europe et le traité constitutionnel européen seront évoqués par le président Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schroeder à l'occasion de leur rencontre à Blomberg (Allemagne). Mais c'est au climat social, et d'abord à l'ampleur de la mobilisation lycéenne et syndicale -mardi et jeudi- que seront également attentifs les responsables politiques au cours de la semaine. Les quatre grandes confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO et CFTC), ainsi que les organisations Unsa et Solidaires, ont en effet appelé à cette grande journée interprofessionnelle public-privé avec "grèves, débrayages et manifestations" pour défendre l'emploi, les salaires et les 35h. Jeudi verra également lycéens et enseignants manifester, tandis que la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, appelle de son côté à une journée "école morte". Les lycéens seront déjà descendus dans la rue dès mardi, à l'appel de l'Union nationale lycéenne (UNL) et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) pour une "grande journée nationale de manifestations" contre la loi Fillon de réforme de l'école, déjà votée par les députés. Dans les formations politiques, la campagne pour le référendum va entrer dans une phase active puisque désormais l'échéance est fixée au dernier dimanche de mai. Celle de l'UMP en faveur du oui a été lancée dimanche par son président Nicolas Sarkozy, lors d'un conseil national à Paris. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devait intervenir devant les quelque 2.000 cadres de l'UMP qui devaient approuver une motion sur l'Europe proclamant leur soutien à la Constitution européenne et préconisant un partenariat privilégié plutôt qu'une adhésion de la Turquie à l'UE, pourtant souhaitée par le président de la République. Les partisans du non au sein de l'UMP (une dizaine de parlementaires réunis autour des députés Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Myard, ainsi qu'Isabelle Caullery), ne seront désormais autorisés à faire campagne qu'en leur nom propre et tiendront une réunion publique, mercredi soir à Paris. La gauche continue, elle aussi, à être divisée entre les partisans du oui (PS et Verts) et ceux du non (gauche du PS, PCF). Le premier secrétaire du PS François Hollande a noté vendredi que la date choisie du 29 mai était "la certitude d'une véritable campagne, d'information, d'argumentation et de conviction". En dépit de la décision d'Henri Emmanuelli, animateur du courant Nouveau monde, de faire campagne pour le non, M. Hollande a répété qu'au PS "il n'y aurait qu'une seule campagne", celle du oui. Sans revenir sur sa décision, le député des Landes a déclaré, dimanche dans Sud Ouest, qu'il ne siègerait plus au Bureau national du PS jusqu'au "lendemain du référendum". Les Verts, qui ont choisi le oui lors d'une consultation interne, sont en revanche divisés sur la possibilité de tenir des meetings communs avec l'UDF, comme Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts européens, s'apprête à le faire avec François Bayrou.

58% des Français pour le oui, en baisse de trois points

58% des Français pensent qu'ils voteront oui au référendum sur la Constitution de l'Union européenne, le 29 mai, alors qu'ils étaient 61% à le penser il y a un mois, selon un sondage Ifop, à paraître dans le Journal du dimanche daté du 6 mars. Selon ce sondage, 42% des Français pensent voter non, soit 3% de plus que lors d'un précédent sondage effectué début février. Toutefois, 42 % estiment qu'il est encore "trop tôt" pour se déterminer. 14% estiment qu'ils pourraient s'abstenir. Parmi les électeurs indécis, 40% penchent plutôt pour le oui (contre 42% en février), et 20% pour le non (contre 18% à la même période). Le sondage a été effectué les 3 et 4 mars, auprès d'un échantillon de 882 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d'un échantillon de 1.009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

L'UMP lance sa campagne pour le "oui" au traité européen

 

L'UMP a lancé dimanche à Paris sa campagne pour un "oui franc, sans réserve" à la Constitution européenne, deux jours après le choix du 29 mai pour la tenue du référendum sur le traité. Les 2.500 cadres réunis dans un hôtel du centre de Paris ont adopté une motion qui proclame son soutien à la Constitution et préconise un partenariat privilégié plutôt qu'une adhésion de la Turquie à l'UE, option pourtant souhaitée par le chef de l'Etat. Le texte a été adopté avec 90,8% des suffrages, contre 6,5% et 2,7% d'abstention. Slogan adopté: "L'Europe mérite qu'on lui dise 'oui'". Les cadres de l'UMP ont donc confirmé leur vote du 9 mai dernier contre l'intégration de la Turquie, à laquelle est proposée un statut de "partenaire associé". "C'est cette Constitution, dont nous proposons la ratification aux Français, qui a imaginé et qui prévoit un statut de partenariat privilégié", a expliqué Nicolas Sarkozy. "Je le dis donc sereinement, je le dis tranquillement, mais je le dis fermement, la Turquie sera associée à l'Europe comme partenaire privilégié mais à mes yeux elle n'a pas vocation à intégrer l'Europe", a-t-il ajouté. Le vote de la motion n'a été qu'une formalité, seuls les souverainistes conduits par Nicolas Dupont-Aignan rejetant le texte concocté par le président de l'UMP et relu par Jacques Chirac. Les partisans du "non", réduits à la portion congrue, seront libres de faire campagne contre le traité européen à condition de ne pas s'exprimer au nom du parti. PAROLE CLAIRE ? Cent jours après son arrivée à la tête du parti majoritaire, Nicolas Sarkozy a pu, dans un climat consensuel, conforter son autorité sur l'UMP. "La présidence de l'UMP n'a pas asphyxié Nicolas Sarkozy", titre ainsi Le Monde, daté des 6 et 7 mars. Dans son discours, l'ancien ministre de l'Economie avait appelé le conseil de l'UMP à se prononcer en faveur d'un "oui franc, sans réserve, enthousiaste" au traité européen. "Ce qui est en cause avec le référendum du 29 mai, ce n'est pas le président de la République, ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas l'UMP", a-t-il dit. "Il ne s'agit pas de la politique, la petite ou la grande. Il s'agit de la France, notre pays." Le texte adopté assure que l'UMP s'engagera "de toutes ses forces, sans ambiguïté et sans réserve" pour le "oui" à un traité qui "donne un avenir à tous les jeunes Français en Europe". Néanmoins, Nicolas Sarkozy a affirmé que cet engagement devait être lucide et "exigeant", raison pour laquelle il a réaffirmé la position prise il y a un an pour un partenariat privilégié de la Turquie avec l'Europe. "Je vous demande de le confirmer pour que chaque Français comprenne qu'en disant 'oui' à la Constitution européenne, il ne dit pas 'oui' à l'intégration de la Turquie", a-t-il dit. Le président de l'UMP est convaincu qu'une parole claire sur la Turquie permettra de mobiliser davantage les partisans du "oui" le 29 mai, comme tendent à le montrer de récents sondages. "On me disait 'parler de la Turquie fera monter le non'. C'est exactement le contraire", a-t-il dit récemment. Mais le souverainiste Philippe de Villiers, adversaire du traité, estime lui que l'ambiguïté de l'UMP sur la question turque ne pourra que renforcer le camp du "non". "Sur la Turquie, Nicolas Sarkozy est très convaincant, il fait voter non. C'est un 'oui' officiel et c'est un 'non' officieux", a-t-il déclaré sur Radio J.

Disparition des dossiers fiscaux

de Gaymard, Fabius, Jospin, Claude Chirac et Claudie Haigneré

 

Le ministre des Finances Thierry Breton a porté plainte après l'étrange disparition des dossiers fiscaux de son prédécesseur Hervé Gaymard, de Claude Chirac, conseiller à l'Elysée et fille du président de la République, de l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, et, vraisemblablement, de Lionel Jospin et de la ministre-déléguée aux Affaires européennes Claudie Haigneré. Dès samedi, jour du dépôt de plainte, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour "disparitions de documents". Alors que personne ne voulait lundi soir analyser les motifs éventuels de ces disparitions, l'affaire semble pouvoir susciter des interrogations, à deux ans de l'échéance présidentielle. Confirmant des informations de l'Express sur les disparitions de dossiers fiscaux de "personnalités", Bercy a indiqué lundi qu'elles concernaient des déclarations "papier" d'impôts sur le revenu de l'année 2003, et avaient eu lieu "dans une direction des services fiscaux à Paris", et non à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, comme l'avait écrit l'hebdomadaire, entraînant un démenti du président de la Commission, Renaud Denoix de Saint-Marc. En fait, selon une source interrogée par l'AFP, il s'agit du centre des Impôts de la place Saint-Sulpice, dans le 6ème arrondissement de Paris. Jusqu'en fin d'après-midi, le ministère des Finances n'a confirmé lundi, et avec l'accord de celui-ci, que le fait que l'ancien ministre des Finances Hervé Gaymard faisait partie des personnes dont la déclaration avait disparu. Mais lundi soir, l'Express complétait la liste des "personnalités" avec des noms tout aussi célèbres que celui de M. Gaymard : Claude Chirac, Laurent Fabius - qui l'ont confirmé à l'AFP - Lionel Jospin, actuellement en déplacement en Espagne, et Claudie Haigneré. L'entourage de M. Fabius a indiqué, sans autre commentaire, que Thierry Breton "a appelé dimanche Laurent Fabius pour le prévenir de la disparition de dossiers de déclarations fiscales le concernant et s'en excuser". M. Gaymard avait été avisé dès le 4 février de ces disparitions, a révélé Bercy, et avait demandé un rapport. Celui-ci est arrivé le 1er mars chez M. Breton, qui a demandé une enquête complémentaire pour "approfondir les conditions de la disparition de ces documents". Surtout, il a parallèlement porté plainte samedi, et le soir même, le parquet de Paris ouvrait une enquête préliminaire pour "disparitions de document". De source proche du dossier, on indique qu'aucune effraction n'a été relevée dans le service qui centralisait ces dossiers de personnalités. Interrogé sur France 2, Vincent Drezet, du Syndicat national unifié des impôts (SNUI), principal syndicat des impôts, a assuré que de tels documents "ne sont pas du tout rangés dans des bureaux ouverts à tout le monde, mais dans des coffres dans les bureaux des directeurs territoriaux, et les agents des impôts n'y ont pas accès". Le ministère des Finances se refusait lundi soir à toute analyse des raisons éventuelles de ces disparitions. Cependant, la disparition du dossier d'Hervé Gaymard précède de quelques semaines seulement la révélation par le Canard enchaîné, le 17 février, de la location aux frais de l'Etat pour l'ancien ministre d'un appartement de fonction de 600 m2 pour 14.000 euros par mois. Or, la divulgation par différents médias, dans les jours suivants, de l'ensemble des éléments du patrimoine du ministre avait renforcé le scandale. Le 25 février, empêtré dans ses contradictions, le ministre avait annoncé sa démission.

 

PROCES DU MONT-BLANC

La vidéosurveillance dans le collimateur

 

Des caméras, mais pas d'images Il n'existe aucun enregistrement vidéo du jour funeste de l'incendie dans le tunnel du Mont-Blanc, le 24 mars 1999. Malgré le nombre de caméras présentes dans le boyau, les enquêteurs n'ont pas une seule image à expertiser. Pourquoi ? C'est la question qui a été posée lundi (7 mars) devant le tribunal de Bonneville, en Haute-Savoie, où le procès de la catrastrophe est entré dans sa sixième semaine. Y a-t-il eu dissimulation de la cassette - comme le pensent certaines familles des victimes - ou négligence sur un système de vidéo surveillance qui ne fonctionnait pas ? Le tribunal s'est intéressé lundi à la vidéosurveillance française en particulier. Côté italien, on ne voit pas grand chose sur les images. Les caméras situées à l'endroit précis de l'accident n'ont pas fonctionné. Côté français, c'est encore plus compliqué : la cassette remise par le poste de régulation aux enquêteurs n'a rien enregistré. Et pour cause : la languette de protection était cassée. Les seules images disponibles remontent donc à un an avant le drame. Les experts judiciaires nommés lors de l'instruction réfutent l'idée de la dissimulation. Le président n'a fait aucune concession au responsable de la vidéosurveillance française. Lorsque ce dernier a invoqué une négligence de sa part, le président du tribunal a préféré parler d'"incompétence". Après une après-midi entière consacrée à une cassette française qui n'a rien enregistré le jour du drame, le mystère reste inexpliqué. Mercredi : Edouard Balladur à la barre Ce sera un autre temps fort du procès, cette semaine. L'ancien président de la société française du tunnel du Mont-Blanc et ancien Premier ministre Edouard Balladur sera entendu comme témoin mercredi par le tribunal sur sa gestion de la sécurité dans l'ouvrage. C'est sous sa présidence qu'a été organisé, en 1973, un des très rares exercices, et le dernier en grandeur réelle, simulant un feu dans le tunnel, avec arrêt de la circulation et embrasement d'un bac de gazole dégageant une épaisse fumée. C'est également sous sa direction qu'ont été embauchés les premiers pompiers professionnels du tunnel et qu'on a augmenté le nombre d'extincteurs répartis dans l'ouvrage. Pour sa défense, Edouard Balladur pourra également faire valoir que l'accident s'est produit 19 ans après la fin de son mandat. L'avocat des parties civiles, Me Alain Jakubowicz, qui a fait citer l'homme politique comme témoin, s'est promis d'aborder "sa gestion financière du tunnel", un terrain sur lequel l'ancien Premier ministre "pourrait être moins à l'aise". Deux autres présidents du tunnel qui sont, eux, des prévenus, Charles Salzmann et Rémy Chardon, ainsi que les directeurs généraux français et italiens, les directeurs d'exploitation et les chefs de la sécurité devront également expliquer, au cours de cette sixième semaine du procès, leurs actions pour assurer la sécurité dans le tunnel.

Nouvelle journée de manifestation des lycéens contre la loi Fillon

 

Les deux syndicats lycéens, l'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) ont appelé, malgré leurs divergences, à une nouvelle journée de manifestations mardi contre la loi Fillon. Mardi est la première journée "nationale" de manifestations depuis le 10 février et les lycéens espèrent bien dépasser le nombre de 100.000 manifestants comptabilisés ce jour-là. Entre-temps, pendant les vacances d'hiver, quatre journées régionales, ont été organisées selon les zones avec des fortunes diverses: 45.000 participants, 22.000, 21.000, puis 9.000 le 3 mars à l'appel de la seule UNL, dont 4.500 à Clermont-Ferrand à l'appel d'une coordination locale. Les deux syndicats lycéens ont mis au point samedi les modalités et la plate-forme revendicative (retrait de la loi Fillon, augmentation des moyens financiers et recrutement massif de personnel), lors de coordinations nationales l'une à l'initiative de l'UNL, l'autre de la FIDL. Cela est significatif du peu d'atomes crochus entre la FIDL, fondée en 1987 et l'UNL, constituée en 1994 comme "alternative indépendante" à la FIDL. Créée par SOS-Racisme, la FIDL a pris son indépendance au fil des années mais se situe dans le même camp que la gauche du PS, avec souvent les mêmes positions que la FSU en matière éducative. Elle est aussi plus "radicale" dans son opposition moins "réformiste" que l'UNL qui se situe plutôt dans la mouvance de l'Unsa ou des parents FCPE.

Le très controversé député UMP

Didier Julia se met "en congé du groupe UMP"

Le député UMP Didier Julia, dans le collimateur du groupe UMP après ses propos sur Jean-Pierre Raffarin dans le cadre de l'affaire Florence Aubenas, s'est mis mardi soir "en congé du groupe UMP", en attendant une éventuelle décision du bureau du groupe mardi prochain. Dans un communiqué, le président du groupe UMP Bernard Accoyer déclare qu'il "a pris acte de la décision du député de Seine-et-Marne, Didier Julia, de se mettre en congé du groupe UMP". M. Accoyer avait en effet convoqué Didier Julia en fin d'après-midi durant une trentaine de minutes, en présence du président de la commission des Affaires étrangères Edouard Balladur, après son interview lundi à une télévision italienne. Dans cette entretien, M. Julia avait déclaré à propos de la journaliste de Libération Florence Aubenas, otage en Irak depuis le 5 janvier: "Si c'était la fille de M. Raffarin qui était prisonnière, on en aurait parlé discrètement, les négociations auraient déjà commencé et seraient peut-être déjà achevées". M. Accoyer avait qualifié mardi matin ces propos de "tout à fait inadmissibles", précisant qu'il allait demander à M. Julia de "s'excuser et de se justifier". M. Accoyer avait annoncé que "le bureau" serait informé "la semaine prochaine de cet échange et prendrait, s'il le juge utile, les décisions en ce qui concerne M. Julia". Il n'avait pas écarté des sanctions, sans toutefois dire lesquelles "pour ne pas anticiper ce qui sera écouté et décidé ensuite". Finalement, Didier Julia a pris les devants en se mettant "en congé" de son groupe, en attendant une éventuelle décision du bureau. Le député UMP était déjà en butte aux critiques de son parti après le fiasco de son équipée fin octobre 2004 pour tenter de libérer les deux ex-otages français en Irak Christian Chesnot et Georges Malbrunot . A cette époque, Didier Julia avait été menacé un temps d'être exclu du groupe UMP. Finalement, il avait seulement été "unanimement condamné" le 18 janvier pour son "initiative irresponsable", en attendant l'issue de l'information judiciaire ouverte fin décembre contre lui. Le parlementaire s'est retrouvé une nouvelle fois en première ligne après la diffusion le 1er mars d'une cassette vidéo où la journaliste de Libération implore son aide. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui dans un premier temps avait publiquement sollicité M. Julia dans cette affaire, l'avait définitivement mis hors jeu le 3 mars, en affirmant qu'il ne possédait aucun "élément nouveau ni concret". Mardi en milieu d'après-midi, M. Julia n'était pas joignable à son bureau à l'Assemblée. Un de ses proches a ensuite indiqué qu'il "ne ferait pas de déclaration" à l'issue de son entrevue avec Bernard Accoyer. "C'est un problème interne, un problème d'intendance", a déclaré cette source à l'AFP, ajoutant que pour le député, "ce n'est pas la peine de recréer une affaire dans l'affaire". Selon plusieurs participants, les propos de M. Julia à la télévision italienne ont été condamnés mardi lors de la réunion du groupe UMP, certains estimant qu'il avait "franchi la ligne jaune" et devait être "exclu". Lors de la réunion du bureau, Nicolas Sarkozy a qualifié, selon son entourage, les propos de Julia de "pas supportables" et "particulièrement déplacés". Il a demandé que M. Julia "présente ses excuses et cesse ses interventions incessantes" sans quoi il demanderait "des sanctions".

Semaine sociale: Raffarin attendu sur le pouvoir d'achat et les salaires

 

L'actualité sociale de la semaine à venir sera dominée par la réponse attendue du gouvernement à la forte protestation, liée au gel des salaires et du pouvoir d'achat, qui s'est exprimée lors des mobilisations du 10 mars dans le public et le privé. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devrait s'exprimer sur ce sujet dimanche sur Radio J, alors qu'une "réunion de travail" a réuni vendredi soir à Matignon les ministres des Finances Thierry Breton, du Budget Jean-François Copé et de la Fonction publique Renaud Dutreil, et le secrétaire général adjoint de l'Elysée, Frédéric Salat-Baroux, en charge des questions sociales. agrandir la photo Aucune information n'a filtré sur la teneur des discussions. Samedi, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a indiqué à l'AFP que Jean-Pierre Raffarin lui avait déclaré qu'il "rouvrira une négociation sur les salaires dans la fonction publique et d'autres chantiers à préciser" aux "alentours du 23-24 mars". Au lendemain des manifestations qui ont réuni entre 570.000 et 1 million de personnes partout en France jeudi, soit le double de celles du 5 février, le Premier ministre avait affirmé au secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qu'il était "favorable à la réouverture de négociations salariales dans la fonction publique à brefs délais", avait indiqué ce dernier à l'AFP vendredi. Selon M. Mailly, la négociation devrait porter sur la situation pour 2005, alors qu'un contentieux salarial persiste pour les années précédentes, les syndicats chiffrant à 5% la perte de pouvoir d'achat enregistrée depuis 2000. Pour 2005, le gouvernement n'a prévu à ce jour qu'une hausse du point d'indice de 1% : 0,5% au 1er février et 0,5% au 1er novembre. En ce qui concerne le privé, la commission nationale de la négociation collective - Etat, syndicats et patronat - se réunira vendredi pour examiner l'évolution du pouvoir d'achat cette année. Du côté des syndicats, l'Unsa tient son IVème congrès à Nantes, du mardi 15 au vendredi 18 mars : 1.000 participants au total seront rassemblés pour débattre des objectifs des trois ans à venir. Son secrétaire national Alain Olive souhaite qu'un "débat clarificateur" ait lieu sur le soutien apporté par l'Unsa (300.000 adhérents) au traité de Constitution européenne, qui fait débat en interne. Samedi à Bruxelles, l'Unsa, comme l'ensemble des syndicats français (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires) à l'exception de FO, participeront à la manifestation européenne à laquelle appelle la Confédération européenne des syndicats (CES) contre le projet de directive Bolkestein. Chez le fabricant d'isolateurs Sediver (Allier), la direction, à qui la justice avait ordonné en février d'entamer une nouvelle consultation sur le plan social prévoyant la suppression de 286 emplois sur 294, a convoqué un comité central d'entreprise à Nanterre (Hauts-de-Seine) lundi. Le CCE doit être consulté sur le volet économique de la restructuration, puis sur le plan social. Mardi, la RATP va signer avec les associations de consommateurs et d'usagers un "protocole de concertation" sur l'information et les prévisions de trafic en cas de grève, en présence du ministre des Transports Gilles de Robien. Enfin, lundi débutera la Semaine des handicapés physiques. Plusieurs manifestations devraient être organisées par l'Association des paralysés de France (APF) et l'Adapt. Le même jour, l'assurance maladie présente la nouvelle classification commune des actes médicaux (CCAM), une refonte totale de la nomenclature actuelle, devenue obsolète. Mercredi, le syndicat de médecins généralistes MG France doit confirmer son intention d'introduire auprès du Conseil d'Etat un "recours en annulation" de la convention, signée le 12 janvier par l'assurance maladie et trois syndicats médicaux - CSMF, SML et Alliance.

Le "oui" à la Constitution européenne reste majoritaire

A moins de trois mois du référendum sur la Constitution européenne en France, le "oui" reste majoritaire mais plus du tiers des Français (36%) n'ont pas encore pris leur décision, selon un sondage BVA pour L'Express. D'après cette enquête réalisée du 7 au 9 mars auprès d'un échantillon de 976 personnes, une majorité de sondés (56%) pensent voter "oui" le 29 mai, et 44% penchent pour le "non". agrandir la photo Plus du tiers des électeurs - 36%, soit deux points de plus qu'en février - se disent encore indécis. A la question de savoir si cette consultation sera l'occasion de juger l'action du gouvernement, 48% des sondés disent avoir l'intention de se prononcer "uniquement sur la Constitution européenne" et 36% veulent s'exprimer "à la fois sur le projet de Constitution européenne et sur la politique du gouvernement." Il y a 16% de sans opinion

Financement public pour la campagne du référendum du 29 mai

Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une campagne référendaire - en l'occurrence celle du scrutin du 29 mai sur la Constitution européenne - bénéficiera d'un financement public. "Le président de la République a souhaité que les organisations politiques représentatives bénéficient d'une aide de l'Etat pour leur donner les moyens de participer effectivement à ce grand débat national et de présenter leurs arguments aux Français", a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, à l'issue du conseil des ministres. Les responsables des partis représentés au Parlement, que Jacques Chirac avait reçus à l'Elysée début mars, avaient tous demandé un financement public pour la campagne, notamment pour garantir l'équité entre partisans du "oui" et avocats du "non" au traité constitutionnel européen. Un décret présenté au conseil par le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, prévoit le remboursement, dans la limite de 800.000 euros, de dépenses qui sont limitativement énumérées, à savoir l'affichage sur les panneaux municipaux, l'impression et la diffusion des documents et l'organisation de réunions publiques. Ces remboursements seront contrôlés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Le décret reprend par ailleurs les règles posées à l'occasion des précédents référendums pour être admis à participer à la campagne. Les partis ou groupements politiques devront remplir l'une des deux conditions suivantes: - soit avoir obtenu le rattachement d'au moins cinq députés ou cinq sénateurs en vue de l'attribution de la seconde fraction de l'aide publique aux partis prévue par la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique; - soit avoir obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au plan national lors de l'élection des représentants français au Parlement européen le 13 juin 2004. TROIS EUROS PAR ELECTEUR Au ministère de l'Intérieur, on a précisé que huit partis au total répondaient aux deux critères. L'UMP, le Parti socialiste, le Parti radical de gauche, l'UDF, le Parti communiste et le RPF de Charles Pasqua - qui compte cinq députés - répondent au premier critère. Le Front national, les Verts et le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers répondent au second critère. Ces organisations politiques bénéficieront d'un temps d'antenne dans les émissions des sociétés nationales de programmes de 140 minutes d'émission télévisée et de 140 minutes d'émission radiodiffusée. Un deuxième décret présenté jeudi par Dominique de Villepin arrête les règles relatives à l'organisation du scrutin, qui sera clos à 20h00 le dimanche 29 mai. Mais l'heure d'ouverture du scrutin pourra être anticipée et celle de clôture pourra être retardée, au plus tard jusqu'à 22h00. Paul Masseron, préfet et secrétaire général adjoint du ministère de l'Intérieur, a précisé que les décrets seraient publiés "très rapidement" au Journal officiel. Pour permettre aux quelque 42 millions d'électeurs de se prononcer en toute connaissance de cause, chacun recevra le texte de la question posée, le décret soumettant le projet de loi au référendum, le projet de loi autorisant la ratification du traité constitutionnel, le texte intégral de la Constitution européenne et deux bulletins de vote ("oui" et "non"). L'enveloppe pèsera 283 grammes. Le coût total de la campagne est estimé "aux alentours de 3 euros par électeur". La date limite pour le dépôt des demandes de participation à la campagne officielle est fixée au 29 mars. La campagne débutera le 16 mai à 00h00 et s'achèvera le samedi 28 mai à minuit (27 mai à minuit pour les électeurs de Saint-Pierre et Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Polynésie française et ceux inscrits dans les centres de vote du continent américain, qui votent le 28 mai).

 

Constitution européenne: Les Français disent "non" à 51%, selon un sondage

Cinquante-et-un pour cent des Français voteraient "non" au référendum de ratification du projet de Constitution européenne, contre 49% qui se prononceraient pour le "oui", selon un sondage CSA. Il s'agit du premier sondage donnant le "non" gagnant. L'étude, réalisée les 16 et 17 mars pour les quotidiens Aujourd'hui en France et Le Parisien auprès d'un échantillon de 802 personnes âgés de 18 ans et plus, précise que 53% de sondés disent vouloir s'abstenir ouvoter blanc ou nul.

Financement public pour la campagne du référendum du 29 mai

Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une campagne référendaire - en l'occurrence celle du scrutin du 29 mai sur la Constitution européenne - bénéficiera d'un financement public. "Le président de la République a souhaité que les organisations politiques représentatives bénéficient d'une aide de l'Etat pour leur donner les moyens de participer effectivement à ce grand débat national et de présenter leurs arguments aux Français", a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, à l'issue du conseil des ministres. Les responsables des partis représentés au Parlement, que Jacques Chirac avait reçus à l'Elysée début mars, avaient tous demandé un financement public pour la campagne, notamment pour garantir l'équité entre partisans du "oui" et avocats du "non" au traité constitutionnel européen. Un décret présenté au conseil par le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, prévoit le remboursement, dans la limite de 800.000 euros, de dépenses qui sont limitativement énumérées, à savoir l'affichage sur les panneaux municipaux, l'impression et la diffusion des documents et l'organisation de réunions publiques. Ces remboursements seront contrôlés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Le décret reprend par ailleurs les règles posées à l'occasion des précédents référendums pour être admis à participer à la campagne. Les partis ou groupements politiques devront remplir l'une des deux conditions suivantes: - soit avoir obtenu le rattachement d'au moins cinq députés ou cinq sénateurs en vue de l'attribution de la seconde fraction de l'aide publique aux partis prévue par la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique; - soit avoir obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au plan national lors de l'élection des représentants français au Parlement européen le 13 juin 2004. TROIS EUROS PAR ELECTEUR Au ministère de l'Intérieur, on a précisé que huit partis au total répondaient aux deux critères. L'UMP, le Parti socialiste, le Parti radical de gauche, l'UDF, le Parti communiste et le RPF de Charles Pasqua - qui compte cinq députés - répondent au premier critère. Le Front national, les Verts et le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers répondent au second critère. Ces organisations politiques bénéficieront d'un temps d'antenne dans les émissions des sociétés nationales de programmes de 140 minutes d'émission télévisée et de 140 minutes d'émission radiodiffusée. Un deuxième décret présenté jeudi par Dominique de Villepin arrête les règles relatives à l'organisation du scrutin, qui sera clos à 20h00 le dimanche 29 mai. Mais l'heure d'ouverture du scrutin pourra être anticipée et celle de clôture pourra être retardée, au plus tard jusqu'à 22h00. Paul Masseron, préfet et secrétaire général adjoint du ministère de l'Intérieur, a précisé que les décrets seraient publiés "très rapidement" au Journal officiel. Pour permettre aux quelque 42 millions d'électeurs de se prononcer en toute connaissance de cause, chacun recevra le texte de la question posée, le décret soumettant le projet de loi au référendum, le projet de loi autorisant la ratification du traité constitutionnel, le texte intégral de la Constitution européenne et deux bulletins de vote ("oui" et "non"). L'enveloppe pèsera 283 grammes. Le coût total de la campagne est estimé "aux alentours de 3 euros par électeur". La date limite pour le dépôt des demandes de participation à la campagne officielle est fixée au 29 mars. La campagne débutera le 16 mai à 00h00 et s'achèvera le samedi 28 mai à minuit (27 mai à minuit pour les électeurs de Saint-Pierre et Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Polynésie française et ceux inscrits dans les centres de vote du continent américain, qui votent le 28 mai).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les Epines
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08-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28-Fév-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13-Mar-2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18-Mar-2005